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Planification familiale : La délégation des tâches à l’épreuve des barrières socio-culturelles

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Herman Frédéric Bassolé • mercredi 21 février 2018 à 23h46min
Planification familiale : La délégation des tâches à l’épreuve des barrières socio-culturelles

La conférence dite « Maquis des sciences » de l’ONG Equilibres et Populations (Equipop), sur la délégation des tâches en planification familiale au Burkina Faso, s’est tenue, ce mercredi 21 février 2018 à l’institut français. Autour d’une même table, des acteurs étatiques, des chercheurs et responsables d’ONG ont exposé sur la problématique de cette approche, expérimentée dans les districts sanitaires de Dandé et de Tougan.

Longtemps, les méthodes contraceptives ont épouvanté les populations africaines notamment en milieu rural où l’accès aux services de planification familiale reste tout de même limité. Jugée « contre nature », la planification familiale se heurte toujours à plusieurs barrières socio culturelles. Pour inverser la tendance et rendre accessibles les méthodes contraceptives, le renforcement des capacités des agents de santé de première ligne (APL) et des agents de santé à base communautaire (ASBC) s’impose comme une nécessité pour le ministère de la santé. C’est pourquoi en collaboration avec Equilibres & Populations (Equipop), Marie Stopes international au Burkina Faso (MSI BF) et l’Association burkinabè pour le Bien-être Familial (ABBEF), il a lancé en octobre 2016 le projet pilote de la délégation des tâches (DT) dans les districts sanitaires de Dandé dans les Hauts-Bassins et de Tougan dans la Boucle du Mouhoun. Un an et demi après, Equipop, responsable de la conduite des actions de plaidoyer et de capitalisation a réuni, mercredi 21 févier, chercheurs, responsables d’ONG et acteurs étatiques pour débattre des questions soulevées par la délégation des tâches.

Deux types de Délégations de tâches

Une vue des participants à la conférence

Des différentes interventions, l’on retiendra que la délégation des taches inclue qualité et sécurité des services fournis. Selon le Dr Mathieu Bougouma, le projet pilote comprend deux types de délégations des taches : la délégation des tâches au niveau des formations sanitaires qui a permis à 70 accoucheuses auxiliaires, infirmiers et agents itinérants de santé d’offrir des méthodes contraceptives de longue durée aux femmes ; et le binôme d’agents de santé à base communautaire, au nombre de 230, qui ont permis de donner des méthodes de courte durée telles que les pilules et injectables.

Les rumeurs et la peur collective

Le Dr Mathieu Bougouma (au micro) lors de son exposé

A en croire Elisa Blin, chargé de capitalisation à Equilibres Populations, le projet pilote a rencontré quelques difficultés telles que la motivation des agents sur le terrain, la mobilité des agents entrainant une discontinuité des services, la maitrise insuffisante des méthodes contraceptives et surtout la réticence de certains maris, leaders coutumiers et religieux. « Cela va freiner la demande en méthodes contraceptives et engendrer des rumeurs contreproductives pour la demande », a-t-elle fait remarquer.

En ce qui concerne les rumeurs, Elisa Blin explique qu’elles se développent dans les localités où il y a peu ou pas d’informations. « Il y a des rumeurs comme quoi, la planification familiale rend les femmes infidèles, frivoles, stériles et provoque des avortements », déplore-t-elle avant d’avancer que c’est à partir des rumeurs que découlent les peurs collectives des méthodes contraceptives. Sans oublier que les populations rurales y voient « un agenda caché de l’Occident de vouloir empêcher les femmes de faire des enfants ».

La riposte

Elisa Blin, chargé de capitalisation à Equilibres Populations.

Malgré ces barrières, les conférenciers se sont réjouis des stratégies adéquates et innovantes mises en place par les agents de santé de première ligne et les agents de santé à base communautaire pour bloquer et déconstruire ces rumeurs en donnant « l’information simple, compréhensible dans un langage commun ». Enfin, en insistant sur la temporalité des effets secondaires de la contraception pour rassurer les femmes, en s’entourant des leaders coutumiers et religieux pour donner un peu plus de crédit à la stratégie surtout aux yeux des époux et autres leaders, les agents de santé ont apporté un plus dans les deux districts sanitaires.

Selon le Dr Georges Guiella, Enseignant-chercheur à l’Institut supérieur des Sciences de la Population (ISSP) l’évaluation de la stratégie est en cours

En attendant la fin de la phase pilote du projet prévue, selon le Dr Mathieu Bougouma, fin 2018, le Dr Georges Guiella, Enseignant-chercheur à l’Institut supérieur des Sciences de la Population (ISSP), a indiqué que la délégation des tâches est en pleine évaluation. La collecte achevée, la semaine dernière, les analyses permettront de situer les acteurs sur le fonctionnement de la stratégie à Dandé et Tougan. Les résultats de cette analyse permettront notamment à Equipop de bien affuter ses armes pour le plaidoyer et faciliter le passage à l’échelle.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 22 février 2018 à 01:34, par Sidpasata-Veritas En réponse à : Planification familiale : La délégation des tâches à l’épreuve des barrières socio-culturelles

    - La planification familiale telle qu’elle se déroule dans nos contrées est essentiellement un projet voulu et porté par les occidentaux qui financent bcp la contraception en Afrique pour limiter les naissances alors que dans leurs pays les états ont de politiques natalistes et se battent pour que leur populations s’accroissent. L’Afrique est un continent sous-peuplés et potentiellement riche. Son problème n’est pas la sur population mais la qualités de cette population. Au lieu de s’acharner à chercher les solutions pour limiter les naissances, il faut plutôt investir massivement dans la capital humain, particulièrement dans la santé et dans l’éducation. Une population malade ou mal soignée et ignorante ne produira pas son propre développement. Et si on développait son pays ce serait, au mieux, en l’utilisant comme main-d’œuvre non qualifiée. Celle population resterait toujours dans le rôle d’éternel mandiant même dans son pays développé par des multinationales qui l’auraient recolonisée.
    - Tant que le paludisme et d’autres infections tueront les bébés fréquemment, les pauvres qui n’ont pas les moyens de se soigner feront bcp d’enfants pour être sûrs quelques uns survivront pour prendre en charge leurs parents quand, usés par les dures labeurs de toute la vie, il seront complètement dépendant et sans pension de retraite. Cette situation perdurera tant que cette masse laborieuse sera réduite en main-d’œuvre non qualifiée et quasi-gratuite exploitée et corvéable à merci dans des filières de cultures de rente bradées sur le marché international : je pense au coton !
    - La solution pour moi, ce n’est pas la planification familiale projettée et voulue par d’autre personnes que ces populations elles-mêmes. Et si on voulait les aider vraiment et définitivement, il aurait fallu soutenir leurs activités lucratives pour les sortir de la pauvreté. Par exemple soutenir la filière coton dans laquelle les populations pauvres s’échinent pour ne récolter que les miettes que l’État et les banques ont bien voulu leur laisser. Si les ONG, les banques et l’État voulaient aider les cotonculteurs burkinabè à s’enrichir en transforma’t sir place le coton jusqu’aux produits finis et en rémunérants convenablement les paysans, ils les sortiraient plus facilement de la pauvreté et de ses conséquences dont ont croit trouver solution dans la planification familiale pour les pauvres et les ignorants. En fait, il faut attaquer le mal à la racine, car même en Europe l’idée même de la planification familiale n’est pas venue en temps de pauvreté, mais dans les siècles de prospérité.
    - Oui il faut sensibiliser nos populations, mais surtout améliorer leur situation économique et sanitaire qui fait le lit de bcp de soucis. Mais c’est toujours le même problème : celui qui pays commande. Si les africains veulent commander, il faut que leurs dirigeants payent ; sinon l’Europe continuera à payer et à commander.

    Répondre à ce message

  • Le 22 février 2018 à 20:03, par Voumpine DA En réponse à : Planification familiale : La délégation des tâches à l’épreuve des barrières socio-culturelles

    Felicitations a tous les acteurs de cette innovation. Enjoy plus des rumeurs ET barrieres naturelles y’all Les bsrrieres institutionnelles a new perdre de vue

    Répondre à ce message

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