« Le Général Gilbert Diendéré Parle » : Les confessions d’un officier supérieur

LEFASO.NET | Tiga Cheick SAWADOGO • jeudi 8 février 2018 à 23h53min

Son simple nom est l’objet des commentaires les plus passionnés. Gilbert Diendéré. Tant d’histoires, d’anecdotes à propos de cet homme craint, redouté, ou respecté. Dans tous les cas, celui qu’on qualifie de ‘’boite noire’’ du régime de Blaise Compaoré et de la vie politique de ces 30 ans dernières années ne laisse personne indifférent, malgré sa réserve. Pour l’une des rares fois, il parle et répond aux questions comme il ne l’a jamais fait auparavant. C’est à Atiana Serge Oulon qu’il s’est ouvert pour « se décharger les fardeaux qui pèsent sur sa conscience depuis plus de 30 ans ». Sur 183 pages, on apprend des choses de la part de ‘’Golf’’.

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« Le Général Gilbert Diendéré  Parle » : Les confessions d’un officier supérieur

Fruit du contact noué et des liens tissés et entretenus entre le journaliste Atiana Serge Oulon et le Général Gilbert Diendéré.
Tout commence par une rencontre entre les deux hommes le 26 juillet 2015, quand le journaliste décroche un rendez-vous avec le général dans le cadre de la gestion du crash d’air Algérie qui avait fait 116 morts. L’officier supérieur assure alors la coordination de la cellule de crise.

Depuis lors, le contact n’a jamais été rompu. Une confiance dans certaines limites s’est progressivement installée, même si Atiana Serge Oulon confesse. « Toutes les fois, nos entrevues n’ont pas été sans appréhensions tant les jugements contrastés sont portés continuellement sur l’homme ».

L’auteur du livre est le dernier journaliste à qui l’éphémère président du Conseil national pour la démocratie a parlé au téléphone avant d’être arrêté à la nonciature.
« Le Général Gilbert Diendéré Parle » est donc le fruit des échanges directs en prison, des réponses aux questionnaires, des entretiens avec des militaires, anciens ou en activité, qui connaissent l’homme. Atiana Serge Oulon amène le lecteur dans l’univers carcéral d’une boite noire enfermée.

Les confessions d’un officier supérieur

Son parcours scolaire, sa carrière militaire, en passant par les dossiers emblématiques et surtout les raisons de sa fidélité et de sa loyauté à l’ancien président Blaise Compaoré, le général répond. Le fameux SMS que son ancien mentor lui a envoyé dès qu’il est arrivé à Yamoussokro fin octobre 2014 après sa fuite.
« Tout n’a pas été toujours rose entre lui et moi, du début à la fin, mais nous avons pu éviter les écueils que certains avaient voulu placer entre nous pour d’une part, m’écarter de lui, et d’autre part l’affaiblir. Je le considérais certes comme responsable politique et militaire, mais aussi comme un grand frère en ce sens qu’il me donnait toujours des conseils avisés », dit-il à propos de l’ancien président.

Des conditions de son arrestation à la nonciature avec ce « mon général, je vous donne 10 minutes pour descendre », ses biens, les accusations sur son rôle dans les crimes de sang. « Le Général Gilbert Diendéré Parle ».

Mais l’homme reste militaire dans l’âme. Et de ce fait, même ayant le dos au mur, « il reste évasif sur certains points, invoquant le secret militaire et le besoin de préparer sa défense dans les dossiers judiciaires dans lesquels il est impliqué ».
Justement, l’ancien chef d’état-major particulier de la présidence du Faso est incarcéré dans quatre dossiers. Celui de l’insurrection populaire, de Dabo Boukaray, de Thomas Sankara et du coup d’Etat de septembre 2015. Tant de dossiers sur un seul homme. Mais celui qui a refusé de fuir, d’assumer le coup d’Etat et de se mettre à la disposition de la justice dit ne pas être inquiet. Mieux, il veut parler parce que la donne a changé.
« Cela me permettra de m’expliquer car ma situation de militaire et ma position sous Blaise Compaoré ne me permettaient pas de le faire, ce qui faisait que j’étais accusé à tort par ceux-là qui voulaient voir en moi « l’exécuteur des basses besognes ». Le procès à venir constituera un motif de soulagement car je pourrai enfin déposer le lourd fardeau qui est sur ma tête », lit-on.

Le livre est disponible à la librairie jeunesse d’Afrique, à la librairie université de Ouagadougou, au Centre national de presse Norbert Zongo, et au siège du journal Courrier confidentiel.

« Le Général Gilbert Diendéré Parle », et Atiana Serge Oulon rassure : « Je suis resté aux faits, m’efforçant au maximum d’avoir le recul nécessaire afin de porter un regard critique, objectif et juste sur le rôle de cet officier supérieur ».

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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