Attaque terroriste : Il y a deux ans, l’horreur à Ouagadougou

LEFASO.NET | Tiga Cheick SAWADOGO • mardi 16 janvier 2018 à 00h30min

Dans la soirée du 15 janvier 2016, le temps s’est arrêté sur l’avenue Kwame N’krumah, dans la capitale Ouagadougou et sur tout le Burkina. Ils se sont retrouvés en famille, entre amis ou collègues pour manger, prendre un verre, décompresser et oublier les durs moments de la journée en ce début de weekend. Certains étaient à leur lieu de travail. Mais l’esprit du mal est passé par là. Fauchant sauvagement 30 vies. La capitale Burkinabè venait d’être frappée en plein cœur, par des terroristes.

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Attaque terroriste : Il y a deux ans, l’horreur à Ouagadougou

Comme une traînée de poudre, la nouvelle s’est répandue partout dans le pays et à l’étranger. Ouagadougou et le Burkina Faso tout entier venait d’être attaqués. Les épisodes effroyables que l’on entendait et voyait à travers la télé ailleurs, venaient de se produire dans notre très cher Faso. Les assaillants au nombre de trois sont venus du côté de Yibi Hôtel en passant devant le maquis « Taxi Brousse ». De là, ils se rendront au restaurant Capuccino d’où ils ont ouvert le feu sur les clients. A l’aveuglette et avec une haine indescriptible, ils tuent au total 29 personnes et blessent plusieurs autres.

Prenant ensuite Splendid Hôtel, ils vont tuer une personne et blesser plusieurs clients.
Au total, 30 personnes sont tuées. 70 blessés et d’innombrables dégâts matériels. Plusieurs nationalités. Des rêves consumés, des vies brisées et à reconstruire avec des absences impossibles à combler.

Finalement, c’est en ces lieux que les terroristes ont été abattus par les Forces de défense et de sécurité burkinabè. Entre temps, les forces spéciales françaises sont venues appuyer nos hommes qui ont également reçu le soutien aérien des américains.

Plus tard, comme cela est généralement de coutume, l’attaque était revendiquée. C’est Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui avait fait la basse besogne par l’entremise du groupe Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar qui lui a prêté allégeance. Moins de 72h après, on découvrait également les visages et les noms des assaillants tués dans l’assaut. Al-Battar Al-Ansari, Abu Muhammad al-Buqali et Ahmed al-Fulani.

Des condamnations ont fusé de partout, ici et ailleurs. Certains chefs d’Etat ont fait le pèlerinage de Ouagadougou pour apporter soutien aux nouvelles autorités, à peine installées. Pourquoi ? A peine le pays avait enterré ses martyrs de l’insurrection populaire et du coup d’Etat, avait réussi avec brio l’organisation d’élections ‘’historiques’’, qu’il pleurait à nouveau. Un acte perpétré pour mettre à genou un pays qui se relevait difficilement.

Deux ans année après…

La vie reprend son cours sur l’avenue Kwamé N’krumah, la plus animée de la capitale Burkinabè. Mais le drame est bien présent dans les esprits. Difficile de passer devant le restaurant Cappuccino sans y jeter un regard, avec amertume, même si les activités y ont repris depuis.

Les enquêtes, selon les récentes sorties du procureur du Faso, avancent tant bien que mal. Le juge d’instruction a procédé à l’inculpation de trois suspects, un burkinabè et deux maliens en juillet 2016. L’enquête se mène en collaboration avec les États-Unis, le Canada, le Niger, le Mali, la France et la Côte d’Ivoire.

« Ces personnes ont été en contact avec l’organisateur en chef présumé de l’attaque. Il faut ajouter aussi que l’enquête a permis d’établir des connexions entre les attaques du Radison Blu au Mali, du Capuccino et à Splendid Hôtel au Burkina Faso et de Grand Bassam en Côte d’Ivoire », nous apprenait l’année dernière Maïza Sérémé, la procureure à travers nos confrères de l’AFP.

On sait également que les terroristes, pendant l’opération, ont reçu un message de la part des commanditaires. Il leur était demandé si tout se passait bien. Toujours selon la procureure du Faso, c’est à partir d’un numéro syrien que le contact a été établi, même si « rien n’indique que ce soit effectivement à partir de la Syrie » que le commanditaire a communiqué avec le commando.

Depuis, le Burkina Faso n’est plus une exception. Nous sommes dans l’œil du cyclone et les attaques répétées, plus tard, dans le septentrion de notre pays l’ont bien démontrée. L’hydre terroriste étend ses tentacules partout, aucun pays n’est épargné. La lutte ne peut être menée de façon isolée. Les échanges de renseignements, la collaboration des populations et l’équipement des forces de défenses et de sécurité, sont plus que jamais d’actualité.

En attendant, les familles et amis des victimes des attentats du 15 janvier 2016 attendent que justice soit faite. Cela n’amènera pas leurs proches, partis pour ‘’rien’’, mais si cela peut permettre d’éviter de futurs drames, en soutirant des informations à ceux qui sont inculpés dans cette affaire, c’est bon à prendre.

Une pensée pieuse, à tous ceux et toutes celles qui en cet anniversaire douloureux, souffriront de l’absence d’une mère, un père, une épouse, un époux, une fille, un fils, ou juste un ami.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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