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Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Recherches et innovations • Traoré Mori Edwige, Docteur en Sciences du langage • lundi 15 janvier 2018 à 14h45min
Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

La question du harcèlement sexuel a été propulsée sur la scène internationale depuis l’affaire du producteur hollywoodien Harvey Weinstein accusé en octobre 2017 d’abus sexuels par plusieurs actrices. Cette affaire a défrayé les chroniques durant plusieurs mois et s’en sont suivies des dénonciations en cascade de par le monde.

À partir du témoignage d’une femme victime de harcèlement sexuel, d’autres ont osé sortir du silence pour dénoncer ce phénomène. De même, certaines associations syndicales notamment, le Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique (SNTRS) en France, qui, à travers son assemblée générale tenue le 13 novembre 2017, invitait les personnes qui ont connaissance de faits de harcèlement sexuel à se rapprocher de lui et à libérer la parole pour que les agissements de prédateurs cessent dans le milieu de la recherche et de l’enseignement supérieur.

Mais, hélas, le harcèlement n’est pas que sexuel, il en existe d’autres types plus vicieux et pervers qui touchent autant des femmes que des hommes qui préfèrent se taire et subir, plutôt que de dénoncer ce qui ressemble très souvent à un abus d’autorité de la part de ceux qui ont une petite parcelle de pouvoir. Pourtant depuis un certain temps, il y a des écrits qui dénoncent ce fléau sans aucune suite puisqu’il n’y a aucune dénonciation, aucune plainte ni de poursuite judiciaire contre les auteurs de harcèlement moral. C’est ce constat que je fais au Burkina à partir de mes observations propres et sur des témoignages de personnes victimes de harcèlement.

À partir de ce constat, les questions que je me pose sont les suivantes : Pourquoi les victimes de ce phénomène se taisent-elles ? Est-ce par peur de leur hiérarchie, de représailles pour la perte de leur travail ou tout simplement du regard des autres ou encore par simple ignorance de leur statut de victime ou de leur méconnaissance de la législation ? Lorsqu’on imagine les dégâts qu’engendrent ce fléau dans la vie d’une personne, on se demande pourquoi ce silence de la part de ceux qui en sont victimes. Cet article donne tout d’abord une définition du harcèlement moral, ensuite, il aborde le cas spécifique du Burkina et donne enfin les conséquences du harcèlement moral en terminant par quelques solutions.

1- Qu’est-ce que le harcèlement moral ?
Le terme « harcèlement moral est apparu en 1998 dans l’ouvrage de Marie-France Hirigoyen intitulé Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien. Il découle généralement de l’impossibilité qu’ont les harceleurs à assumer un conflit ouvert. Marie-France Hirigoyen (1998) définit le harcèlement moral comme des paroles ou des gestes qui ont pour but de déstabiliser ou de blesser un individu mais également de le soumettre, de le contrôler de façon à garder une position de supériorité. Il peut être considéré comme un comportement abusif qui porte atteinte de par sa répétition à la dignité ou à l’intégrité psychique ou physique d’une personne pouvant même la conduire à l’autodestruction. Pour Ariane Bilheran (2006), le harcèlement moral est moins visible et plus insidieux.

Pour elle, l’explosion du harcèlement moral est le fait propre d’une société moderne d’apparence démocratique dans laquelle, on ne peut plus agresser physiquement et sexuellement en toute impunité. Alors, ce qu’il faut faire, c’est s’acharner contre la personne en usant de méthodes dégradantes pour l’amener à perdre pied, l’asphyxier complètement afin de mieux la soumettre ou la détruire. Marie-France Hirigoyen (2001) soutient que le harcèlement moral advient lorsqu’il y a le refus de la différence, l’envie, la jalousie, la rivalité, la peur, l’inavouable.

2- Quelques exemples de harcèlement moral dans l’administration burkinabé

Au Burkina, beaucoup de fonctionnaires sont victimes d’abus de pouvoir de la part de leur chef hiérarchique. Ces derniers passent par des méthodes malsaines pour les assujettir. Comme le dit Marie-France Hirigoyen (1998 :7), « Dans la vie, il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous-mêmes, il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser. Un individu peut réussir à en démolir un autre par un processus de harcèlement moral ».

Beaucoup de personnes dans l’administration au Burkina ont fait ces genres de rencontres qui les minent et les brisent. Les témoignages de certains proches touchés par le phénomène montrent que le harcèlement moral au Burkina peut être un simple abus de pouvoir de la part d’un supérieur hiérarchique qui profite de sa position d’une façon démesurée pour harceler ses subordonnées de peur de perdre le contrôle. C’est ce que Marie-France Hirigoyen (1998) qualifie de « pouvoir des petits chefs ». Il peut être aussi le fait d’agissements pervers d’un individu qui a besoin pour exister de détruire quelqu’un qu’il choisit comme bouc émissaire. Pour arriver à leur fin, les harceleurs utilisent des méthodes anodines qui peuvent devenir plus violentes si le ou la harcelé(e) résiste.

En effet, il existe plusieurs manières de détruire une personne dans son amour propre : Cela peut commencer par des petits actes anodins au quotidien qui paraissent même souvent normaux. Il peut s’agir d’un mensonge, d’une manipulation, d’une disqualification ou même de l’isolement dans certains cas. C’est le cas de cette secrétaire, à qui on faisait reprendre systématiquement toutes les correspondances une, deux ou trois fois en n’y changeant qu’une virgule ou encore, ce chef hiérarchique qui passait par les agents d’un chef de service pour faire un travail sans lui en référer. Le harceleur peut aller jusqu’à pousser l’autre à la faute pour mieux l’humilier.

Ces agissements amènent à semer le doute sur les compétences professionnelles de la personne harcelée. Ainsi, petit à petit, « l’agresseur » (termes emprunté à Marie-France Hirigoyen) agit sur le psychisme de « l’agressé ». Certaines victimes vont jusqu’à se culpabiliser au début de ces pratiques. Alors, lorsque « l’agresseur se sent plus en confiance, il essaie d’aller plus loin dans la perversité en tenant des propos sexistes, des plaisanteries grossières ou mieux encore, en se débarrassant tout simplement de sa victime en la remplaçant par quelqu’un d’autre.

J’ai discuté avec une harcelée qui a subi un grand préjudice de la part de son chef hiérarchique parce qu’elle a refusé de céder à ses avances. À partir de là, elle a pris tous les coups. Elle n’était pas prévenue lorsqu’il y avait des réunions, il gardait expressément des dossiers importants par devers lui pour faire croire que la dame n’était pas compétente pour gérer le service. Voyant que tout cela ne marchait pas, il est monté plus haut pour demander son départ parce que c’est elle qui entravait la bonne marche de son service.

Finalement, il réussit à la faire partir en la mettant devant le fait accompli. Elle a continué à travailler pendant un mois sans qu’on lui dise qu’elle a été remplacée. Elle a demandé à son chef si elle avait commis une faute professionnelle et la réponse fut : « non, c’est la vie qui est comme ça ». Elle a prévenu toute sa hiérarchie (jusqu’au ministre) de l’abus et du préjudice dont elle a été victime sans obtenir gain de cause. Son chef hiérarchique lui disait d’ailleurs qu’il était bien adossé à son ministre qui lui faisant entièrement confiance. Certains m’ont dit qu’ils ont essuyé des menaces voilées lorsqu’ils ont essayé de se plaindre auprès des premiers responsables. On leur dit : « il faut laisser tomber, si non, ta carrière va en prendre un coup ». On peut alors se demander si le manque de réactivité de la hiérarchie n’est pas aussi une cause de non dénonciation de ce phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur dans l’administration publique burkinabé.

De tels agissements de la part des chefs hiérarchiques sont-ils encouragés par les premiers responsables ? Si non, il est temps qu’on nous le prouve en rappelant à l’ordre les fautifs de cette pratique perverse. Je pense alors qu’il est temps que les décideurs s’arrêtent sur ce « fléau » afin de mettre des garde-fous pour que les abus ne soient plus monnaie courante dans les servies de l’État.
C’est dommage qu’il n’y ait pas de texte de loi (du moins pas à ma connaissance) contre le harcèlement moral au Burkina. Dans mes lectures, je n’ai trouvé que la loi n° 061 pris par le Conseil National de la Transition en 2015 et qui ne s’intéresse qu’aux violences faites aux femmes et aux filles. Dans son Chapitre 2, l’article 5 de cette loi dit ceci : « Au sens de la présente loi, on entend par violences à l’égard des femmes et des filles : tout acte de violence dirigé contre les personnes de sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes et aux filles un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques, morales, économiques et culturelles y compris la menace de tels actes, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. ».

Étant donné que ce ne sont pas uniquement les femmes qui sont touchées par ce mal, il faudrait que l’État envisage une proposition de loi contre le harcèlement moral. C’est vrai que la loi 028 régissant le code du travail dans son article 36 l’aborde un peu en ces termes : « L’employeur doit : traiter le travailleur avec dignité ; interdire toute forme de violence physique ou morale ou tout autre abus, notamment le harcèlement sexuel ». Mais quand en est-il des sanctions ? Quand l’employeur ne traite pas le travailleur avec dignité, que faut-il faire ? D’autant plus que cette même loi à l’article 3 stipule que : « Les agents de la fonction publique, les magistrats, les militaires, les agents des collectivités territoriales ainsi que tout travailleur régi par une loi spécifique ne sont pas soumis aux dispositions de la présente loi ». Il faudrait donc voir s’il n’y a pas une règlementation spécifique concernant les catégories d’agents visés par l’article 3. En principe, si le code du travail prévoit une infraction, il appartient au code de procédure pénale d’organiser les sanctions relatives à ces infractions. Ce qui à ma connaissance, (je parle sous réserve…) n’est pas prévu. Ce serait très salutaire pour les travailleurs que l’État palie à ce vide, sois en complétant les lois déjà existantes, soit en élaborant un nouveau projet de loi.

3- Les conséquences du harcèlement moral

Le harcèlement moral engendre plusieurs sortes de conséquences qui sont néfastes pour la victime et pour la société. En ce qui concerne les personnes harcelées, on peut citer le stress, l’anxiété dus à un sentiment d’impuissance, de honte et d’humiliation, les ennuies de santé provoqués par la fatigue, la nervosité, des insomnies, des migraines, la baisse de l’estime de soi etc. La victime peut garder des séquelles psychologiques à force d’avoir subi des souffrances répétées qui la fragilisent et déteignent sur son entourage. Certaines victimes du fait de leur faiblesse vont jusqu’au suicide.

4- Les solutions préconisées

Pour mettre fin au harcèlement moral, il faut que les uns et les autres aient le courage de dénoncer ce qui ressemble à un abus. Il faut sortir du silence coupable qui protège ces « petits chefs » qui se croient tout permis parce qu’ils sont adossés à quelqu’un de plus puissant. Il faut également que les victimes trouvent le courage de dire non à leurs agresseurs et de dénoncer sans crainte avec preuve à l’appuie ce qu’elles subissent dans leur lieu de travail. Si besoin, il faut porter plainte contre les harceleurs en « libérant la parole » sans crainte aucune de perdre son travail.

Les syndicats et les délégués de personnels doivent aussi recenser ces cas à l’exemple du Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique (SNTRS) français et les dénoncer auprès de qui de droit. Un code éthique applicable dans les administrations, qui prévoit la dénonciation et la punition de faits de harcèlement serait également le bienvenu. Ce n’est qu’ainsi que les décideurs prendront véritablement des sanctions contre les fautifs de cette pratique. De cette façon, les victimes verront la reconnaissance de leur souffrance ainsi que les moyens d’obtenir réparation devant la justice pour les préjudices subis.

Traoré Mori Edwige
Docteur en Sciences du langage
Département de Linguistique et des Langues Nationales
Institut des Sciences des Sociétés
Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique
Tramori2002@yahoo.fr
traedwige@gmail.com

Ouvrages cités dans l’article
Ariane Bilheran, (2006). Le harcèlement moral, Armand Colin, 127p.
Marie-France Hirigoyen (1998). Le harcèlement moral : La violence perverse au quotidien Syros, Paris, 257p.
Marie-France Hirigoyen (2001). Le harcèlement moral dans la vie professionnelle. La découverte Syros, Paris, 450p.

Vos commentaires

  • Le 15 janvier 2018 à 16:35, par Megd’ En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    J’espère que les choses ont changé de nos jours car il existe plusieurs voies pour se faire entendre.

    Les personnes concernées peuvent très bien toucher la presse, ou des amis qui prendront le relais afin de publier les faits à travers les réseaux sociaux.

    Il faut surtout en parler à son entourage.

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  • Le 15 janvier 2018 à 17:26, par TPR En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    Le harcèlement moral ou sexuel concerne aussi bien les femmes que les hommes.
    OUI. De part la position de naam ( pouvoir) de certains, ils poussent les autres au bout.Cela peut aller du découragement total au suicide.
    Çà fait très mal lorsqu’à chaque fois vos idées ne sont pas prises en compte.
    Pourtant pour un simple palu qui vous fait manquer 2 jours de job, votre téléphones ne cesse de sonner . Preuve que vous comptiez.
    Certains responsables vous traitent comme s’ils vous payaient de leur poche.
    Pour être en désaccord avec sa position, on bloque vos formations, vos missions.Hélas il faut défois être mounafica pour avancer dommage .On devient comme un robot et on accepte tout.
    Travaillons et éloignons nous des positions qui nous écartent de la vérité.

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  • Le 15 janvier 2018 à 18:28, par vrai vrai En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    Merci pour cet écrit.

    Vous l’avez bien dit, l’administration burkinabé est très touchée par ce phénomène.

    Parce que quelqu’un est ton supérieur hiérarchique, toutes les occasions sont bonnes pour te mettre la honte en public histoire de prouver aux yeux de l’assistance que lui il connaît tout.
    Ce qui est le plus marquant, c’est le fait que lorsque tu fais bien ton travail, tu n’es pas félicité mais malheur à toi si tu commets une erreur : on te traite de tous les noms d’oiseaux.
    Autre chose : entre collègues, pour te déstabiliser, les uns vont jusqu’à s’intéresser à ta vie privée en mettant le doigt sur la partie sensible histoire de te déstabiliser pour mieux te détruire.
    J’ai retenu cette phrase d’un supérieur hiérarchique avec qui j’ai effectué une mission au cours de laquelle pour chaque chose à faire il demandait mon avis (moi un agent) : "Tu sais, pour donner le meilleur d’eux-mêmes, les collaborateurs ont simplement besoin d’estime, de respect et de sentiment d’être utile".

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  • Le 15 janvier 2018 à 18:31, par Zimm En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    Merci Docteure Traoré pour cette contribution qui tombe a pique, c’est claire, c’est bien écrit et vous donnez aussi des références bibliographiques pour les lecteurs qui veulent aller loin dans le sujet. Vous faites preuve de rigueur et d’honnêteté intellectuelle. Well Done !
    et bonne continuité.

    Répondre à ce message

  • Le 15 janvier 2018 à 18:50, par Konfe En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    Oui..harcèlement moral existe bel et bien. Comme dit ’’’qui accuse doit apporter la preuve’’ en matière de harcèlement moral,la preuve est difficilement identifiable..notre arsenal judictionnel a, en son sein ????? Suis un profane, informée moi. Aussi, les directions des ressources humaines dans les services doivent les premières a défendre, mais comme il s’agit d’un collègue directeur,ou chef de service, comprenez..n’y compter pas..sinon le phénomène existe..

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  • Le 15 janvier 2018 à 22:52, par Maurice En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    Mme je vous félicite car le sujet que vous évoquez est très important et que vous écrivez aussi pertinemment.
    Toutefois si nous voulons vraiment avancer surtout dans ce domaine, prenons l’exemple chez les Anglais ou les Américains, pas les Français, car la France n’a jamais été et n’est pas un exemple en matière de droits (l’expression ’patrie des droits de l’homme’ c’est purement une arnaque historique de la part des hommes politiques français, car l’Angleterre et les USA avaient proclamé les droits bien avant 1789, encore que les droits à la française étaient compatibles avec la possession et la maltraitance des esclaves dont le sort était en partie partagé par les femmes françaises elles-mêmes, des femmes qui font ainsi partie des dernières femmes à bénéficier des droits de vote en Europe, et même bien après la Turquie, Cuba, etc.).Même de nos jours les femmes françaises sont les moins enclines à porter à dénoncer les brimades qu’on leur fait (c’est dehors et à la télé qu’ellles parlent, sinon au fond c’est maïs, c’est des femmes sans courage qui ont très peur de leur propre société et de leur droit) : il a fallu par exemple cette africaine, Nafissatou Diallo en son temps pour que toutes ces femmes françaises sortent du silence contre DSK pour des actes qui remontaient alors forcément à des décennies ; tout comme les mêmes françaises ont attendu l’affaire Harvey Weinstein aux USA pour subitement encore sortir du bois en 2017. Franchement c’est quel pays de droit ça, où les femmes sont obligées d’attendre chaque fois le salut de l’étranger ? C’est parce que le système français de protection des femmes et des droits en général n’est pas bon : les femmes françaises souffrent en silence.

    C’est pourquoi je crois que nous n’avons rien à envier au SNTRS français (si ses actions ui rapportent tant mieux). Car nous pouvons mieux. A défaut d’avoir notre propre methode, autant s’inspirer d’exemples anglo-saxons. La France n’est pas un exemple pour nous, sur tous les plans. Il faut qu’on se rende compte de ça et qu’on arrête ce réflexe de nous ’inspirer’ de la France, c’est un abrutissement et une mortification. C’est clair, depuis des années. Depuis la colonisation on ne peut pas avancer. Donc vivement qu’on oublie la France dans nos modèles de pensée.

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    • Le 16 janvier 2018 à 10:41, par kwiliga En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

      Je ne vois pas bien le rapport de votre intervention avec l’article. Peut-être n’ai-je pas bien lu, mais je ne vois à aucun moment qu’il soit délivré en terme de conseil, le fait de s’appuyer sur l’exemple français.
      Ensuite, que vous souhaitiez déverser votre fiel, en votre qualité d’enfant de colonisé, sur la patrie des droits de l’homme (si, si, j’insiste, cultivez vous un peu, relisez Voltaire, Rousseau, Diderot,... ça vous apportera quelque éclairage), libre à vous c’est légitime.
      Néanmoins, votre intervention est émaillée d’éléments erronés, qui relèvent d’une extrapolation partisane et dénuée de sources authentiques.
      Pourriez vous, pour exemple nous citer quelles femmes françaises sont sorties du silence après l’affaire DSK ?
      Il semble que vous soyez enclin à l’amalgame et à la discrimination : " c’est des femmes sans courage" " les femmes françaises souffrent en silence".
      Non, c’est malheureux, mais quel Burkinabé peut se permettre de dire ça !
      Essayez donc un peu de regarder la réalité en face et de comparer la condition féminine et France et chez nous !
      Alors, avant de critiquer ailleurs, ce qui n’était pas l’objet de l’article, tentons, ensemble, de faire progresser l’égalité des sexes dans notre propre pays !

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      • Le 16 janvier 2018 à 12:23, par Nesien En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

        @Kwiliga : C’est vrai que je ne suis pas l’auteur du poste critiqué mais c’est vous l’inculte si je dois vous emprunter votre tendance de vocabulaire. L’affaire DSK vous connaissez pas les Tristane Banon et autres qui ont attendu des années jusqu’à l’affaire Naffissatou ?
        Et vous me faites rire pour les auteurs que vous citez, parce que Rousseau n’est pas français avant tout même s’il était francophone, c’est un suisse dans son âme. Et de toute façon en dehors de sa théorie politique Rousseau n’est pas un exemple en matière de respect des femmes (grattez juste un peu sa vie privée vous verrez les dégâts de ce philosophe). Quant à Voltaire, il a quel respect pour le noir ou les esclaves ? Diderot et consorts, quelle récitation puérile de votre part. Lisez bien vos sources vous-mêmes pour bien faire l’éloge de votre asservissement. Seul certain type de noir d’Afrique francophone est capable d’être toujours à la défense aveugle de la France. Ca fait pitié.
        Cela dit je suis d’accord avec l’auteur du poste sur ce qu’il dit sur la situation de la femme en France et des droits. Après, est-ce que cela a un lien ou pas avec l’article ce n’est pas mon problème.

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        • Le 17 janvier 2018 à 09:58, par kwiliga En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

          Oui, ben tout ça, c’est des interprétations personnelles auxquelles chacun peut se livrer selon ses convictions.
          De mon point de vue, Tristane Banon, avait déjà évoquée une agression par un homme politique dans des romans, bien avant l’affaire Nafissatou, et elle a cherché à récupérer opportunément un peu de notoriété en surfant sur la vague médiatique. Elle a d’ailleurs été déboutée de sa plainte par le parquet de Paris.
          Quant-à Rousseau, le problème n’est pas qu’il fut Suisse (sa famille étant d’ailleurs d’origine française), mais d’admettre qu’il fut un des fondateurs de la pensée qui éclaira les peuples, alors sous le joug de la monarchie.
          En ce qui concerne mon admiration inconditionnelle de la France, détrompez-vous, j’en suis très loin.
          Seulement, il y a bien longtemps que j’ai dépassé mon complexe de fils de colonisé et de petit fils d’esclave, condition rédhibitoire à pouvoir envisager l’avenir sereinement et en toute objectivité.
          Et l’objectivité, c’est de nous regarder en face et de savoir ou nous en sommes.
          Avant de chercher à critiquer tel ou tel autre pays, tachons de voir si nous mêmes, sommes capables de mieux.

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  • Le 16 janvier 2018 à 08:37, par ASHL En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    très dommage pour une administration qui se veut moderne et impartial.surtout dans les affectations ont voit bien des cas flagrants tu arrives dans un service d’ou tu viens d’être affecté. le premier responsable qui est censé te donner les informations et la demarche (politique managérial) de la structure c’est lui même qui te harcele moralement d’abord il te dénigre en temps que personne et ensuite il te rabaisse de par ta profession. personnellement j’ai été victime car le superieur qui m’a reçu mon 1er jour de service m’a informé qu’il n’avait pas besoin de mon profil dans sa structure comme si c’etait un service privé. Or c’est l’administration publique si le departement des ressources humaines m’ont envoyé labas c’est pour necessité de service. j’ai pu remarqué que ce meme superieur hierarchique prefère travaillé avec des profils plus bas que le mien. et surtout si ce sont des filles et des parents de surcroit. je suis desolée mais l’administration public telle n’est pas sa vocation.

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  • Le 16 janvier 2018 à 10:09, par ant2 En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    harcèlement sexuel, hummmmmmmmmmmm au Burkina, posez les questions à bcp de femmes qui travaillent sur les mines d’or. Si honnêteté existe vous serez servi
    a bon entendeur, salut

    Répondre à ce message

  • Le 16 janvier 2018 à 16:32, par Gazegagnon En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    Il y a trop de bizarreries dans notre code de travail qui date de 2008.Eh ! les juristes qui travaillent beaucoup beaucoup depuis le temps de l’autre chef suprême de la magistrature là ! Actualisez çà un peu ?
    Au lieu de lutter pour cela, nos syndicats sont en train de nous divertir seulement...

    Répondre à ce message

  • Le 16 janvier 2018 à 19:25, par Joseph En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    Hé ! oui. Le harcèlement moral existe bel et bien dans notre administration. Mais le problème est que les "agresseurs " ont généralement de bonnes relations avec les supérieurs hiérarchiques auprès de qui les "agressés" peuvent aller poser leur problème. Vous comprenez pourquoi il est difficile pour eux d’en parler avec ceux-ci. Et la stratégie utilisée le plus souvent par les agresseurs est la division des agents dans les services pour mieux régner. Bref, que Dieu sauve ceux qui en souffrent. Sinon, la dénonciation peut créer d’autres ennuis aux victimes dans leur carrière.

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  • Le 18 janvier 2018 à 09:25, par savabrah En réponse à : Le harcèlement moral : Un mal caché de notre administration

    Eh bien, le harcèlement moral dont il est question et qui est vraiment une réalité, ne se pratique pas que dans la fonction publique. Sans preuve, ni statistique à l’appui (je le consens), j’ai envie de dire que c’est même pire dans le privé où le plus souvent, le supérieur hiérarchique est également l’employeur. Lorsque le supérieur n’est qu’un chef de service (donc pas l’employeur), au-delà des propos dégradants qu’il te fait subir, son comportement tend à te faire barrage, ombrage pour la suite de ta carrière en termes de promotion, surtout si tu es qualifié. En réalité, cela cache leur propre limite (incapacité professionnelle) pour préserver leur leur poste. Les instances sensées gérer ces situations ne courent pas les rues d’une part, et d’autre part, les personnes sensées tranchées trainent très souvent des casseroles vis-à-vis des harceleurs au point qu’ils mettent le pied sur le problème pour que leur propre reste dans le ’’noir’’.
    La publication de la tribune de la Docteure est un début de solution car je suis sûr que les agresseurs moraux (harceleurs) tremblent déjà car se demandant si les masques vont enfin tombés !!!

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