Corruption : Le grand pillage

Sayouba Traoré , Écrivain-Journaliste • jeudi 4 janvier 2018 à 00h39min

Si on veut véritablement combattre le fléau national de la corruption, il revient d’abord aux plumitifs et aux faiseurs d’opinion de montrer à la face du monde le caractère hideux du corrupteur et le corrompu dans toute sa veulerie et dans toute sa laideur. Cet écrit n’a pas pour ambition de décrire dans sa totalité la vile mécanique de la corruption, tant la palette est vaste. Nous allons nous contenter des quelques rouages que nous jugeons essentiels. Et cela seul suffira à dévoiler le sinistre visage de ce véritable gang institutionnalisé. N’ayons pas peur des mots. Car il s’agit de dire ce qui nous handicape chacun et nous tous.

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Corruption : Le grand pillage

On veut mettre sur pied des instances locales du parti qui ambitionne d’accéder au pouvoir. Armés des documents programmatiques du mouvement, tous ceux que leur conscience titille se sont mis en branle. « Il faut sortir ce pays de sa léthargie », tel est donc le mot d’ordre. Et les discussions vont bon train. Les rencontres, tant formelles qu’informelles, se succèdent. On chauffe le téléphone nuit et jour. Les mails s’entrecroisent sans répit. Ce qui est, somme toute, normal. Parce que le dicton enseigne que « Buud warb san saood laagin bi ned faan ninga a naorè » (orsque la danse rituelle du « buudu » se danse dans une assiette, chaque fille et chaque fils du « buudu » doit y mettre le pied).

Ainsi fait, on convoque la grande palabre et des délégations arrivent. A l’issue de discussions qui occupent toute une journée, on vote solennellement un bureau composé des personnes jugées les plus méritantes. Puis on se quitte, confiants dans l’avenir. Par la suite, nul n’est surpris d’apprendre que chacun des membres nouvellement élus a empoché nuitamment la somme de plusieurs millions de nos francs CFA.

En notre âme et conscience

Pour quelles raisons n’est-on pas totalement surpris et pas vraiment choqué par une telle nouvelle ? C’est tout simplement parce que nous avons un substrat culturel qui nous a tous préparés à comprendre et à tolérer semblables vilenies. Le lecteur pense que là j’exagère ? Eh bien non ! Nous savons bien que pareils cadeaux souterrains ne peuvent pas être totalement honnêtes. Nous sommes certains que la probité n’a pas sa place dans une telle affaire. Mais nous sommes enclins à dire que « tout le monde le fait et que c’est bien humain ». Parce nous savons au fond de nous-mêmes que, placés dans la position des élus, nous ne sommes pas assurés de trouver la force morale pour refuser ce cadeau empoisonné. Je prends les paris. S’il y a quelqu’un qui peut prétendre le contraire, je serais bien curieux de faire sa connaissance.

Pourquoi insister aussi lourdement sur ce trait culturel ? Parce que ce que nous sommes conditionnés par ce que nous faisons et qui fixe notre propre seuil de l’intolérable.

Dans une de nos familles traditionnelles, c’est naturellement le papa qui incarne l’autorité. Mais tous, nous savons que c’est celui qui possède le plus de Francs CFA qui dicte la marche à suivre à tout le monde. Impossible d’ignorer cette réalité. Car tous, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, nous sommes portés à chercher les faveurs du riche. Difficile de dédaigner la main qui fait les partages. Puisque la nature humaine est ainsi faite, que chacun cherche à s’approprier la plus grosse part. A l’étage au-dessus, on cherchera tout aussi naturellement les faveurs de celui qui est investi de l’autorité. Qu’importe si cette autorité est administrative ou traditionnelle. Même quand les « zotorités » disent une superbe connerie, on applaudit avec application. Et on rit à gorge déployée chaque fois qu’il lui prend envie de plaisanter. Pourquoi donc voudrait-on que la femme ou l’homme qui détient la réalité du pouvoir se prive d’en abuser, puisque nul ne songe à lui fixer des limites ? Et comment lui fixer des limites, si chacun des citoyens souhaite en profiter sans entraves, y compris ceux qui sont chargés justement de fixer ces limites-là ?

Le titre et la fonction

Une fille ou un fils savant termine ses études. Le clan entier se mobilise, sans qu’on ait besoin de le dire, afin que le rejeton ne soit pas oublié dans le partage du pouvoir. Ici pouvoir se perçoit comme un amalgame de pouvoir économique et pouvoir de décision. C’est donc tout le « buudu » qui va à la pêche au poste. Une fonction que l’on suppose enceinte de futures largesses. Parce que gouverneur, préfet, président d’institution ou ministre, ce n’est pas seulement une fonction administrative. Le bon sens populaire ne s’y trompe pas qui parle de « Naam ». Et le rejeton intronisé gouverneur, préfet, président d’institution ou ministre devient un « Naaba ». Comprendre ici « Naaba » dans le sens de nabab, c’est-à-dire potentat. Et le titulaire ne tarde pas à se voir lui-même comme un roitelet. Au cabaret, au marché, ou tout autre lieu de rencontre, les membres du « buudu » ne manqueront pas de souligner que désormais, tout va pour le mieux. Et on expliquera sans vergogne que « c’est notre fils qui est le nouveau naaba des gendarmes, des juges, ou même de la banque ». Je vous laisse deviner qui va être servi le premier et qui aura la meilleure part parmi les administrés de ce roitelet. Tout comme je vous laisse deviner les conséquences de telles situations. Surtout que ces situations se cumulent et cumulent leurs effets. Là également, je prends le pari. Que le premier qui conteste cette réalité lève le doigt !

Une honnêteté suspecte

Dans un tel climat, le fonctionnaire ou l’agent public qui tient à sa probité, celle ou celui qui respecte le bien public et qui s’interdit de capter le bien d’autrui, cette femme ou cet homme est regardé comme un foutu égoïste ou un sombre imbécile. Égoïste parce qu’on le soupçonnera toujours de vouloir garder le butin pour lui seul. Imbécile parce que ne sachant pas ou répugnant à profiter des situations qui lui tendent les bras. Ce gouverneur, préfet, président d’institution ou ministre aura du mal. Du souci, car on le soupçonnera toujours de quelque chose, pendant que lui peinera à expliquer que sa position ne lui permet de disposer que de son seul salaire.

Pour illustration, un épisode resté fameux. Un ministre de la République a conduit une mission auprès des Partenaires Techniques et Financiers dans un pays européen. Mission qui a abouti à la signature de conventions de financements. A son retour au pays, quelle ne fut pas sa surprise de trouver sa maison et les alentours envahis par une flopée de quémandeurs de toutes origines. Qui pour solliciter un tracteur, qui une charrette et des chevaux, qui une boutique pour sa femme, qui le financement d’un permis de conduire et une camionnette pour le fils. Effaré, le ministre de demander et de se demander en même temps où diable pourrait-il trouver un tel argent. Explications des visiteurs : « Nous tous on t’a vu à la télévision signer pour prendre des millions avec tes amis Blancs ». A ce niveau, on ne peut se limiter à parler de malentendu. Il est plus juste de parler de divorce culturel.

Et c’est dans ce moule que notre esprit a été façonné. C’est dans ce terreau que nous avons pris racine. Qui n’a jamais entendu cette question intéressée : « est-ce que tu connais quelqu’un aux impôts, à la douane, à la mairie, ou dans un autre service ? » Si on veut connaître quelqu’un avant d’entreprendre un déplacement dans un service public censé recevoir et servir tout le monde à égalité, ce n’est certainement pas pour une démarche sans arrière-pensée. Là également, je prends le pari. Que le premier qui conteste cette réalité lève le doigt !

Quand la politique s’en mêle !

Quiconque rêve de faire carrière dans la politique, se doit de connaître ces réalités sociologiques. Et s’il est lui-même un esprit toxique, il joue sur du velours. Commençons ce chapitre en disant que la corruption qui sévit dans le domaine politique est une affaire à double détente. Le politicien a besoin de béni oui-oui sur son chemin. Pour cela, on commence par tailler un vocabulaire et un langage appropriés. Cela consiste à confondre la fonction et le statut. On prend soin d’oublier de préciser qu’on convoite tout simplement une fonction dans un grand dispositif administratif. On a vu précédemment comment on se fait appeler « Naaba ». Ce qui dépasse largement la notion de chef de service ou de responsable de parti politique. Un Naaba peut accorder des prébendes et des passe-droits. En favorisant ses proches, ses amis, ses camarades d’école ou ses partisans, on se fabrique à bon compte des obligés. Et une fois qu’on est élu, ceux-ci deviennent des sujets. Et on prend soin là aussi d’éviter de laisser entendre que l’argent et les coups de main qu’on octroie à tours de bras n’est pas le sien propre. Nul ne doit savoir que c’est de l’argent soustrait frauduleusement de la caisse publique, propriété de la communauté nationale.

L’autre face, c’est la femme ou l’homme qui brille soudainement dans le quartier, sans qu’on puisse dire la source de cette miraculeuse émergence solitaire. Comme si le fait de participer à des meetings, des marches et autres manifestations partisanes pouvait procurer de la richesse. Et tout le monde le voit dépenser sans compter. Lui aussi se garde de dire qu’il bénéficie d’une part d’un butin, fruit de subtiles spoliations.

Or, ça se propage. Ce qui est logique. Parce que le sommet n’a pas corrompu des intermédiaires sans objectif. L’idée, c’est que le premier stipendié se fabrique à son tour des obligés dans son cercle proche. Ces seconds corrompus du deuxième étage s’en vont à leur tour circonvenir un troisième étage. Troisième étage qui agit de même dans les structures au-dessous. Partie d’une seule main qui signe dans la pénombre un document brumeux, l’affaire devient poisseuse qui suinte et dégouline jusqu’aux plus humbles. C’est déjà suffisamment désastreux. Or, la source ne doit jamais tarir, parce que le mécanisme ne doit jamais cesser de fonctionner. Donc un mal qui en entraîne d’autres. D’autres maux qui deviennent à leur tour la source et la cause d’autres maux.

Vous êtes déjà écœuré ? Eh bien, ce n’est pas tout. Car il y a plus lugubre en cette matière. Je recommande au lecteur ami de s’asseoir avant de lire les lignes qui suivent. Le malheureux qui croit de son devoir de dénoncer publiquement ce jeu souterrain (jeu souterrain qui tue tout effort de la communauté nationale pour un quelconque bien-être), l’inconscient qui a l’idée saugrenue de dire que ça ne va pas et que ça ne peut pas continuer de la sorte, celui-là doit s’attendre à être combattu sans pitié. Sans pitié, sans relâche et sans retenue, c’est-à-dire par tous les moyens.

Nous nous volons nous-mêmes

Le mal est profond. Il est handicapant à plus d’un titre. Il peut annihiler toute action bénéfique. Tout le monde peut en faire l’expérience. Les techniciens de la chose annoncent une mauvaise saison des pluies qui préfigure une année difficile sur le plan alimentaire. S’il vous prend l’envie de venir en aide à votre communauté villageoise, il vous faudra des garde-fous solides contre les truqueurs. Envoyer des vivres au village ne vous met pas à l’abri des mauvaises surprises. Car il se trouvera toujours quelqu’un pour dévoyer les affaires pendant la distribution. Au final, vous avez consenti un effort financier. Et au bout du compte, votre générosité va alimenter les réserves alimentaires déjà garnies de notables suralimentés, alors qu’à côté des démunis meurent de faim. Or, votre geste s’adresse justement à ces démunis.

Plus haut, un tel comportement a inévitablement des effets néfastes sur la vie quotidienne et la vie économique du pays. Prenez le cas des marchés publics. L’État utilise ce mécanisme pour passer les commandes dont ses services ont cruellement besoin. Qui nous garantit que tout se passera sainement ? De même pour les infrastructures de l’État, telles les routes et les pistes rurales. Chacun voit que ces grands travaux de l’État ont pour but de permettre un réel essor de pans entiers du territoire par le biais du désenclavement. Que dire quand ces grands travaux sont entravés par des gens à l’entregent puissant, ou mal exécutés du fait de l’intervention de prévaricateurs à l’appétit féroce ? Même les municipalités ne sont guère épargnées par ce fléau. Chaque jour qui se lève voit une annonce sur un deal maffieux de parcelles. Et dans ce jeu, ce sont toujours les mêmes qui gagnent. Et bien évidemment, ce sont toujours les mêmes qui se retrouvent écartés de la mangeoire.

Regarder l’ASCE /LC et le REN-LAC s’escrimer tout seuls ne suffira manifestement pas. Le citoyen doit prendre sa part dans ce combat. Non seulement il faut l’audace pour parler de ces turpitudes, mais il faut aller plus loin. Chacun de nous doit entrer à l’intérieur de lui-même et interroger sa conscience. Si nous voulons réellement le développement de ce pays, si véritablement nous voulons un mieux-être pour nos populations, si nos déclarations tonitruantes appelant l’essor de notre patrie sont sincères, nous devons arrêter le massacre. Car il n’y a pas d’autre mot pour désigner ce grand pillage. Grand pillage parce que, dans la réalité, nous nous volons nous-mêmes. Stupidité suprême, nous aggravons la situation aujourd’hui, et nous brisons tout élan pour le futur. Autrement dit, on voit clairement que nous fonçons dans un ravin, et nous y allons le cœur en fête.

Ce travail de relèvement moral est salvateur. Et il nous concerne tous. Chacun ! Et nous tous ! Ceux qui pillent et leurs complices. Ceux qui regardent faire et qui détournent le regard. Seulement, il y a des préalables. Je ne peux guère m’insurger contre la corruption des autres si je suis moi-même disposé à recevoir une parcelle que je sais ne pas mériter, Comment puis-je valablement rédiger des articles dénonçant mes contemporains, si je passe mon temps à m’inscrire à plusieurs séminaires et ateliers dans le même temps, ateliers séminaires que je boycotte, tout en émargeant allègrement pour recevoir les perdiems qui vont avec ? Quel DAF suis-je aux yeux de mes agents si je passe la sainte journée à détourner leurs frais de mission ? Quel syndicaliste suis-je, si tous me regardent détourner des bons d’essence à tour de bras ?

Sayouba Traoré,
(Écrivain-Journaliste)

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Vos commentaires

  • Le 4 janvier à 07:59, par yelmion
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    belle analyse. A chacun de se situer et se faire un examen de conscience

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    • Le 4 janvier à 17:06, par RV
      En réponse à : Corruption : Le grand pillage

      Belle analyse d’une situation innommable, mais qui peut être réduit : la corruption.
      Une des sources, et la plus importante sont certains leaders coutumiers et religieux.
      Que dire de la Justice injuste !
      UDP !

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    • Le 4 janvier à 23:54, par kenfo
      En réponse à : Corruption : Le grand pillage

      Oui. Sayouba. Ce que vous dites est très juste et j’y adhère. Sauf que j’ai essayé de te joindre par RFI, en vain.... Par Mr Lankoé ; j’ai appris que vous avez fréquenté l’école Protestante de Ouahigouya.... Moi aussi. Je voulais que nous pensions à réunir les naciens élèves de l’école, pour faire quelques chose ensemble.

      Merci.

      Kenfo

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  • Le 4 janvier à 08:15, par Danton
    En réponse à : Corruption : Le grand pillage

    Merci le kôrô. C’est propre même. Vive le Burkina Faso ! Danton.

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  • Le 4 janvier à 08:40, par FanDeThomSank
    En réponse à : Corruption : Le grand pillage

    Excellente interpellation. Bon courage Korrô Sayouba ! C’est vraiment en chacun de nous que ce fléau doit être dénoncé et combattu. Ce n’est qu’ensuite, qu’on pourra prétendre à l’enrayer autour de soi.

    Mais, comme tu l’as si bien dit, il faudra s’attendre à être combattu sans pitié, sans relâche, sans retenue et par tous les moyens c’est-à-dire à la manière de Feu Président Thomas Sankara. Car, il faut aussi le dire, cette gangrène qui met à genoux nos Etats africains arrangent nos dominateurs d’outre-mer et ils sont rares ou impuissants ceux qui, parmi eux, souhaitent véritablement qu’on s’en débarrasse. Et ces exploiteurs à vie, aussi subtilement que possible, nous incitent quand ils ne nous obligent pas à être et à demeurer dans cette corruption galopante et si ravageuse. C’est aussi de la sorte que nos richesses naturelles sont d’abord les leurs et, chaque jour que Dieu fait, ils les pillent allègrement, à tour de bras et sous nos applaudissements. Donc, il faudra inévitablement s’attendre à être combattu de dedans comme de dehors.

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  • Le 4 janvier à 09:26, par Truth
    En réponse à : Corruption : Le grand pillage

    Suis tout à fait d’accord avec vous M. Sayouba Traoré. Il nous faut un sursaut patriotique et repartir sur de nouvelles valeurs morales. Les gens de nos jours travaillent pour leur propre intérêt au détriment du développement communautaire et national. Il faudrait qu’on arrive à un stade ou le voleur de deniers publics soit puni sans merci. Ce voleur doit être dépouillé si possible de ses biens et croupir en prison pour le reste de sa vie, parce que c’est crime que de détourner de l’argent qui aurait pu servir à la construction d’hôpitaux, routes, écoles pour le bien être des populations. Malheureusement, les personnes qui doivent mettre en application ces lois sont pourries jusqu’à la moelle.

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  • Le 4 janvier à 10:02, par Amkoullel
    En réponse à : Corruption : Le grand pillage

    Respect pour la clairvoyance de ta plume Mr TRAORE ! Au delà du respect, je m’inscris aujourd’hui et pour toujours dans cette exigence morale, spirituelle, comportementale de tous les instants pour être ce citoyen modèle que tu appelles de tes vœux.

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  • Le 4 janvier à 10:38, par citoyenne
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    Excellent article à partager avec vos amis. Seule une prise de conscience collective permettra de diminuer ce fléau, car l’entourage proche est souvent le premier à inciter à la corruption active ou passive.

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  • Le 4 janvier à 11:51, par Ka
    En réponse à : Corruption : Le grand pillage

    Analyse fine et subtile d’intellectuel averti et Je confirme : Pour combattre la corruption dans un pays comme le Burkina, le problème est très simple il faut commencer par le haut : Il y a tellement de malversations dans l’entourage du pouvoir, et à tous les niveaux que personne n’agit avec la morale. Quand le bon exemple viendra de haut, peut-être que ça changera. Mais pour cela, il faut sanctionner de manière sévère et juste ceux qui se sont enrichis de manière illicite ou "borderline". Le problème est que le Burkina depuis plus de 27 ans avec l’ère Compaoré, le pays est pourri jusqu’à la moelle et l’impunité est la règle. Les exemples sont pléthores, exemple les villas des magistrats et les membres du gouvernement qui poussent comme des ces champignons à Ouaga 2000, les 4x4 au prix des centaines de millions qui remplissent les parkings de la ville, et on ne sait qui paye quoi aux impôts excet. Merci S.Traoré pour cette analyse dont nos gouvernants doivent impérativement prendre en compte.

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  • Le 4 janvier à 13:30, par TAPSOBA DESIRE
    En réponse à : Corruption : Le grand pillage

    Pour qu’il y ait corruption, deux conditions doivent remplies : un corrupteur ( celui qui abuse de sa position de pouvoir pour tirer un avantage quelconque ) et un corrompu ( celui accepte de plein gré ou inconsciemment de bénéficier d’avantages indus ou de profiter des failles du système ) ! Nous sommes donc tous potentiellement dans un des deux cas. Comme le si bien le grand-frère Traoré , il faut beaucoup d’exigence morale pour ne pas tomber dans le piège, dans une société où on ne réussit pas ( sous entendu on devient pas fonctionnaire, un agent de l’état, bref "quelqu’un" ) que pour soi mais aussi pour les autres, à commencer par sa famille, ses proches et ceux du village. Ainsi,la corruption s’est installée dans les esprit et est désormais perçue comme une normalité. Voila le grand danger !

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  • Le 4 janvier à 15:04, par Mafoi
    En réponse à : Corruption : Le grand pillage

    Il faut qu’on se dise la vraie vérité,le Burkina Faso est presque devenu le seul pays au monde où on peut piquer dans les caisses de l’Etat sans être inquiété.En effet dans les pays monarchiques avec leur pétrole qui coule à flot,ils ont commencé à faire leur mue avec des arrestations massives comme en Arabie Saoudite où plus de 200 personnes sont concernées notamment des ministres,des princes,des hommes d’affaires et y a rien alors que chez nous,faut pas toucher le seul d’un délinquant en col blanc sinon c’est l’émeute.C’est désespérant car mon pays est vraiment fichu,foutu pour un très mauvais moment alors que les mêmes voleurs pour nous berner disent que toutes les structures sont en place avec des pseudo juges indépendants qui cherchent plutôt à se goinfrer qu’à appliquer le droit,un REN LAC de façade,une cour de comptes compilatrice de documents sans lendemain,une ASCE pour les parades etc etc....!

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  • Le 4 janvier à 16:46, par burkinbila
    En réponse à : Corruption : Le grand pillage

    Bien SAYOUBA,nous en sommes fortement complices par notre égoismes(ceux qui en profitent) naiveté,laxisme,peur(ceux qui n’en profitent pas).Mais au delà de tout ça,je pense que l’ARGENT ROI SEVIT DANS UN MONDE QUI SE DESHUMANISE et où les uns et les autres pour des ambitions de domination de leurs prochains doivent user de cet argent pour atteindre leur but.

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    • Le 4 janvier à 18:20, par Denis
      En réponse à : Corruption : Le grand pillage

      Grand frere felicitation pour cette brillante analyse meme si j esperais des perspectives.Nous Africains nous voulons une chose et son contraire.Je vous raconte l histoire d un ami qui organise un fora contre l incivisme pendant qu il n arrete pas de telephoner dans sa voiture.Quand je l ai interpelle sur ce fait il n a trouve de reponse que ;"Ca va aller".Nous sommes tous dans la corruption et l incivisme mais prompts a accuser l autre.Alors la repression sans aucune intervention ni interference semble etre la seule solution.

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  • Le 5 janvier à 03:18, par gomsida
    En réponse à : Corruption : Le grand pillage

    Au Burkina c’est un braquage en plein midi. Un agent de impôt après 3 années de fonction a sa 4X4, sa benne, sa maison et tout le monde trouve normal parce qu’il est des impôts.

    Pendant ce temps, la cadre supérieur d’un autre ministère peine a avoir une parcelle après 20 ans de service . Je pense que ceux qui regardent et cautionnent sont plus nuisibles que ceux qui détournent.

    Faites un tour dans les quartiers nouvellement lotis et vous verrez la réalisation des fonctionnaires. Le drame, ça ne choque personne et c’est même normal dans la conscience populaire. A cette allure, on va tous réclamer la vente du pays pour se partager le butin

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