« L’université n’est pas un champ de bataille politique, encore moins un cadre de lutte avant-gardiste de partis politiques... » (Baboué BAZIE)

dimanche 31 décembre 2017 à 09h30min

Cet écrit est une contribution d’un étudiant en lettres modernes à l’Université Ouaga 1 Pr Joseph Ki-Zerbo sur la problématique des luttes syndicales et leurs colorations politiciennes sur les campus des universités publiques au Burkina Faso.

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« L’université n’est pas un champ de bataille politique, encore moins un cadre de lutte avant-gardiste de partis politiques... » (Baboué BAZIE)

L’éducation est d’une importance incalculable dans toute société. De ce fait, fermer les yeux face à la crise que traverse l’éducation au Burkina Faso, reviendrait à renier notre propre humanité et celle du peuple burkinabè. Elle tient une place prépondérante dans les relations, le règlement des conflits, etc. Dans cet écrit, il sera question de critiques objectives à l’égard de nos braves structures syndicales estudiantines, des délégués de promotion, des agents administratifs et une invite aux parents d’étudiants à la lutte pour un retour véritable à des années académiques normales. La méthode est douce, efficace, sans efforts physiques. Mais avant tout, quelles sont tares des syndicats estudiantins ? Quelles sont les responsabilités des délégués de promotion et celles des agents administratifs dans les retards et les chevauchements des années académiques ? Qu’en est-il des parents d’étudiants ? Comment mutualiser les stratégies pour endiguer toute turpitude politicarde ?

Bon nombre de structures syndicales ne passent toujours pas par des voies légales pour se faire entendre en cas de problème. Pourtant, nous sommes en République et de surcroît, nous sommes des étudiants, des futurs leaders du pays. Il est plus que jamais nécessaire de savoir que le baccalauréat n’est ni de loin, ni de près un certificat de civilisation à l’aveuglette. Même le paysan de Réo quand il vole un poulet, il répond de ses actes devant la Justice. Or, celui-ci ne comprend évidemment pas les textes de la République. Il ne connaît même pas la marmite dans laquelle sont préparées les lois de la cité. Nous faisons allusion à la langue française. Nous, nous parlons français ; nous comprenons ce que signifient les notions d’Etat de droit, de démocratie. Quand nous agissons ainsi, cela est une morosité à la collectivité. Il y a vraiment péril en la demeure. Nous pourrions aussi utiliser la banderole noire pour exprimer notre ras-le bol.

Evitons également les prétextes faciles qui gangrènent notre crédibilité. L’exemple de grève spontanée comme celle d’un putsch qui est presque sur toutes les lèvres des associations syndicales est éloquent. Les ennemis de la vérité trouveront des alibis à cet écrit. Nous vous mettons à défi. Si vous estimez que vous respectez les procédures normales sans abus de l’argument de grève spontanée, pourquoi ne traduisez-vous pas l’Etat burkinabè devant les juridictions les plus compétentes pour réclamer réparations quant aux préjudices causés par les Forces de l’ordre dans l’exercice de leurs missions régaliennes. Mieux, vous plaît-il de voir les blessés de vos turpitudes périr au vu et au su de tous ? Quand on est illégale ou un hors-la-loi, on craint la Justice.

Chères structures syndicales, nous allons mettre le cap sur vos affinités avec certains partis politiques. L’université n’est pas un champ de bataille politique, encore moins un cadre de lutte avant-gardiste de partis politiques à l’image du PCRV. Depuis nos fouilles, on n’a eu aucun candidat au compte de ce parti, ni de programme de sa part ; son existence véritable n’est qu’un doute pour nous. Lors d’une assemblée générale, cette question a été posée à un leader d’une association estudiantine au sujet de leurs affinités avec le PCRV. La réponse fut celle-ci : « Depuis les années antérieures, l’Etat voltaïque a failli supprimer la structure syndicale et c’est le PCRV qui est monté au créneau pour dénoncer cela. » En d’autres termes, c’est grâce au PCVR que cette structure subsiste. Ne fût-ce leur intervention, les politiques du pouvoir d’alors allaient la liquider. C’est un argument qui ne tient pas la route. C’est un véritable manque d’éducation civique de votre part. Quelles sont les attributs d’un parti politique ? Ils sont entre autres la conquête du pouvoir d’Etat, la dénonciation des travers du parti au pouvoir. Cela n’est pas une raison qu’une association de lutte estudiantine se substitue à ce parti politique. Sans hypocrisie, nous vous invitons à revoir cette éducation civique qui nous montre comment fonctionnent les choses républicaines afin d’éviter ce libertinage.

C’est cette instrumentalisation qui vous conduit à l’achat des consciences avec des miettes d’argent sans vision syndicale. Il ne faut pas confondre une visée à une vision. Tout cela se perçoit à travers une lecture judicieuse de l’Eveil Education n°305 du 7 au 20 novembre 2016 à la page 2 « Ils(les étudiants) sont souvent bernés, manipulés et entrainés dans des luttes qui servent moins leurs intérêts que ceux de quelques personnes qui sont des expertes en mensonges et manipulations. » Lisons également l’introduction de la page 4 et réfléchissons à cette phrase du secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire pour l’intégrité au Burkina Faso(FESCIBF) « Toutefois si quelqu’un a la preuve que l’un de nos militants a reçu un pot-de- vin pour la marche, nous le détacherons de la FESCIBF pour qu’il soit à l’entière disposition de la Justice. » Le journaliste n’a jamais dit que c’est du sein de la FESCIBF que l’information est sortie. « Combien avez-vous reçu pour la marche du mardi 25 ? » ; c’est la question du journaliste de l’Eveil Education.

Chères structures syndicales, il est temps de mettre fin à l’usage d’alibis et subterfuges qui atteste un manque de réalisme dans la lutte. En juillet 2017, à l’AG de l’Association nationale des étudiants du Burkina(ANEB), le bureau a laissé entendre que lors des instances décisionnelles, on passe par des votes et compte tenu de la faiblesse du nombre d’étudiants, cela est un handicap puisqu’il s’agissait de préparer leur position en vue des échanges en perspective entre leaders administratifs, politiques et sociaux. A la lumière de nos navigations et investigations, cet argument n’est que de la poudre aux yeux. Il y a lieu d’arrêter cette entourloupette entre nous. C’est vilain. Nous disons non et non. Que nous soyons honnêtes, ne serait-ce pour la paix et la tranquillité de nos âmes.

Chères structures, il faut éviter de porter deux casquettes à la fois. La casquette du syndicat et celle d’homme politique. La politique nationale est le socle de tout développement. A cet effet, il faut vous tranquilliser dans votre domaine de danse. Cela n’est pas une faiblesse. C’est au contraire une force. Nous ne sommes pas la seule couche sociale et nous ne valons pas les 5% de la population. A ce sujet, il y a lieu de répondre avec véracité et objectivité aux questions relatives aux élections. Quelques fois, mieux vaut se taire même quand on n’a pas de carte d’électeur et permettre à ceux qui en ont, d’accomplir leurs devoirs et droits civiques. Nous ne donnons pas une quelconque somme, encore moins du matériel de manière spéciale pour l’organisation des élections. C’est la contribution de tous les citoyens burkinabè. Vous appelez chaque fois au boycott au nom de tous les étudiants. De grâce, qu’on arrête cette masturbation intellectuelle poreuse.

Le prétexte que vous avancez est le suivant : « Les élections ne sont pas une issue pour le Burkina Faso. » Mais que proposez-vous ? Rien. Voulez-vous faire de la politique de terrain ? Si oui, partez au niveau du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation pour changer le statut de vos récépissés d’organisations syndicales en partis politiques. Les moins audacieux diront l’impossibilité. C’est possible. Ensuite, vous quitterez le campus qui n’est ni de loin, ni de près un champ de bataille politique ou politicarde et qui n’est le champ d’aucun de nos parents biologiques. C’est une vérité de Palice de dire que l’université est un temple de savoir. Interrogeons l’histoire du Royaume-Uni au sujet de Labour Party ou parti travailliste. Au départ, il était un syndicat et au finish, il s’est transformé en parti politique. Il conquit le pouvoir d’Etat en toute réalité et selon les règles de l’art. Vous dites que les élections ne sont qu’un droit et non un devoir. Pourquoi l’ANEB, chaque année que Dieu fait, vient nous courtiser dans les lieux publics de l’Université de venir aux urnes pour choisir les délégués pour représenter les étudiants ? Mieux, pourquoi ce soutien aux candidats quand on sait que c’est par des élections qu’ils y parviendront ? Franchement, vous ne pouvez pas cacher de vos mains les rayons solaires et nous obliger d’y croire qu’il fait nuit en plein midi.

Chères structures syndicales, il serait intelligent et humain de revoir certaines idéologies que vous prônez. La doctrine marxiste - léniniste n’est pas mauvaise en soi. Elle a des qualités et des défauts qu’il ne faut pas oublier. Cependant, la révolution générale armée n’est pas une idéologie à prôner. Arrêtez de prôner cette chimère parce que quand cela va déclencher, vous serez les premiers à fuir et ceux qui ne comprennent pas cette pensée vont en pâtir. Qui vous donnera les armes pour cette révolution générale armée ? En attendant, nous vous invitons à fabriquer une aiguille pour coudre les vêtements. C’est au nom des innocents que nous nous exprimons, braves intellectuels. Camarades, sachons que les livres ne sont que les pensées de l’être humain avant l’école occidentale. Chaque homme a des hauts et des bas. Raison pour laquelle, il faut faire appel à la mémoire de façon continuelle que nomme sélection Henry Bergson. La grande terreur de Staline, en connaissez-vous ?

Pourquoi, ne parlez-vous pas de cette animosité qui se chiffre en millions de morts ? Ce Staline, que représente- t-il dans la création ? Y a-t-il une main invisible derrière vos déboires ? Lors de l’émission Le débat de Presse de la Radiotélévision du Burkina (RTB), un certain Parfait SILGA, journaliste des éditions Notre Temps et ex-militant de l’ANEB, a répondu à cette question par l’affirmative.

Chères structures organisationnelles, il faut instaurer et appliquer de manière franche, le principe de « Un pour tous et tous pour un » et non celui de la vengeance, de la division, de la séparation et de la stigmatisation des uns contre les autres. Il s’agit de partir d’une cohabitation entre structures syndicales. A tous ceux qui pensent que ce n’est pas possible qu’ils sachent que c’est bien possible et c’est la normale. Ce qui ne devrait pas être possible, c’est bien la désorganisation, la division et l’instrumentalisation. Pour cela, pensons à cette assertion de Saint Augustin « Celui qui t’a créé sans toi, ne te sauvera pas sans toi ». C’est à vous structures syndicales de vous organiser comme un seul homme pour faire barrage à toute turpitude, aussi minime soit-elle. Peut-être l’argument de Saint-Augustin ne cadre pas bien cette situation. Puisons dans le tréfonds historique africain à travers le personnage de Norbert ZONGO qui écrit « Mille poussins rassemblés font quand même peur à l’épervier. Mais dès qu’il y a la débandade, c’est fini » Donc, il faut laisser vos casquettes politiques de côté, pour aller en rangs serrés car c’est en volant ensemble qu’on pourrait entendre le bruit des ailes des moineaux.

Chers délégués de promotion, nous ne pouvons pas vous laisser. Votre responsabilité est si grande qu’il ne faille plus jouer avec l’avenir des étudiants. Premièrement, certains délégués de promotion modifient les notes. Et les autres délégués se taisent. C’est bien le cas de celui de la promotion de 2015 en Lettres modernes. Pour votre sécurité, il faut bannir cette malhonnêteté. Administrativement, les étudiants n’ont pas accès aux notes. Et si tel fut le cas à Ouaga 1, la faute est de l’administration qu’ils convient de dénoncer avec la dernière énergie. Vous devez lutter pour que soient sautés les agents - obstacles à l’avancement des années académiques au lieu d’être de connivence avec eux.

A cela, il faut ajouter les zéros sans justification, les pertes et non remises des copies, les annotations sans foi, ni loi ; la situation de certains étudiants de promotions sans numéro matricule ; des copies bloquées à la Scolarité et d’autres exposées en des endroits d’insécurité sans remise aux propriétaires sous des prétextes fallacieux et injustes que les intéressés n’ont pas payé la scolarité. Qu’est-ce qui les empêche de remettre les copies avant de parler de frais de scolarité quand on sait que tout cela est l’une des conséquences des retards académiques. Des abus de pouvoir exercés sur les étudiants et quand vient l’heure de nous exprimer, ils nous taxent d’impolitesse. Eux-mêmes ne connaissent pas le vrai sens du mot impolitesse et se livrent à un usage décalé. Ce mot n’est pas à confondre à celui de véridique. « Toi agent, formé à l’école nationale, tu foules aux pieds les lois de la cité et toi, tu n’es pas impoli ! C’est moi qui te dénonce qui suis impoli ? » Des cartes d’étudiants qui viennent toujours en retard, des agents qui ont toujours un calendrier chargé comme si les problèmes des étudiants ne sont pas chargeables ; des bulletins de notes non signés. Que voulez-vous dans cette sinécure ? L’histoire le retiendra contre eux. Votre silence face à tout cela est coupable. Ceux qui ont un calendrier qui ne charge pas les problèmes des étudiants doivent s’éclipser de l’administration.

Chers parents, avec la visite du président français à l’université Ouaga 1 Pr Joseph-Ki-ZERBO, nous avons essuyé pas mal de balles verbales. L’opinion nationale et celle internationale ont qualifié notre conversation de tous les noms d’oiseaux. Chacun y va de son commentaire. Et ce ne sont pas les raisons qui manquent. Pour notre part, le vin est tiré, il faut le boire. Dans notre faiblesse intellectuelle, vous êtes aussi comptables. Chaque être humain est un éternel chasseur de connaissances. A ce titre, votre implication nous serait importantissime pour remettre les pendules à l’heure. Certains étudiants fanfarons pensent qu’ils sont mûrs alors qu’il n’en est rien. Les récentes violences perpétrées par nos estimés matures ont exprimé notre immaturité jusqu’au plus haut sommet. Comment expliquer cette sorte d’actions ? Que dirons-nous à nos petits frères ? La doléance d’impliquer les parents a été soumise à un leader syndical qui n’a pas trouvé mieux que de nous montrer sa barbe. Si la barbe était signe de sagesse, on n’enverra jamais le bouc à l’abattoir, avons-nous répliqué. De grâce, chers parents, ne regardez pas à nos comportements ; ayez pitié de nous. Il faut faire quatre ou six ans pour la Licence. Comment voulez- vous que nous ayons le niveau dans cette léthargie ? Nous avons vraiment besoin de votre aide. Nous vous invitons à vous organiser.

Chers nôtres, une chose est de semer, une autre est de s’occuper du champ en vue d’une très bonne récolte. N’arguez pas que vous n’avez pas été scolarisés ou vous avez un faible niveau. Ce que nous étudions, ne sont que des pensées des hommes en général. Ne dites pas : « Nous n’avons pas fait Lettres modernes, Sciences politique et juridique, Sciences économique et de gestion, Géographie, Histoire… ? » Tout cela serait un alibi pour fuir ses responsabilités. Qui vous apprend à bien placer les mots en Mooré, en Lyelé, en Kassena, en San, en Bissa… ? Qui vous apprend à diriger vos familles ? En cas d’infraction, ne jugez-vous pas les membres de vos familles y compris vous-mêmes ? Qui compte votre gain financier pour vous ? Qui planifie vos charges familiales ? Qui vous annonce les saisons et les sols fructueux ? Comment datez-vous les évènements ? Qui vous a dit de nous inscrire à l’école ? Ne vous laissez pas bernés par des gens à l’image des sophistes grecs qui persuadent au lieu de convaincre.

La sécurité est une condition sine qua non à toute entreprise qui se veut humaine. Chers parents, braves leaders syndicaux, chers leaders administratifs et politiques, sans jouer les cassandres, le fantôme est à notre porte et il ne faut pas le laisser rentrer avant de fermer nos battants. La question de la sécurisation de l’Université a été abordée entre acteurs y intervenant. Des structures syndicales ont refusé que l’Université soit sécurisée sous des prétextes que les Forces de l’ordre vont réprimer les étudiants et les empêcher de s’organiser. Très sincèrement, nous trouvons cette opposition, inintelligente. Pourquoi ? La répression n’est pas une fatalité. Il est possible de revoir les textes pour redéfinir leur rôle. En cas d’abus, l’autorité judiciaire est là pour siffler le match. Quand nous mettons aussi les pieds dans les plats, la même autorité est là. Avez-vous d’autres intentions cachées ? Même dans nos différentes familles au village comme en ville, aucun membre ne peut s’opposer à ce qu’on emmène le meilleur compagnon de l’homme pour la sécurité de la concession.

Le jour où il saute un plat de tô, sa fin est connue d’office. De par le passé, l’Université avait une police, a-t-on appris. Il est vrai que cette police ait commis des bavures tout comme certains étudiants d’alors l’ont fait. Chacune des parties doit vaquer à ses préoccupations dans le respect mutuel. Aussi, les contextes ne sont pas les mêmes. Aujourd’hui, les forces du mal cherchent qui dévorer. C’est ainsi qu’il faut se lever comme un seul homme pour faire barrage à cette canaille. Les récentes attaques perpétrées à l’université de Nairobi, au Kenya, ont laissé au moins une centaine de morts sur le carreau et de nombreux dégâts matériels enregistrés. C’est une manière de dire que cela n’arrive pas qu’aux autres. Et de dire que le problème est une réalité qu’il faut prendre avec sérieux. Alors, engageons des concertations dans ce sens.
Nous formulons également une demande à nos parents et aux leaders syndicaux dans le sens de demander un audit des universités publiques. Ce qui permettrait d’encourager les honnêtes agents , de blâmer les agents-problèmes et surtout de mettre en lumière les tares administratives en vue de mieux reculer pour bien sauter ou de bien reculer pour mieux sauter.

En état de cause, il y a des agents filous, médiocres derrière les chevauchements et les retards académiques. A la Presse, ils parlent comme Thomas SANKARA et dans les faits, ils agissent à l’image de Mobutu Sesse SEKO. Ils nous font honte. Etre chef de Scolarité, chef d’Unité de formation et de recherche et bien d’autres ne sont que des postes politico-administratifs. Quand on n’a plus de sentiment de servir le peuple qu’on jette l’éponge avant qu’elle ne vous jette. Nous attendons dans les jours à venir cet audit véritable et sincère. Quelques-uns croient qu’ils peuvent semer la zizanie puis se cacher derrière l’Administration du moment où celle-ci a un conseil juridique. Qu’on les mette à la disposition de la Justice individuellement à la manière qu’ils ont occasionné les problèmes. Jean-Paul SARTRE dans le diable et le Bon dieu relate la création des valeurs en ces termes : « Moi, j’ai pensé le Mal, seul j’ai fait le Bien. » La création des valeurs est un acte a priori individuel. Alors, la défense à l’aveuglette encourage la médiocrité et l’immoralité. Que les sadiques sachent qu’ils n’ont pas droit de cité !

En somme, de tout ce qui précède, le non-respect des procédures légales de grève ; l’instrumentalisation ; l’usage de subterfuges et mensonges ; la confusion de lutte syndicale à celle politique ; la profération des idéologies de violence à l’image de la révolution générale armée ; la désunion ; la désorganisation et les bisbilles entre structures syndicales sont entre autres les véritables cailloux dans la botte des organisations syndicales estudiantines. En ce qui concerne les délégués de promotion, nous pouvons mentionner les handicapes suivants : la modification des notes ; l’attribution des zéros sans justification ; les pertes et non remises des copies ;les annotations sans foi, ni loi ; la situation de certains étudiants sans numéro matricule ; le blocage et l’exposition des copies en des lieux d’insécurité ; les abus de pouvoir sans âme ; l’établissement tardif des cartes d’étudiants voir des cartes expirées ; des agents administratifs toujours au calendrier chargé pendant qu’il y a des chômeurs et des bulletins de notes non signés. Ici, il faut noter le silence et la complicité coupables de ces derniers.

Au sujet des parents d’étudiants, mentionnons : la non réclamation des bulletins de notes par voie légale. Ce sont autant de problèmes qui minent le milieu estudiantin. Au titre des solutions, les structures syndicales doivent se ressaisir afin de respecter les procédures juridiques de grève et de traduire l’Etat devant les juges pour réparations en cas de brimade ; de refuser l’instrumentalisation et la lutte avant-gardiste de certains partis politiques. Il y va de même pour la profération des idéologies incendiaires à l’image de la Révolution générale armée(RGA). Il faut instaurer et appliquer le principe de « Un pour tous et tous pour un » entre structures syndicales. Les délégués de promotion gagneraient à rompre avec leurs silences et complicités coupables en vue de dénoncer les tares administratives pour le bonheur de tous. Les parents sont priés de s’impliquer dans la lutte pour réclamer leurs droits et exiger un retour à des années académiques normales. La sécurisation et un audit sincère et véritable de nos universités permettront de mettre hors d’état de nuire les ennemis de la paix et le succès de toutes les couches sociales, parce que « Ce qui est utile à la ruche est aussi utile à l’abeille », a-t-on appris de Marc AURELE.

Nous ne saurions terminer ces lignes, sans dire merci, tant à nos leaders d’opinions, syndicaux, politiques, coutumiers et religieux qu’à l’ensemble du peuple burkinabè pour leur maturité politique et leur sens élevé du débat d’idées. Que Dieu nous aide dans la gestion de notre République !

Baboué BAZIE en Lettres, Arts et Communication à l’université Ouaga 1 Pr Joseph-Ki-ZERBO. Contact : 70 66 45 28.

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