Centres d’éducation de base non formelle : Les formateurs attendent le paiement de 12 mois de vacation

LEFASO.NET | Par Nicole Ouédraogo • vendredi 29 décembre 2017 à 19h22min

Les formateurs des Centres d’éducation de base non formelle (CEBNF), ne réclament pas des « indemnités, ni des faveurs », mais plutôt, le paiement d’une année d’arriérés de salaire. Ce vendredi 29 décembre 2017, ils étaient prêts à manifester devant le ministère de l’Education nationale, pour réclamer leur dû. Finalement, le mouvement n’a pas eu lieu, après des échanges avec le ministre de tutelle.

Centres d’éducation de base non formelle : Les formateurs attendent  le paiement de 12 mois de vacation

Une année sans salaire, c’est trop. Et les 219 formateurs des Centres d’éducation de base non formelle (CEBNF) n’en peuvent plus. En effet, selon Sylvain Ouédraogo, délégué à l’information, les formateurs étaient régis par le projet « Ecoles satellites et centres d’éducation de base non formelle » (ES/CEBNF). Et au terme du projet en décembre 2016, le ministère de l’Education nationale a voulu poursuivre la formation des élèves avec ces mêmes centres éducatives. « Le ministre a indiqué qu’en attendant qu’une réflexion soit menée pour intégrer les formateurs dans la fonction publique, la prestation allait se faire par vacation » a-t-il noté, soulignant qu’en avril, les formateurs enregistraient déjà trois mois d’arriérés de salaire.

Sylvain Ouédraogo, délégué à l’information

Par la suite, Sylvain Ouédraogo confie que des démarches ont été entreprises pour résoudre le problème. « Nous avons rencontré les autorités qui nous ont fait comprendre que le paiement de trois mois de vacation allait être couteux et il a été suggéré qu’on revienne à des contrats individuels. Ce que nous avons accepté. Mais en mai, on n’avait pas encore signé de contrats.

On nous a fait comprendre qu’avec la loi 081, la fonction publique ne peut pas signer des contrats et il fallait retourner à la vacation » a-t-il dit. Puis de poursuivre : « Là encore, le ministère de l’économie a fait savoir qu’il n’existait pas de vacation au primaire. En octobre, nous sommes retournés les voir, ils nous ont fait comprendre qu’ils ont trouvé une autre mesure pour créer un projet d’arrêté de vacation au niveau des CEBNF qui a été transmis au ministre de l’économie. Et une fois de plus, le ministère a suggéré que le paiement se fasse sous contrat… ».

Les décrets pris n’étaient pas conformes à la loi 081

Issoufou Bagaya, SG de la section SNEB CEBNF

Las d’attendre, les formateurs ont décidé de marcher sur le ministère de l’Education nationale ce vendredi 30 décembre. Réunis d’abord au centre d’éducation ouvrière, ils ont finalement été conviés au dialogue avec le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation. « Le ministre nous a donné des explications avec des engagements pris. Tous les décrets qui ont été pris n’étaient pas conformes à la loi 081 et aux dispositions et règlements en vigueur concernant la loi des finances au Burkina Faso » a souligné le Secrétaire général de la section SNEB/CBENF, Issoufou Bagaya, à l’issue des échanges. Et d’ajouter : « Le ministre a pris l’engagement de voir le ministre des finances pour signer le décret et régler le problème courant janvier, afin de reprendre les activités et régler définitivement cette question ». Comptant sur la bonne volonté des autorités, les formateurs ont donc pris l’engagement de suspendre leur mouvement d’humeur.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Messages

  • Le titre du journal semble banaliser ou minimiser le drame que vivent ces formateurs de l’éducation non formelle (ENF), car 12 mois sans salaire, ce n’est pas 12 mois de vacation. La vacation est différente du salaire, alors soyez sérieux et compatissez au drame que vivent ces travailleurs de l’ENF, et au delà d’eux des enfants et des femmes qui ne mangent pas à leur faim, de jeunes apprenants qui ne sont plus enseignés et qui ne reçoivent plus de formation professionnelle depuis la rentrée scolaire d’octobre 2017 (donc 3 mois).
    Ce drame des enseignants et formateurs de l’ENF est le signe patent de la mal gouvernance du pays.

  • Le gouvernement doit être sérieux, car la vacation précarise ces travailleurs de l’éducation non formelle (ENF) qui forment de jeunes ruraux leur permettant de s’auto-employer et de créer des activités génératrices de revenus dans leurs milieux de vie. Si le MENA se permet de recruter des inspecteurs de l’ENF, pourquoi ne pas créer par décret des emplois de l’ENF qui vont des formateurs (à qui on demande des compétences avérées, donc possibilité de classement dans la grille des emplois de la loi 081) aux inspecteurs (classés en A1) en passant par des emplois intermédiaires (conseillers, etc.). Les formateurs des CEBNF ne peuvent pas être des vacataires permanents, payés à l’heure ou à la tâche et sans sécurité d’emploi, ni ressources financières durant les congés et vacances scolaires. Il faut associer le ministère de la fonction publique pour résoudre le problème définitivement par la création d’emplois de l’ENF.

  • Donc au ministère de l’ enseignement il n’y a que des incompétents. Comment peut-on proposer à plusieurs reprise des décrets non conforme à la loi 081. Pendant ce temps des familles sont dans la galère. Le ministre devrait avoir honte de dire ça publiquement. Je propose qu’il remplace l’équipe chargée de la rédaction des proposition de décrets.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés