Sanou Kiwiè Michel, un agriculteur modèle

LEFASO.NET | Par David Demaison Nébié • mardi 12 décembre 2017 à 21h25min

En cette période de récoltes marquant la fin de la saison 2016-2017 dans les Banwa, les fortunes sont diverses. Pendant que certains producteurs se plaignent des caprices des pluies qui ont diminué leurs rendements, d’autres trouvent que la saison a été bonne. Dans l’ensemble au regard des récoltes observées (mil, sésame, arachides) chacun rentrera à la maison avec quelque chose même si cela n’est pas à la hauteur des attentes. C’est le constat que nous avons fait le jeudi 30 novembre 2017 dans le champ de Sanou Kiwiè Michel un agent d’agriculture à la retraite. Selon les informations recueillies sur les marchés de la commune de Solenzo, les prix des denrées sont en hausse par rapport à l’année dernière à la même période. De 7.500 francs en 2016, le sac de maïs se négocie actuellement entre 12.500 francs et 11.500 francs. Il en est de même pour les autres denrées. Cela est dû aux mauvaises récoltes occasionnées par l’insuffisance des pluies. Cette situation est générale dans la boucle du Mouhoun mais cela n’entache en rien la dénomination ‘’grenier du Burkina’’.

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Sanou Kiwiè Michel, un agriculteur modèle

Son champ de sésame d’environ 5 hectares fait parler plus d’un. Semé entre le 17 et le 19 août 2017, aujourd’hui l’on se perd dans le champ aux feuilles jaunies par l’effet de la maturation. C’est pour dire que cet agriculteur averti s’est employé à utiliser toutes les techniques modernes pour aboutir à ce résultat dont il attend au minimum 15 sacs de 100 kilogrammes.

En plus de cela, il s’est investi physiquement pour entretenir et suivre de près l’évolution de son champ qui est semé en lignes. Il faut le dire, ce champ constitue présentement un modèle pour tous les passants qui pour la plupart s’arrêtent pour voir et faire des images. La taille moyenne des plants varie entre 1,50 et 2 mètres selon la variété de sésame puisque le propriétaire dit avoir semé diverses variétés. En plus du sésame qui fait la fierté de ce producteur, d’autres spéculations ont été produites avec la même abnégation. Il s’agit du maïs, de l’arachide, du haricot, et du sorgho entre autres.

C’est un Sanou K. Michel heureux qui se déclare disponible pour donner des conseils à ceux qui veulent bénéficier de son expérience. Pour témoigner des avantages de la terre, il nous apprend que six de ses sept enfants ont pu terminer leur cursus scolaire grâce aux revenus de l’agriculture car il fut licencié et devait faire face aux charges de la famille. Dans notre causerie, le vieux Sanou K. Michel nous a raconté une partie de sa vie : « Je suis né à Lèkoro en 1943 département de Solenzo. J’ai été à l’école ‘A’ de Solenzo le 15 octobre 1951. J’ai eu mon CEP en 1958. J’ai redoublé, au milieu de l’année, les maîtres n’ont pas remis mon diplôme.

L’inspecteur Pio qui était à Bobo est venu nous dire que nous étions des vétérans. J’ai fait une année blanche. Je suis allé à Bobo chez mon oncle militaire. J’ai servi au Sami bar où je gagnais 25 francs par jour mais je gagnais des pourboires parce que les militaires aimaient ceux qui étaient actifs. C’est de là-bas en 1961 que j’ai entendu parler du concours de l’éducation rurale. Je suis revenu au village et d’ici je suis allé à Nouna avec deux de mes frères. Nous avons fait le chemin à pied par Dinkoro, Masso, Dira, Sanaba où nous avons dormi chez le chef de canton.

Arrivés à Nouna nous avons présenté nos papiers. Après trois jours nous avons démarré pour Ouagadougou en passant par Ouahigouya. A Ouagadougou nous avons fait six mois de cours et nous étions 180 et chacun gagnait 12.000 francs par mois. Après les 6 mois on a fait un test et moi j’ai été affecté à Kouroumani où j’ai fait 3 ans. Ensuite j’ai été affecté à Barani, ensuite Dori à Djounga pour la transcription Peulh. Dans le temps il fallait avoir des notions en langue. Je suis revenu à Nouna pour l’animation avec les paysans. De 1977 à 1984, j’étais à Nouna. Après cela il fallait toujours perfectionner la langue dioula donc je suis retourné à Bobo.

Arrivé à Bobo, le 10ème jour on nous licencie suite à la grève de SNEAV. Un élève ne grève pas puisque moi j’avais un ordre de mission signé par le Haut-Commissaire. On nous a confondus avec nos professeurs qui ont grevé. En mars j’ai eu mon salaire mais en avril la vie sans salaire a commencé jusqu’en octobre 1987. J’étais père de sept enfants et c’était dur. Quand on nous a repris j’ai fait un an à Nouna, après Tansila et Solenzo où je suis allé à la retraite le 1er janvier 2000. Donc je suis dans mon champ. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

David Demaison NEBIE
Lefaso.net

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