Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

LEFASO.NET | Soumaila Sana • vendredi 8 décembre 2017 à 18h00min

Dans un entretien qu’il nous a accordé ce mercredi 6 décembre 2017 au palais royal du Gulmu à Fada N’Gourma, Sa majesté Kupiendiéli 31e roi du Gulmu dans la cité de Yendabli, évoque plusieurs questions sur la chefferie coutumière. Rappel historique, le processus de nomination, comportement des candidats malheureux, sanction en cas d’insoumission, situation actuelle de Diabo avec deux chefs dont un autoproclamé, … il répond sans langue de bois à toutes les questions.

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Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

Lefaso.net : Pouvez-vous faire un bref rappel historique du Gulmu ?

Sa majesté Kupiendiéli : L’historique du Gulmu est illustré par des photos qui sont dans la cour royale, du moins pour la partie qu’on a pu illustrer. Sinon au départ au départ, c’était le fondateur du royaume. Ce n’était pas Bankiandé comme les gens le croient, il n’a été qu’un des derniers de la dernière partie du XIXe siècle à régner sur le Gulmu. Au début, c’était Diaba Lompo et là c’était aux environs de Diapaga que toute l’histoire du Gulmu s’est tissée.

Au fil des faits historiques, il s’est déplacé progressivement avec ses enfants et ensuite ses héritiers qui ont également laissé d’autres traces jusqu’à la zone de Pama (l’actuel chef-lieu de la province de la Kompienga) d’où ils sont remontés vers Makiacoali avant de terminer à Fada N’Gourma. Donc Fada n’a pas été fondé par Diaba Lompo ni par Bankiandé et c’est ainsi que nous nous retrouvons dans cette ville qui sert de capitale régionale aujourd’hui au XXIe siècle. Il y a beaucoup de péripéties avec les peuples voisins notamment dans la zone de Dori, où il y a eu beaucoup de conflits. A l’époque, ce n’était pas des conflits comme on le voit maintenant. Cela a marqué les sociétés du Nord et celles de l’Est donc actuellement nous vivons en très bons termes sans aucun souvenir historique qui nous sépare.

Quel est le processus de nomination d’un chef coutumier relevant d’une zone du Gulmu ?

Quand il y a vacance de pouvoir dans une localité, ce sont les populations qui viennent me décliner la vacance du poste. Et cela entraine un appel à candidature qui est automatique, il n’y a pas d’affiche, ni de communiqué. Un simple tambour suffit pour informer la population qu’il y a une vacance de poste dans leur localité, il faut aller voir un tel qui est chargé de supplier à notre dossier de nomination. Une fois que les candidats se sont présentés au niveau du roi, celui-ci procède à des enquêtes directes et indirectes pour savoir la nature du comportement des candidats et celui qui, parmi eux, parait le plus apte à gérer le village. C’est à l’issue de cela qu’après avoir convoqué tous les candidats, le roi procède à la nomination de celui qui doit gérer le village. Les autres candidats doivent transporter ce dernier hors de mon antichambre pour signifier premièrement qu’ils sont d’accord avec mon choix et deuxièmement que celui qui a été choisi est bien leur supérieur et qu’ils vont l’honorer. C’est comme cela que ça se passe.

Comment se fait la nomination du nouveau chef ?

Etant donné que j’ai fait le choix en présence des populations, ce sont les populations qui aident le candidat à se préparer pour revenir se prosterner devant le roi. En ce moment, il a choisi un nom de guerre comme on dit et il vient au palais remettre les présents coutumiers, décliner sa nouvelle identité. En ce moment je reçois les présents, je prends connaissance de son nom et je l’investis dans sa fonction de chef de la localité. Il n’y a pas d’autres formalités de plus.

Quelle attitude doivent adopter les candidats malheureux ?

Evidemment comme dans toutes compétitions, il y a parfois un ou plusieurs candidats qui se livrent pour une protestation contre la nomination de tel candidat, pourtant ils n’ont aucun argument valable. Chacun veut que ça soit lui, alors que je ne peux pas donner deux bonnets. Donc, il faut faire un choix et mon choix n’est pas dicté par le comportement de ces indisciplinés. Je fais mon choix en espérant qu’il soit le bon chef, même s’il ne peut pas être bon à 100%. C’est ainsi que de temps en temps, il y a des contestations parfois injustifiées et la ténacité de celui qui conteste est telle que parfois, il va jusqu’à s’autoproclamer chef, alors que celui contre lequel il lutte ne s’est pas autoproclamé.

On se retrouve donc avec un chef qui a été officiellement nommé par le roi compte tenu de certains critères, et un autre qui, parce qu’il a des ambitions, des prétentions, se proclame chef. Cela crée du désordre dans le village parce que par exemple si un visiteur arrive dans ce village et veut voir le chef, selon que l’on est pour ou contre l’un des chefs, on désigne celui qui s’est auto-proclamé ou celui qui a été proclamé par le roi. Cela crée une division dans le village et c’est nuisible à la sérénité des affaires et l’ambiance villageoise est totalement gâchée.

Quelles sont les sanctions en cas d’insoumission ?

Pour le moment il n’y a pas de sanction sauf que je ne le reconnaitrai pas comme chef parce que je ne peux pas avoir deux langages : un premier langage pour celui que j’ai nommé et un deuxième éventuel pour un candidat qui s’estime lésé. Pour moi, mon choix est le seul et il est définitif. Actuellement, nous n’avons pas de moyens de défense pour les cas d’insoumission. A l’époque coloniale, on pouvait emprisonner le candidat qui conteste la volonté du roi. Mais hélas, on n’en est plus là et on voudrait que les choses se passent autrement et on est en train de réfléchir à cela parce qu’on veut préserver la paix sociale. Ça ne sert à rien pour un individu donné de créer du désordre ou la guerre entre population du même village. C’est vilain pour le village et pour moi-même. Parce que, je passerai un mauvais quart d’heure en réfléchissant au fait que dans tel village où j’ai nommé un tel, il y a deux chefs. Cela n’est pas bon, en tout cas on fait tout pour éviter ce genre de situation.

Qu’est-ce que les populations doivent en termes de respect du processus pour une vie harmonieuse et le développement local ?

Le processus est actuellement en pointillée si je peux le dire, dans la mesure où nous n’avons pas de forces de l’ordre en matière coutumière. Nous souhaiterions donc que l’administration actuelle (le ministère de l’administration et de la décentralisation) prenne en compte les décisions du roi qui ne sont pas fondées sur une appartenance politique ou raciale …mais sur vraiment un choix qui doit favoriser l’harmonie dans le village. Donc nous demanderons à l’administration de constater la situation d’insoumission de x ou y, quitte à avoir ou non l’appui des autorités locales. C’est le cheminement pour le moment.

Qu’en est-il de la situation actuelle de Diabo où on parle de deux chefs ?

Le problème de Diabo n’est pas dénoué dans la mesure où c’est le jour de la sortie officielle du chef actuel qui est en fonction, après donc toutes les procédures de désignation, qu’un griot a proclamé chef un simple citoyen qui d’ailleurs n’était pas candidat puisqu’à aucun moment, il ne s’est présenté à moi pour exprimer son intention ou sa volonté d’être chef. Donc cette auto-proclamation est plus que mensongère, un défi à ma personne et cette situation malheureusement perdure parce qu’il y a des insoumis civils qui gravitent autour de lui et qui le soutiennent dans son comportement. Si l’incivisme doit avoir la bénédiction des partis politiques ce sera dommage parce que nous sommes à une époque où nous voulons que tout le monde sache que la loi a telle voie, l’insoumission est une voie contraire à la loi.

Donc cela doit aller de soi, quelqu’un qui ne se soumet pas, n’a pas été même pressenti par le roi, ne peut pas se comporter comme s’il avait des pouvoirs surnaturels au-dessus du roi. A tout moment, ceux qui s’autoproclament n’ont rien à voir avec la société et cela est dommage puisque, ils sont en train de pourfendre le dossier même, la nature paisible de la chefferie qui est de trouver un leader pour l’ensemble du village. Malheureusement, il y a encore des brebis galeuses. La situation de Diabo est une insulte à la coutume et c’est dommage.

Dans d’autres localités, l’insoumission est faite de façon sporadique. C’est dommage car on ne devrait même pas cautionner de telles pratiques mais puisqu’il en est ainsi, nous allons gérer le peu qu’on a avec nos moyens de bord et avec la bénédiction de l’administration qui, à tout moment, est informée de ce qui se passe et des conséquences que telle ou telle situation peut engendrer. On souhaite que la veille de l’administration soit utile pour la paix sociale.

Entretien réalisé par Soumaila SANA
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Vos commentaires

  • Le 8 décembre 2017 à 21:03, par Adama Diessongo
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Mes respects mon Roi.
    C’est une triste vérité qui vous aviez relaté. Malhereusement l’administration est souvent complice lorsqu’il s’agit d’un chef qui a le soutient du parti au pouvoir. C’est le cas de l’intronisation du 2ème chef coutumier de Yargatenga par sa Majesté de Tenkodogo alors que l’ancien est toujours en vie. Il n’ya que 800m qui sépare les deux quartiers. Sa majesté de Tenkodogo a été téléguidé le MPP pour introniser de gré ou de force un autre chef. Le pays va mal à cause de ces ploticiens sans foi.

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  • Le 8 décembre 2017 à 23:54, par Grégoire
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Cher Roi du Gulmu ; comprenez que depuis que la chefferie en flirtrant avec la politique politicienne est devenue une source de revenus et que l’objectivité et l’intégrité de ceux qui prétendent désigner des chefs n’est plus garantie, certains n’acceptent plus aveuglement qu’on leur impose des individus comme chefs, depuis des lieux éloignés ! Accommodez vous avec ces multitudes de chefs tant qu’ils n’agressent pas des gens. Dans ce cas d’ailleurs,les forces de sécurité et la justice sont là pour gérer la situation grâce aux lois claires. La chefferie coutumière n’est même pas indispensable pour tout le monde !

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  • Le 9 décembre 2017 à 00:04, par IL
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Cette situation de deux chefs dans le même village montre à souhait que le chef qui décide pour tout le monde n’est pas la bonne solution. En effet, si le chef prend une décision et que dans ses sujets il y a des gens qui pensent autrement, on peut aboutir à des situations malencontreuses, comme c’est le cas à Diabo et comme ce fut le cas pour d’autres qu’on a déjà eues.
    Vraiment, la solution, c’est de laisser le peuple s’exprimer. La seule vraie démocratie c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple (quand le peuple décide lui même et non quand un individu ou un groupe d’individus décident).

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  • Le 9 décembre 2017 à 00:55, par Gervais
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Mon Cher Roi des Gourmantchés, c’est le comportement indélicat et indigne de certains qui a détruit votre crédibilité à tous ! Pourquoi ne copiez-vous pas tous la sagesse du Moro Naaba ? Avez-vous déjà entendu celui-ci tenir un discours guerrier, imposer "sa vérité" à qui que ce soit ou se mêler de choses bizarres ? Conseillez les zélés parmi vous, afin qu’ils ne se trompent pas trop !

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  • Le 9 décembre 2017 à 02:52, par lagitateur
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Hé, petit Roi ! C’est parce que tu as nommé l’ autre sans dire au Grant Roi du Yatenga que ça ne va pas. Si tu ne peux pas mettre de l’ ordre, nous allons envoyer un Yadéga au palais de Fada et t’affecter comme gardien de la prisoon de Fada.

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  • Le 9 décembre 2017 à 04:47, par Sayouba Traoré
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Majesté ! Vous avez tout notre respect et notre soutien. Rien ne doit primer d’autre que la tranquillité morale et physique des populations. Nous sommes sûrs que vous saurez montrer le juste chemin.

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  • Le 9 décembre 2017 à 11:38, par Hélas
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Le "hélas" du chef est hautement significatif.

    Il nous faut vraiment des historiens courageux pour investiguer le rôle de certains noirs et intitutions comme la chefferie traditionelle pendant l’esclavage et la période coloniale de même que leur influence actuelle dans notre processus democratique.

    Seulement après ce travail de vérité, on pourra partir sur une bonne base.

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  • Le 9 décembre 2017 à 14:20, par lastcyr
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Majesté,
    Merci pour votre éclairage sur la situation de Diabo. Mais vous avez seulement omis de signaler qu’à l’époque vous étiez Député de l’ADF-RDA à l’Assemblée Nationale. On avait attiré votre attention sur cette position intenable. Voyez vous comment vos sujets ont failli vous humilier dans l’affaire de la modification de l’article 37. C’est après l’entrevue de Gilbert de l’ADF-RDA avec vous, qu’il a donné sa caution pour faire sauter le verrou de l’article 37 !
    Cette position était déjà une source de division pour vos sujets que nous sommes.
    vous avez toujours été quelqu’un qui divise depuis votre immixtion en politique .
    Celui que vous avez intronisé à Diabo est votre agent de Campagne ADF-RDA pour la commune de Diabo. Il a fait une bonne campagne , puisqu’il a ratisser des vois dans la commune pour l’ADF -RDA et le résultat vous êtes parti à l’assemblée. C’est bien de dire cette vérité aux internautes !
    Le fils aîné du Chef défunt est mis de côté au profit de ses camarades militants en piétinant la tradition ! Et puis je suis étonné que c’est maintenant que vous vous prononcez publiquement sur cette situation . Le chef soit disant autoproclamé est la depuis 2005.
    Chers internautes, voyez vous comment il est important que la Chefferie traditionnelle s’éloigne de la politique.

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  • Le 9 décembre 2017 à 16:07, par HORUDIAOM
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Il faut véritablement s’interroger sur le processus de désignation des chefs de village dans le Gourma actuellement. Ce, d’autant plus que ce phénomène de deux chefs n’existaient pas avant. Alors, pourquoi c’est maintenant qu’on est confronté à de telles situations ? Tout simplement, parce que les rois actuels(notamment du Gourma) sont devenus partiaux et ne prennent pas le temps d’organiser suffisamment la désignation et en toute objectivité. Est ce que le même problème existe dans le royaume de Boussouma ? Au Yatenga ? Au niveau du Moro Naaba ? Non, bien sur. Eux, prennent suffisamment de temps, écoutent beaucoup, et prennent leur décision en toute objectivité. C’est pour cela que ça marche dans ces endroits. Ce qui n’est pas le cas à Fada. L’actuel roi du Gourma est venu trouver la situation de Diabo. Qu’a t-il fait pour résoudre la question ? Il l’a encore aggravé en nommant un deuxième chef (après le décès d’un des chefs), qui n’est autre que son beau frère. Et après, il crie qu’il n’est respecté ou ses décisions ne sont pas respectées. Comment on peut respecter un Roi ou un responsable qui se comporte de cette façon ? Le Roi du Gourma doit demander conseils aux autres Rois(Le Moro Naaba, le Yatenga Naaba et le Dima de Boussouma). Il doit être objectif dans ses nominations sinon, il sera toujours confronté aux mêmes problèmes. Sa crédibilité en dépend. Enfin, il doit obligatoirement travailler à résoudre ces problèmes qu’il a lui-même créée. Ce n’est pas à l’administration d’en résoudre. Ne tournons pas autour du pot !

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  • Le 9 décembre 2017 à 20:54, par un gondwanais
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    dans le Boulgou il ya plusieurs villages qui ont deux chefs, l’officiel et celui intronisé par le parti au pouvoir, le CDP en son temps !

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  • Le 9 décembre 2017 à 23:32, par Bra
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    La chefferie coutumière d’avant a avait du respect puisqu’elle était juste.Mais aujourd’hui ils préfère faire de la politique une source de revenus et bonjour les moûta mouta .Beaucoup d’entre eu n’incarne plus le respect et l’exemple aujourd’hui. Ils savent ce qu’il faire pour mérités a nouveau la confiance de leur population

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  • Le 10 décembre 2017 à 08:13, par Modeste Citoyen
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    sans parti pris, le pouvoir traditionnel coutumier rassemble tous les habitants d’une localité tandis que la politique politicienne qui est en vogue divise les mêmes habitants. Il appartient aux garants de cette tradition, de se retirer de la politique pour mieux assurer l’union sacrée entre les populations.

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  • Le 10 décembre 2017 à 08:26, par rakis
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    OH WENDE ! Vers qui irons-nous si nos chefs ne sont plus des recours ? En dépit de la nécessaire évolution, ou adaptation de notre chefferie traditionnelle aux contingences de la société elle même, le rôle du chef dans nos traditions est de les garantir et de veiller à ce qu’elles ne soient pas corrompues par les tares de la société, tout en travaillant à une bonne contextualisation ou adaptabilité au regard de l’évolution de la société. Mais nos traditions sont elles encore des traditions ? Nos chefs traditionnels sont ils encore les garants de nos traditions ? D’aucuns parlent de la nécessaire dépolitisation des chefs traditionnels, oui, mais le pouvoir traditionnel lui même est éminemment politique ! Alors comment concilier pouvoir traditionnel et pouvoir moderne ? Chez les Nionnionssé, les chefs de terre, la question de la succession se pose moins et pour cause ! LA TERRE MÈRE EST PRISE A TÉMOIN !!! Vous ne verrez pas deux Tingsobdamba offrir chacun son poulet sacrificiel à la Terre des ancêtres ! NGAOW !!!

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    • Le 11 décembre 2017 à 15:54, par rabo
      En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

      Cher Rakis,
      L’élection et l’intronisation d’un chef étaient assujetties jadis à des règles plus strictes que nos élections modernes actuelles.
      Il fallait d’abord obéir à des critères de moralité et de bravoures incontestés entre autres, le principe du fils aîné pouvait aussi céder le pas à d’autres critères. Un chef coutumier de cette époque était avant tout un grand meneur d’hommes, un guerrier capable de protéger son peuple. Des intriques n’étaient pas exclues, cependant, au cours de ses joutes.
      C’est ainsi que chez les Zaossé de Diabo, un chef était considéré comme intronisé s’il pouvait répondre à l’appel de son troisième surnom. Dés sa sortie de sa case, au dernier appel, aucune contestation n’existait plus car tous ses adversaires se seraient retirés.
      Si l’on se réfère aux pratiques coutumières, des cérémonies ancestrales, toujours praticables de nos jours, permettent de désigner le chef qui doit régner. Personne ne voudra se soumettre à ces cérémonies.
      Il y a de moins en moins d’hommes courageux sur la terre de nos ancêtres. Et c’est un vrai gachis !!!!!!!!!!!!

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  • Le 10 décembre 2017 à 08:41, par Tradition
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    il me semble que depuis les temps ancestraux, aucun roi du gulmu n’a nommé un chef à Diabo. C’est la population qui choisi son chef et le présente au Roi du Gulmu pour le retrait du bonnet. Le Roi des Gourmatchés doit revisiter l’histoire de son royaume. Il a créée la même confusion à Diapaga il y a quelques années de cela. Selon l’histoire, c’est le chef de Partiaga(le bizugu) qui nomme les chefs de Diapaga. Mais, le Roi du Gulmu a outrepassé ses prérogatives en allant nommer un chef(ADF-RDA) à Diapaga alors qu’un chef existait déjà. Cette situation avait créée des tensions à Diapaga à l’époque et dont la presse en avait fait cas. En pareille circonstance, comment voulez vous être respecté ? Majesté, quand vous comprendrez que c’est vous même le problème, la solution sera trouvée. A mon sens, il faut laisser les populations faire leur choix et vous entérinez et soyez plus objectif, digne et moins politique dans vos nominations. Amicalement

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  • Le 10 décembre 2017 à 16:07, par BAMOUNI
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Roi., Chefferie, l’importance...? Le gourounsi se plait aussi bien dans sa "LIBERTE".

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  • Le 11 décembre 2017 à 10:55, par rabo
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Il convient de relever, avant toute chose, que le chef de Diabo n’est pas un chef coutumier ou traditionnel, mais un chef de canton.
    Et qui dit chef de canton, dit chef installé, non pas par la population, mais par les autorités administratives coloniales.
    Pour faire court, disons que la conquête et le peuplement de la zone, qu’on appelle aujourd’hui la Commune de Diabo, ont été le fait de mossis (actuellement connus sous le vocable de zaossé) en provenance de la région de Tenkodogo sous la direction d’un prétendant au trône (chasseur aguerri) débouté qui s’était exilé dans la région de Fada.
    Au cours de son exil, le roi du Gulmu lui a trouvé une femme avant qu’il n’entame une conquête de territoire pour s’installer définitivement dans la région de Diabo.
    Dans ce périple, il a emmené son épouse, ses enfants et ses fidèles et famille l’ayant rejoint au cours de son exil.
    A l’heure actuelle, les famille des fondateurs de la région de Diabo, connus donc sous le vocable de Zaossé, sont installés dans un village dénommé "Zonatenga" avec comme famille régnante les Moyenga.
    Les Gourmantché qui ont accompagné leurs beaux-parents, ayant fini par constituer une communauté importante, ont demandé au chef des Zaossé de pouvoir nommer leur propre chef dans leur quartier qu’on appelle aujourd’hui Gninboadin.
    La chefferie centrale a été transférée au chef gourmantché sous la colonisation à la suite du refus de soumission du chef des zaossé, avec la bénédiction du chef du gulmu.
    J’ai fait très court pour appuyer l’internaute Tradition qui dit "C’est la population qui choisi son chef et le présente au Roi du Gulmu pour le retrait du bonnet".
    Diabo (dans son ensemble) n’était pas un village jadis placé sous l’autorité du roi du Gulmu. C’était un village autonome, disposant de son propre armée et considérant le gulmu comme un ennemi potentiel.

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  • Le 11 décembre 2017 à 11:26, par rabo
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    Il est aujourd’hui difficile de se retrouver entre chef coutumier, chef de terre ou chef de canton.
    Dans le système du royaume mossi, le chef coutumier et le chef de terre sont connus.
    Le chef de canton est une trouvaille du colonisateur pour choisir des chefs dociles qu’il plaçait au-dessus des chefs coutumiers rebelles, à défaut de les remplacer simplement.
    Lorsqu’on porte la casquette de chef coutumier, vous êtes tenus de traiter tous vos sujets avec la même équité.
    On ne peut donc se prévaloir du titre de chef coutumier ou traditionnel et faire de la politique moderne. Un chef ne divise pas ses sujets, il les rassemble.
    Sur le plan de la religion, ceux qui ont le savoir ou la connaissance approfondie des religions dites révélées pensent qu’il est difficile à un chef coutumier mossi de pratiquer une autre religion que celle de ses ancêtres.
    A défaut de faire personnellement des actes de prières (les autres parlent de sacrifices) exigées, il délègue cette tâche à d’autres personnes et notamment au chef de terre qui le fait en SON NOM.
    Difficile, dans ce cas, de refuser d’assumer la paternité de l’acte posé.
    Tout le reste, c’est la vie !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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  • Le 12 décembre 2017 à 09:59, par DAO
    En réponse à : Sa majesté Kupiendieli, 31e roi du Gulmu : « La situation de deux chefs à Diabo est un défi à ma personne »

    tous ces problè-mes sont dûs au fait que la plupart des chefs traditionnels se sont impliqués dans la politique politicienne et partisanne tout simplement parce qu’il y a à boire et à manger
    Beaucoup de nos chefs traditionnels se sont laissés et laissent toujours corrompre au fil des circonstances par les régimes succesifs. Se faisant ils ont été et sont toujours à la base de coups tordus dans leur zone !
    En cas de problème, ils ne sont pas inquiétés parce qu’ils brandissent immédiatement leur titre de chef qui les couvre !
    Heureusement qu’ils nous reste encore quelques chefs traditionnels intègres !!

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