Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

dimanche 3 décembre 2017 à 14h40min

La présente réflexion remet au goût du jour le débat sur l’adhésion du Maroc à la Communauté Economiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest(CEDEAO). Il se pose clairement à travers cet écrit, les intérêts que le Burkina Faso pourrait avoir dans la perspective de cette adhésion.

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Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

I. Qu’est-ce que la CEDEAO ?

Pour mémoire, la CEDEAO une organisation régionale qui a été établi par le traité de Lagos et signé le 28 Mai 1975 par quinze pays de l’Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo. Le Cap-Vert a rejoint la Communauté en 1976 mais la Mauritanie a décidé de la quitter en 2000.

Son objectif principal est de « promouvoir la coopération et l’intégration dans la perspective d’une Union économique de l’Afrique de l’Ouest en vue d’élever le niveau de vie de ses peuples, de maintenir et d’accroître la stabilité économique, de renforcer les relations entre les Etats Membres et de contribuer au progrès et au développement du continent africain ».Si les objectifs initiaux étaient essentiellement économiques, la Communauté a par la suite pris en charge les questions politiques. Ainsi, en 1990, il a été mis sur pied une force de maintien de la paix (ECOMOG) suite aux différents conflits survenus dans la région.

La CEDEAO se compose essentiellement de huit (8) institutions : la Conférence des Chefs d’États et de gouvernement, le Conseil des ministres, le Parlement de la Communauté, le Conseil économique et social, la Cour de justice de la Communauté, la Commission, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), l’Organisation Ouest-Africaine de la santé.

II. Historique de la coopération entre le Burkina Faso et le Maroc

De la coopération entre le Maroc et le Burkina Faso, on peut retenir que ces deux pays entretiennent, à ce jour et ce depuis 1965, de parfaites relations qui portent essentiellement sur le commerce, l’agriculture, le transfert de compétences entre administration , l’enseignement supérieure et technique, la culture et le tourisme. La première et la dernière commission mixte de coopération entre ces deux pays ont eu lieu respectivement en 1996 et en 2012 .

A ce jour, il n’existe, à priori, aucune d’entrave à la libre circulation des personnes puisqu’il n’y a plus de visa entre ces deux pays depuis 2017. En 2014 par exemple, les échanges commerciaux entre les deux pays s’établissaient à plus de 13 milliards de FCFA (218, 6 millions de dirhams) en recul de 16, 3% par rapport à leur niveau de 2013. La balance commerciale reste favorable au Maroc. Les exportations marocaines se sont élevées à plus de 11 milliards de FCFA (198, 24 millions de dirhams) en recul de 16,3% par rapport à leur niveau de 2013. Les exportations de produits finis d’équipement industriels ont représenté 38,14% du total des exportations marocaines vers le Burkina Faso.

Les produits exportés par le Burkina Faso à destination du Maroc sont essentiellement le coton, les fruits et légumes, le sésame et les objets d’art. Les importations burkinabè en provenance du Maroc sont essentiellement constituées de produits agroalimentaires, de produits pharmaceutiques, de produits dérivés du textile, des chaussures ainsi que du matériel électronique.

III. Quelles peuvent être les raisons de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

En Relations internationales, seuls les « intérêts » guident l’Action. Dit autrement, pas d’action sans intérêts. Alors que le Droit international est guidé par la volonté de fixer les règles (obligatoires) du « vivre ensemble » pour un monde pacifique et sûr, les relations internationales sont guidées par la recherche du profit, du gain et des intérêts. A priori, c’est la recherche de profit et d’intérêts qui amène le Maroc à vouloir adhérer à la CEDEAO.

Pourtant, de l’esprit des fondateurs de cette institution, l’idée forte et première reste le rattachement géographique à savoir les pays de l’Afrique de l’ouest. Dit autrement, le critère primordial d’adhésion à la CEDEAO reste l’appartenance à l’espace géographique ouest africain. Quiz de la volonté du Maroc d’adhérer à l’espace CEDEAO, vaste de 5,1 millions de kilomètres carrés (17% de la superficie totale de l’Afrique), peuplé de plus de 261,13 âmes et reconnu comme l’un des espaces au monde les plus dynamiques et prometteurs. Culturellement et historiquement, les pays membres de la CEDEAO et le Maroc sont quasi différents ; c’est d’ailleurs l’une des raisons évoquées par la Mauritanie pour se retirer de la CEDEAO. Plusieurs critères ne devraient pas militer pour l’adhésion du Maroc à la CEDEAO. Mais en relations internationales, rien ne s’explique par la logique.

Depuis plusieurs années, le Maroc avec à sa tête le roi Mohammed VI, a entrepris plusieurs offensives diplomatiques à travers le monde tendant à un repositionnement de ce pays dans les échanges et relations internationales, en témoigne son retour vers l’Afrique subsaharienne et sa réintégration dans l’Union Africaine. Je prends pour preuve également le déploiement de banques marocaines dans ces pays. Le Maroc, avec son potentiel économique et ses velléités de développement, a compris la nécessité de s’ouvrir davantage au reste du monde. Le Maroc entend nouer d’autres partenariats pour contrer et prendre de l’hégémonie dans la zone du Maghreb à côté des velléités de ses voisins comme l’Algérie et l’Egypte.

Il reste évident que le Maroc entend tirer profit des opportunités économiques et politiques qu’offre l’espace CEDEAO. Pour mieux pénétrer et tirer le maximum du marché CEDEAO (Finances, agriculture, commerce, énergie, télécommunication, transport…), le Maroc a compris qu’il fallait être membre. Mais en retour, les pays membres actuels de la CEDEAO pourront également tirer profit du dynamisme de l’économie émergente du Maroc.

IV. Que peut gagner le Burkina Faso de cette adhésion ?

Avec une superficie de 274.200 Km carrés et une population estimée à environ 18 millions en 2016, le Burkina Faso est fortement enclavé sans aucun débouché maritime. Cette situation est un sérieux handicap pour le développement des échanges commerciaux mondiaux. Malheureusement, pour des raisons d’éloignement géographique, le Burkina Faso ne pourra, objectivement, tirer profit des ports marocains.

Toutefois, le Burkina Faso peut entièrement tirer plusieurs avantages du Maroc et regroupés sous deux points : les avantages économiques et commerciaux d’une part, et d’autre part, les avantages politiques et diplomatiques.

1. Aux titres des avantages économiques et commerciaux, on peut citer :

-  de la libre circulation des biens et des personnes avec un impact sur les échanges commerciaux (l’accès au marché dynamique du Maroc) : la suppression de barrières tarifaires et physiques (visa par exemple) profitera au Burkina Faso. Les hommes d’affaires burkinabè, déjà orienté vers le Maroc, pourront importer leurs marchandises du Maroc à moindre cout, vu que les droits aux frontières seront, ceux appliqués dans l’espace CEDEAO. La balance commerciale, actuellement déficitaire, pourra s’équilibrer en faveur du Burkina Faso.

La compagnie aérienne marocaine « Royal Air Maroc », qui fait partie des meilleures compagnies aériennes en Afrique, à travers le traitement du fret, sera la pierre angulaire du renforcement des échanges commerciaux entre ces deux pays et, partant, de l’ensemble des pays de la CEDEAO. Ensuite, cette compagnie aérienne pourrait être intéressée par la compagnie Air Burkina qui cherche un repreneur après le départ en fin 2016 du groupe Aga Khan.

Enfin, l’adhésion du Maroc à la CEDEAO permet à nos Etats de repousser leurs frontières aux limites du continent européen, « eldorado par excellence » des jeunes de la région ouest africaine, y compris les jeunes burkinabè. On risquerait d’assister très probablement à une intensification « légale » des flux migratoires « clandestins ou illégaux » vers l’Europe, dont le Maroc servirait de passerelle. Cette question devrait être impérativement traitée par les dirigeants de la CEDEAO, mais aussi l’Union Européenne, si l’on veut éviter les traitements ignobles et inhumains dont sont victimes ces jeunes en Libye ;

-  du transfert des compétences : le Burkina Faso a toujours bénéficié d’opportunités variées de formation/renforcement de capacités au profit de ses étudiants et de son administration. Pour preuve, selon une source de l’ambassade du Burkina Faso à Rabat, plus de 700 Burkinabè parmi lesquels près de 500 étudiants/stagiaires vivent au Maroc, hormis ceux vivant illégalement. Ce n’est guère un secret pour personne, que l’expérience soutenue du développement socioéconomique du Maroc est aujourd’hui un bel exemple réussi de développement en Afrique sur laquelle le Burkina Faso pourra fortement s’inspirer et s’appuyer afin d’imaginer son propre développement .

Tous les domaines devraient être des sources d’inspiration pour le Burkina : la gouvernance financière et politique, l’armée, les transports et le tourisme, les nouvelles technologies de l’information et de la communication, les banques, l’architecture et les constructions, la formation professionnelle… On pourrait envisager l’émergence d’industries et du savoir-faire marocain au Burkina Faso. Par exemple, le savoir-faire marocain dans le domaine de l’habillement et du textile peut s’appuyer sur la disponibilité au Burkina Faso de la matière première à savoir le coton. L’installation au Burkina de nouvelles industries marocaines de transformation de ce coton engendrerait plusieurs emplois sûrs au profit de la jeunesse burkinabè confrontée au chômage.

2. Aux titres des avantages politico-diplomatiques :

-  Il s’agit essentiellement de dire que désormais, dans le concert des nations, le Burkina Faso bénéficierait du soutien assuré du Maroc, notamment pour mieux tirer profit du monde arabo-musulman, qui reste un regroupement géostratégique très important et influant dans le monde (Par exemple, ils sont en majorité des pays producteurs de pétrole) ;

-  En retour, le Maroc pourrait également bénéficier du soutien non moins négligeable des pays de la CEDEAO, y compris le Burkina, dans son différend géo-politico-stratégique qui l’oppose essentiellement à l’Algérie sur la question du Sahara Occidental. Le Maroc, pour rien au monde, n’entend « lâcher » cette partie pour des raisons politiques mais surtout économiques (la pêche par exemple) car les territoires que Rabat appelle « provinces du Sud » contribuent largement aux recettes d’exportation du royaume, donc à son Produit intérieur brut (PIB).

A l’analyse, la balance des avantages pour le Burkina Faso pencherait plutôt vers les avantages économiques et commerciaux que ceux politiques et diplomatiques.

V. Quid d’un partenariat équilibré « gagnant-gagnant » ?

Plusieurs milieux, notamment le secteur privé, s’oppose à l’adhésion du Maroc à la CEDEAO. Les inquiétudes de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO portent fondamentalement sur le secteur privé. Sinon, du point de vue stratégique et politique, un nouvel partenaire est toujours bien à prendre afin de mieux peser dans le concert des nations.

Au Sénégal par exemple, des membres d’organisations patronales et professionnelles, de syndicats des travailleurs, d’associations de la société civile et d’universitaires, regroupés au sein du Comité d’initiative pour le suivi de l’intégration (CISI) se méfie des effets pervers que pourraient engendrer l’adhésion du Maroc à la CEDEAO. En effet, pour les membres de ce comité, les économies moribondes de la zone ne peuvent pas concurrencer celle du Maroc. L’économie marocaine est très compétitive et n’épargnera aucun secteur.

Des chiffres ne sont pas annoncés, mais ils craignent, avec la suppression des barrières douanières et tarifaires, l’instauration de relations déséquilibrées qui étoufferaient les économies des Etats, détruiraient des pans entiers de secteurs productifs et enfin exporteraient leurs emplois vers le Maroc. L’envahissement des marchés moribonds ouest africains par des produits très compétitifs marocains contribuera à « tuer » les efforts de développement du secteur privé de ces pays.

Rappelons que l’adhésion du Maroc à la CEDEAO sera confirmée en décembre prochain à Lomé. Toutefois, de source concordante, le Roi du Maroc serait prêt à renoncer à cette procédure d’adhésion du fait de la participation de Israël, comme pays invité, à ce sommet de décembre. Le Maroc, pays du monde musulman, est opposé depuis à Israël, en soutien à la Palestine.

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Vos commentaires

  • Le 3 décembre 2017 à 18:50, par Un ami
    En réponse à : Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

    Soyons sérieux. Le Maroc n’est pas de la zone. Pourquoi choisir le Maroc par rapport à l’Algérie qui a aidé les mouvements de lutte d’indépendance des pays africains, qui a participé à la lutte contre l’apartheid, au profit d’un pays qui ne s’est jamais soucié de ces problèmes ? Et en plus pourquoi se rapprocher de pays culturellement très différents qui vont nous amener d’autres conflits qui ne nous intéressent pas ? La raison qui a poussé la Mauritanie à quitter est valable ici dans l’autre sens.

  • Le 3 décembre 2017 à 19:09, par Maria de Ziniaré
    En réponse à : Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

    Vous avez occulté la Mauritanie dans la liste des pays signataires du traité de création de la CDEAO. S’agissant des enjeux économiques il importe de préciser que selon la Banque Mondiale en 2106 la CDEAO c’est 357,89 Millions d’habitants ( dont 185,9 pour le Nigeria) et non 261,13 avec un PIB de 561 milliard de dollars ( dont 405 pour le Nigeria) contre 35,2 Millions d’habitants et 101 milliards de dollars de PIB pour le Maroc. Il importe de noter également que le PIB du Maroc (101 milliards de dollars) est supérieur à celui des 8 pays de l’UEMOA (98,7 milliards de dollars) partageant le CFA XOF. Dans la CDEAO seul le Nigeria peut rivaliser avec le Maroc
    Au titre des produits exportés par le Burkina Faso à destination du Maroc vous mentionnez les légumes je me demande de quels légumes parce qu’une partie du Maroc a un climat méditerranéen favorable à la culture de fruit et légumes ce qui explique que ce pays déverse ses fruits et légumes (orange clémentine comcombre poivrons betterave courge courgette tomate melon......) sur la Mauritanie et le Senegal.
    Contrairement à vos prévisions la balance commercial du Burkina et du Maroc ne pourra jamais s’équilibrer parce que le Burkina ne peut exporter au Maroc que des produits que ce dernier n’a pas ce qui se résume au coton, sesame, noix de cajou, beure de quarité alors que le Maroc nous vend des engrais, des chaussures des habits des équipements électriques et au niveau des services possède 51 % de l’Onatel ( 24 milliard de bénéfice 2016) et de Boa Burkina (12,4 milliard de bénéfice 2016) ce qui leur garantit 18 milliards de rapatriement de bénéfice par an pour les services. S’agissant du transport aérien, la Royal Air Maroc (RAM) a déjà détenu Air Senegal International qui du fait de la position géographique du Senegal et de l’importance de sa dispora était une meilleure opportunité que Air Burkina mais a préféré s’en débarrasser donc ce n’est pas parce que le Burkina veut marier Air Burkina que la RAM sera intéressée.

  • Le 3 décembre 2017 à 22:55, par Dibi
    En réponse à : Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

    Tous ces chefs d’Etats qui portent ce projet à marche forcée, manquent de vision, mais ont à coup sûr, le sens de leurs petites affaires.
    Dans cette histoire d’intégration du Maroc à la CEDEAO, ce Maroc chérifien, arabo-berbères atlantiste. Y a pas photo !
    Ici et en rapport avec cette affaire, la plupart des hommes politiques et bancocrates pourris de la sous-région ouest-africaine opèrent dans des eaux boueuses qui promettent d’être poissonneuses pour eux ; mais non pour les peuples de la sous-région ouest-africaine ; sous-région dont l’immense majorité d’Arabo-berbères racistes (tout comme en Libye, Algérie, Tunisie, Egypte et tout l’Orient arabe et asiatique) n’est prête à s’y identifier. Mais c’est ainsi que va l’histoire du monde actuel : tout se décide au sommet, sans débat, sans consultation ni avis des peuples. Ce sont uniquement des élites en réseaux de connivences affairistes qui décident tout et sans mandat, sur le dos des peuples. — Ces mêmes élites cultivent le racisme comme une forme de conduite raffinée dans l’arrogance. Et les nôtres le savent mêmes sans couilles ! Pas besoin de CNN pour s’émouvoir pour ça et contre ça ! Rien que de la lâcheté ! Autrement dit : A quoi servent toutes ces ambassades diplomatiques ? Sont-elles tenues que par des Nègres inconscients, démissionnaires, incompétents et paresseux ? De faire comme si vous ne saviez pas, on en a honte pour vous, pour vos enfants et vos femmes ! —
    Ce Maroc là qui adhère à la CEDEAO est bien évidemment le Maroc qu’idéalisent les élites ouest-africaines aux crânes vides. Vides de toute histoire et conscience ; mais qui jugent toute politique à l’aune des livres de comptes de leurs propres intérêts de classe.
    Voilà pourquoi, ces gens nous imposent et nous précipitent l’adhésion, sans condition, à la CEDEOA, d’un Maroc colonialiste au Sahara Occidental, monarchiste à domicile, avec son sunnisme moyenâgeux, réactionnaire et son roi chérifien, commandeur de toutes les mosquées et de tous ses sujets croyants. A coup sûr, la France et les Occidentaux poussent à la roue, tous nos satrapes de nègres couchés dans ce sens !
    Et nous nous savons de toute évidence que ce Maroc là, n’est pas celui du groupe de Casablanca de 1963. Il s’est depuis rallié au « groupe de Monrovia » ; devenant depuis un pôle atlantiste de premier ordre sur le continent. Sa classe politique et son Imamat restent les plus inféodées à la l’Occident néolibéral impérialiste.
    Pôle majeur de la Françafrique, le Maroc joue depuis les affaires du Congo le rôle de pôle-réseautique à toutes les sous-traitances économiques et politiques occidentales en Afrique.
    Pays à l’économie dominée et extravertie par les multinationales françaises et occidentales, le Maroc est devenu un comptoir de domiciliation néocoloniale au compte de la domination prédatrice des occidentaux. Et c’est cette intégration du Maroc à la gouvernance mondiale néolibérale, qui lui permet de faire illusion sur sa stature régionale ; d’ou l’acceptation naïve et sans débat de son intégration au sein de la CEDEAO, cette autre structure au service du grand capital dans un espace socioculturel que le Maroc n’a pas en partage.
    Il faut dire que la Zone est tenue par des satrapes, des bancocrates nègres, des débiles sans cultures stratégiques ni soucis pour leurs peuples et leurs jeunesses. D’où cette intégration par la haut ; ce qui en dit long sur la nature politico-économique de l’institution CEDEAO elle-même ?
    D’autres facteurs facilitent ici le jeu marocain. Malgré une économie dominée par l’exportation du haschich et autres opiacés destinés au marché de l’Union Européenne, le manque d’offensive de la diplomatie algérienne en direction de l’Afrique intertropicale, conjugué avec un Nigéria tenu par des bandes de voyous et de corrompus, impose ici le Maroc comme un acteur clé dans les dynamiques régionales.
    Tels sont là, les éléments qui expliquent pourquoi, contre nature et pour des raisons de politiques locales et internationales de classes, la bancocratie pourrie de la CEDEAO que gèrent les Ouattara, Kaboré, Macky Sall, IBK,.., s’apprête à accepter en son sein, l’intégration d’un Etat narco-mafieux qu’est le royaume du Maroc. Un Etat plate-forme de la sous-traitance néolibérale occidentale ; en plus d’une sous-traitance politique des coups tordus sur le continent.
    Avec un tel loup dans la bergerie, les Ouattara, Kaboré, Macky Sall, IBK, le Bachagal de Guinée, sont entrain de réussir leur coup du siècle.
    Le coup qui garantit les intérêts français et occidentaux en Afrique de l’Ouest ; celui qui sauvera le Franc CFA ; ce Franc des colonies françaises d’Afrique en plus du Dirham de la Banque centrale du Maroc !
    Na an lara, an Sara !
    La Patrie ou la mort, nous vaincrons !

    • Le 4 décembre 2017 à 10:16, par Sogossira Sanou
      En réponse à : Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

      Absolument rien de plus à ajouter à ta brillante analyse.
      Tout y est dit et que qui veut comprendre comprenne.
      Du reste, si le peuple africain se laisse entrainer par les françafricains, nous serons les seuls responsables d’avoir laissé faire ceux qui n’ont pas des interets communs aux notres.
      Dans la lutte pour les interets, cahque partie doit savoir prendre ses responsabilités et à ce titre, j’invite toute la jeunesse consciente à se dresser contre cette ignominie qui se deroule sous nos yeux ;

    • Le 4 décembre 2017 à 12:18, par AFRICAIN
      En réponse à : Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

      Bonjour,
      Votre analyse ne m’a pas laissé indifférent...j’ai l’impression que vous n’aimez pas le Maroc tout simplement.
      Vous ne pouvez pas résumez le MAROC à un pays colonialiste et exportateur de cannabis !!! C’est de l’intox sans fondement.
      Si vous connaissez (ou vous avez pris la peine de faire une recherche) histoire du Maroc, vous trouverez que :
      Premièrement, le SAHARA faisait depuis longtemps partie intégrante de son territoire et que se sont les français et les espagnols qui l’ont fractionné. L’Algérie avec une poignée de nos confrères africains,pour des raisons politiques héritées de la période de guerre froide,continuent à soutenir le mouvement indépendantiste que vous connaissez sûrement.
      Deuxièmement, que le Maroc, comme tout pays africain qui a arraché son indépendance, a aidé ces confrères africains avec ses moyens pour avoir leur indépendance également (commençant par l’Algérie..). NELSON MANDELA s’est déplacé au Maroc pour remercier HASSAN II pour ses efforts contre l’apparthied..
      Troisièmement que l’économie marocaine est une petite économie qui se développe d’une manière sûre et dynamique et l’intégration e la CEDAO offrira évidement des débouchés significatives mais le Maroc contrairement aux partenaires occidentaux et asiatique (chinois + japonnais) investit dans un cadre gagnant-gagnant et de donnant-donnant. Pour preuve l’usine de fertilisation en NIGERIA et en Ethiopie....
      Tout africain qui a conscience des retards qu’on a accumulé en terme de développement, comprendra que pour avancer et se rattraper,il ne peut pas bouger seul et que seuls les unions économiques et politiques appuieront cet objectif.
      Vous avez peut-être raison d’affirmer que culturellement, le Maroc est différent des pays actuels de la CEDAO, mais est-il pas vrai que la différence est richesse et que ce regroupement ne fera que rapprocher les mentalités et limiter les fausses perceptions ...travaillons ensemble pour s’imposer ensemble.

  • Le 4 décembre 2017 à 07:47, par kiswensida
    En réponse à : Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

    Malheureusement nous autres Noirs d’Afrique, nous sommes amnésiques. L’histoire ancienne
    et récente est jalonnée de faits témoignant du mépris des peuples arabos -berbères à l’endroit des Noir africains.
    Saurait-t-on m’expliquer par un raisonnement par l’absurde pourquoi un maître méprisant et arrogant peut-il rechercher avec tant d’empressement l’intégration à l’ espace de vie politico- culturel et économique de celui qu’il pense être son esclave ? Sinon que pour mieux l’asservir
    et l’exploiter davantage à son profit et au profit de ses commandeurs occidentaux, notamment la France.
    Oui, oui , oui ! Les États n’ont pas d’amis mais des intérêts ! De quels États nous parlent-on ? Ces ramassis d’individus qui depuis longtemps ont démissionné devant l’ampleur des défis à relever pour le développement de leurs peuples et préfèrent circonscrire leurs actes à la seule seule prospérité de leurs minables petits intérêts mesquins mal acquis le plus souvent extorqués à leurs propres peuples !
    L’adhésion du Maroc peut se décider d’en haut, mais le bas n’est pas tenu de l’accepter !
    Si on nous impose les arabos -berbères alors dressons-nous, nous autres dont l’avis ne compte pas, comme un seul homme pour leur témoigner de la reconnaissance pour l’ignominie dont ils ont su faire preuve à l’endroit de nos frères et enfants de même couleur de peau, à l’exemple du racisme au Maghreb et des faits récents en Libye.
    Les marocains veulent intégrer par effraction la CEDEAO.
    PEUPLES DE LA CEDEAO DRESSEZ-VOUS COMME UN SEUL HOMME ET DITES NON A L’IMPOSTURE !

  • Le 4 décembre 2017 à 10:16, par Sogossira Sanou
    En réponse à : Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

    Absolument rien de plus à ajouter à ta brillante analyse.
    Tout y est dit et que qui veut comprendre comprenne.
    Du reste, si le peuple africain se laisse entrainer par les françafricains, nous serons les seuls responsables d’avoir laissé faire ceux qui n’ont pas des interets communs aux notres.
    Dans la lutte pour les interets, cahque partie doit savoir prendre ses responsabilités et à ce titre, j’invite toute la jeunesse consciente à se dresser contre cette ignominie qui se deroule sous nos yeux ;

  • Le 4 décembre 2017 à 12:18, par AFRICAIN
    En réponse à : Intégration africaine : Que peut gagner le Burkina Faso de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO ?

    Bonjour,
    Votre analyse ne m’a pas laissé indifférent...j’ai l’impression que vous n’aimez pas le Maroc tout simplement.
    Vous ne pouvez pas résumez le MAROC à un pays colonialiste et exportateur de cannabis !!! C’est de l’intox sans fondement.
    Si vous connaissez (ou vous avez pris la peine de faire une recherche) histoire du Maroc, vous trouverez que :
    Premièrement, le SAHARA faisait depuis longtemps partie intégrante de son territoire et que se sont les français et les espagnols qui l’ont fractionné. L’Algérie avec une poignée de nos confrères africains,pour des raisons politiques héritées de la période de guerre froide,continuent à soutenir le mouvement indépendantiste que vous connaissez sûrement.
    Deuxièmement, que le Maroc, comme tout pays africain qui a arraché son indépendance, a aidé ces confrères africains avec ses moyens pour avoir leur indépendance également (commençant par l’Algérie..). NELSON MANDELA s’est déplacé au Maroc pour remercier HASSAN II pour ses efforts contre l’apparthied..
    Troisièmement que l’économie marocaine est une petite économie qui se développe d’une manière sûre et dynamique et l’intégration e la CEDAO offrira évidement des débouchés significatives mais le Maroc contrairement aux partenaires occidentaux et asiatique (chinois + japonnais) investit dans un cadre gagnant-gagnant et de donnant-donnant. Pour preuve l’usine de fertilisation en NIGERIA et en Ethiopie....
    Tout africain qui a conscience des retards qu’on a accumulé en terme de développement, comprendra que pour avancer et se rattraper,il ne peut pas bouger seul et que seuls les unions économiques et politiques appuieront cet objectif.
    Vous avez peut-être raison d’affirmer que culturellement, le Maroc est différent des pays actuels de la CEDAO, mais est-il pas vrai que la différence est richesse et que ce regroupement ne fera que rapprocher les mentalités et limiter les fausses perceptions ...travaillons ensemble pour s’imposer ensemble.

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