Rumeur de découverte d’or à Kouka : Malgré des sacrifices à foison le métal précieux se fait attendre…

LEFASO.NET | Par David Demaison NEBIE • dimanche 3 décembre 2017 à 05h00min

C’était le vendredi 13 octobre 2017. Les populations de la commune de Kouka et les villages environnants ont été alertés par une information : des traces d’or ont été repérées sur la colline située entre des villages de Kouka et Siwi, dans la province des Banwa, région de la Boucle du Mouhoun. Cette information a provoqué une ruée des populations vers ce lieu. Le jeudi 19 octobre 2017, jour de notre premier passage sur les lieux, c’était une colline complètement envahie que nous avons trouvée.

Rumeur de découverte d’or à Kouka : Malgré des sacrifices à foison le métal précieux se fait attendre…

Des centaines de travailleurs de tous les âges venus de divers horizons avaient déjà creusé plus d’une centaine de trous à la recherche du métal jaune. Les trous sont disséminés sur une superficie d’environ 3 hectares environ. Kouka était déjà une ville en pleine effervescence à cause de la rumeur selon laquelle l’on venait de découvrir site d’or.

Sur la route du site, une densité du trafic routier ou chaque usager se débrouillait pour se frayer un chemin. Des commerçants installés de part et d’autre comme s’ils y étaient depuis plusieurs mois, avec toutes sortes de marchandises. On avait l’impression de voir un village en installation.

En faisant le tour du site, nous rencontrons des travailleurs de tous les âges en pleine activité. En dépit du fait que le métal précieux se faisait attendre depuis le début de la rumeur, les travailleurs du site ne se décourageaient pas. Ils continuaient d’espérer nuit et jour. En tous cas, c’étaient des acteurs persévérants que nous avons eu à rencontrer, tous métamorphosés.

Aux côtés de ces chercheurs d’or, on notait la présence des acteurs connexes tels que les vendeurs de stupéfiants, les travailleurs du sexe qui installaient leurs quartiers sur le site. Il fallait aussi signaler la présence de spéculateurs et détecteurs qui suivaient de près les mouvements des fouilleurs. Une autre remarque : c’était la présence d’un nombre important d’enfants âgés de dix à quinze ans sans compter aussi un nombre important d’adolescents qui s’y plaisaient.

Au-delà de cette animation sur le site, on notait des divergences de vues sur son impact sur la vie des populations. Pour certains, l’avènement de ce site favoriserait le dynamisme dans la commune, voire dans la province des Banwa. En plus, selon eux, beaucoup de jeunes pourront trouver une porte de sortie pour s’épanouir. A cela, l’on pourrait ajouter les réalisations individuelles qui suivront.

Contrairement à ce premier groupe, d’autres citoyens étaient très inquiets de la présence de ce site. Pour eux, cette activité engendrerait des problèmes tels que l’insécurité, les dépravations des mœurs, la cherté de la vie, les maladies, les abandons d’écoles et bien d’autres fléaux. Quand en est-il aujourd’hui ?
Le jeudi 16 novembre 2017, jour de notre deuxième passage sur les lieux, c’est une colline complètement morte que nous avons trouvé avec des centaines de trous abandonnés. Seuls 5 groupes de travailleurs continuent de creuser. Ces 5 trous, les profondeurs varient entre 30 et 35 mètres nous apprennent les travailleurs. Et raison pour laquelle ils utilisent des ventilateurs alimentés par des plaques solaire. Pour eux, pas question de se décourager. « Malgré le fait que l’or se fait attendre depuis le début, nous continuerons d’espérer nuit et jour » nous a lancé un persévérant.

« Dès l’alerte sur les traces d’or repérées sur la colline, nous avons entreprit des vérifications et la nouvelle aurait été confirmée par un marabout. Très vite, nous avons fait des sacrifices. Ainsi, un bœuf noir, trois moutons, un cabri noir, ont été immolés sur le site. Après le marabout d’ici, nous sommes allés voir un autre au Mali. Celui-ci nous a dit qu’il y a de l’or en ce lieu, mais il est en profondeur. Pour cela, nous avons refait un deuxième sacrifice d’un mouton au coup rouge, un coq blanc et une pintade et de la nourriture toujours sur les lieux. Nous a lancé Salif Kindo.

David Demaison NEBIE

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