Communiqué conjoint de la visite officielle au Burkina Faso du Président de la République française

Communiqué conjoint • vendredi 1er décembre 2017 à 04h00min

Communiqué conjoint de la visite officielle au Burkina Faso du Président de la République française, Emmanuel Macron, du 27 au 29 novembre 2017

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Communiqué conjoint de la visite officielle au Burkina Faso du Président de la République française

1. A l’invitation de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso, son Excellence Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française a effectué du 27 au 29 novembre 2017, une visite d’amitié et de travail à Ouagadougou, au Burkina Faso.

2. Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations d’amitié et de coopération qui lient le Burkina Faso à la République française, et traduit la volonté affichée des deux Chefs d’Etat, d’œuvrer au raffermissement de ces liens privilégiés.

3. A son arrivée à Ouagadougou, Son Excellence Monsieur Emmanuel Macron, accompagné d’une importante délégation, a été accueilli par Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso, en présence de plusieurs hautes personnalités burkinabè.

4. Le 28 novembre 2017 au Palais de Kossyam, le Président du Faso et son homologue français ont eu un tête-à-tête et un entretien élargi aux délégations. Les échanges qui se sont déroulés dans une atmosphère d’amitié et de convivialité, ont porté sur la situation au Burkina Faso et en France, ainsi que sur des questions d’ordre bilatéral, régional et international.

5. Concernant la situation au Burkina Faso, le Président Emmanuel Macron a félicité le Président Roch Marc Christian Kaboré pour l’approfondissement continu de la démocratie au Burkina Faso, en particulier depuis les élections présidentielle et législatives d’octobre 2015 Il a, par ailleurs, salué l’adoption et la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES) ainsi que le plan d’urgence pour le Sahel lancé par le gouvernement burkinabè pour ses régions septentrionales.

6. Le Président Kaboré a réitéré ses félicitations au Président Macron pour sa brillante élection à la présidentielle de la République française, et lui a présenté ses vœux de plein succès dans sa mission.

7. Les deux Chefs d’Etat ont fermement condamné la série d’attentats survenus dans leurs pays respectifs. Ils ont souligné la nécessité de coordonner leurs efforts aux fins de lutter efficacement contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

8. Le Président Kaboré a remercié le Président Macron pour le soutien apporté à son pays par la France lors des attaques terroristes perpétrées au Burkina Faso.

9. Sur le plan bilatéral, les deux Chefs d’Etats se sont félicités de l’excellente qualité des relations de coopération entre le Burkina Faso et la France dans divers domaines d’intérêt commun, en particulier l’éducation, la gouvernance, la sécurité, l’agriculture, la formation professionnelle, l’énergie, l’environnement, et la coopération décentralisée.

10. Le Président Emmanuel Macron a renouvelé son engagement et celui du Gouvernement français à toujours soutenir les efforts du Gouvernement burkinabè dans la mise en œuvre des projets prioritaires de développement, notamment dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES). Une aide budgétaire globale de 10M€ sera prochainement versée par la France. Le Chef de l’Etat burkinabè a exprimé sa satisfaction sur l’appui de la France pour la création d’une Caisse des dépôts et consignations.

11. Le Président Roch Marc Christian Kaboré a exprimé au Président Emmanuel Macron la reconnaissance du gouvernement et du peuple burkinabè pour le soutien constant et multiforme apporté par la France dans le domaine de la sécurité, au cours des différentes opérations menées conjointement, dans le cadre de la formation des forces de défense et de sécurité du Burkina et par le biais de dons d’équipement.

12. Les deux Présidents ont souligné l’importance de lier sécurité et développement afin de lutter durablement contre le terrorisme. Ils ont également rappelé la priorité accordée aux régions frontalières, exposées de surcroît aux effets du changement climatique à titre bilatéral et dans le cadre européen, qui mobilise 78 M€ du fonds fiduciaire d’urgence sur ce sujet. Le Président Macron a salué le caractère pionnier du Burkina Faso dans le développement d’une agriculture durable et adaptée aux régions sahéliennes et l’appui constant de l’Agence française de développement, des divers instituts de recherche et d’ONG réputées sur ce sujet. Ils ont insisté sur l’importance de réaliser des actions de développement nouvelles et concrètes dans le cadre de l’Alliance pour le Sahel.

13. Au plan régional, les deux Chefs d’Etat ont fait constaté leur convergence de vues sur les défis sécuritaires auxquels reste confrontée l’Afrique de l’Ouest et son voisinage ainsi que sur les moyens de les relever. Concernant en particulier la bande sahélo-saharienne, ils se sont félicités du processus d’opérationnalisation de la Force conjointe du G5-Sahel. Rappelant que le terrorisme est un défi mondial, qui se joue des frontières, ils ont souligné la nécessité et l’urgence d’une action concertée au niveau international pour le combattre.

Aussi ont-ils invité l’ensemble de la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour soutenir le G5-Sahel, et en particulier les partenaires à ses mobiliser pour assurer le succès de la Conférence de planification prévue par la Résolution 2359 du 21 juin 2017.

14. Au niveau continental, les deux Chefs d’Etat ont salué les efforts déployés par l’Union africaine et par les organisations sous-régionales, en particulier la CEDEAO, pour le maintien de la paix et de la sécurité et pour créer les conditions d’un développement durable en Afrique. Ils ont appelé au dialogue et à la négociation pour une résolution pacifique des crises que traversent certains pays africains.

15. Evoquant la question des migrations, ils ont condamné avec la plus grande fermeté le traitement esclavagiste dont sont victimes les migrants africains en Libye. En appelant à des concertations entre l’Union africaine et l’Union européenne lors du Sommet UA-UE prévu les 29 et 30 novembre 2017 à Abidjan, ils ont souligné la nécessité et l’urgence d’œuvrer à éliminer les causes profondes de l’immigration clandestine et de lutter contre les réseaux de passeurs. A cet égard, le Président Kaboré a exprimé son soutien à l’initiative de la France d’inscrire la question à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.

16. Abordant les questions internationales, les Présidents Roch Marc Christian Kaboré et Emmanuel Macron ont exprimé leurs profondes préoccupations face aux menaces à la paix et à la sécurité internationales. Tout en saluant l’action de l’Organisation des Nations unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne et de l’ensemble des organisations régionales et sous-régionales, ils les ont invitées à redoubler d’efforts pour le règlement pacifique de tous les différends et pour relever le défi sécuritaire.

17. Ils ont réaffirmé leur soutien à l’Accord de Paris dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques et appelé à la sauvegarde de son intégrité. Le Président du Faso a félicité son homologue français pour l’initiative de la Conférence de Paris sur le climat, prévue le 12 décembre 2017.

18. A l’issue de leur entretien, les deux Chefs d’Etat ont animé un point de presse.

19. Les Présidents Roch Marc Christian Kaboré et Emmanuel Macron se sont, ensuite, rendus à l’Université de Ouaga1 Professeur Joseph Ki-Zerbo. Le Président Emmanuel Macron a prononcé un discours à l’adresse de la jeunesse africaine et a débattu avec les représentants de la jeunesse burkinabè.

20. Au cours d’un déjeuner de travail, les deux Chefs d’Etat, entourés des ministres en charges de la question, ont longuement traité des défis de l’éducation et de la formation au Burkina Faso et en Afrique. Plus particulièrement, ils ont instruit leurs administrations d’intensifier la coopération dans les domaines de la formation des enseignants, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur, des classes préparatoires aux grandes écoles et du renforcement de l’Institut international de l’eau et de l’environnement (2iE) afin d’en faire un pôle francophone d’excellence dans le domaine des sciences de l’ingénierie. Outre son action bilatérale dans ces domaines, qui doit être renforcée, la France s’engage à œuvrer, au sein du Partenariat mondial pour l’éducation, à une meilleure prise en compte des priorités burkinabè et à l’amélioration de la performance des interventions du Partenariat.

21. Pour marquer l’intérêt particulier qu’il accorde à l’éducation, le Président Macron, accompagné du Président Kaboré a par ailleurs visité les écoles primaires et le collège d’enseignement général Lagem Taaba, à Ouagadougou, dont la construction a été financée notamment par l’Agence française de développement. Les deux Présidents se sont entretenus avec les élèves et les professeurs dans les différentes classes ; le Président français s’est félicité des efforts déployés par le gouvernement burkinabè pour l’éducation des jeunes.

22. Les deux Chefs d’Etat ont également procédé à l’inauguration de la centrale solaire de Zagtouli, plus grande centrale photovoltaïque en Afrique de l’Ouest avec une capacité de production annuelle de 56 mégawatts. D’un coût total de 47,5 M€, sa réalisation a été financée par le Fonds européen de développement (FED) de l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD).

Les deux Présidents se sont félicités de la construction de cette infrastructure, qui permettra d’augmenter la capacité de production électrique au Burkina Faso, de réduire sa dépendance énergétique, au profit des populations et des entreprises, notamment du Nord, dont le raccordement a été soutenu par l’AFD. Lors de cette inauguration, le Chef de l’Etat français a annoncé que l’AFD poursuivrait son appui au plan solaire du Burkina, en partenariat notamment avec la Banque africaine de développement (BAD). Les deux parties se félicitent du prochain lancement de l’Alliance solaire internationale.

23. Les deux Chefs de l’Etat se sont également réjouis de la prochaine signature de plusieurs conventions bilatérales de nature à renforcer la coopération entre leurs deux pays, portant sur la coopération judiciaire en matière pénale ; l’extradition ; le travail des conjoints de diplomates ; et le statut juridique de l’opérateur Expertise France, en vue d’assurer la montée en puissance de son activité au Burkina Faso.

24. Au terme de son séjour au Burkina Faso, le Président de la République française a exprimé sa satisfaction et sa gratitude au Président du Faso, au Gouvernement et au peuple burkinabè, pour la chaleur de l’accueil et l’hospitalité amicale qui lui ont été réservés, ainsi qu’à la délégation qui l’accompagne. Il a salué la qualité des échanges et le climat empreint d’amitié et de cordialité qui a prévalu tout au long de sa visite.

25. Le Président Emmanuel Macron a adressé une invitation à son homologue burkinabè à effectuer une visite en France. Le Président Roch Marc Christian Kaboré a accepté cette invitation, dont les dates seront fixées par voie diplomatique.

Fait à Ouagadougou, le 29 novembre 2017

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Vos commentaires

  • Le 1er décembre à 16:25, par Integrite
    En réponse à : Communiqué conjoint de la visite officielle au Burkina Faso du Président de la République française

    Tout ce boucan pour nous donner seulement 6 milliards

    Répondre à ce message

  • Le 2 décembre à 07:15, par Soka
    En réponse à : Communiqué conjoint de la visite officielle au Burkina Faso du Président de la République française

    Il est urgent que la communauté universitaire se prononce publiquement sur le passage de Macron à l’UO1 PrJKZ. A défaut, le silence sera comme une caution du show condescendant de ce président francais dans ce temple du savoir, une acceptation du ridicule que les soi-disants étudiants ont répandu sur ladite communauté à travers des questions dont la pertinence pourrait expliquer les taux d’échec. Le silence validerait l’organisation apparemment "mouta mouta" de ce passage dont le bénéfice pour la jeunesse semble chimérique, alors que les inconvénients sont manifestes :
    - perturbation des activités pédagogiques (aucune université francaise ne sacrifierait 1 heure à notre président) ;
    - 3 heures d’attente avant que la star ne se présente dans l’amphi pour son show ;
    - injures (vous êtes "bêtement anti-impérialistes...") ;
    - arrogance (Macron ne s’inscrit ni dans le déni, ni dans la répentance" : N’attondons donc pas qu’il demande "pardon" à la jeunesse africaine, c-à-d à l’Afrique, pour les faits d’esclavage et de (néo)colonisation...
    - maladresse (pour ne pas dire plus) : le boureau n’est pas bien placé pour dire à la victime d’oublier. Pourquoi Macron se permet-il de dire aux (jeunes) Africains d’arrêter de "ressasser le passé" esclavagiste, (néo)colonial pour aller de l’avant ?!? Que dirait-il, que diraient les Francais, les Juifs... si l’Allemagne leur disait d’arrêter de ressasser le passé nazi, la shoa...??? Il est indécent pour un boureau ou son descendant de demander à la victime ou à son descendant d’oublier, tout en se refusant de demander, avant tout, pardon Macron ne s’inscrit pas dans une logique de repentance ! Et il l’a confirmé avec sa plainsanterie déplacée à l’endroit du président burkinabè devant la jeunesse et les aînés burkinabè et africains. Oui, Macron s’est amusé avec l’Afrique et s’est ensuite permis de trouver ridicule la polémique faite autour de ce manque de respect (appelé "relations décomplexée").
    Même si c’est Kosyam qui a fait de l’Universté Ouaga 1 PrJKZ la tribune d’un show ridicule pour la "star du jour" et ridiculisant pour le Burkina et l’Afrique, il appartient à la communauté universitaire de prendre ses distances de facon manifeste (Le "Manifeste de Intellectuels" existe-t-il toujours ?), ou de marquer son adhésion à ce spectacle de mauvais goût et donc engager sa corresponsabilité face à l’histoire africaine.
    Il y avait de la matière grise et des têtes grises dans l’amphi. Certains applaudissaient avec enthousiasme, pendant que d’autres semblaient regretter leur présence dans la salle. Etaient-elle instrumentalisées ou pauvres victimes d’une sagesse diplomatique en sclérose ?
    Les Burkinabè ont besoin de savoir avant que l’histoire ne nous pointe du doigt !

    Répondre à ce message

  • Le 3 décembre à 02:28, par MERCI
    En réponse à : Communiqué conjoint de la visite officielle au Burkina Faso du Président de la République française

    MERCI beaucoup pour le travail que vous accomplissez pour vos deux peuples respectifs.

    Répondre à ce message

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