« Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

Interview réalisée par Oumar L. Ouédraogo | Lefaso.net • mardi 28 novembre 2017 à 01h30min

Diplomate de carrière, ancien ministre des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, Mélégué Traoré fut (pour ne retenir que ces quelques responsabilités) président de l’Assemblée nationale (1997-2002). Aujourd‘hui, consultant auprès de plusieurs institutions internationales, Mélégué Traoré est aussi le président du Centre parlementaire panafricain (CCPA). C’est donc en intellectuel averti des matières internationales, qu’il explore l’arrivée au Burkina dans les heures qui suivent, du président français, Emmanuel Macron. Dans cet interview, nous avons également abordé la situation nationale où Mélégué Traoré souligne que dès 2005, il avait proposé de changé de constitution.

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« Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

Lefaso.net : Qu’est-ce qui peut justifier le choix du président français pour une visite officielle au Burkina ?

Mélégué Traoré : Précision : il ne s’agit pas à proprement parler d’une visite officielle. On distingue habituellement en diplomatie celle-ci de la visite de travail et de la visite d’Etat. Macron sera de passage au Burkina et y prononcera un discours. Cela dit, je crains qu’il n’y ait beaucoup de confusions sur ce plan. Le Burkina n’a évidemment pas été choisi au hasard. Le président français n’est pas homme à faire une telle visite sans calcul. Il est certain qu’actuellement pour beaucoup, le Burkina a gagné à l’extérieur, en termes de sympathie, du fait de l’insurrection populaire et des élections qui se sont bien déroulées. Notre pays fait figure d’exemple de démocratie. Mais, je ne crois pas que tout cela ait été déterminant dans la décision du président français de se faire inviter à Ouagadougou. Il exécute simplement sa stratégie de communication.

Je dis bien de se faire inviter car, dans la pratique diplomatique, un chef d’Etat ne s’invite pas de sa propre autorité dans un pays étranger. Il y est invité, sinon il s’arrange pour se faire inviter. De plus, dans le contexte actuel, après ses propos plutôt désobligeants et ambigus sur l’Afrique, parlant de causes civilisationnelles ou culturelles à notre situation actuelle, il a besoin de délivrer un message magistral et positif aux populations du continent, surtout à la jeunesse. C’est ce qu’il vient faire à Ouagadougou.

Vous aurez noté qu’il ira à l’Université. Ce qui n’est pas anodin. Chirac était venu à l’Université de Ouagadougou avant Macron. Dans son cas, il avait été à l’université, mais il n’avait pas prononcé un discours. Il avait été fait docteur honoris causa de l’Université de Ouagadougou. J’étais alors ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique et Filiga Michel Sawadogo était le recteur.

Enfin, une dernière indication : Macron, en venant à Ouagadougou, sera sur la route d’Abidjan où aura lieu immédiatement après le sommet Europe–Afrique. En fait, le président Macron profite de la conférence d’Abidjan pour marquer l’arrêt de Ouagadougou : je ne suis pas certain qu’il serait venu au Burkina s’il n’y avait pas cette conférence. Cela ne réduit en rien la portée de la visite du président français. Mais pour moi, la question demeure : pourquoi tenons-nous tant à ces visites au point d’être fiers parce qu’un président de France vient chez nous ?

Lefaso.net : Quels peuvent être les enjeux de cette visite pour le régime Roch Kaboré ?

Les enjeux de cette visite en Afrique sont nombreux pour le président français, mais aussi en termes de ce qu’attendent les autorités burkinabè. Pour la France, il s’agit de conforter la position dominante qu’elle a en Afrique, le continent qui fait encore d’elle une puissance qui compte.

La donne est différente du côté burkinabè. Les autorités actuelles doivent élaborer et exécuter une nouvelle politique extérieure. Le Burkina n’a plus le rayonnement diplomatique qu’il avait jusqu’en 2014, même si celui-ci comportait une part d’artifices du fait des faibles capacités de notre Etat. La visite d’un chef d’Etat français est toujours valorisante pour n’importe lequel gouvernement africain, aux regards des autres Etats, notamment de la sous-région, et aux yeux des populations.

Enfin, mais et là c’est classique, il y a toujours une dimension d’aide au développement dans ce type d’évènement. C’est important pour le Burkina qui doit faire face au terrorisme, sans compter le marasme économique dans lequel nous sommes actuellement. N’oublions pas que la France demeure la principale source pour l’aide au Burkina. En revanche, depuis la fin des années 1970, l’ambassadeur de France n’est plus automatiquement le doyen du corps diplomatique à Ouagadougou, comme ça l’était suite à la signature des accords de coopération en 1961.

Pour les populations burkinabè, le sens de cette visite est plus ambigu. Mais les réactions, les critiques et les manifestations contre l’arrivée du président français, me paraissent peu justifiables. En quoi son arrivée ici est-elle négative ? Qu’a-t-il fait au Burkina Faso ? Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France ou les pays occidentaux tout le temps, tout en leur quémandant le lendemain de nos hurlements, l’aide dont nous disons avoir besoin.

Lefaso.net : Quel message le président français peut-il apporter aux Burkinabè, et qu’est-ce que le Burkina peut gagner dans une telle visite ?

Attendons de voir le message que le président Macron délivrera. Mais, il est certain, qu’à tous les coups, le Burkina y gagne au double plan diplomatique, de prestige pour le président Roch Kaboré et de l’aide au développement. Le message que Macron délivrera à Ouagadougou ne sera certainement pas destiné aux seuls Burkinabè, mais à tous les Africains. On verra après la création de son conseil présidentiel pour l’Afrique, si cela change quelque chose. Des thèmes tels que les droits de l’homme, la démocratie, la bonne gouvernance sont tellement généraux et répétés, que leur intérêt est limité et en termes d’effets pratiques, leur portée sera faible.

Lefaso.net : Le choix de l’université de Ouagadougou pour prononcer son discours revêt-il une signification particulière ?

Oui, le choix de l’université de Ouagadougou ne va pas sans signification. Dans de telles circonstances habituellement, le chef d’Etat étranger prononce son discours devant le parlement. C’est ce que Pompidou avait fait en novembre 1972 à l’Assemblée nationale. Cette fois-ci, c’est l’université, c’est-à-dire à la jeunesse et à l’élite du Burkina et de l’Afrique tout entière, que le président français s’adressera. Il aurait pu faire sa déclaration de Paris, mais cela aurait moins de portée, en termes diplomatiques. Il ne la fera pas non plus à Abidjan ou à Accra. On ne devrait pas s’en plaindre. De plus, les Africains aiment tellement qu’on les flatte ! Enfin, le thème de son discours ne sera rien d’autre que celui de la Conférence d’Abidjan.

Lefaso.net : La date précédemment annoncée a été repoussée pour coïncider avec la rencontre Europe-Afrique, qui a lieu à Abidjan dès le 29 novembre et où il se rendra immédiatement à partir de Ouagadougou. N’est-ce pas une subordination de la visite au Burkina qui laisse à interprétations sur l’importance qu’Emmanuel Macron accorde à sa présence à Ouaga ?

Il s’adressera prioritairement aux étudiants ; c’est s’adresser d’abord à la jeunesse et ce qu’elle représente pour nos pays. Elle est l’avenir de l’Afrique. S’adresser à la jeunesse, c’est la prendre à témoin. Cela dit, ce qui importe, c’est le contenu du message, bien plus que l’environnement dans lequel il sera délivré. Evidemment, la conférence d’Abidjan réduit l’importance du passage du président français à Ouagadougou, mais elle ne constitue pas un problème pour le message en lui-même. Je le répète, ce message partira de Ouagadougou, personnellement, je n’y attache aucune importance particulière. Mais, je sais combien on peut attirer la sympathie des Africains à bons comptes.

Lefaso.net : Nous avons de part et d’autre, de nouveaux présidents, arrivés au pouvoir avec plus ou moins un esprit de rupture avec une certaine politique antérieure de leur pays respectif. Faut-il s’attendre à autre (du nouveau) que le langage diplomatique qui a toujours prévalu dans ce genre de visite ?

Non, non ! Tant qu’on n’est pas au pouvoir, on tient un certain type de discours. Quand on est au pouvoir, c’est autre chose. Quant au langage diplomatique, en dehors des formules et des effets d’annonce, il ne change guère. La rupture n’est pas facile à gérer dans des situations économiques qui, comme le Burkina, n’évoluent pas beaucoup et où le potentiel de variation est faible. La rupture, de ce fait, se limite au verbe, au Burkina comme ailleurs. Le changement est uniquement discursif. Tant mieux pour le Burkina et l’Afrique, si je me trompe.

Lefaso.net : Quelles peuvent être les questions au centre des échanges entre les deux chefs d’Etat ?

Seront sans doute au menu entre les deux présidents, des questions que vous et moi connaissons déjà : la situation au Burkina et en Afrique, les migrations clandestines ou non officielles, la démocratie, la bonne gouvernance, l’importance de la jeunesse, etc. Evidemment, il sera peu question de la France. Bien que les pays européens aient leurs propres problèmes, il n’est pas courant que nos chefs d’Etat posent des questions aux chefs d’Etat européens. Ils sont trop dépendants et complexes pour aller aussi loin ; pourtant, cela devrait être normal.

Lefaso.net : Peut-on s’attendre à ce que les dossiers Thomas Sankara et Norbert Zongo … soient abordés ?

Les dossiers Sankara et Norbert Zongo peuvent naturellement être abordés. Mais, la solution ne viendra pas du passage de Macron. Pourquoi d’ailleurs voulons-nous toujours que les solutions à nos problèmes viennent de l’étranger ; pourquoi après près de 70 ans d’indépendance ?

Lefaso.net : Quelle appréciation faites-vous de la politique extérieure du régime Kaboré ?

Il n’est pas facile de remplacer la politique extérieure telle qu’elle a été menée de 1987 à 2014. Vous savez, le Burkina n’est devenu un véritable acteur des relations internationales qu’avec la Révolution. C’est à partir de 1984, que notre pays est respecté à l’étranger, et que nous nous sentons fiers lors des conférences internationales. De 1991 à 1994, la politique étrangère aura été entièrement rationalisée et faite de calculs froids, la référence étant avant tout l’intérêt national selon les théories d’un Hans Morgenthau. La politique étrangère depuis 2014 est menée en tenant compte de cela. Elle est encore hésitante et Roch Kaboré doit trouver ses moyens et son rythme propre ; ce sera long. En tout cas, bravo à lui pour avoir été le premier à réagir à propos de la vente des Africains noirs en Lybie, en rappelant notre chef de mission à Tripoli.

Lefaso.net : A propos, que pensez-vous de cette affaire de vente des Noirs en Libye ?

Mélégué Traoré : Je suis plus qu’indigné, mais pas du tout surpris. Et ne passons pas inutilement notre temps à accuser ou à incriminer l’Union européenne. Car enfin qu’avons-nous fait ? Que font des chefs d’Etat depuis des années ? Il faut considérer ce problème à la base, comme en priorité, un problème interafricain. Il y a longtemps qu’on savait ce qui se passait en Libye ; à savoir que les Noirs y étaient particulièrement maltraités. On n’a jamais entendu un de nos chefs d’Etat, faire une déclaration mettant en cause le gouvernement libyen. A l’époque de Kadhafi, tous étaient pratiquement ses obligés et soumis à tous ses caprices. Aucun n’osait soulever cette question avec lui, même les plus concernés par ce problème ceux du Burkina, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Gambie, du Sénégal, du Mali, du Niger et du Tchad. Au contraire, tous faisaient la courbette devant lui. Or, tout le monde avait connaissance du sort qui était réservé en Libye, bien avant même le drame des migrations non officielles clandestines, bien avant la chute de Kadhafi en 2011, aux Africains noirs. Nos ambassadeurs eux-mêmes ne mentionnent que rarement cette situation dans leurs rapports.

Il faut aller plus loin dans l’analyse. J’ai débuté ma carrière diplomatique comme conseiller des Affaires étrangères, stagiaire à l’ambassade de France à Tunis. C’était à l’époque de Bourguiba. Mzali était Premier ministre. Je sais donc de quoi je parle. Même dans ce pays réputé alors le plus ouvert au Maghreb, bien qu’il y eût de nombreux intellectuels tunisiens noirs, aucun n’était en vue. Le seul remarqué à cette époque dirigeait l’orchestre national, mais on ne parlait jamais de lui. C’était en 1982. Pourquoi ?

En réalité, chez les Arabes d’Afrique ou d’ailleurs, il demeure un racisme séculaire, mais essentiel à l’égard des Noirs, bien plus pernicieux que celui qu’on observe en Europe. Il faut le reconnaître et ne pas se voiler la face derrière la mythologie d’une unité africaine qui n’est que rhétorique. La traite négrière a, historiquement, d’abord été transsaharienne. Un millier d’années avant la traite transatlantique, les Noirs étaient déjà vendus aux Arabes comme esclaves.

De ce point de vue, jusqu’à nos jours, les mentalités arabes n’ont guère changé. Tous les diplomates savent bien que leurs homologues algériens, marocains, tunisiens et Libyens les appellent, les « Africains ». Nous ne devenons tous des ‘’frères’’ que quand, lors d’une conférence internationale, ils ont besoin des voix des nations subsahariennes. Alors, par enchantement, nous redevenons des frères.

Lefaso.net : Pour en revenir à la situation nationale, dans un mois, le président Roch Kaboré va boucler sa deuxième année d’accession au pouvoir. Quel bilan pouvez-vous faire de ses deux ans à la tête du pays ?

J’ai déjà donné mon opinion à plusieurs organes de la place sur cette question. Elle n’a pas beaucoup changé. Pour résumer, je pense que l’Etat fonctionne bien, exception faite de la situation des kolgwéogo qui, pour moi, n’est pas acceptable dans un Etat et la question des attaques terroristes qui ne dépendent pas du gouvernement. Dans aucun pays, ce n’est facile actuellement. Le gouvernement actuel élabore et exécute ses politiques publiques en fonction de cet environnement difficile. Il reste que le citoyen ordinaire est tellement assailli de problèmes.

Après deux ans d’exercice du pouvoir au plus haut niveau par le président Roch Kaboré, on peut commencer à faire une première évaluation. Ce qu’on peut dire, c’est que la situation n’est pas rose, ni au plan économique, ni au plan social ou politique. Les problèmes sont-là, que nous vivons tous. Mais cette situation n’est pas propre au Burkina, comme je l’ai dit dans une interview précédente.

Cela étant dit, le pouvoir n’a pas prise sur tout, cela ne concerne pas que Roch Kaboré et notre seul pays. Je voyage partout et je peux vous dire que ce n’est pas mieux ailleurs. Simplement, ici, le gouvernement est parti avec des handicaps plus lourds qu’ailleurs. Il doit en tenir compte et expliquer mieux sa politique à la population. Les citoyens sont devenus plus exigeants que par le passé. Ils ont besoin qu’on leur rende compte et c’est normal.

La question de la mobilisation de l’ensemble des forces de la nation, est essentielle. L’élite du Burkina se trouve dans tous les partis, notamment au MPP certes, mais aussi au CDP, à la NAFA, à l’UPC et à l’ADF/RDA. Il n’est pas raisonnable de penser, de croire ou de dire qu’on s’en sortira sans les franges qui se trouvent dans chacun de ces partis. Mais, les mobiliser est conditionné par l’incontournable réconciliation.

Sans doute, et cela est tout à fait normal, le parti au pouvoir a-t-il ses propres objectifs et ses impératifs. Mais, ceux de l’opposition en ont également. On doit tenir compte de tout. La direction de l’Etat et du gouvernement doivent prendre cela en considération, dans l’intérêt supérieur du Burkina. La démarche de la CODER en cours et la réaction du MPP, sont une bonne indication dans ce sens.

Mais je l’ai maintes fois répété, le premier pas doit être fait, à travers des gestes d’ouverture, par le pouvoir en place. Dans une situation de ce genre, celui qui est le gagnant, celui qui a les rapports de force en sa faveur, c’est à lui de faire les premiers pas, et à aller vers le perdant, donc le plus faible. Il en est a été de la sorte partout dans le monde. Qui savait que Nelson Mandela et l’ANC auraient travaillé avec des Blancs ? Plus près de nous, après tout ce qu’on disait de lui, dans les allées du pouvoir d’alors, qui aurait parié sur un tandem Bédié-Ouattara ou un rapprochement entre Soro et Bédié ?

Lefaso.net : Cité dans les attaques qui secouent le pays ces dernières années, l’ancien président Blaise Compaoré est sorti de sa réserve par un communiqué à la fois d’encouragement à Roch Kaboré, son attachement au pays et pour démentir tout lien avec les entreprises terroristes. Quel commentaire faites-vous de cette sortie qui continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique nationale ?

J’ai beaucoup apprécié le communiqué de l’ancien président : son contenu bref et mesuré mais aussi positif, puisqu’il réfute les attaques à mon avis, plutôt faites avec quelque légèreté, qui l’incriminent. De plus, il affirme son soutien à celui qui l’a remplacé à la tête de l’Etat. C’est élégant, normal et à louer.

Vous savez, sur la question de terrorisme, on doit être clair. Aucun des responsables du régime déchu, ceux qui étaient avec Blaise Compaoré, qu’ils soient actuellement au pouvoir ou dans l’opposition, n’aurait accepté ou cautionné, des complicités avec les terroristes. Ou alors, nous n’étions pas tous au courant des contours de la politique étrangère.

Cette question doit être traitée avec beaucoup de maturité, de responsabilité et de lucidité ; l’impératif-clé étant notre union autour du chef de l’Etat et du gouvernement. C’est le seul atout dont nous disposons, en plus des rapports performants avec le Niger et le Mali, en vue de résister et de combattre les terroristes. Aucun Burkinabè patriote ne devrait faire des déclarations à la légère ou poser des actes irréfléchis à cet égard.

Lefaso.net : Vous avez été un des ténors du CDP et malgré la chute du régime, vous faites partie de ceux-là qui n’ont pas rejoint les anciens camarades au MPP. Quelles sont vos motivations et comment voyez-vous l’avenir du CDP ?

Mélégué Traoré : Oui, j’étais au CDP et j’y suis toujours. Je ne suis allé nulle part, par conviction et par cohérence avec moi-même. A mon âge, à 66 ans, et à mon niveau intellectuel, j’ai jugé qu’il n’était pas bien cohérent de chanter les louanges du CDP 20 ans durant et de faire semblant de découvrir tout d’un coup, parce que tout laissait à croire qu’il allait perdre le pouvoir, que ce parti est mauvais et que c’est l’enfer. Il aurait été facile de partir au MPP et à l’UPC. Mais ce n’est pas mon genre. J’ai dépassé le stade où on cherche à se garantir une situation ou à se positionner. Cela ne veut évidemment pas dire que je cautionnais tout ce que le pouvoir faisait.

La première proposition écrite, pour qu’on change de Constitution, a été faite par moi-même en 2005, à une époque où j’étais écarté de tout. Et vous pouvez relire dans Jeune Afrique d’août 2001 mes écrits sur le sénat. J’ai expliqué par la suite pourquoi j’infléchissais ma position. Je suis intellectuel et comme tout le monde, je peux me tromper dans une analyse, mais je ne mens jamais.

Le CDP est dans une phase de renouveau et de montée en puissance. Mais il ne reprendra sa véritable place dans l’espace politique national que s’il sait gérer avec lucidité, intelligence et responsabilité, les fractures qui le menacent en ce moment.

Lefaso.net : La réconciliation nationale s’avère aujourd’hui un serpent de mer. Quel est votre regard sur la question et comment peut-on y parvenir ?

Elle est à la fois complexe et simple. Ceux qui sont à juger, doivent l’être, dans le respect des procédures et du droit, mais dans des délais raisonnables. Il est bien essentiel que la justice soit dite, sans correspondre forcement à ce que souhaitent certains, ni non plus à la volonté des gouvernants.

Ceux qui ont subi des dommages, doivent avoir les réparations en conséquence. Tous, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition. On peut penser ce qu’on veut de l’insurrection, mais on ne peut nier qu’il en a résulté des pertes de vies humaines, des destructions de biens, des vols... Rien de cela ne doit rester impuni et sans dédommagements ou réparations. Vous savez, moi-même, j’y ai perdu mes cinq cents livres et deux dizaines de cantines de documents ont disparu à la faveur de l’insurrection. Qui me les rendra ?

Tout cela est vrai et avéré. Mais si on attend que toutes ces questions soient réglées, alors la réconciliation n’est pas pour demain. Alors que nous savons que le pays en a besoin. Il faut donc y aller « carrément et résolument » comme aimait à dire le président Sangoulé que dans les milieux diplomatiques on qualifiait de « bon père de famille ».

Interview réalisée par Oumar L. Ouédraogo

(oumarpro226@gmail.com)

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Vos commentaires

  • Le 27 novembre à 12:50, par Kôrô Yamyélé
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    - Mélégué, il y a eu l’insurrection ! Il y a eu les élections où ils nont trompé pour gagner ! Mais le problème c’est qu’on attend toujours des résultats et rien ne pointe à l’horizon ! Que du brouhaha inutile chaque avec des ministres cow-boys !

    Par Kôrô Yamyélé

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    • Le 27 novembre à 19:53, par RV
      En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

      Le titre "anecdotique" n’a rien n’avoir avec le fond de l’interview.
      Mais le Doyen sait très bien que l’indépendance est essentiellement une souveraineté sur un territoire.
      Et là encore, sur tous les continents on a des guerres de libération ou des terroristes qui menacent l’intégrité territoriale.
      Aucun pays ne peut revendiquer une totale indépendance politique, économique, culturelle,... car le monde est interdépendant.
      L’Europe se plaint chaque fois notamment de son indépendance culturelle menacée par les USA !
      Le Burkina Faso fait donc face aux assauts de la France et d’autres pays.
      Le dire, ce n’est pas nier ou perdre son indépendance mais constater une "triste" réalité !

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  • Le 27 novembre à 13:10, par Kôrô Yamyélé
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    ’’Mais je l’ai maintes fois répété, le premier pas doit être fait, à travers des gestes d’ouverture, par le pouvoir en place’’.

    - Merci cher monsieur Mélégué pour cette vérité crue ! En celà ZEPH de l’UPC a déjà offert deux points de bonne volonté d’ouverture que les irréductibles du MPP ont refusé de saisir : (i) Sa félicitation à RMCK à son élection et avant même la publication des résultats, et (ii) au décès de Salif Diallo par son discours et son attitude.

    Les extrémistes du MPP aurait dû prendre la main tendue mais comme ils ont des visions étriquées, ils ont regardé à travers des lunettes politiques.

    Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 27 novembre à 14:12, par Alexio
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Au moins Macron l a preciser le colonialisme etait un crime d l humanite. Alors qu est que nos pseudo-intellecto veulent donc ? Instrumentaliser cette visite courtoisie ? Macron est de la nouvelle generation qui ont lu et voire led documentations de la France coloniale. C est anous burkinabe de nous liberer de notre genie createur l idee sankariste actuelle pour notre survie.
    Personne ne viendra batir le Burkina Faso a notre insu. Donc les divertissements politiques creusent de substance pour une rencotre de corps a ame du President francais. Avec Fair-play. Nous sommes maitres de nos malheurs, tant nos dirigeants egoistes sont rentres dans la politiques pour sauvergarder leurs interts egoites entre amis et familles.

    Au moins le Burkina Faso a toujours refuser cette aneliation de son peuple. Notre devenir est entre nos mains.

    Macron est elu President pour sauvegarder les intertes de l aFrance comme RMCK est elu pour les memes causes. Quoi de plus naturel dans le consert des nations. Nous devions luttes contre les relations personelles des chefs d Etats africains a la France comme si leur pays etait un fief paternel.

    Il sont pas represantifs et font pas honneur a l Afrique en general.

    Répondre à ce message

  • Le 27 novembre à 14:53, par Ka
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    ‘’’’’Nous ne pouvons pas revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France.’’’’
    Merci son excellence pour votre franc parlé, car vous l’aviez compris depuis l’insurrection du 31 Octobre2014. Et c’est vrais qu’est-ce que l’indépendance signifie pour nous les Africains ? Nous avons notre indépendance, mais a moindre de nos difficultés, nous mettons toujours nos problèmes sur le dos de la France qui nous a donné notre indépendance. Et je suis parfaitement d’accords avec vous sur cette sortie bien pensé et bien écrit, sur une réflexion simple et limpide.

    Ou bien on est indépendant et cela va avec ses attribues de nous assumer pleinement avec nos problèmes, ou bien on renonce à l’indépendance et on se rattache à la France et toujours pleurnicher auprès : En voyant les conduites de nos dirigeants sans cervelles, et qui pensent qu’il faut mettre tout sur le dos de la France, la meilleure option est d’oublier notre Indépendance et se rattacher encore à la France pour que Macron nous materne.

    Monsieur Traoré, je confirme votre point de vue : Si nous acceptons que nous sommes indépendants, il faut qu’on apprenne à assumer l’indépendance. Sinon je me demande combien de temps et jusqu’à quand l’Afrique continuera à être un enfant de la France ? Nous avons plus de 50 ans d’indépendance, Il va falloir qu’on s’arrête pour revoir notre fonctionnement et dire que nous avons suffisamment former des compétences mieux que ces pacotilles de dirigeants sans cervelles, et qui peuvent relever des défis sans mettre tous sur le dos de la France. Il est temps que nous décidons d’être mature, et ne pas rester a vie au dépend de la France. Vos points de vues sur cette sortie correspondent à ce que je ne cesse de dire que ce qui caractérise la politique de notre pays, c’est le vide idéologique qui laisse place aux pratiques manipulatrices de nos décideurs. Dans ces conditions de manipulations totales de nos décideurs, comment pourrons nous développer dans l’émergence et dans la démocratie notre pays ? Comment faire avancer notre pays avec une jeunesse assoiffée d’une alternance politique saine, et qui veut que rien ne soit plus comme avant ? Merci pour votre sortie avec des points de vues qui demandent de réflexion : Et tout le monde doit savoir que ce qui fait la grandeur d’un peuple, c’est de défendre les valeurs qui le fondent sans mettre sur le dos de qui que ça soit les responsabilités qu’il doit assumer soi-même. Merci à Oumar Ouédraogo pour cet écrit très enrichissant.

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    • Le 27 novembre à 22:53, par Sissoko
      En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

      M. Ka, votre intervention est vraiment nulle. Pourquoi ? Parce qu’elle a été bâtie sur un faux postulat. Nos Etats ne sont pas du tout indépendants.

      L’histoire nous enseigne qu’avec la guerre de libération de l’Algérie contre la France (1954 à 1962) et le NON cinglant de Sekou TOURE à De Gaulle (1958), le colonisateur Français a rapidement changé son programme dans ses colonies dès 1960. Au lieu de continuer à être présents physiquement dans les colonies, le colonisateur a adopté la tactique suivante : rentrer en France et laisser la place à des dociles citoyens locaux pour poursuivre la politique de domination sous le contrôle du maitre français. Et si par malheur un dirigeant échappe au contrôle du maitre, l’éliminer systématiquement (Lumumba, Kuamé N’Kruma, Thomas SANKARA etc.).
      Voila la vérité. Est-ce que nos pays sont réellement indépendants ? La réponse est NON. C’est une parodie d’indépendance.
      Tant que nos pays seront dirigés par des citoyens dociles maniables, ils se retourneront toujours vers la France.

      La solution est là. Quand un pied est gangrené, pour éviter que la plaie ne porte préjudice à la partie saine du corps, qu’est-ce qu’on fait : on l’ampute. Eh bien pour ce qui concerne nos pays, c’est pareil. Il faut qu’on soit radical. Il faut nettoyer notre classe politique radicalement en coupant les têtes pourries et en mettant en place des pouvoirs et des institutions forts. C’est à ce prix que nos pays pourront se développer.

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  • Le 27 novembre à 14:55, par Yako
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Respect honorable Melegue,homme de conviction d’une sincérité hors pair.On peut aimer ou haïr,on ne peut pas nier sa cohérence,son sens de responsabilité.Bref,un good Man.

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  • Le 27 novembre à 15:16, par Adamus
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Merci, Excellence Mélégué pour cette interview très riche et instructive

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  • Le 27 novembre à 15:31, par Lepro
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Chef Maurice,

    Vous avez beaucoup lu, vous avez beaucoup apris, vous avez vécu.
    Dommage pour vos livres, faites la liste, Papou Rock va vous reconstituer la bibliothèque...Mais je doute que vous ou un de ces énervés lisnent ces ouvrages de si tot.
    Mais vous restez malgré votre sagesse de ces dernières années, le penseur, sinon le collabo principal de la destruction de l’UO et de la jeunesse de 90-2000 ; jeunesse qui a 40-45 ans aujourd’hui et qui mène les insurrections et qui aspire à remplacer la vieille garde.
    On se souvient : FONER, suppression des bourses, mouvements fantoches....vous Diallo Simon Rock et autres.... avez tous des casseroles, à justifier à cette jeunesse que vous avez martirisé, mais qui malgré tout a survécu.
    Vous serez jugé. en attendant continuez de rester sage, nous apprécions.
    Lepro (toujours vigilant)
    La Patrie ou la Mort nous vaincrons.

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  • Le 27 novembre à 16:15, par la force révolutionnaire
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    analyse lucide non partisane bravo monsieur le président

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  • Le 27 novembre à 16:36, par Bigbalè
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Honte à Mélégué ! Qu’il garde ses leçons pour lui-même ! L’histoire fera le reste du jugement et chaque génération paiera pour ses tricheries, ses couardises, ses trahisons, ses mensonges et ses bassesses ! L’impérialisme s’est bien nourri de leur bêtise et particulièrement de la bêtise de Blaise Compaoré qu’ils ont sciemment soutenu. Qu’ils arrêtent de donner des leçons aux burkinabè ! Il leur reste à prier pour mourir avec un peu de paix du cœur ! L’autre "nom de Dieu, c’est le Temps" !

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  • Le 27 novembre à 18:02, par Amadoum
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Depuis que la France a "CORRIGE" la Guinee de Sekou Toure suite a son "non" historique au Referendum de 1958, tres peu de leaders des anciennes colonies francaises ont l’estomac pour nous diriger. Ceux qui essaient, "on les fait".
    Certaines personnes bien placees nous diront que c’est complique, il aut tenir compte de la geopolitique et de la globalisation, de l’inderpendance ; c’est de la diplomacie, c’est complexe... et je n’en sais rien d’autre. Pourtant c’est simple : l’independance est possible mais elle est dure ; l’etat d’independance est un choix binaire. On est independant ou on est dependant. .
    La toute premiere condition pour une vraie independance, c’est de savoir vraiment ce que l’on VEUT. Au dela des besoins de tout etre humain, qui nous sont dictes par la biologie, nous Africains n’avons pas de desirs et vouloirs propres a nous ; notre consommation de biens et services nous est dictee par les autres.

    Malgre tout ce que nos "intellectuels" veulent nous faire croire, rien de complique ou de complexe.dans l’independance. Soyons prets a payer le prix ! Mais est-ce que nous sommes prets ?

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  • Le 27 novembre à 18:43, par Equilibreur
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    "Revendiquer son indépendance" voudrait dire qu’on n’est pas indépendant. Et si l’esclave a des problèmes entre les mains du maitre, sur qui faut-il rejeter la faute ? Je dirais aux deux mais la plus grande part de responsabilité politique est réservée au maitre. Une question : Qu’avons nous fait de notre jeunesse à notre vieillesse pour que les jeunes aujourd’hui soit là à toujours revendiquer l’indépendance ? Voilà comment il faut lire la part de responsabilité de chacun de nous. Merci

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  • Le 27 novembre à 18:48, par Le combant
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    MErci professeu voilà qui est claire. Au Cdp il y avait des hommes et des femmes qui reflechissaient. .

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  • Le 27 novembre à 20:10, par Cheikh
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Vraiment hein ! Parfois je me vois forcé d’intervenir sur des propos tels que ceux de Kôrô Yamyélé ! Ce sont les plus âgés qui doivent quand-même livrer la bonne information, et non jouer les démagogues en permanence ! Autrement dit, tout le monde sait ici que c’est le MPP qui a fait preuve d’ouverture vis à vis de Zeph. qui a ouvertement refusé. On se rappelle d’ailleurs ses propos que je ne citerais point ici, et selon lesquels il préférait rester dans son coin, observer et critiquer les failles et les échecs du MPP ! Donc de grâce cher Kôrô, à défaut d’être juste, soyons quand même franc pour le respect des autres.

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  • Le 28 novembre à 08:33, par lapatriote
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Bien dit son Excellence ’Nous ne pouvons pas revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France’’

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  • Le 28 novembre à 10:02, par Péra
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Merci Melegué pour le courage de vous exprimé toujours, mais je pense que vous avez de la peine à apprécie la diplomatie pour laquelle on ne sollicite pas les diplomates. Si le régime de Blaise part libérer les otages c’était avec qui ? pourquoi sa diplomatie a été confié a un homme de tenue . Quand un chef d’état major d’une présidence va former des rebelles d’un pays voisins aux maniement d’armes lourdes qui doit assumé ? Le pardon sera véritable quand chacun reconnaitra sa part de responsabilité dans ce que le pays a vécu et vit aujourd’hui.

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  • Le 28 novembre à 12:14, par SOME
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Merci a M Melegue pour ses analyses qui restent justes. Je connais ses competences en matiere diplomatique. Mais en bon diplomate il s’en sort a la fin avec une bonne pirouette…

    Pire ! le choix du journaliste est plus que tendencieux : il a fait le choix d’encenser le cote francais et le gouvernement Pourquoi avoir pas repis la phrase entiere de melegué (la fin de la phrase) ? mais se jeter sur l’autoculpabilisation. Pourtant l’entretien est beaucoup plus riche que cela. Le journaliste ne se pose meme pas la question fondamentale du pourquoi ce scepticisme sinon cette hospitilite vis-à-vis de cette visite qui, comme le demontre Melegue, n’est pas une visite par amitié, encore moins par amour. C’est a la limite du mepris. Mais essayons de respecter positif sans etre naif !

    Melegue est un bon diplomate. Dommage qu’il se soit fourvoyé ainsi au cours de sa carriere a diner si intimement avec le diable qui s’est bien servi de lui de facon si vile. Ca fait mal de voir des valeurs de ce genre se perdre ainsi. Que M Macron vienne a l’université est symbolique : c’est evident ; mais pourquoi il en est venu que ce soit si symbolique ? Melegue omet de dire ce qu’il a fait de l’université : c’est lui qui a été le premier a detruire l’université et la jeunesse. Ca il ne peut pas le nier. construissait-il ainsi l’avenir du pays ?S’il s’est nié lui-même pour plaire son maitre de l’epoque, il doit comprendre aussi (et il le sait tres bien) que son maitre obeissait a un autre maitre : le president francais. Pourquoi faut-il qu’il s’adresse a la jeunesse africaine depuis ouaga et depuis l’université precisement ?

    Il ne peut pas venir nous donner aujourd’hui ces lecons de dignité hypocrites quand il a été l’un des agents de destruction de cette dignité, juste pour une perspective de carrierisme. Je sais que Melegue n’a jamais été un revolutionnaire, mais un carrieriste. Le CDP a prosperé a cause des mentalites de ce genre : si bien que des hommes et femmes tres bien formés se sont laissé acheter par les mediocres et les cancres. Dommage que ce genre d’elite n’ait pas eu de vision patriotique au dela leur petite personne egotique, pour ensuite venir nous assener des lecons.
    Quant a ce gouvernement melegue ne peut pas dire autre chose : il sait qui ils sont et quelles erreurs et pourquoi ces erreurs qui ne sont pas des erreurs.
    SOME

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  • Le 28 novembre à 15:06, par moi meme
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    Je pense de que le Président Melegue Maurice TRAORE, s est exprimé, ici en tant de Diplomate et non CDPiste. Félicitation pour ce cours de Diplomatie Excellence

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  • Le 28 novembre à 15:58, par Ouvrez l’œil !
    En réponse à : « Nous ne pouvons revendiquer notre indépendance et toujours rejeter nos problèmes sur la France », ambassadeur Mélégué Traoré

    ...."De ce point de vue, jusqu’à nos jours, les mentalités arabes n’ont guère changé. Tous les diplomates savent bien que leurs homologues algériens, marocains, tunisiens et Libyens les appellent, les « Africains ». Nous ne devenons tous des ‘’frères’’ que quand, lors d’une conférence internationale, ils ont besoin des voix des nations subsahariennes. Alors, par enchantement, nous redevenons des frères"

    Chapeau bas Cher Mélégué, c’est exactement cela...

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