Eau, hygiène et assainissement : Water Aid outille des journalistes

vendredi 24 novembre 2017 à 18h00min

Si les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) visaient une réduction de près de la moitié de la population qui n’avait pas accès à l’eau et à l’assainissement, ceux du développement durable vont plus loin. L’ODD 6 vise un accès universel et équitable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement (EHA), d’ici 2030 et au Burkina, l’ONG Water Aid veut contribuer à relever ce défi. Un atelier d’information et de formation des journalistes sur le rôle et la contribution des médias dans le secteur EHA, a été initié à cet effet. C’était le mardi 21 novembre 2017.

Eau, hygiène et assainissement : Water Aid outille des journalistes

Accroître l’intérêt des journalistes pour le secteur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement et outiller ces derniers sur la problématique et les enjeux du secteur pour un meilleur traitement de l’information et un accroissement de l’offre informative. C’est l’objectif de cette rencontre, tenue du 21 au 22 novembre 2017, à Ouagadougou.
En effet, le tableau du secteur de l’assainissement est assez sombre au Burkina. Selon une étude du Programme eau et assainissement de la Banque mondiale, réalisée en 2012, le Burkina perdrait environ 86 milliards de francs CFA, chaque année. Et avec un taux d’accès à l’assainissement familial établi en 2016, à 13, 4 % en milieu rural et 36 ,8% en milieu urbain, les défis du Burkina en matière d’assainissement restent énormes.

Cela, d’autant plus qu’au-delà du rendez-vous de 2030, le pays, à travers le programme présidentiel, s’est donné comme objectifs, d’atteindre 80% de taux d’accès à l’assainissement en milieu urbain et 50% en milieu rural, d’ici 2020. « Au Burkina Faso, l’état de l’assainissement est toujours catastrophique. Nous n’avons pas atteint les OMD en matière d’accès à l’assainissement et à l’étape actuel des choses, si on continue à ce rythme et avec cet engagement des acteurs, c’est sûr qu’on atteindra jamais l’accès universel à l’assainissement d’ici 2030 » a noté Célestin Pouya, manager en analyse des politiques au niveau de Water Aid.

De grandes ambitions mais……

Si sur le plan national et international, le pays n’hésite pas à s’aligner sur les politiques et programmes visant un accès universel à l’assainissement, il reste dans la pratique, que les défis restent énormes au regard des grandes ambitions du pays en la matière. En effet, ces dernières années, le budget consacré au secteur EHA, aussi prioritaire que celui de l’éducation ou de la santé, ne cesse de décroitre. ‘’Ces secteurs sont liés. 70% des lits d’hôpitaux sont occupés par des malades qui n’auraient pas dû être là s’ils avaient eu accès à un assainissement adéquat » a signifié Célestin Pouya. Puis de poursuivre : « Avec un budget qui ne cesse de décroitre, je pense qu’on ne va pas s’en sortir » a-t-il lancé.

« Développer des moyens »

Dans la même veine, le directeur de l’assainissement de l’ONEA, Tontama Sanou, a aussi relevé que l’une des difficultés de l’exécution du Plan stratégique de développement (PSA), « le référentiel qui fixe les orientations majeures de la gestion des eaux usées et des excrétas à l’intérieur d’une ville », serait liée à la rareté des ressources financières. A ce sujet, entre 2012 et 2020, le Plan stratégique de la ville de Ouagadougou, prévoyait 120 000 latrines et 70 000 puisards, reliés à des douches ou à des bacs à laver. « Nous avons pu réaliser la moitié concernant les latrines, et pour ce qui est des puisards, on est entre 70 à 80% » a indiqué monsieur Tontama, soulignant qu’il faut développer des activités qui permettent en même temps, de sauvegarder l’environnement et de mobiliser les financements.

C’est dans ce sens qu’interviennent le projet biogaz ou celui des boues de vidanges, à travers les stations de traitement des boues de vidange, à l’image de celle de Sourgoubila, que nous avons visitée dans le cadre de cet atelier. Située dans la commune rurale de Sourgoubila, à 5 km de Ouagadougou, cette troisième STBV de l’ONEA, a une capacité moyenne de 2 30 m3/jour, avec 40 lits répartis en 4 filières extensibles. Aux dires de l’exploitante de la station, Fatimata Compaoré, 70 sociétés de vidange bénéficient gratuitement pour l’instant, des services de cette station, mise en service le 2 novembre 2016.

« La réflexion à ce jour, c’est qu’après le traitement des boues de vidange, les résidus puissent être mis à la disposition de nos agriculteurs » a indiqué Jean Ouédraogo, chef de service exploitation de l’assainissement collectif. Notons qu’après les STBV de Kossodo, de Zagtouli et de Sourgoubila, l’ONEA prévoit la création d’une quatrième station dans la commune rurale de Komsilga.

A l’issue de cette formation, les journalistes qui disent avoir un meilleur aperçu du secteur de l’eau et l’assainissement, auront à la tour, la mission de sensibiliser les populations et d’interpeller les autorités sur les enjeux du secteur EHA.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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