FAB Forum d’Amsterdam : Une trentaine d’entreprises burkinabè à la recherche de partenaires aux Pays-Bas

vendredi 3 novembre 2017 à 23h51min

Le 3e FAB Forum, le Forum d’affaires d’Afrique francophone (Francophone Africa business forum) organisé par la Netherlands - African Business Council (NABC) et la Chambre de commerce néerlandaise pour l’Afrique a eu lieu du 29 octobre au 3 novembre 2017, à Amsterdam. Une trentaine d’entreprises du Burkina Faso y étaient pour faire du business avec leurs homologues néerlandaises et européennes.

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FAB Forum d’Amsterdam : Une trentaine d’entreprises burkinabè à la recherche de partenaires aux Pays-Bas

Fruit d’une coopération publique - privée impliquant des partenaires néerlandais et d’Afrique francophone essentiellement, ce 3e FAB Forum a été organisé cette année sous le thème : « Créer des partenariats dans les secteurs de l’eau, de l’énergie et de la logistique ». Plus de 300 chefs d’entreprises d’Afrique francophone du Centre et de l’Ouest, ainsi que leurs collègues néerlandais et même européens ont accouru à ce rendez-vous pour y nouer des relations d’affaires.

Quelques vingt-huit entreprises du Burkina Faso évoluant dans les domaines de l’énergie, de l’eau, des transports sont venues à Amsterdam pour faire des affaires avec leurs homologues des Pays-Bas, d’Europe mais aussi des autres pays d’Afrique francophone. En effet, des entreprises du Burkina Faso, du Mali, du Bénin, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Niger, du Togo et du Sénégal sont venues à ce forum. Ces entreprises étaient la plupart du temps représentées par leurs fondateurs, leurs présidents de conseils d’administration, leurs directeurs généraux…
Selon la directrice générale de la NABC, la Chambre de commerce néerlandaise pour l’Afrique, Mme Irène Visser, le FAB Forum vise à offrir aux chefs d’entreprises néerlandais des opportunités d’affaires avec l’Afrique francophone en les connectant à leurs homologues de cette partie du continent. Pour les entreprises des pays francophones d’Afrique, il s’agit de tisser des relations d’affaires avec leurs collègues des Pays-Bas et d’Europe, mais aussi de profiter de leurs expériences et expertises dans certains domaines.

En consacrant cette année le FAB Forum aux problématiques de l’eau, de l’énergie et de la logistique, la NABC touche des secteurs essentiels pour le développement de l’Afrique, a indiqué Mme Visser. « Nous cherchons à ce que les entreprises néerlandaises puissent avoir des contacts, des contrats avec des entreprises d’Afrique francophone », a dit Mme Visser lors de la cérémonie officielle d’ouverture du forum le 1er novembre 2017, à Amsterdam.

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La directrice générale de la NABC, la Chambre de commerce néerlandaise pour l’Afrique, Mme Irene Visser a exhorté les entreprises néerlandaises.

Pays situé en dessous du niveau de la mer, les Pays-Bas ont su transformer ce qui apparaissait comme un handicap naturel en avantage, s’est félicité, de son côté, Hans Docter, directeur du Développement économique durable au ministère néerlandais des Affaires étrangères, qui représentait le gouvernement des Pays-Bas. Or, dans tous les pays francophones d’Afrique, l’accès à l’eau aussi bien pour la consommation humaine que pour la transformation économique demeure une arlésienne et les entreprises néerlandaises veulent faire profiter leurs expertises et leurs expériences dans ce domaine aux entreprises des pays d’Afrique francophone. Le manque d’énergie est sans conteste le domaine où les populations d’Afrique francophone souffrent le plus. Dans certains pays francophones du continent, moins de 20% des citoyens ont accès à l’électricité malgré les derniers progrès liés à l’énergie solaire. Quant au transport, grâce au port de Rotterdam, le plus grand port d’Europe, les Pays-Bas ont su développer une ingénierie et une industrie du transport et de la logistique dont les pays francophones d’Afrique pourraient s’inspirer.

« L’eau, la logistique et l’énergie ont joué un grand rôle et ont été souvent les moteurs du développement des Pays-Bas », a indiqué M. Docter. « Nous dispositions de potentialités énormes dans ces domaines et nos entreprises sont prêtes à offrir leurs savoirs et savoir-faire aux pays francophones du continent. Nous voulons encourager le commerce, la transformation mais aussi faciliter la création d’emplois durables et aider au développement », a-t-il poursuivi.

« Nous voulons faire du business de manière inclusive. Nous voulons accroître l’accès au marché néerlandais et européen aux entreprises d’Afrique francophone. Nous voulons encourager la coopération entre le secteur privé néerlandais et africain, accroître les investissements privés néerlandais en Afrique francophone tout en renforçant également notre mécanisme d’aide au développement », a-t-il lancé.

Peur de venir en Afrique

Ce FAB Forum a été l’occasion pour les hommes d’affaires néerlandais d’échanger avec leurs homologues d’Afrique francophones lors de rencontres B to B mais aussi d’interagir au cours des ateliers et des tables-rondes qui ont été organisées durant le forum. Les hommes d’affaires francophones d’Afrique ont également visité de nombreuses entreprises néerlandaises afin de toucher du doigt leurs savoir-faire.
« L’idée pour nous en venant ici est de nouer surtout des partenariats avec les entreprises néerlandaises qui évoluent dans les secteurs stratégiques définis par ce 3e FAB Forum comme l’eau, l’énergie et les transports », a déclaré Félix Sanon, le directeur des services aux entreprises et de la coopération à la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF).

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Le directeur des services aux entreprises et de la coopération de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), a invité les hommes d’affaires néerlandais à ne pas avoir peur de venir faire des affaires ou investir en Afrique francophone malgré tout ce qui se dit sur la sécurité de cette zone qui n’est pas moins en sécurité que n’importe quelle autre partie du monde.

« Pour nous autres pays du Sahel et de l’hinterland, ce sont des secteurs essentiels. L’expertise dans la logistique est importante pour le transport des marchandises et des personnes, la maîtrise de l’eau et le développement de l’énergie sont des domaines vitaux si on veut le décollage économique et dans ce domaine, nos chefs d’entreprises ont besoin d’élargir les relations d’affaires afin de mieux participer aux chantiers de développement de notre pays », a expliqué M. Sanon qui a profité de ce FAB Forum pour vendre le Forum Africallia, le plus grand rendez-vous des hommes d’affaires d’Afrique de l’Ouest dont la cinquième édition se tiendra à Ouagadougou du 21 au 23 février 2018.

Africallia qui permet, en deux jours, aux hommes d’affaires du Nord et du Sud ou du Sud entre eux, de nouer des milliers de relations d’affaires à Ouagadougou contribue fortement à l’intégration des économies de l’Afrique de l’Ouest, a déclaré M. Sanon devant le parterre d’hommes d’affaires néerlandais et francophones d’Afrique.
Les hommes d’affaires d’Afrique francophone ont surtout rassuré leurs homologues néerlandais quant à l’évolution positive de l’environnement des affaires dans la plupart des pays. En effet, ils ont indiqué que de nombreuses réformes ont été opérées par les pouvoirs publics pour faciliter la création des entreprises, améliorer le climat des affaires pour attirer davantage d’investissements directs étrangers et faire prospérer les opérateurs économiques locaux. Ils ont surtout insisté sur les questions de sécurité qui freinent souvent l’ardeur de certains chefs d’entreprises européennes.

« Au cours de ces dernières années, l’actualité dans les médias internationaux sur le Mali est focalisée sur les questions de sécurité. C’est vrai, nous avons traversé et traversons une passe difficile en matière de sécurité, mais les investissements sont jusque-là sécurisés et les hommes d’affaires nationaux comme étrangers font jusqu’à preuve du contraire, leurs affaires sans aucune crainte dans notre pays », a assuré le directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements au Mali (API-Mali), Moussa Ismaïla Touré.

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Les chefs d’entreprises d’Afrique francophone et des Pays-Bas ont échangé sur l’environnement des affaires dans la région ainsi que les obstacles pour faire des affaires en Afrique francophone.

Pour M. Sanon, si les hommes d’affaires néerlandais ne se ruent pas vers les pays d’Afrique francophone où il y a pourtant d’énormes potentialités d’investissement, c’est d’abord par manque d’information.

« Les hommes d’affaires néerlandais ne connaissent pas beaucoup nos pays. Et quand on manque d’information, quand on ne connaît pas, quand on ne dispose pas assez de connaissances sur une personne, une région on a tendance d’abord à observer et même à se méfier. En plus, les problèmes sécuritaires de ces dernières années sont venues renforcées ce sentiment de méfiance, mais nous leur avons dit au cours de ce forum que les questions sécuritaires, notamment de terrorisme dont on parle tant, ne sont pas l’apanage des pays d’Afrique », a dit M. Sanon.

« Les terroristes tuent partout dans le monde. En Europe, on poignarde les gens sur des trottoirs, on utilise des véhicules pour écraser des foules, ce n’est pas pour autant que la vie et les affaires s’arrêtent. Nous aussi, nous continuons de vivre et de faire des affaires malgré les attaques terroristes et les investisseurs néerlandais, européens ou autres ne devraient pas avoir peur de venir chez nous commercer, faire des affaires, investir simplement. Nous, nous venons chez eux sans crainte, il n’y a pas de raison qu’ils aient peur de venir chez nous. Le risque est maintenant partout, la mort aussi est pourtant… », a assuré, mi philosophique mais très optimiste, ce haut fonctionnaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso.

Organisé pour la première fois en 2015, le FAB Forum est une initiative de la NABC et les chambres de commerce du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Les Agences de promotion des investissements ainsi que les Maisons d’entreprises du Mali et du Burkina Faso en sont également des partenaires. Le FAB Forum qui envisage s’ouvrir davantage est aussi fortement soutenu par le gouvernement des Pays-Bas. La NABC regroupe plus de 350 entreprises néerlandaises qui investissent en Afrique.

Romaric Ollo HIEN
Ambassade du Burkina Faso à Bruxelles
Représentation auprès de l’UE.

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Vos commentaires

  • Le 4 novembre à 17:26, par Maadenka
    En réponse à : FAB Forum d’Amsterdam : Une trentaine d’entreprises burkinabè à la recherche de partenaires aux Pays-Bas

    Très bonnes initatives que la recherche de partenariat tous azimuts, mais pourquoi aller chercher si loin de vous ce qui est à côté.
    Plus proche du Mali, du Burkina Faso et de tous les micros (....... ) qui ne sont justement issus que du dessein de faire en sorte que l’Afrique soit ainsi, à savoir ignorer ce qu’elle a de meilleur à savoir ses propres potentialités, ses savoirs faire endogènes), nous sommes formater à aller chercher loin de nous ce qui est si proche de nous ; cela, c’est par éducation, le mot je l’ai déjà utilisé et il vient bien à propos issus du jargon informatique cette science récente mais si envahissante ; elle nous offre de comprendre que notre formatage fait de nous des hommes qui s’ignorent, qui se detestent au sens propre, parce que par dessein, certains africains qu’on appelle les nègres sont fabriqués pour hair les freres de même couleur de peau qu’eux, pour les dénigrer dans tous les sens, ceci grâce à la propagande occidentale et aux modifications génétiques opérées en eux à travers les programmes éducatifs conçus par l’occident.
    Je ne vais pas être plus long dans la démonstration, mais je mets au défis tous les frères africains qui auraient du génie d’entreprendre, qu’ils aillent visiter deux petits "pays" appelés le Rwanda et le Burundi ; ils reviendront plus qu’édifiés et fiers.
    C’est en Afrique qu’il faut multiplier les échanges, parce que c’est de ces échanges que nous allons mlieux comprendre combien nous sommes riches de nos hommes et de leurs savoirs faire et non pas de ceux de l’occident ; c’est l à que nous allons réaliser combien ils ont su developper leurs capacités d’adaptation et d’adapter leurs conditions d’environnement à supporter la vie tout court. Qelle que soit la partie de l’Afrique, nous allons y trouver un dénominateur commun avec le milieu et les hommes.
    Pour y parvenir, ce sont des projets communs que nous devons batir et relier par tous les moyens de communication possibles fruits de notre imagination d’intégration, hors de toutes les idées vendues de l’extérieur qui ne feront jamais et alors jamais de nous que nous découvrons nos réelles potentialités africaines.
    C’est à nous de les construire pour le futur.
    C’est maintrnant le moment de le faire et pas plutard que cela.
    Ce en quoi je peut apprécier le forum hors du continent, c’est de pouvoir prendre le contact avec notre diaspora, nos freres qui y vivent et qui ont pu acquerir du génie qu’elle peut mettre à la disposition du continent mère.
    Faisons en sorte que nos schémas de sortir la tête de l’eau ne soient pas sur des initiatives occidentales : soyez sûrs, elles ne nous serviront jamais. Elles ne serviront que ceux qui les ont pensé.
    Nous devons penser maintenant à COLONISER ceux qui hier nous l’ont fait.

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    • Le 6 novembre à 11:50, par Enfant de Boussé
      En réponse à : FAB Forum d’Amsterdam : Une trentaine d’entreprises burkinabè à la recherche de partenaires aux Pays-Bas

      Ce n’est pas au Mali qu’on trouvera les compétences ni les financements pour assurer la croissance des entreprises du Burkina.

      Le taux d’alphabétisation du Mali est de 33.4% et son PIB est inférieur à celui du Burkina.

      L’unité n’est pas forcément signe de développement économique pour tous. L’exemple de l’UE le prouve où l’État le plus puissant économiquement (l’Allemagne) bouffe tous les autres.

      De même, il existe un grand nombre de Burkinabè au Ghana, en Côte d’Ivoire qui sont considérés comme plus riches que le Burkina Faso.Est-ce que le Burkina s’enrichit grâce à ses pays ? Non, le Burkina importe davantage auprès de ces pays des produits à valeur ajoutée alors qu’il leur vend des produits primaires à faible valeur.

      En cas d’union économique, on se fera encore plus bouffer et on continuera à être des subalternes dans les champs de cacao, caoutchouc, café... des pays plus riches que nous.

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  • Le 5 novembre à 12:38, par Boubacar Ouedraogo
    En réponse à : FAB Forum d’Amsterdam : Une trentaine d’entreprises burkinabè à la recherche de partenaires aux Pays-Bas

    Félicitations a toute l’équipe de la CCI-BF pour cette sortie. Dommage pour n’avoir pas pu prendre part.

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