Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

LEFASO.NET | Maxime Jean-Eudes BAMBARA (stagiaire) • vendredi 20 octobre 2017 à 23h48min

Entamée samedi 14 octobre 2017 à Tema Bokin, la première série d’inauguration des monuments et mémoriaux par le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme a été bouclée, ce jeudi 19 octobre avec l’étape de Dori. Une série d’inauguration qui, selon le ministre Tahirou Barry, s’inscrit dans la politique du gouvernement de faire revivre les grandes figures du pays, sources d’inspiration pour la jeunesse.

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Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

Téma Bokin, Djibo, Nouna, Gaoua, Dori c’est le résumé d’un long parcours entamé par le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Tahirou Barry, et sa délégation pour le tournage de la première partie d’un film d’inauguration des monuments à la mémoire des personnalités qui ont marqué positivement l’histoire du Burkina Faso et dont le parcours et l’exemplarité de leur vie pourraient inspirer plus d’un.

Un monument pour Thomas Sankara

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Monument ’’ à la conquête de l’eau’’ Djibo

A Tema Bokin, village natale de Thomas Sankara, c’est tout naturellement avec joie et fierté que les populations ont accueilli le monument érigé à l’effigie du père de la révolution burkinabè et qui porte la marque de l’artiste Siriki Ky. Et son ancien ministre, aujourd’hui maire de la commune de Yako, n’a pas tarit d’éloges à l’endroit de son ancien président. « Thomas Sankara a marqué l’histoire du pays par divers endroits. Au plan politique, il fut l’instigateur des grands défis d’orientations politiques. Au plan économique, il a incité ses compatriotes à promouvoir le développement des produits locaux avec son slogan ‘’Produisons et consommons burkinabè’’. Au niveau social Thomas Sankara avait à cœur la cause de la femme en ce sens qu’il accordait une place privilégiée à la femme au sein de la population burkinabè », a rappelé Nongma Ernest Ouédraogo. Il a par ailleurs traduit la gratitude du conseil municipal et de la population au gouvernement pour avoir vu en cet homme une figure de l’histoire du pays à travers l’érection de ce monument, la veille du 30e anniversaire de son assassinat.

« A la conquête de l’eau »

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Vue de l’intérieur de la cathédrale

Autre localité, autre réalisation. A Djibo où aller à la recherche de l’eau relève du parcours du combattant, quoi de plus normal que d’ériger un monument en phase avec les réalités quotidiennes des populations. C’est ainsi qu’en présence du maire de la ville, Oumarou Dicko, et de L’émir de Djibo, le ministre Barry a procédé, le dimanche 15 octobre à l’inauguration du monument baptisé ‘’A la conquête de l’eau’’. Une œuvre réalisée par l’artiste sculpteur Jean Luc Bambara et qui pour le ministre « est un hommage à nos sœurs, à nos filles qui se battent chaque jour face à l’adversité pour assurer le minimum nécessaire pour le bien-être de la famille, qui se battent chaque jour pour assurer le ménage, pour assurer la survie de la famille ».

Daniel Ouezzin Coulibaly immortalisé

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Monument Daniel Ouezzin Coulibaly à Nouna

Le lundi 16 octobre, c’est la ville de Nouna qui a reçu son monument à l’effigie de l’éminent homme politique burkinabè originaire de la Boucle du Mouhoun, Daniel Ouezzin Coulibaly née en 1909 et décédé en 1958. « Ces monuments sont construits pour raviver la conscience collective car sans conscience collective il n’y a pas de grande nation », a expliqué le ministre Tahirou Barry. L’œuvre de Siriki Ky a été installée au rond-point Ouezzin Coulibaly de Nouna.

250 millions mobilisés pour la réhabilitation de la grande mosquée

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Ce qui reste de la mosquée de dioulassoba

Entre Nouna et Gaoua, le cortège a fait escale à Bobo-Dioulasso pour visiter la cathédrale Notre Dame de Lourdes construite depuis 1961 et la grande mosquée de Dioulassoba où le ministre s’est réjoui du démarrage effectif des travaux de réhabilitation de ce lieu de culte qui croupit sous le poids de l’âge. « 500 millions sont attendus pour la réhabilitation de cette mosquée et 250 millions ont été déjà mobilisés à cet effet suite à la campagne de souscription toujours en cours », a confié le président du comité en charge des travaux de réhabilitation. La cathédrale tout comme la mosquée bénéficie de l’appui financier du ministère de la Culture des Arts et du Tourisme afin de redorer son blason.

Après Bobo-Dioulasso, le cap a été mis sur Gaoua, ville où Thomas Sankara a fait ses études primaires précisément à l’école Centre ‘’A’’. L’homme y a été également immortalisé grâce au savoir-faire artistique de Jean Luc Bambara. Nous sommes le 17 octobre 2017 et cela fait 31 ans jour pour jour que le révolutionnaire prononçait son discours d’orientation sur la qualité du système éducatif à l’école qui a accueilli ses premiers pas d’écolier. C’était le 17 octobre 1986.

Dans la ville d’enfance du président Sankara

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Mémorial Nani Palé à Gaoua

Des grandes figures historiques du pays comme Tiémoko Marc Garango, Palé Welté Issa, ont également fréquenté l’école centre ‘’A’’ de Gaoua créée en 1913. Et le maire Fiacre Kambou ne peut oublier les grandes actions de l’ancien président qui ont marqué la cité du Bafuji. « Thomas Sankara a une histoire avec la ville de Gaoua pour avoir grandi ici, pour avoir fréquenté ici. Il a adopté Gaoua si bien que beaucoup d’actes ont été posés de son vivant ; toute chose qui a permis à la ville de Gaoua de voir un certain nombre de choses se réaliser » a témoigné le maire Kambou. Et de rappeler que « c’est sous la révolution que Gaoua a pu bénéficier de la RTB2 Sud-Ouest, c’est sous la révolution de Thomas Sankara que Gaoua a été électrifiée et c’est également sous le président Thomas Sankara que la première Semaine nationale de la Culture (SNC) a été organisée ici (Gaoua 1984) pour ensuite être organisée de façon tournante à Koudougou et finalement pour se stabiliser à Bobo Dioulasso ».

Feu Nani Palé, un virtuose du balafon

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Le ministre Tahirou Barry

Pour le ministre Tahirou Barry : « L’érection de ce monument dans ces deux villes (Tema Bokin et Gaoua) a une symbolique très forte. C’est une interpellation pour que les idées, les idéaux, les valeurs défendues par le président Thomas Sankara triomphent toujours et soient des repères véritables pour l’Afrique, pour le Burkina Faso ; donc c’est une fierté légitime qui nous anime quand on sait que Thomas Sankara demeure vivant dans le cœur de chaque patriote ». « Quel que soit la force du vent, il n’effacera jamais les traces du Léopard », a-t-il martelé.

Toujours dans la cité de Bafuji, le ministre en charge de la Culture a également inauguré un mémorial à l’honneur d’un virtuose du balafon en la personne de feu Nani Palé. Décédé en 1982 à l’âge de 55 ans, ce balafoniste natif de Gaoua aurait marqué les esprits par son talent exceptionnel et dont une de ses sonorités sert de générique d’ouverture et de fin des émissions sur les ondes de la Radio Burkina. Le séjour de Gaoua s’est achevé avec la visite de quelques sites dont le musée de Poni, la salle de ciné de Gaoua en réfection.

Hama Arba Diallo et son carton rouge

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Monument à l’effigie de Hama Arba Diallo érigé à Dori

Le circuit inaugural s’est refermé à Dori avec le baptême du monument de Hama Arba Diallo, figure emblématique de l’opposition burkinabè. « Arba Diallo est une figure emblématique de notre insurrection populaire qui a dit non au pouvoir à vie dans ce pays. Arba Diallo, c’est le symbole de la réussite de la politique de décentralisation dans notre pays à travers sa gestion efficace de la mairie, malgré l’adversité, malgré les difficultés. Arba Diallo, c’est le symbole du patriotisme, de l’audace, du courage, de la combativité. Et malgré son âge (75ans) il a toujours été présent auprès des jeunes, de tous ceux qui voulaient une nouvelle ère dans notre pays et cela mérite une reconnaissance et un souvenir d’où son portrait monumental exhibant son fameux carton rouge d’expulsion de Blaise Compaoré du jeu politique de 2015 », a expliqué le ministre Tahirou Barry.

Ce sont donc au total quatre monuments et un mémorial qui ont été inaugurés à l’issue de cette première tournée du ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme en attendant d’autres localités dont l’étape de Koupéla s’annonce imminente.

Maxime Jean-Eudes Bambara
Le faso.net

Portfolio

  • Monument Thomas Sankara à Gaoua
  • La délégation à l'école Centre A de Gaoua
  • La salle de ciné de Gaoua en reconstruction
  • Le ministre à Dori avec le maire
  • Fiacre Kambou, maire de la commune de Gaoua
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Vos commentaires

  • Le 21 octobre à 02:53, par BROO
    En réponse à : Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

    félicitation au ministère de la culture pour valorisation de ces initiatives combien louables pour perpetrer la mémoire des grandes figures de notre pays. il y a beaucoup d’autres figures qui mérite cet hommage et le ministère doit encore travailler dans ce sens

    Répondre à ce message

  • Le 21 octobre à 06:19, par Gangobloh
    En réponse à : Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

    De bonnes initiatives, très très louables même , mais il y a plus priorités je pense surtout que certains monuments pourraient partir selon les rumeurs du régime en place quand on connaît l’esprit Revanchard de l’africain et du burkinabé en particulier.

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  • Le 21 octobre à 09:26, par Karissa
    En réponse à : Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

    Sankara a trente ans

    Etait-ce le béret rouge-sang ?
    Y scintillait l’étoile-or sous nos sols dormant.
    Etait-ce le treillis filiforme ?
    D’où se détachait un colt aux normes.

    Etait-ce le pas alerte du marcheur ?
    Audacieusement debout face au fossoyeur.
    Ou le poing révolutionnaire brandi ?
    Pour disciples fanion, aux adversités défi .

    Ah, ce regard franc-charme
    Ce sourire narquois qui désarme
    Ce verbe-action qui galvanise
    Cette présence intruse qui attise.

    Thomas cet enfant des sentiers et buissons
    Qui entre Tema et Gaoua parmi les gamins
    Promesse précoce d’une noble rébellion
    Rayonnait déjà l’homme de demain.

    Noël ce jeune papillon des scolastiques
    A éperdument s’abreuver de philtres
    Levain des futurs chantiers épiques
    De notre livre d’histoire mémorables chapitres.

    Sankara ce capitaine au gouvernail
    Advienne que pourra en haute mer
    Et pas ce général au bercail
    Ni ange ni démon sur cette terre.

    Isidore ô Martyr aux trente ans
    De ton sacrifice suprême par milliers
    Nés ici et là-bas tes nombreux enfants
    Qui crient Liberté, Dignité, Humanité.

    Plus vivant que tes malheureux assassins
    En ce jour d’octobre libérateurs de ton esprit
    Les pauvres insensés ont perdu leur pari
    Fantômes morts ou vivants parmi les humains.

    Il restera dans mes mémoires
    Ces nouveaux nègres-pour-soi
    A leur salut conquis faisant foi
    Fourmillant à leur propre foire.

    Quatre jours historiques de marche forcée
    Rythmée de refrains, foulées, sueur et sang
    A travers quolibets, ovations, arènes et champs
    Pour un Peuple réveillé, confirmé, respecté.

    A la construction de ton mythe
    Pour cela peut-être plusieurs rites
    J’apporterai ma petite pierre
    Et que ta légende soit féconde mère !

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  • Le 21 octobre à 11:05, par SOME
    En réponse à : Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

    Ca suffit mainteant toutes ces manoeuvres de recuperations de Thomas sankara. Ce n’est certainement pas vous qui allez rehabiliter Thomas sankara. C’est une insulte d’aller a Tema Bokin faire votre cirque « …la veille du 30e anniversaire de son assassinat. ». Pendant 30ans ou etiez vous ? Ce n’est pas Me Sankara benewende s’est vendu a vous que tout sankara et autres se sont vendus a vous . Ce ne soint certainement pas les assassins qui vont venir se faire les rehabilitateurs. Si vous saviez qu’il était un heros il ne fallait pas l’assassiner.

    D’ailleurs quelle est l’action du ministre Barry a son ministere a part courir dans les medias et distribuer des medailles par ci par là, inaugurere ceci cela. Quelle vision d’avenir pour la culture ? Nul n’est contre la valorisation de la culture nationale. La culture était le fondement de toute la politique de la revolution sous thomas sankara « …des personnalités qui ont marqué positivement l’histoire du Burkina Faso et dont le parcours et l’exemplarité de leur vie pourraient inspirer plus d’un. » Aujourdh’ui on vient recuoperer cela apres avoir tout detruit . Quelqu’un d’autre mais certainementpas vous ! Realisons la justice d’abord !
    SOME

    Répondre à ce message

  • Le 21 octobre à 15:19, par Sayouba Traoré
    En réponse à : Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

    La première et la plus sinistre victime d’un monument, c’est la vérité sur laquelle on vient couler le béton. Faites le tour des monuments que vous connaissez et réfléchissez ! Soit on veut camoufler des vérités, soit on veut magnifier des mensonges. Ce qui revient au même.

    Répondre à ce message

  • Le 21 octobre à 15:37, par samuel
    En réponse à : Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

    toutes mes félicitations et encouragement au ministre de la culture et des arts qui démontre par ses talents, l’ingéniosité de la jeunesse Africaine. Mr le Ministre, vous parlez et vous agissez depuis que vous êtes à ce poste. Continuer ainsi. Bravo encore à vous.

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  • Le 21 octobre à 16:40, par Alex
    En réponse à : Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

    Voici un ministère qui se bat avec peu de moyens. Qu’on l’aime ou pas, Barry est un ministre qui a pris son ministère avec coeur. Si je ne m’abuse, je n’ai pas vu un ministre de la culture aussi entreprenant pendant le long règne de l’homme fort. Bon courage à lui !

    Répondre à ce message

  • Le 21 octobre à 22:27, par KABORE
    En réponse à : Burkina Faso : Des monuments érigés à la mémoire des grandes figures historiques

    Suis-je le seul à trouver que la statut de Thomas SANKARA et de Daniel Ouezzin Coulibaly sont assez moches pour qu’on oblige les artistes à reprendre leurs œuvres ???? Et c’est chaque fois comme ça !!! Quand vous allez en Europe est-ce que leurs monuments sont aussi laids !!

    Répondre à ce message

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