Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

Opinion • vendredi 6 octobre 2017 à 02h50min

Je suis vraiment choqué du comportement des acteurs de la justice militaire Burkinabè. Vraiment avec ce comportement moins digne d’hommes de tenue comment voulez-vous que notre armée soit dynamique ? Quand les officiers refusent de s’émanciper des coups louches cela ne peut qu’affecter le moral de la troupe.Mais passons, tel n’est guère le motif de mon regard…

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Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

Voilà plusieurs années (2) que le Général BASSOLE est détenu à la MACA pour des raisons que l’on ne sait jusque-là si ce n’est la claire influence du politique.

Au début de l’histoire il était, disent-ils, de complicité de coup d’Etat. Après l’instruction, au vue des charges retenues par le juge d’instruction, l’on se demande de quoi l’on accuse le Général BASSOLE.

Vous avez certainement appris que le juge d’instruction a jugé non constituées les infractions qui étaient reprochées au Général BASSOLE mise à part la trahison qu’il justifierait par la prétendue écoute téléphonique.
Que voudrait dire cet abandon de la quasi-totalité des charges liées au coup d’Etat ?
La réponse à cette interrogation est simple et claire " LE JUGE D’INSTRUCTION A BLANCHI LE GENERAL BASSOLE DE TOUT IMPLICATION DANS LE COUP D’ETAT".
Dans un langage simple, il a prononcé un non-lieu quant aux poursuites contre le Général dans l’affaire coup d’Etat.

Oui ! C’est clair, en abandonnant les charges de complicité ... le juge d’instruction a jugé donc que au regard des éléments d’enquêtes il n’est établi aucun lien entre BASSOLE et le coup d’Etat de septembre 2015.

Alors pourquoi continuer à le détenir ?
Parce qu’il aurait reçu un appel de Guillaume SORO ...
Bonnes gens, recevoir un appel serait-il un acte de trahison ? Surtout quand on ne poursuit pas l’appelant … En quoi l’appelé a fauté ?
Même si le contenu de ce que l’on appelle la conversation entre « BASSOLE et SORO » était vrai, pensez-vous sincèrement que BASSOLE devait raccrocher SORO au nez ?
Dites-nous bonnes gens …

En tout cas, le juge de la chambre de contrôle est face à ses responsabilités.
Deux options se dessinent :
1 - Voir les choses telles elles sont et prendre la décision qui sied en toute responsabilité
2 - Vendre son intégrité de juge aux politiciens, qui vont d’ailleurs demain l’accuser de juge corrompu, pour commander un procès.
Dans le premier cas, naturellement la justice sort glorieuse en imprimant la marque de son indépendance.
Dans le deuxième cas, l’histoire pourrait retenir une image peu reluisante de la justice Burkinabè et des juges ayant traité la question car quoiqu’il arrive, la vérité ne saurait être asphyxiée par quelques manœuvres mensongères que ce soit.
En effet, si l’on va a un procès sur la base de prétendues écoutes téléphoniques, que certains n’hésitent pas à taxer d’écoutes sauvages, à quel type de procès l’on pourrait s’attendre ?
Dans la mesure jusque-là, l’on ne sait les auteurs de ces écoutes, la technologie utilisée est inconnue, des éléments sonores puisés sur les réseaux sociaux et contestée par les experts saisis. En un mot, les conditions d’un usage sans préjudice de ces bandes sonores ne sont pas réunies. Et la procédure tout aussi touffue écarte toute éventualité de « réplicabilité » disons de la constituer en jurisprudence et quel juge souhaiterait que sa décision soit contestée pour manque de sérieux ?

Dans tous les cas, il est dans l’intérêt de la justice Burkinabè d’éviter de se faire complice de règlements de comptes politiciens. Même si l’esprit de cette pensée de Henry de Montherlant se fait sentir dans les manœuvres. Il dit « La société donne aux individus un bonheur fort quand elle leur permet, dans certains cas, de se licencier avec la complicité de la Loi : à l’héritier qui peut voler légalement, au policier qui peut brutaliser légalement, au juge qui peut légalement rendre l’injustice... »
Le juge Burkinabè est donc à l’école de l’honneur et de la responsabilité dans cette affaire BASSOLE.

Ko Lassina
lassinakowelfare@gmail.com
73 73 08 16

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Vos commentaires

  • Le 5 octobre à 22:53, par TIENFO
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    En âme et conscience, pensez-vous que le général n’y est pour rien dans cette affaire ? Cet écrit est une sorte de chantage au juge en charge du dossier point barre. Pourquoi ces agissements autour de ce dossier ? Dans tous les cas que la loi soit dite. Arrêtons la pression. Les pays qui nous inspire en matière de démocratie et de justice ont condamné des gens et pas des moindres sur la base de simples écoutes téléphoniques de moins d’une minute.

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  • Le 6 octobre à 00:12, par Le sage
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    J’épouse entièrement cette reflexion , il est tant que la justice Burkinabè se départisse des émotions politiciennent . Quand l’on zoom sur les péripéties des notre histoire on se rend compte que toutes les actions qui ont créé des troubles sont liées à l’administration de la justice. Alors il faut assez de responsabilité et d’honneur pour épargner la Nation de nouvelles histoire de troubles.
    D’ailleurs, les juges sde laissent manipuler par le politique mais quand il s’agit de situer les responsabilités le politique disparait et rejette la faute sur la justice.
    On ose croire qu’il vont nous épargner dans ce cas des sources de discorde.
    Vive le Burkina libre
    Vive le Burkina de Justice.

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  • Le 6 octobre à 01:04, par LA VÉRITÉ
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    Félicitations pour votre écrit.
    La pertinence de votre analyse est indéniable.
    Tout à un prix au pays dit des hommes intègres même "l’intégrité"
    du magistrat militaire.
    Le Général BASSOLET est un homme d’Honneur malgré l’acharnement du juge militaire à le maintenir en prison.
    Les commanditaires "suivez mon regard" sont connus.
    Il faut tout faire pour l’abattre.
    Le Très Haut le rétablira j’en suis persuadé.
    Serviteur loyal de l’État il l’a été, le sera j’en suis persuadé.

    Le Burkina nouveau est là.
    Mouta, mouta et PPP.

    Force et Courage mon Général.

    ...

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    • Le 6 octobre à 18:18, par Le Vigilent
      En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

      Ne confondez pas la famille et/ou le regime de Blaise Compaore avec l’Etat Burkinabe. Djibril Bassole a servi la famille et le regime de Blaise Compaore avec in zele debordant mais il a cause beaucoup de tords au Peuple Burkinabe.
      Vous souvenez-vous de l’affaire de l’or qui a disparu de la gendarmerie du temps ou Djibril Bassole en ete le le patron ?
      Vous rappelez-vous du faux rapport d’audition du regrette David Ouedraogoort produit par la gendarmerie, sur instruction de Djibril Bassole, pour disculper Francois Compaore et ses homes de mains du Conseil de l’entente ?
      Pourquoi vous vous autorisez matraquage mediatique, qui s’apparente a du denigrement, dans le but d’influencer les juges militaires en charge du dossier de Djibril Bassole ? Si votre idole est un ange et blanc comme neige, il sera surement declare innocent a l’issue du process ! Votre obstination a vouloir le soustraire de toute procedure judiciaire montre bien que vous meme vous doutez de son innocence.

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  • Le 6 octobre à 09:03, par Jérémie C
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    Très vivement que la Justice Burkinabé puisse s’élever au dessus de la mêlée et éviter de se faire complice d’un acharnement manifeste de politiciens dont la seule motivation est de "mettre hors d’état de nuire" un adversaire des plus potentiels. Le Pays des Hommes Intègres et sa démocratie en sortiront grandis.
    Force et Courage à s.e.m le Général D.Y.B. dans cette dure et inattendue épreuve qui s’impose à vous.

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  • Le 6 octobre à 09:51, par lesaint
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    J’ai bien peur pour le Burkina et cette affaire risque de bouffer RMCK. Il est temps que le pays ouvre l’œil. J’aime pas Bassolé mais là, je le soutien. Il n’y est pour rien. Soit vous le jugé soit vous le libéré ! Merde de justice à la Burkinabè !

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  • Le 6 octobre à 10:10, par L’Ogust
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    Mr KO Lassina, est-ce l’émotion ? Vous dites "Voilà plusieurs années (2)..." Toutes
    proportions gardées, peut-on qualifier deux années de "plusieurs" ?
    Je reproche à votre analyse de manquer d’une certaine rigueur d’un certain sens du
    discernement.Pour vous,la détention du Général BASSOLE "est la claire influence du politique"
    Vous ajoutez "Au début de l’histoire il (le Général) était, disent-ils (les politiques) de complicité
    de coup d’Etat". Question : les politiques au moment de l’arrestation et du début de la
    détention du Général sont-ils les mêmes que de nos jours ? Le président Rock est arrivé
    au pouvoir avec BASSOLE en prison.
    Si le juge d’instruction était sous l’influence des politiques,aurait-il abandonné la quasi-totalité
    des charges ?
    Le temps de la justice n’est pas celui des Hommes.Attendons l’avis de la chambre de contrôle !

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  • Le 6 octobre à 11:40, par Un bon citoyen
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    je ne sais pas si vous connaissez la procédure judiciaire, mais j’espère que non, sinon vous ne parlerez pas de la sorte. vous savez que l’instruction est secrète et que les éléments qui sont publiés ne sont qu’une infime partie d’un ensemble que seul le juge détient ? alors si votre Général est toujours en détention, c’est qu’il y a une raison pour cela. Arrêter ces pressions inutiles sur la justice qui ne fait que ce pour quoi elle a été saisi. je vous remercie

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  • Le 6 octobre à 12:00, par Karfolo
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    Ils ont fabriqué un martyrs, maintenant il faut compter avec lui. Tant que Les problèmes de sécurité seront bancales il,y’a de fortes chances que ce Monsieur jouera un rôle dans la gouvernance de ce pays. Le MPP doit gérer au plus vite Le cas de ce prisonnier encombrant.

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  • Le 6 octobre à 16:42, par yelmion
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    Bonjour Koro Yamyélé. Je suis d’accord avec toi. Il faut que "le Rocco" fasse extrader Zida vers le Burkina. Il doit également faire revenir les patrons de l’Armée, de la Gendarmerie et de la Police qui ont refusé de répondre aux convocations des Juges militaires et qu’il a dispersés çà et là comme Ambassadeurs ou autres. Tout ce beau monde doit au moins être entendu par le Tribunal Militaire. Mais, n’gaw. Est-ce que "le Rocco" ose ? Salif n’étant plus là, faire comparaître devant le Tribunal Militaire Zida et ces anciens patrons des Forces de Défense et de Sécurité pour qu’ils soient entendus et confrontés à Diendéré et à Bassolet ? Bonjour les déballages et les scandales et Adieu la réélection de 2020 ! Ne pas le faire aussi, le Peuple aura compris... Et ce sera toujours Adieu la réélection ! Voilà la situation cornélienne dans laquelle se trouve "le Rocco". Que Dieu sauve le Burkina !

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  • Le 6 octobre à 16:55, par Objectivité
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    Je suis d’accord avec toi "Un bon citoyen". Les gens font des analyses faciles. La justice sait pourquoi le dossier traîne. Djibril n’est pas le seul concerné par ce dossier.
    Le Kôrô Yamyélé que j’aime lire très souvent, je ne le comprends plus ces derniers temps avec ses prises de position et ses insultes qui laissent croire qu’il est aigri.
    Ce retard actuel de jugement peut même profiter à DJIBRIL. On n’en sait rien. Qui dit que si Djibril est coupable, il ne sera pas passible à la peine de mort ? On n’en sait rien. Peut-être même que ce sont les avocats qui sont en train de retarder le jugement pour chercher des circonstances atténuantes pour lui. On n’en sait rien. Alors, que ceux qui organisent des marches et parlent au hasard se calment ! D’autres dans ce même pays et dans les mêmes circonstances peut-être moindres ont été exécutés sans avoir eu droit à un avocat (Capitaine Henri ZONGO et Commandant Boukari LINGANI). Soyons objectifs et laissons la justice faire son travail.

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  • Le 6 octobre à 17:07, par sidzabda
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    Djibril BASSOLE n’est pas le seul prisonnier de la MACA, laissez le là-bas attendre le jugement, s’il est innocent il va être libéré. Ceux qui demandent sa libération n’ont pas eut de proche tué pendant le coup d’état. C’est vrai il est souffrant et on lui souhaite prompt rétablissement mais la aussi il ne pas seul, d’ailleurs il l’était bien avant malade la prison.

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  • Le 6 octobre à 18:59, par Le Vigilent
    En réponse à : Affaire Djibril BASSOLE : Le juge Burkinabè à l’école de l’honneur et de la responsabilité

    Mon char Ko Lassina, vous dites fort pertinemment que deux options se presentment aux juges militaires ont :
    1 - Voir les choses telles elles sont et prendre la décision qui sied en toute responsabilité
    2 - Vendre son intégrité de juge aux politiciens, qui vont d’ailleurs demain l’accuser de juge corrompu, pour commander un procès.
    Pour ma part, l’option choisie par les juges militaires dans l’affaire Djibril Bassole est Claire, il s’agit bel et bien de la premiere.
    En ce qui concerne la deuxieme option, vous semblez limiter les sources probables de pression du cote des politiques. Et la aussi vous restreignez le champs au pouvoir actuel. Qu’en est-il des partisans politiques de Djibril Bassole ? Qu’en est-il de ceux, dont vous meme, qui a travers des declarations et autres ecrits de tous genres, des conferences de presses, des assemblees generales, meetings, marches etc. reclament la liberation de Djibril Bassole ?
    Votre analyse aurait gagne en objectivite et impartialite, si elle appelait les differents acteurs a mettre fin a leurs actions tendant a remettre en cause la capacite des juges a traiter le dossier en toute independence et surtout dans le but d’inflencer leur decision, au lieu de les laisser travailler en toute serenite.
    Pour vous donc, le camp du pouvoir c’est celui du diable tandis que le camp des partisans et aprents de Djibril Bassole, celui des saints !?

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