Administrateurs civils : Le syndicat à un doigt de la grève, l’autorité appelle au dialogue

LEFASO.NET | Marcus KOUAMAN • jeudi 5 octobre 2017 à 00h38min

Le Syndicat national des administrateurs civils, des secrétaires et adjoints administratifs du Burkina Faso (SYNACSAB), a entamé un sit-in de 72h ce mercredi 4 octobre 2017. Cela pour exiger de l’autorité une prise en compte sérieuse de sa plateforme revendicative. Du côté du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation (MATD), l’on demande de la compréhension et de la patience.

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Administrateurs civils : Le syndicat à un doigt de la grève, l’autorité appelle au dialogue

A quelques heures de l’ouverture des 1ères assises nationales sur la coopération décentralisée, prévues se tenir à Ouagadougou du 5 au 7 octobre 2017, le Syndicat national des administrateurs civils, des secrétaires et adjoints administratifs du Burkina Faso (SYNACSAB), a entamé un sit-in de 72 h, du 4 au 6 octobre, de 7 h à 15 h. Le syndicat compte par ce énième mouvement d’humeur, se faire entendre par les autorités en charge de l’Administration territoriale. Ce mercredi, c’est devant ledit ministère que Adama Bidiga, Secrétaire général national du SYNACSAB et ses camarades ont élu domicile pour protester contre la lenteur de l’autorité dans la prise en compte de leurs préoccupations.

Rien n’évolue, selon le syndicat

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Adama Bidiga, Secrétaire général national du SYNACSAB

Selon lui, depuis le dépôt de la plateforme revendicative le 26 avril 2017, ils ont été reçus à deux reprises par le ministre en charge de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo, avec des promesses qui n’ont toujours pas reçu un début d’exécution concrète. « A la date d’aujourd’hui, nous constatons que rien n’évolue », a-t-il laissé entendre.

Qu’est-ce qui fait grincer les dents du syndicat ? D’abord la loi portant institution du corps préfectoral qui a été validée techniquement et qui « dort » sur la table de leur ministre de tutelle depuis deux mois au moins. Ensuite, le décret portant modalités d’exercice de la fonction de Secrétaire général de collectivité territoriale, qui peine à être adopté.

Aussi le décret 11 – 42 portant organisation des Gouvernorats et Haut-commissariats qui est toujours en souffrance car adopté mais pas rigoureusement appliqué sur le terrain. Egalement, le syndicat réclame un plan de carrière pour les agents, afin d’éviter les nominations de complaisance. « A la date d’aujourd’hui, vous pouvez vérifier, les nominations surtout en conseils des ministres ne respectent pas le décret 878 qui encadre pourtant les nominations dans le poste de Préfet, Haut-commissaire, Gouverneur », a-t-il indiqué.

Pour le SG Bidiga, ce sit-in qui est un avant-goût, veut faire comprendre à l’autorité qu’il faut négocier avec franchise et « non des négociations qui s’apparentent à de l’hypocrisie ». Et si rien ne change d’ici là, une grève de 72 h sera décrétée dans les jours à venir.

L’autorité invite au dialogue

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Une préfecture dans la région du Sud-Ouest burkinabè

Du côté du ministère, l’on invite le syndicat à garder son mal en patience car les choses bougent. Selon Pierre Bicaba, Secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, le ministère depuis la réception de la plateforme revendicative du syndicat, l’a fait examiner et étudier par l’ensemble des structures du département afin d’y apporter des réponses idoines. Mais, force est de reconnaitre que dans cette plateforme certaines revendications ne peuvent pas avoir une satisfaction immédiate surtout en ce qui concerne les textes, procédure oblige. « Lorsqu’on prend le cas de l’avant-projet de loi portant institutionnalisation du corps préfectoral, le processus a été entamé en associant les partenaires sociaux », a-t-il avancé.

C’est en présence donc du syndicat que le COTEVAL (Comité technique de validation) a examiné l’avant-projet de loi. Cette procédure bouclée, le document doit être examiné par un conseil de cabinet sous la présidence du Premier ministre. Ce qui a été fait selon le SG « et des instructions ont été données ». C’est dans cet élan que le syndicat a adressé une lettre de relance et l’autorité a répondu en précisant que les différentes structures ont été instruites pour faire le point des revendications (textes, financières). Quid du décret portant modalités d’exercice de la fonction de SG de collectivité territoriale ? « Ce texte a franchi un certain nombre d’étapes et a été transmis in fine au niveau des faitières des collectivités pour un dernier avis », a confié le SG du ministère.

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Pierre Bicaba, SG du MATD

En ce qui concerne la construction et la réhabilitation des infrastructures (bureau, résidence) et la dotation des Chefs de circonscriptions administratives en matériel roulant. Cela a un coût et ne saurait être résolu en un seul exercice budgétaire, selon l’autorité. Le ministère s’active déjà à la construction et à la réhabilitation d’un certain nombre de bureaux. « Je comprends un peu leur impatience, les difficultés sont nombreuses, mais il y a également des réalités auxquelles le ministère, l’Etat en général fait face. Nous pensons que c’est dans le dialogue, la concertation que l’on peut trouver des solutions à l’ensemble de ces préoccupations », a-t-il conclu.

Marcus Kouaman
Lefaso.net


Adama Bidiga, Secrétaire général national du SYNACSAB à propos du droit de grève des Chefs de circonscriptions administratives (CCA)

« Pour ce qui est de la grève des Chefs de circonscriptions administratives, ce n’est pas une question de morale ou d’éthique, c’est plutôt une question de textes. La loi 45-60 est claire en la matière. Un Chef de circonscription administrative peut bel et bien aller en grève. C’est le délai de préavis qui diffère. Il est de 15 jours. Ceux qui s’offusquent contre le fait qu’un Chef de circonscription administrative puisse aller en grève ne sont pas des légalistes. Nous nous sommes des légalistes et nous respectons la loi. »

M.K.
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 5 octobre à 13:50, par Saqsida Boudou
    En réponse à : Administrateurs civils : Le syndicat à un doigt de la grève, l’autorité appelle au dialogue

    Moi j’estime tous les syndicats et la société civile doivent surseoir à toute manifestation ou revendication corporatiste. L ’heure est grave. On tue des frères tous les jours et ce que certains trouvent mieux à faire c’est d’organiser des grèves. Voyez-vous à quoi sert d’avoir des avantages si on ne peut en jouir en toute sécurité. Ce que vous ne savez nos forces de défense là ont aussi des revendications. Supposons qu’elles se mettent à les revendiquer et à aller en grève, les jihadistes viendront camper à Ouagadougou, nous tous on fuira leur laisser la capitale. Donc soyons réalistes les gars...Les gens du pouvoir auront les moyens de s’en tirer avec leurs familles et la majorité....?

    Répondre à ce message

  • Le 5 octobre à 16:21, par DAO
    En réponse à : Administrateurs civils : Le syndicat à un doigt de la grève, l’autorité appelle au dialogue

    pourrais-je voir le texte qui reconnait le droit de grève aux chefs de circonscriptions administratives que sont les gouverneurs ; le hauts commissaires et les préfets ?
    ces autorités qui representent ; incarne l’Etat !

    Répondre à ce message

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