Vie associative en France : « Taafé-Fanga » ou l’avocate de la femme burkinabè

mercredi 4 octobre 2017 à 19h13min

Loin des yeux, près du cœur. La diaspora burkinabè n’est jamais à court d’idées pour manifester son attachement à la mère Patrie. Fière, engagée et solidaire, elle l’est à l’image de « Taafé-Fanga », une association qui a fait de l’amélioration de la condition féminine, son cheval de bataille. Dans un entretien réalisé en ligne, sa présidente, Fatoumata Ouédraogo, nous parle de la vie de l’association et surtout du bilan de son dernier « dassandaga », où cuisine, musique et danse ont transformé le parc de Créteil en un Burkina en miniature. Lisez !

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Vie associative en France : « Taafé-Fanga » ou l’avocate de la femme burkinabè

Lefaso.net : Pouvez-vous vous présenter ?

F.O. : Je m’appelle Fatoumata Ouédraogo et je suis la présidente de l’association Taafé-fanga « pour des femmes autonomes ». J’ai quitté le Burkina, où j’exerçais le métier d’enseignant, pour la France en 2008. J’évolue maintenant dans le domaine de la petite enfance. Je suis membre du bureau du collectif des sans-papiers burkinabè de France et également de l’association la Fraternité du Yatenga.

Depuis quand l’association Taafé Fanga a été créée et quel est son objet ?

L’association Taafé-Fanga a été créée en juin 2015 en France dans le but de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la femme burkinabè, et de l’aider à s’autonomiser.
De ce fait, nous avons déterminé des actions à mener aussi bien en France où nous vivons qu’au Burkina Faso.

Elle se donne comme objectifs d’une part de créer et de préserver des liens de solidarité entre les femmes burkinabè vivant en France et d’autre part, de participer à leur intégration socio-professionnelle.

Au Burkina Faso, notre objectif est d’identifier et de travailler avec des acteurs locaux pour mettre en place des actions concrètes qui visent l’amélioration des conditions de vie de la femme rurale ; l’accès aux soins de la mère et de l’enfant ; la scolarisation des jeunes filles ; la lutte contre l’analphabétisme et la formation professionnelle des femmes.
Sans oublier bien sûr des projets liés à la création des activités génératrices de revenus des femmes.

Que veut dire « Taafé Fanga », et pourquoi avoir choisi cette dénomination ?

« Taafé » en langue Dioula veut dire pagne ; « Fanga » signifie la force. En un mot, « Taafé-Fanga » signifie `la force du pagne. Nous savons que dans la culture africaine, le pagne symbolise la femme. Nous avons donc choisi cette dénomination pour montrer que la femme est aussi forte et capable de prendre son destin en main.

Qui peut en être membre et dans quelles conditions ?

Les ressortissantes burkinabè résidant en France sont les bienvenues dans l’association Taafé-Fanga. Elle est aussi ouverte aux femmes d’horizons divers qui partagent nos valeurs et adhèrent à nos objectifs et souhaitent faire évoluer les conditions des femmes.
Les personnes désireuses de nous rejoindre peuvent nous envoyer un message via notre adresse mail ou notre page Facebook

Comment l’association a évolué depuis sa création ?

A sa création, l’association comptait sept membres. Aujourd’hui, nous sommes plus d’une trentaine d’adhérentes. Après 2 ans d’existence, nous pouvons dire que l’association évolue bien. Nous avons déjà pu le mesurer à travers les mobilisations pour nos différentes activités, les retours satisfaisants des participants et les nombreux encouragements.

Quelles sont les principales activités que vous avez menées ?

Notre première activité a été une participation active à la préparation, à l’organisation et une intervention lors de la journée internationale des droits des femmes organisée avec l’UABF (Union des Associations Burkinabè de France) et d’autres associations en mars 2016.
A la nuit du Faso Danfani organisée en juin 2016 à Paris, nous avons marqué notre soutien à cet événement qui contribue à valoriser le travail des tisseuses burkinabè par la remise de trophées à l’association organisatrice et à 2 personnes. L’une, pour son engagement en faveur des personnes démunies et l’autre, pour l’encourager dans sa voie professionnelle.
Nous avons organisé une collecte de fonds pour aider une compatriote en difficulté.
Nous pouvons terminer en citant les éditions 2016 et 2017 de notre grand dassandaga.

Vous avez organisé le 9 septembre dernier la deuxième édition du « grand dassandaga » de l’Association Taafé Fanga ; pouvez-vous nous faire le bilan de cette activité ?

Le deuxième grand dassandaga de l’association a eu lieu, comme l’année dernière, au parc de Créteil. En présence de Monsieur l’Ambassadeur Alain Gustave Ilboudo, de la marraine Madame Souad Hussein de la direction culture et diversités de la Francophonie, du Naaba Baoogo, chef coutumier de Gourcy, des Burkinabè de France, d’Europe et des amis du Burkina, l’évènement a connu une grande mobilisation malgré une météo assez mitigée.

Il faut dire que c’est l’un des rares évènements de la communauté qui se déroule en plein air et qui permet de sortir en famille. Il a été pensé pour permettre un moment de partage, de convivialité et de retrouvailles autour de valeurs communes et pour contribuer à la préservation de notre culture. Sur place, on pouvait se restaurer avec des mets burkinabè préparés avec des produits frais venus du pays, et boire des boissons traditionnelles au rythme des « djembéfola » et d’un musicien burkinabè. Deux associations burkinabè ont également présenté des mets qui ont été appréciés. Les plus jeunes ont été émerveillés par les conteurs et les adultes se sont laissé entrainer par les ballets.

A la fermeture du marché, le bal poussière improvisé s’est terminé très tard dans la nuit. Nous avons un tant soit peu déporté notre culture sur le sol français. Cela témoigne d’un attachement de la diaspora burkinabè à sa culture, même loin du pays. Le bilan est positif. cette activité a une fois de plus permis à cette jeune association de se faire davantage connaître et l’encourage dans la poursuite de ses objectifs.

Quelles sont les prochaines activités de votre association ?

Pour boucler cette année 2017, nous préparons une conférence/projection de film et débat dont le thème et les détails vous seront communiqués ultérieurement.
Le prochain dassandaga qui aura lieu le 30 juin 2018 est aussi déjà en préparation en tenant compte de l’expérience de nos deux éditions passées.

Comment appréciez-vous l’implication des Burkinabè de France dans la vie de la nation burkinabè ?

Je pense que la majorité des Burkinabé de la diaspora s’intéressent à la vie de notre pays. Ils cherchent toujours à s’informer sur l’actualité au Burkina. Ils répondent souvent assez nombreux aux invitations de l’Ambassade lors des passages de certaines missions.

Lefaso.net

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