Résistance au putsch de septembre 2015 : « C’est l’unité spéciale de la gendarmerie qui a facilité l’entrée pratiquement de toutes les troupes à Ouagadougou », Chérif Sy

mardi 19 septembre 2017 à 00h21min

16 septembre 2015 - 16 septembre 2017. Deux ans déjà que le peuple burkinabè opposait une farouche résistance au coup d’Etat de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle dirigé par le général Gilbert Diendéré. Et pour commémorer le deuxième anniversaire de cette grande résistance qui a eu raison du putsch, un comité de jeunes « combattants de la liberté » a organisé une soirée dénommée nuit de résistance au maquis One love café en face du stade du 4 août de Ouagadougou. Une soirée qui a connu la participation de bon nombre d’acteurs politiques et de la société civile venus partager leurs témoignages avec le public sur les évènements du 16 septembre 2015.

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Résistance au putsch de septembre 2015 : « C’est l’unité spéciale de la gendarmerie qui a facilité l’entrée pratiquement de toutes les troupes à Ouagadougou », Chérif Sy

On se croirait au village à l’époque où les enfants se réunissaient autour des vieux pour écouter des histoires drôles et parfois édifiantes au clair de lune. En tout cas, c’était l’impression que cette nuit de commémoration de la résistance du peuple burkinabè au putsch de 2015 donnait au maquis One Love Café, ce samedi 16 septembre. Seulement qu’ici, l’histoire sinon les témoignages, mêmes s’ils sont rendus aujourd’hui avec un peu d’humour, loin d’être des contes de fées, des légendes ou des mythes, retracent un fait réel qui constitue une page de l’histoire des luttes du peuple burkinabè dans sa quête de liberté et de démocratie : sa résistance à la dictature qu’a voulu lui imposer l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) acquis à la cause du président déchu Blaise Compaoré.

Chérif Sy, ancien président du CNT (Conseil national de la Transition), aujourd’hui Haut représentant du chef de l’Etat ; Pr Augustin Loada, ancien ministre de la fonction publique sous la Transition, Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo, économiste, Hervé Ouattara du CAR (Citoyen africain pour la renaissance), Smockey du mouvement « Balai Citoyen », etc. Ces acteurs politiques, intellectuels et activistes ont vécu ces durs moments qui dans les instances de décisions, qui sur le terrain de la mobilisation pour la résistance. Projection cinématographique, concert musical et témoignages ont permis de faire revivre au public les temps forts de cette lutte.

« Quand tu n’as pas encore entendu le bruit de certains fusils… »

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Charlemagne Abissi sur la naissance de la radio 108

C’est Hervé Ouattara, président du mouvement Citoyen africain pour la renaissance (CAR) qui a ouvert le bal des témoignages
« Je crois que c’est dans la soirée aux environs de 14h après une rencontre au sein du CAR que j’ai reçu un message disant que finalement, ils (les éléments du RSP) sont passés à l’acte. Ce n’était pas surprenant. Quand les envoyés des Nations Unies sont arrivés ici, nous les avons rencontrés au siège des Nations Unies avec certaines personnes que j’ai même vues, ce soir ici. Ce jour-là, nous leur avons signifié que nous avons peur pour notre pays. Ils ont dit pourquoi ? Nous leur avons dit que les informations qui nous parvenaient n’étaient pas très rassurantes. Ils nous ont dit que nous n’avons pas à nous inquiéter et qu’ils avaient un regard sur notre pays. On s’est quitté ce jour-là sans se comprendre. Mais on était quand même sûr que quelque chose allait arriver….

Il fallait maintenant que nous nous retrouvions à un endroit indiqué et c’était à l’hippodrome. Rapidement, nous avons organisé la résistance avec plein d’autres activistes. Il fallait rapidement créer une page de résistance, ce qui a été fait. Et ensuite il fallait se retrouver à la place de la révolution pour la suite des évènements. Je crois qu’à un moment nous avons également appris que le général Gilbert Diendéré s’était rendu chez le Mogho Naaba. J’ai conduit une délégation et Harouna Kaboré était avec moi. Le Mogho Naaba a demandé à me recevoir. Je suis rentré avec l’actuel maire, M. Armand Béouindé. Il nous a reçus à deux et ce jour il nous a dit que Diendéré venait de sortir par l’autre porte là où il n’y avait pas la foule. Il fallait sortir dire à l’assistance que Diendéré était là mais le Mogho Naaba vient de dire qu’il est sorti par l’autre porte.

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Le public présent la nuit de résistance

Je suis monté sur le portail pour donner l’information. Mais j’ai failli être lynché parce que les gens voulaient qu’on l’attrape là-bas. Mais bon ce n’était pas moi qui allait l’attraper parce que si je le croisais seul je ne pouvais rien faire ; vous le connaissez ! (Eclatement de rires du public dans le café). C’est comme ça on s’est dispersé et par la suite encore j’ai reçu un autre message qui disait qu’il y avait un problème parce que les militaires sont organisés pour venir à Ouagadougou mais il y a un problème au niveau de Yimdi et qu’il fallait qu’on vérifie pour voir ce qui se passait à Yimdi.

J’ai réussi à mobiliser une dizaine de personnes pour aller à Yimdi. Il se trouvait que le RSP se préparait pour attendre les militaires qui venaient de Bobo. On a vite fait de disparaitre et on était obligé de masquer un des nôtres en talibé, pour qu’il puisse passer et nous dire ce qui se passait. Et par la suite, il nous a fait comprendre qu’ils étaient cachés dans des herbes et ils attendaient. On a remonté l’information au Colonel Alain Ouédraogo et je crois qu’ils ont traité l’information comme il se devait. A plusieurs reprises nous avons eu à faire face à des situations qui n’étaient pas prévues. Quand tu n’as pas encore entendu le bruit de certains fusils, ce n’est pas évident que quand ça tire à côté, tu vas t’arrêter. Nous avons eu l’occasion de côtoyer ces bruits et aujourd’hui avec un peu de recul, on se demande comment on a pu faire cela », s’est interrogé Hervé Ouattara ?

« … le pouvoir est en nous »

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Les participants à la nuit de résistance

Après Hervé Ouattara, l’économiste et analyste, Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo a pris le relai.
« Pendant qu’on essayait de se donner un moyen pour repartir avec une normalité constitutionnelle, pour remettre les comités de développement de notre agenda, il y a des gens qui par quatre fois nous ramenaient en arrière. Ça n’a surpris aucun des cadres de la société civile. Si vous regardez les déclarations de la coordination des organisations de la société civile que nous avons mis en place dès qu’on a appris que le RSP avait pour la 2e, 3e fois arrêté le conseil des ministres, vous verrez qu’elles étaient très explicites sur le fait qu’il y avait un complot en cours RSP-CDP qui allait aboutir à un coup d’Etat.

Après l’insurrection, j’étais régulièrement en contact avec Sy Chérif et il m’avait toujours dit que le coup d’Etat était indiscutable, mais la question c’est quand ça va se faire ? Il m’a tout simplement dit que cela allait se produire avant la fin de la Transition. Et effectivement il y avait des éléments qui le montraient. Et le fait que le pays n’a pas pu conjurer ce coup d’Etat est lié au fait qu’on n’a pas entendu des voix qui annonçaient qu’il y aurait un coup d’Etat, qui annonçait qu’il fallait prendre les devants pour refaire un certain nombre de choses jusqu’à ce jour, 16 septembre 2015. Mais avant, le 14, on était enfermé à la commission de la réconciliation et des reformes pour sortir un rapport qui nous a rendu malades. Je suis très mécontent de ce rapport qui n’est pas allé loin.

Après le rapport, j’étais en retard pour une mission personnelle et donc je suis allé à Accra pour chercher un visa. C’est à Accra que j’ai reçu un sms qui disait qu’il y avait quelques éléments du RSP qui ont fait irruption au conseil des ministres. J’ai tenté de joindre Luc Marius Ibriga qui a confirmé. Après, j’ai joint le grand frère Chérif Sy qui m’a dit que le coup d’Etat était enfin arrivé et que c’était une très bonne nouvelle parce qu’enfin on allait en finir. J’ai tout fait pour rentrer à Ouagadougou, le soir du 16 septembre, et je crois que mon avion était le dernier à entrer à Ouagadougou. C’est un togolais qui est venu me chercher à l’aéroport. Je profite faire un clin d’œil au Togo qui vit une situation critique actuellement.

Nous avons, à la coordination des OSC, produit une note adressée au président Kafando où on indiquait une feuille de route sécuritaire. Le premier conseil des ministres après la résistance devait entériner la décision du président du CNT (Conseil national de la transition, ndlr) qui était la dissolution du RSP. Mais, il y avait également des caches d’armes qu’il fallait récupérer. Et il y avait une gestion du personnel du RSP qui devait être faite mais mon sentiment est que cette gestion n’a pas été bien faite.

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le groupe Consonne et voyelles en concert

Je me souviens que nous avons fait un meeting à la place de la révolution pour demander la dissolution du RSP. J’avais mis en cause la géographie de notre armée. La géographie de notre armée concentre l’essentiel de nos forces militaires dans les villes pendant que la conflictualité est renouvelée, pendant qu’aujourd’hui plus que jamais, on a nos frontières à sécuriser. Ce que nous avons montré ces quatre dernières années, c’est que quand nous voulons une chose, quand nous tenons à cette chose et que nous nous mobilisons, nous l’obtenons. Il est important que nous soyons mobilisés sur l’enjeu sécuritaire, l’enjeu de la relance économique et je vais terminer sur l’enjeu judiciaire. Il est inadmissible qu’on n’ait pas encore ouvert les procès. C’est parce que nous ne demandons pas de façon forte qu’on ouvre les procès. Le plus grand message que cette résistance donne à mon avis c’est qu’on a tort de croire que le pouvoir est en face de nous ou ailleurs, le pouvoir est en nous. Si nous nous mobilisons et dictons les objectifs qui nous tiennent à cœur, nous les obtiendrons. Nous pensons aussi qu’il est important que le commun des Burkinabè comprenne le sens de l’engagement et que nous prenions des dispositions pour que nous puissions toujours poursuivre cet idéal ».

« Il faut tout faire pour que la flamme de s’éteigne pas »

Le Pr Loada, ancien ministre de la Fonction publique, du Travail et de la sécurité sociale sous la transition, faisait partie des otages du RSP. Celui que certains appellent affectueusement aujourd’hui ‘’Pasteur’’ pour avoir demandé, pendant sa prise en otage, une bible et un livre de prière a, à peine fait deux minutes avec le micro. « C’est bien de s’arrêter pour regarder d’où nous venons, mais je crois que c’est encore plus important de regarder devant. Et pour regarder devant, il faut effectivement s’interroger d’où est ce que l’on vient ? Où en sommes-nous ? Et j’ai envie de dire qu’est-ce qui n’a pas marché ? Je crois que cette question-là, il ne faut pas l’éluder. Il y a une flamme qui est en train de vaciller, il faut tout faire pour ne pas qu’elle s’éteigne. Et c’est important que nous nous arrêtions de temps en temps pour savoir quels sont les idéaux qui nous ont réunis. Et si nous constatons que la flamme est en train de s’éteindre, alors il nous faudra mettre du carburant », a-t-il laissé entendre.

La petite histoire de la radio de la résistance

Le président de l’Union nationale de l’Audiovisuel Libre du Faso (UNALFA), Charlemagne Abissi, a témoigné sur la naissance de la 108 Fm, encore appelée « Radio de la résistance » créée pour les besoins d’information et de communication avec les populations lors du putsch, afin d’appeler à la résistance.

« Quand tout a commencé, mon instinct m’a dit qu’il ne fallait pas que les radios soient le tremplin de cette forfaiture. Quand le putsch a été confirmé le lendemain, dans l’après-midi, il y a Diallo qui m’a appelé pour me dire d’ouvrir les radios. Je lui ai dit que ça allait être difficile et que c’était risqué pour le personnel et pour tout le monde. J’ai contacté le président du CNT, Sy Chérif, pour savoir ce qu’on pouvait faire. Il fallait qu’on trouve des équipements mobiles. On a trouvé quelques matériels, j’ai mobilisé des techniciens et informaticiens. Maintenant la grande question était où trouver l’émetteur ? Ce qui n’était plus possible parce qu’à un moment donné il n’y avait plus de mobilité.

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Charlemagne Abissi, président de l’UNALFA

Il n’y avait pas de câbles, il n’y avait pas d’antenne. C’est à Kaya qu’on pouvait trouver un câble mais personne ne pouvait aller ni venir. Je me suis dit à un moment donné qu’il fallait qu’on prenne un risque. J’ai consulté mon associé pour voir si on pouvait utiliser l’émetteur de la radio savane Fm. C’est comme ça que nous avons commencé à émettre. On a émis une dizaine d’heures. C’a porté et aujourd’hui on peut modestement se dire qu’on a contribué à la lutte. Et je voudrais féliciter ici Sy Chérif parce que sans lui, la radio de la Résistance n’aurait pas eu de voix ; il a fallu un message fort pour que les gens se mobilisent et que tout parte de là. Je dois également féliciter tout le monde ici parce que quand je voyais des gens dans la rue avec juste leur poitrine contre des balles, je pense que chacun doit se sentir fier et heureux. Et en tant qu’Africain on doit se dire que le laboratoire que le Burkina Faso a offert au monde ne doit pas se fermer. Il y a eu les élections, il y a eu la résistance et je crois que nous avons quelque chose à vendre aux autres ».

« J’étais préparé au coup d’Etat. J’avais un sac où j’avais le nécessaire en termes de défense physique et spirituelle »

Dans son intervention, l’ancien président du Conseil National de Transition, Chérif Sy, a salué et félicité le président de l’UNALFA pour son courage. « S’il n’y avait pas cette radio, la résistance n’allait peut-être pas durer et on ne sait pas qu’elle aurait pu être l’issue. C’est parce qu’il y a eu cette radio qui a permis à tous les résistants d’être informés que la lutte a eu une direction. Je pense honnêtement que c’est une radio qui a galvanisé tout le combat que nous avons mené. Ce n’est pas un fait banal, il faut le signaler. La radio a émis une dizaine d’heures mais ce que je vais ajouter c’est que quand ils ont pu arrêter cette première version de la 108, nous avons immédiatement avec certains des techniciens tenté de remettre la 108 en marche à partir d’un autre centre d’émission. Ce qui a été d’ailleurs fait et ça aussi, c’est l’œuvre des techniciens, des camarades et des promoteurs qui préfèrent rester dans l’anonymat qui ont pu mettre à disposition leurs émetteurs, etc.

Maintenant pour revenir à ce qui s’est passé, il n’y a aucun mérite. Je crois que ce pays regorge de ce qu’on pourrait appeler des millions de héros anonymes parce que nous avons vu à travers tout le Burkina qu’il était difficile de traverser un village sans être fouillé. C’est-à-dire qu’il y avait une veille citoyenne à travers tout le Burkina et ça c’est formidable. On n’en parle pas souvent mais partout il y avait des barrières de sorte qu’on ne pouvait pas rentrer et sortir à sa guise. Moi, j’étais préparé au coup d’Etat. J’avais un sac où j’avais le nécessaire en termes de défense physique et spirituelle (rires) parce que j’étais sûr que tchogo tchogo, ça allait venir (rires). Ce jour-là, le premier qui m’informe par message, c’est Harouna Kaboré. Après il m’a appelé de vérifier ce qui se passe au niveau du conseil des ministres. Après lui, j’ai reçu une information d’un militaire, nous aussi nous avions nos éléments là-bas, qui me dit que l’affaire est en marche maintenant.

On était embêté de faire tout de suite une déclaration parce qu’ils avaient des otages et nous avions peur que nos propos puissent amener à ce qu’on attente à la vie de ceux qui étaient entre leurs mains. On était vraiment emmerdé et puis entre temps, ils se sont rendu compte qu’il y a quelqu’un qu’ils n’avaient pas pris qui pouvait certainement peut-être les déranger. Donc ils ont envoyé une colonne pour venir vers nous et bien sûr nous avons été aussi informés et nous avons pris les dispositions pour quitter le CNT parce que nous y étions. Nous avions déjà communiqué avec un certain nombre de camarades. Nous avions demandé aux uns et aux autres de rejoindre l’échangeur parce que dans la même dynamique Sam’k, Me Kam et d’autres se retrouvaient déjà dans la zone pour marcher sur Kosyam. Donc, nous avons appelé aussi nos camarades qui étaient députés au CNT à rejoindre le mouvement. Voilà grosso modo. Il n’y a pas de mérite particulier.

« On a un peuple formidable »

Nous avons écrit la contribution que nous avons pu apporter. Mais sincèrement je crois qu’il faut le souligner avec force, on a un peuple qui est formidable ou tout le moins qui a été formidable parce que personne n’a appelé personne à résister. C’est ce qu’il faut comprendre. Ce sont les camarades organisés ou non, engagés ou non qui spontanément chacun dans sa sphère s’est mis dans la dynamique de résistance à travers le pays. Un autre point à souligner, il n’y a aucun professionnel de la résistance et il n’y a aucun propriétaire de la résistance. Personne n’est plus méritant que l’autre parce que chacun à son niveau, avec son niveau de compréhension, avec ses moyens a résisté à sa manière. Les femmes à Bobo ou à Koudougou qui cuisinaient pour les résistants étaient aussi des résistantes. Quand je vois ce monsieur qui donne un sac ou deux sacs de riz à préparer, mais c’est sa contribution ! Ça veut dire que l’effort était collectif. Il faut que les uns et les autres évitent à mon avis de tirer la couverture sur soi.

Pourquoi l’armée a tardé à intervenir ?

Beaucoup se sont demandé pourquoi l’armée a tardé à entrer en action après la prise du pouvoir par le RSP ? Je ne suis pas toujours de nature à jeter la pierre sur d’autres. Vous savez, quand pendant 27 ans vous n’avez pas eu à exercer ce pour quoi vous avez été formés, vous n’avez pas eu de commandement à la limite et que vous vous trouvez en face de celui que vous avez craint pendant 27 ans, j’imagine qu’il n’est pas toujours évident d’avoir la réaction qui sied. Toujours est-il qu’il y a des éléments de cette même armée qui ont pris attache avec nous pour dire qu’ils ont entendu l’appel que nous avons lancé et qu’ils sont prêts à se mettre à l’ordre de marche et qu’ils nous demandaient 48h avant de nous revenir. Je suppose qu’ils ont mis à profit ces 48h pour se concerter avant de prendre la décision qu’il fallait marcher sur Ouagadougou. Mais une chose est de dire de marcher sur Ouagadougou et une autre chose est de le faire parce que quand vous décidez, ça veut dire au moins que vous avez le commandement de votre armée. Ce qui n’était pas le cas donc il fallait trouver des véhicules, du carburant, et de quoi manger aux soldats pendant leur déplacement, etc.

« Tout ne peut pas se dire et vous le savez »

Et l’un dans l’autre, beaucoup de camarades se sont immédiatement mis aussi en ordre de bataille pour permettre à la fois aux troupes qui étaient dans les provinces de venir sur Ouagadougou et aussi aux troupes qui étaient à l’intérieur de s’organiser pour accueillir ceux qui venaient notamment par exemple de l’unité spéciale de la gendarmerie. C’est elle qui a facilité l’entrée pratiquement de toutes les troupes à Ouagadougou en permettant de neutraliser les éléments qui étaient postés au niveau de Yimdi afin que les militaires en provenance de Bobo puissent rentrer. Tout ne peut pas se dire et vous le savez, mais l’essentiel est que pour cette phase, les uns et les autres ont donné le meilleur d’eux-mêmes », a conclu Chérif Sy.

Par cette nuit de célébration de l’an II de la résistance au putsch, le comité d’organisation entend saluer la bravoure du peuple burkinabè et l’esprit de patriotisme des forces de défense et de sécurité. C’est également un hommage qui est, une fois de plus, rendu aux martyrs tombés sous les balles assassines de l’ex-RSP qui ne supportait pas le départ brutal et forcé de son mentor, Blaise Compaoré.

Maxime Jean-Eudes BAMBARA (Stagiaire)
LeFaso.net

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