Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

LEFASO.NET | Par Oumar OUEDRAOGO • mardi 19 septembre 2017 à 00h19min

« Garantir la paix et la sécurité pour un développement économique et social du Burkina Faso : la nécessité d’une réforme du secteur de la sécurité ». C’est autour de ce thème qu’est annoncé, pour octobre prochain, un Forum national sur la sécurité. Ce rendez-vous qui se présente quelques semaines après le Colloque international de Ouagadougou sur la sécurité et la défense organisé par le Centre d’études stratégiques en défense et sécurité (CESDS) est certainement inspiré par une seule préoccupation : quelle potion pour minimiser ces attaques auxquelles fait face, d’une part le Burkina ces dernières années et, d’autre part l’espace sous-régional ? A quelques jours de ces assises nationales sus-évoquées, nous avons rencontré Sanoussa Gansonré, expert et Consultant en Organisation de Réseaux associatifs et en Police de proximité. Dans cette interview, M. Gansonré jette un regard d’ensemble sur le contexte national.

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Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

Lefaso.net : En tantque spécialiste, quelle analyse globale faites-vous de la situation sécuritaire au Burkina ?

Sanoussa Gansonré : Merci pour l’intérêt que votre organe accorde à la problématique sécuritaire. Je constate comme bon nombre de Burkinabè que la situation sécuritaire est préoccupante et interpelle plus que jamais tous les acteurs sociaux au niveau individuel et collectif. Si les vols de biens, notamment en milieu rural, ont connu une baisse significative, les attaques de nature terroriste ont connu une augmentation. On constate également une sorte de mobilisation au niveau institutionnel (organisations de la société civile, institutions de l’Etat comme le Conseil économique et social…) pour donner de la voix et suggérer des pistes de solution. C’est le signe qu’il y a de l’espoir d’inversion de la tendance les périodes à venir.

Lefaso.net : A la faveur d’une interview que vous nous avez accordée en novembre 2016, vous suggériez au gouvernement d’accélérer le processus de mise en œuvre de la « Police de proximité », dont vous êtes également un des spécialistes, que vous jugez « indispensable » pour tous. A quel niveau en êtes-vous ?

Sanoussa Gansonré : La situation sur le terrain est le statu quo, à ma connaissance. La reprise de l’opérationnalisation de la police de proximité ne demande pas grand-chose. Le terrain était clairement balisé par le deuxième plan quinquennal et les nombreuses initiatives engagées par la Direction de la Police de proximité de 2011 à 2014.

Trois grands ateliers nationaux d’orientation ont été organisés et les conclusions sont d’actualité. Il faut tout simplement mettre en place un mécanisme d’accompagnement des structures communautaires de sécurité (notamment les Initiatives locales de sécurité) par la formation sur la prévention de l’insécurité et la collaboration avec les forces républicaines de sécurité. Du reste, toutes les localités du Burkina ont été préparées à ça, depuis 2012 et 2013. Malheureusement, on a l’art de vouloir réinventer la roue alors qu’elle existe déjà et bien faite.

J’ajoute que des organisations de la société civile, bien avisées de la police de proximité, ont proposé leur appui dans ce sens au Ministère de la sécurité, mais sans suite satisfaisante. On parle et on ne travaille pas. Les mécanismes sont lourds et compromettants pour des actions fortes et porteuses de résultats durables et efficaces.

Je constate qu’on est au stade d’explications sur le nouveau décret sur l’organisation de la participation communautaire, alors qu’on a passé des années à faire des séminaires sur l’organisation de cette participation communautaire, à travers le deuxième plan quinquennal de la police de proximité. On ne peut même pas vous dire aujourd’hui combien de structures communautaires sont officiellement reconnues depuis qu’on parle de leur encadrement.

Le risque est de tomber dans les mêmes erreurs qu’avec le premier plan quinquennal en voulant décréter la mise en place de coordinations, sans une approche fortement participative. Même le nouveau décret souffre énormément de lacunes qui bloquent sa mise en œuvre. Celui qu’on avait produit en 2011 lors d’un atelier à Koudougou est de mon point de vue le plus indiqué.

Lefaso.net : Le paysconnaît des actes terroristes répétés depuis un moment, les uns aussi graves que les autres avec le dernier en date au café Aziz Istanbul le 13 août dernier. Quel sentiment cette situation, n-ième attaque, vous laisse ?

Sanoussa Gansonré : On est tous attristés par cette nième attaque. L’enseignement qu’on peut tirer est que la lutte contre le terrorisme ne se résume pas à des déclarations ou des manifestations de condamnation, mais des actes concrets dans l’ombre, sans tapages médiatiques, et avec une participation communautaire bien organisée. C’est une lutte longue qui implique tous les acteurs, chacun selon ses domaines de compétence. Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste.

Lefaso.net : Comment peut-on expliquer aujourd’hui la flambée de cette forme d’insécurité au Burkina ?

Sanoussa Gansonré : Les terroristes peuvent dire pourquoi ils agissent. Je dirai que des facteurs favorisant leur action, on peut retenir l’inattention dont nous faisons montre dans notre vie quotidienne, sans reflexe d’alerte, et la faiblesse des dispositifs de surveillance, par vidéo par exemple dans nos espaces publics. Je préfère me limiter à ces deux éléments pour le moment.

Lefaso.net : Une certaine opinion fait un lien entre les actes terroristes et le chômage ; est-ce votre avis également ?

Sanoussa Gansonré : Des études ont démontré que si le chômage est un facteur explicatif de l’insécurité dont le terrorisme, il n’en est pas le principal facteur explicatif. Il y a une bonne brochette de raisons dont l’exclusion sociale, le manque de justice, l’injustice, l’intolérance religieuse et même des raisons d’ordre purement politique.

Lefaso.net : Dans quelques jours, le pays tiendra des Assises nationales sur la sécurité. Quelle appréciation faites-vous d’une telle initiative ?

Sanoussa Gansonré : Cette initiative est salutaire, même si elle s’est imposée avec l’action décriée par certaines Initiatives locales de sécurité qui a créé une situation de malaise au niveau du pays. Il faut ajouter que l’idée n’est pas nouvelle. Elle a été retenue dans le cadre de la mise en œuvre du deuxième plan quinquennal de la police de proximité. D’ailleurs, aux premières heures de la confrontation évitée entre Koglwéogo et Forces de sécurité à Saponé, une organisation de la société civile (disposant d’une expertise en matière de participation communautaire à la prévention de l’insécurité) a proposé (avec des termes de référence) au ministère de la sécurité, l’organisation d’une table-ronde regroupant tous les acteurs sociaux visant à créer, établir un dialogue et produire des pistes d’orientation pour des actions de prévention participative de l’insécurité. C’était en avril 2016.

Pour revenir au projet de forum actuel, ce qui est prévu comme contenu paraît pertinent et peut produire des orientations pour des actions efficaces contre l’insécurité. Les conditions majeures en la matière sont la qualité de l’organisation et des réflexions et la mise en œuvre des recommandations qui en sortiront.

Lefaso.net : Etes-vous, personnellement ou via votre organisation, associé aux réflexions préparatoires de ce forum national ?

Sanoussa Gansonré : Oui, je suis un de ceux qui doivent produire des documents préparatoires devant servir aux réflexions en ateliers. Je profite pour dire merci à ceux qui m’ont fait confiance en la matière.

Lefaso.net : Peut-on réellement discuter de « sécurité » à travers un tel cadre de rencontre (Forum national) ?

Sanoussa Gansonré : Oui, je crois. Il ne s’agira pas d’étaler certains aspects sensibles du sujet, mais de penser orientation. De toute façon, les organisateurs en sont conscients.

Lefaso.net : Le pays est également caractérisé par des actes d’incivisme et d’intolérance, quel peut être le remède contre tous ces maux ?

Sanoussa Gansonré : Ce sont des aspects de l’insécurité. Ils seront traités au même titre que les autres sujets comme la délinquance. Du reste, il y a des recommandations en la matière, issues d’assises nationales et d’autres cadres de réflexions. Il faut les mettre en œuvre.

Lefaso.net : A ce jour, si vous devriez faire des suggestions aux décideurs dans ce combat..., elles seraient lesquelles ?

Sanoussa Gansonré : Il s’agira de revisiter tout ce qui a été fait antérieurement, de voir la faisabilité des recommandations et autres actions déjà formulées. On doit par exemple faire l’état des lieux de la mise en œuvre de la stratégie nationale de sécurité intérieure avant d’envisager sa relecture. Sinon, ce sera la tour de Babel, avec d’éternels recommencements, alors qu’on n’a pas assez de ressources financières face au tout prioritaire dans notre pays.

Lefaso.net : Quels conseils auriez-vous pour les populations qui vivent de plus en plus dans la peur ?

Sanoussa Gansonré : Je conseille aux populations de s’inscrire dans le cadre républicain, en mettant en place des structures communautaires de sécurité qui vont organiser leurs activités de prévention de l’insécurité, de développer des initiatives visant à surveiller leurs espaces de vie et à collaborer franchement avec les services de sécurité. Notre sécurité dépend de nous d’abord et de la confiance que nous placerons en nos services de sécurité. Chacun doit se demander qu’est-ce qu’il apporte et comment faciliter l’action ou l’apport de l’autre. On est tous responsable et comptable de notre sécurité.

Interview réalisée par
Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 18 septembre à 15:10, par Yaabi
    En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

    Monsieur Ouédraogo Oumar, au regard de l’interview transcrit le titre ne correspond pas au propos de votre invité. Il y a bien des spécialistes sur les questions de terrorisme, des gens qui ont étudié et qui sont bien informés et formés sur leurs pratiques, tels Monsieur Gansonré lui-même ou les unités anti terroristes. Peut être a t-il voulu ressortir la dimension complexe du phénomène qui conduit à un travail collaboratif. Si non Monsieur Gansonré lui-même sera quoi alors, si un néophyte comme moi doit venir parler de terrorisme ?

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    • Le 18 septembre à 16:14, par kaya
      En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

      Yaabi (internaute 1), vous n’avez rien compris du tout de l’interview de Monsieur GANSONRE qui est pourtant claire, limpide, logique et très juste. Il fait une analyse juste de la situation, sans passion et sans égoïsme. Voyez-vous, on demande aux populations de collaborer avec les FDS, on dit également qu’il y a des facteurs qui favorisent le terrorisme. A votre avis pourquoi parle-t-on d’implication des populations dans la lutte ? Pourquoi parle-t-on de justice équitable dans la société ? ça me rappelle cette interview du jeune ZONGO Miki publiée sur le Fasonet où il a défendu à peu près la même idée. Plusieurs analystes honnêtes ne diront pas le contraire. Si le terrorisme était une question de spécialistes, les grandes puissances n’en souffriraient pas. Jamais. Même les puissances où ont été formées nos FDS ’’spécialistes’’ ont été attaqués. Alors, si c’était une question de spécialistes, ces puissances ne seraient pas touchées par le phénomène du terrorisme. Donc, le consultant a bel et bien raison sur la question.

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  • Le 18 septembre à 15:25, par Kôrô Yamyélé
    En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

    - Merci Mr Gansonré en disant du terrorisme que : ’’Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste’’, parce que nous on a vu ici à la télé et des écrits dans les journaux, des petits opportunistes s’agiter avec des interviews par-ci par-là sous prétexte qu’ils sont spécialistes du terrorisme, en pensant encore que c’est un nouveau filon qui leur donnera du grain à picorer. On les a vu sur le terrain et eux sont plutôt des terroristes des prestataires de services des marchés publiques.

    Par Kôrô Ymyélé

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  • Le 18 septembre à 17:24, par paysannoir
    En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

    Je suis d’avis avec Koro. Celui-là est modeste. On entend des officiers Burkinabè soit disant "spécialistes" qui passent leur temps à dénigrer les jeunes officiers et même à tenir des propos qui divisent les FDS. Même les armées les plus puissantes, les plus renseignées n’ont pas fini avec le terrorisme. Merci Mr Gansonré

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  • Le 18 septembre à 19:48, par Batusta
    En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

    Bien vu. Les gens pensent que lorsqu’on dit dit ’’spécialistes’’, c’est le fait de se lever pour aller tuer des terroristes qui ont fini de poser leur sale besogne. Non, une fois l’acte est posé, c’est fini, même si vous les tuer, ils ont gagné. Les terroristes ne viennent pas pour vivre, ils viennent pour gâter et mourir. Donc, une fois ils ont attaqué, c’est déjà la victoire. Dans cette situation, peut-on parler de spécialistes dans la lutte ? Certainement pas. Je suis à Monsieur 100% d’accord avec Kôrô Yamyélé, paysannoir et kaya que le consultant GANSONRE mérite bien son titre et a dit ce que beaucoup ne savent pas. Merci pour cette interview.

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  • Le 19 septembre à 06:11, par Yaabi
    En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

    Internaute 2 (KAYA), je peux effectivement n’avoir rien compris car je ne suis pas un savant comme vous d’où mes interrogations pour que des éclairés comme vous m’éclaire. Je vous pose une simple question "qu’est-ce qu’un spécialiste ?" (je n’ai pas de dictionnaire). Je fait un simple parallèle avec vos propos : lorsqu’un médecin (généraliste) vous dit allez voir un "spécialiste" et que celui-ci vous dit allez voir le laborantin biomédical et de retour le "spécialiste" vous dit allez voir le radiologue puis enfin il vous prescrit une ordonnance et vous dit allez chez le pharmacien, qui lui en dernier ressort vous propose les molécules pour vous soigner... dites moi est-ce que le spécialiste en est un ? Le terrorisme est une guerre asymétrique qui requiert comme le cas d’un patient une collaboration multiforme de plusieurs acteurs, mais est-ce pour autant qu’il n’y a pas de gens qui ont été formés qui ont étudié l’art de la guerre ? Justement si tout le monde est spécialiste ou qu’il n’y a pas de spécialiste alors souffrez que n’importe quel opportuniste sorte à la télé ou dans les médias pour nous raconter des salades. C’est bien dommage au Burkina Faso tout le monde connaît tout et est spécialiste de tout. Tant pis pour ceux qui ont étudié spécifiquement !
    KAYA, je suis bien désolé de persister dans mon ignorance qu’il y a des gens "comme Monsieur Gansonré ou les unités spéciales" qui ont étudié les modes opératoires, la psychologie des terroristes... Du reste votre pseudo traduit bien une spécialité de brochettes de renommée "les brochettes de Kaya" n’est-ce pas à Kaya que se trouvait à l’origine les spécialistes de cet art culinaire ?

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    • Le 19 septembre à 10:54, par kaya
      En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

      Décidément hein, internaute Yaabi ! Je parie que vous n’avez pas lu, ça j’en suis convaincu au regard de votre niveau de rédaction. Voici l’idée que Monsieur GANSONRE voulu exprimer : la lutte contre le terrorisme n’est pas une affaire des spécialistes, c’est l’affaire de tout le monde, surtout des populations ; vous, moi, le transporteur, le commerçant, l’enseignant, la cellule familiale, etc. Si on doit laisser cette lutte aux mains des gens qui sont formés pour ça, rien ne marchera parce que l’objectif du terroriste c’est de tout gâter. Et lui, il ne cherche pas à vivre ? Comment faire dans ce cas ? Quand les unités anti-terroristes arrivent sur le terrain, c’est qu’en général c’est gâter. Donc, une fois l’attaque est faite, la lutte est perdue. Même dans les cas où les attentats ont été déjoués, ils l’ont été grâce à la collaboration de citoyens lambda. Bref, c’est pour dire ici qu’on ne peut pas se laver les mains et laisser le combat aux gens qui sont formés (théoriquement et sur la pratique) sur la question. Yaabi, c’est ce que ça veut simplement dire, ne cherche plus loin. Rien de nouveau donc, c’est ce que Simon Compaoré le ministre de la sécurité s’évertue tous les jours à dire aux Burkinabè, c’est ce que le Président du Faso dit à chaque occasion de discours et c’est également cela que même les FDS expriment à chaque moment en demandant la collaboration des populations. Merci aussi d’avoir honoré mon nom, ce n’est pas un pseudo, c’est bien un nom et c’est mon nom.

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      • Le 19 septembre à 14:21, par paysannoir
        En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

        Faut pas passer le temps à répondre à ceux qui ne peuvent te comprendre. Si certains n’ont pas compris l’article et Mr Gansonré, ce n’est pas un internaute qu’il va comprendre. Si vous avez du temps, OK

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      • Le 19 septembre à 16:48, par Yaabi
        En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

        Enchanté Monsieur Kaya !!! Je comprends vite mais il faut m’expliquer pendant longtemps. J’ai deux observations car je suis certain que nous sommes entrain d’aller vers un point de convergence.
        La première observation, je vous ai demandé la définition du spécialiste mais je ne l’ai pas retrouvé dans votre réponse. Et pourtant c’est là que se trouve peut être la source de nos divergences de points de vue.
        La deuxième observation je vous cite : "....Voici l’idée que Monsieur GANSONRE voulu exprimer : la lutte contre le terrorisme n’est pas une affaire des spécialistes, c’est l’affaire de tout le monde, surtout des populations ; vous, moi, le transporteur, le commerçant, l’enseignant, la cellule familiale, etc. Si on doit laisser cette lutte aux mains des gens qui sont formés pour ça, rien ne marchera parce que l’objectif du terroriste c’est de tout gâter....’’ je serais d’avis s’il était dit : "....la lutte contre le terrorisme n’est pas QU’UNE affaire de spécialistes...."
        Ensuite vous reconnaissez qu’il y a bien des gens qui ..."sont formés pour ça..." L’idée de Monsieur Gansonré justement c’est bien cette phrase le terrorisme n’est pas qu’une affaire de spécialistes. C’est pourquoi je vous demande de me donner la définition d’un spécialiste.
        Monsieur Kaya je ne vous connais pas mais supposé que l’on vous désigne comme "Coordonnateur national de lutte anti terrorisme" avec pour mission entre autres l’élaboration de la stratégie de lutte, honnêtement allez-vous prendre cette responsabilité ? Si Oui ou Non pourquoi ?
        Personnellement, je serais loin d’accepter cette proposition car je n’y connais rien du tout, pourtant si je dois suivre votre logique étant dans "tout le monde" je suis un spécialiste. Il y a bien parmi nous burkinabè des gens plus aptes et habilités à faire le job. C’est gens là il faut respecter leur travail, car ils sont des spécialistes en matière de lutte contre le terrorisme. Comme je l’ai dit ne banalisons pas le travail des autres car ils ont été formés pour ça. Je suis certain que Monsieur Kaya vous avez déjà eu des soucis avec au moins soit un mécanicien, un plombier, un maçon ou en gros un tâcherons, parce que simplement un apprenti qui a observé 2 jours son patron s’est improvisé tâcheron.
        Regardez dans les medias lorsqu’il y a un sujet qui nécessite des connaissances pointues l’on invite très souvent Monsieur Tout le Monde qui vient raconter sa vie et s’il est le premier à parler c’est parole d’évangile ou de coran... Parce que tout le monde est spécialiste.
        La lutte contre le terrorisme exige la collaboration de Tous mais nous ne sommes pas Tous des consultants, experts ou spécialistes en question de terrorisme. Je crois en l’expertise et c’est pourquoi à ma prochaine venue à Ouaga, je ferai un tour à Kaya pour les bonnes choses.

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    • Le 19 septembre à 13:36, par Kôrô Yamyélé
      En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

      - Yaabi pourquoi ce jeu de ping-pong avec Kaya ? Tu es trop intolérant, trop mesquin ! Je confirme : tu n’as rien compris du tout et tu es loin d’être un savant et je t’emmerde en plus !

      Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 19 septembre à 07:23, par Adama
    En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

    Les récentes incursions et attaques terroristes au Burkina ont une particularité qui diffère des cas sanglants antérieurs. En effet, le cas de Djibasso qui a connu une mort d’homme, s’est terminé par des vols de motos par les assaillants. Dans la région du sahel, les 2 récents cas vers Djibo en septembre 2017, ressemblent à des règlements de comptes ciblés avec prises d’otage. Visiblement, le groupe terroriste d’apatride burkinabè Ansaro islam de Malam Dicko est confronté à des dissensions internes. C’est ce qui pourrait expliquer les règlements de comptes à l’encontre de personnes susceptibles de détenir et de dévoiler des informations compromettantes sur le réseau et son circuit de financement. On constate que l’un des réseaux internationaux de financement du terrorisme est confronté à des dénonciations et lâchages diplomatiques. De même, au plan national, la disparition de certains clans politico-financiers qui avaient des possibilités d’instrumentalisation de groupes terroristes, contribue à affaiblir le pouvoir d‘action des terroristes. C’est ainsi que les actions terroristes récentes sur le territoire burkinabè ressemblent à des attaques de cambriolage et de règlements de comptes. En dérobant des engins et biens matériels, les terroristes pourraient les revendre pour se faire un peu d’argent compte tenu du tarissement de leur rivière financière. C’est un bon signe que les Forces de Défense et de Sécurité(FDS) sont sur la bonne voie d’éradication du terrorisme. Courage à elles et aux responsables de la sécurité dont, le ministre de la sécurité Simon Compaoré, le vieux briscard (soldat expérimenté, une personne qui se bat pour une cause) et les différents commandements des FDS.

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  • Le 19 septembre à 10:14, par Ka
    En réponse à : Lutte contre le terrorisme :« Il n’y a pas de spécialistes en la matière. C’est la synergie d’action qui en est le spécialiste », expert-consultant, Sanoussa Gansonré

    Parfaitement d’avis avec Mr. Gansonré : Sur son point de vue du renforcement de la police proximité, est à soutenir et à améliorer. Et j’ajouterai qu’il faut impérativement prendre le problème par sa racine qui est ‘’’’la relation entre la population et sa jeunesse, la relation de la population avec les responsables des mosquées dits radicaux.’’’’ Sortir de ses bureaux en tant que ministre avec des délégations bourrées des théories, et se présenter devant la population et sa jeunesse pour des recommandations théoriques, et retourner dans son luxueux bureau, n’est pas la solution.’’’’ La solution est qu’auprès des peuples vulnérables aux actions des Djihadiste, qu’il y est des lieder qui accompagnent la police de proximité et la jeunesse psycologiquement pour détecter les actions des diables de Dieu si on peut le dire ainsi. Dans notre pays comme chez notre voisin le Mali, ces fous dits terroristes sont minoritaires à manipuler les autres et imposer leur Islam au milieu des vrais musulmans : Ce sont des personnes issue du Wahhabisme d’Arabie Saoudite avec des pétrodollars qui reste pour moi que des malfrats qui instrumentalisent leurs semblables d’une parodie de religion dit secte. Ma petite contribution à cette intervention très enrichissante de Mr. Gansoré, ‘’’’c’est que nous sommes actuellement face à une violence islamique aveugle qui tue même ses propres membres, et sauf l’unité d’un peuple peut faire la différence, et nous devons serrer la ceinture et refuser les pétrodollars des personnes autos proclames calife (El Bagdadi) qui ne sont que des usurpateurs qui causent tout ce carnage que nous vivons aujourd’hui. Mettons une ligne interdite avec les dollars qu’on nous donne en nous attirants comme des mouches des pays du Golfe qui financent le terrorisme, et nous vaincrons le mal.

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