Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

mercredi 6 septembre 2017 à 14h39min

Le débat clair-obscur qui traite des questions de population (nombre d’enfants par femme en Afrique et au Burkina Faso, planning familial, relation population et développement, etc.) interpelle particulièrement les démographes, les statisticiens, les économistes et les intellectuels de façon générale. Déboussolé par l’étendue de la confusion savamment entretenue mais aussi la profondeur qui sépare les questions scientifiques des opinions profanes, le Dr Claude WETTA nous livre sa part de vérité sur les questions démographiques au Burkina.

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Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

J’ai eu la chance de dispenser le cours de démographie aux économistes (ESSEC, ISIG) mais aussi aux sociologues (département de sociologie de l’UO) pendant plusieurs années. Parallèlement, la Cellule de Veille Prospective (CVP), mise en place par le Ministère de l’Economie et des Finances, nous a offert l’occasion en 2010 d’entreprendre une étude intitulée « défis de la croissance démographique au Burkina Faso » avec monsieur DAKUYO L.M. (démographe) et monsieur KONE M. (statisticien-économiste).

Ces expériences me donnent non seulement le droit mais aussi m’intime le devoir d’intervenir dans cette controverse passionnante pour asséner le point de vue de l’enseignant et du chercheur. C’est au nom des centaines d’étudiants qui attendent une voix rassurante que je romps le silence pour leur réaffirmer que les notes de cours qu’ils possèdent restent d’une actualité brulante, mais c’est aussi au nom de la Science que j’interviens pour affirmer que la droiture doit rester la boussole de l’intellectuel, notamment de l’intellectuel patriote. Nous allons nous focaliser sur les résultats de la recherche de 2010 qui peuvent éclairer beaucoup de lecteurs burkinabè et africains.

Bref résumé de la théorie de la transition démographique

La transition démographique, au sens large désigne le passage, à l’occasion d’un processus de modernisation, d’un régime démographique d’équilibre à fécondité et mortalité élevées, à un régime à fécondité et à mortalité faibles. Plus simplement, le modèle distingue quatre phases : la phase initiale se caractérise par des niveaux très élevés de mortalité et de fécondité. Au cours de la seconde phase, la mortalité amorce une baisse, sous l’effet de l’amélioration de l’alimentation, des conditions d’hygiènes et des progrès sanitaires : le taux de croissance démographique devient alors naturellement très élevé. La troisième phase est caractérisée par l’entrée dans la modernisation, où le développement économique s’accompagne de progrès multiformes.

Ces changements qualitatifs ont un impact sur la fécondité, qui entame désormais une baisse continue. Au cours de la dernière phase, la natalité et la mortalité se rejoignent à des niveaux plutôt faibles. Ce modèle interprétatif repose sur deux postulats centraux : i) l’antériorité de la baisse de la mortalité ii) le rôle moteur de la croissance économique et des transformations sociales dans le déclenchement du recul de la fécondité. La validité de cette théorie a été prouvée dans de nombreuses parties du monde et l’exemple du Burkina Faso vient confirmer son universalité.

La transition démographique au Burkina Faso

Lorsque les résultats du RPGH 2006, ont indiqué que le Burkina Faso avait eu un taux de croissance démographique annuel moyen de 3,1% entre 1996 et 2006, les alarmistes et les néo-malthusiens, encore eux, ont crié à l’explosion démographique. C’est pourquoi la « Cellule de veille prospective » chargée de surveiller l’évolution des variables-clés du « système Burkina », dans le contexte général de la vision Burkina 2025, a demandé à trois chercheurs burkinabè d’analyser cette situation avec des outils démographiques, statistiques et économiques afin de fournir un diagnostic scientifique sur cette question. Voici les conclusions des chercheurs. Les variables qui sont le plus difficiles à faire bouger (rigides) sont le Taux Brut de Natalité (TBN) et l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF). En effet le Taux Brut de Mortalité (TBM) a chuté de 20%°ou de 2% en 46 ans.

La représentation graphique des deux variables (Taux Brut de Natalité et Taux Brut de Mortalité), nous livre une courbe tangente à la droite de 50%° pour le TBN et une autre qui s’incurve profondément passant de 32%° en 1960 à 11,8%° en 2006.

Graphique 1 : Evolution de l’accroissement naturel

L’enseignement majeur à tirer de cette dynamique est que le Burkina Faso se situe dans la seconde phase de la transition démographique, ainsi que le suggère le graphique 1. Dans cette perspective, la poussée démographique était attendue et tout à fait normale, car résultant de l’antériorité de la baisse de la mortalité postulée par le modèle de la transition démographique.

Quant au tableau 1, il nous indique en outre que la transition démographique est nettement plus avancée en milieu urbain (3,9 enfants par femme en ville en 2016 contre 5,7 enfants par femme en zone rural). Au Burkina Faso, à l’instar de nombreux pays africains, la transition démographique apparait comme étant à double vitesse. Pourquoi la CEDEAO qui connait tous ces chiffres et qui en détient de meilleurs peut-elle se mettre à la remorque des Macron et consorts ? Pourquoi veulent-ils conduire les peuples africains vers un vieillissement précoce ?

L’évolution récente du Taux Brut de la Natalité et du Taux Brut de la Mortalité

L’évolution récente confirme les prévisions de la théorie de la transition démographique. Alors que le TBN attend une baisse conséquente du TBM (au moins 10%°) pour amorcer sa propre chute, le TBM en raison des progrès de la science et de la médecine au plan mondial et de leur implémentation dans des pays comme le Burkina Faso, dès 1960 commence sa lente descente vers les 10%°. Il atteint les 10%° en 2010 et descend en dessous de cette barre en 2016.

Le taux de croissance naturel faible au départ (1,87%) s’accroît, non pas en raison de l’accroissement du taux brut de natalité (47%° en 1960 et même taux en 1990) mais à cause de la baisse rapide du taux brut de mortalité (28,5%° en 1960 et 9%° en 2016). Le graphique 1 et le tableau n°2 peuvent être comparés avec les « modèles » type de transition démographique établis par D. Taboutin et B. Schumacher . Le cas du Burkina correspond de façon très nette au modèle « traditionnel », comme celui de son voisin, le Mali. La mortalité a connu une baisse importante, du fait du développement des infrastructures sanitaires et des apports de la médecine moderne (vaccination, chirurgie, accouchements assistés, etc.). La natalité quant à elle stagne, voire connaît une baisse récente .

Dividende démographique

Les investissements dans le capital humain – la santé et l’éducation – créent des opportunités pour le développement d’une main-d’œuvre qualifiée et en bonne santé. Le graphique n°2 montre que le TBM a connu une chute importante de 20%° entre 1960 et 2016. Par contre le niveau de formation au Burkina Faso qui était d’une demie (0,5) année de scolarisation en 1998 est passé seulement 1,3 année de scolarisation par individu selon le PNUD en 2012. Le Burkina Faso a donc un énorme déficit dans le domaine de la scolarisation des enfants, de la formation des jeunes (garçons comme filles). Des pays proches géographiquement et économiquement comme le Ghana (7 années de scolarisation par individu selon la même source), le Cameroun (5,9 ans) et la Côte d’Ivoire (4,2 ans) ont un nombre d’années de scolarisation per capita plus élevés que celui du Burkina Faso.

Notre pays doit se focaliser sur les efforts à fournir pour booster cette variable plutôt que sur les « sept à huit enfants par femme » du président français Emmanuel Macron ou la norme maladroitement et grossièrement arbitraire des « trois enfants par femmes » de la CEDEAO. Les performances économiques des pays de l’Asie de l’Est et du Sud-Est s’expliquent en partie par la judicieuse exploitation qu’ils ont faite du bonus démographique. Ainsi selon Bloom al. (2003), ce dividende explique entre un quart et un tiers du miracle économique de ces pays.

Conclusion

Les thuriféraires de l’esclavage, de l’exploitation coloniale et néocoloniale ont menti et professé des idées racistes, rétrogrades et impérialistes pour piller les richesses de l’Afrique pendant plus de trois siècles et demi. Heureusement en ce début de XXIe Siècle, l’Afrique reste plus que jamais début, fière et altière, prête à affronter des défis herculéens, alors que nos contempteurs sont sur la défensive. En effet la transition démographique est avancée au Burkina Faso et en Afrique : si au niveau national nous avons entamé la seconde phase en ville nous sommes dans la troisième phase de la transition démographique. Pourquoi alors les malthusiens et les néomalthusiens et leurs adeptes s’inquiètent ? C’est pour éviter que nous nous posions les bonnes questions : Pourquoi depuis plus d’un demi-siècle les investissements dans le domaine de l’éducation scolaire sont insignifiants ? Pourquoi nos universités sont dans un état de délabrement avancé ? Pourquoi les paysans ne disposent pas de matériels et d’équipements agricoles adéquats ? etc. Ce sont les réponses à ces questions qui vont nous conduire vers le progrès et l’émancipation véritable.

En effet les richesses naturelles du continent ont été entamées certes par le pillage de l’impérialisme mais elles demeurent toujours disponibles pour envisager un grand dessein pour l’Afrique. Le complément des ressources naturelles, les ressources humaines commencent à se rendre disponibles en quantité comme en qualité. D’où les relents de propos racistes que nous avons déjà entendu sur la surpopulation asiatique, comme le « péril jaune » qui, dans les années 1950 et 1960, constituait une menace grave pour les Occidentaux. Ayons le viseur tourné vers les questions substantielles, laissons les chiens aboyer, la caravane de l’Afrique majestueuse et sereine doit avancer et continuer d’avancer sans se laisser distraire.

Dr WETTA Claude
Centre d’Etudes de Documentation
et de Recherches Economique et Sociales
(Université Ouaga2)

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Vos commentaires

  • Le 6 septembre à 12:03, par Sarre
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    Merci Professeur.
    Votre exigence et votre honnêteté intellectuelles contribuent vraiment à contenir ce racisme notamment français drapé sous le manteau d’une pseudo-coopération. Parce que ce que Macron et consorts racontent, ce n’est rien d’autre, au fond, que du racisme (Jean Marie Lepen s’est ainsi réjoui de l’épidémie Ebola en Afrique, et donc au final sur cette question de population vous verrez de plus en plus que les Occidentaux risquent finalement d’en appeler à l’assassinat des Africains par tous moyens pour soi-disant réduire les populations alors même que pour comparaison l’Afrique est sous-peuplée par rapport à l’Occident et consorts). C’est purement du racisme, peu importe l’habillage, puisque c’est de cette même façon que l’Occident a traité les Asiatiques ("péril jaune" : beaucoup de journaux USA de l’époque insultaient même carrément les Coréens) pendant longtemps avant de capituler devant le ridicule de leur pseudo-connaissance des autres peuples.

    Et vraiment j’ai été étonnée de la réaction des valets locaux de la CEDEAO, l’Honorable regretté Salifou Diallo (Paix toujours à son âme !) à leur tête, sans même daigner consulter leurs savants intellectuels sur un sujet aussi important. Et je suis sure que le soi-disant journaliste ivoirien qui a posé la question à Macron pour lui offrir l’occasion de vomir sa haine du Noir (dont il aime pourtant le CFA et autres liens de servitude), et bien ce journaliste-là a été instrumentalisé à cette fin, soit directement par la France, soit par l’intermédiaire de ses valets locaux sur le continent et surtout en Côe d’Ivoire, et donc c’est quelqu’un qui a dit à ce journaliste de poser cette question préparée de longue date à Macron pour que ce dernier se donne le plaisir de broyer du Noir.

    C’était même ahurissant ce comportement puéril de tous ces gens (journaliste et CEDEAO) soutenu par un racisme occidental sans nom.

    C’est pourquoi les intellectuels africains doivent vraiment de plus en plus s’engager aux côtés de la vérité, et non plus rester seulement dans les amphithéâtres. Allez à la rencontre des populations pour leur expliquer les choses en langage simple pour éviter toutes ces manipulations racistes, comme sur le CFA aussi. Cela étant en plus de la vérité scientifique, c’est dire aussi la vérité ordinaire aux gens de faire les enfants selon les moyens, même si pour des raisons évidentes notamment en milieu rural on fait plutôt plus d’enfants par manque de moyens (l’absence de structures sanitaires fait que la peur de perdre ses enfants d’un moment à l’autre fait qu’on en fait beaucoup pour être plus sûr de pouvoir en conserver quelques uns, en plus de la question de main d’oeuvre etc.).

    Donc la Francafrique et son racisme, à bas ! Leurs valets locaux, hors d’Afrique !

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    • Le 6 septembre à 17:14, par Hussein
      En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

      Je ne peux que m’allier entièrement à vous. Tout le monde entier le sait : cet blanc arrogant a toujours vécu au dessus de ces moyens, au péril des peuples africains. Son pays se trouve de facto en faillite. Il ne peut compter que sur la destabilisation du sahel pour piller les biens des africains, afin de pouvoir assainir ses finances. Il nous incombe de changer l’ordre mondial actuel avec tous ses instruments de domination des peuples du monde essentiellement par trois pays, car il nous empêche à tous les points de vue de nous développer.

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  • Le 6 septembre à 12:22, par B. NOUFOU
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    Merci pour cet éclairage. C’est du propre.
    Il est temps que les africains pensent eux mêmes et non faire du suivisme.

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  • Le 6 septembre à 12:44, par Hussein
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    Merci Mr. Wetta pour un travail impeccable avec une conclusion très pertinente. Avec le taux de croissance annuel de 3,1% (si cette valeur reste constante pendant longtemps) la population du Burkina Faso se double tous les 22.7 ans. Ce qui signifie que pays doublera sa population de 1996 au 3e Quartal 2019. En comparaison la population du Nigeria se double tous les 10 ans. Je vois cela comme un atout si nous agissons en conséquence et à temps, en investissant massivement dans l’infrastructure, dans une éducation de qualité des jeunes qui constitueront plus de la moitié de cette population croissante, pour garantir une main d’oeuvre de qualité, pour les industries de transformation locale. Notre préoccupation pour le bonheur des africains, c’est de transformer nos ressources restantes sur place et de les consommer d’abord dans un grand marché intérieur interafricain. Aussi nous devons comprendre que les actions terroristes dans nos pays sont téléguidées par ceux qui misent sur la destabilisation des pays pour continuer à poursuivre le pillage de nos ressources naturelles. Les pays francophones d’Afrique doivent maintenant briser les chaînes de la servitude néocoloniale et se joindre aux autres pour construire une puissance économie africaine, qui deviendra plus tard la plus importante du monde. Soyons courageux, croyons en nous et soyons nous-mêmes les acteurs de l’essor économique du continent africain.

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  • Le 6 septembre à 15:05, par Truth
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, même si je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut faire les enfants selon ses moyens. Les Occidentaux, vu notre nombre qui ne fait que s’accroitre, se sentent en danger. Si nous sommes de plus en plus nombreux, nos demandes aussi vont s’aligner en fonction du nombres de bouches à nourrir et a prendre soins ce qui n’arrangerait pas les Occidentaux parce qu’il n’auront de ressources suffisantes pour maintenir leur styles de vie, etc. Il faut donc tirer la sonnette d’alarme et faire croire au Africains qu’il font beaucoup d’enfants. Nos gouvernants doivent mettre l’accent sur l’EDUCATION et l’AGRICULTURE, on aura vraiment rien a envier à qui que se soit. Les Asiatiques n’ont pas de leçons à recevoir de qui que se soit.

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  • Le 6 septembre à 15:26, par ous
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    Merci professeur !
    Ki Zerbo disait ceci : Ce n’est pas parce qu’on fait beaucoup d’enfants qu’on est pauvre.
    Mais on fait beaucoup d’enfant parce qu’on est pauvre. A méditer

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  • Le 6 septembre à 15:29, par Le vigilant du Sahel
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    Merci Professeur. Vous avez dit l’essentiel. Il faut plutôt asseoir une politique de gestion vertueuse de nos ressources naturelles et de nos bras valides. Le Cap Vert est un exemple patent. C’est un pays qui n’a pas assez de terre, rien que de petites îles, mais il avance. La moitié de la population travaille en dehors du pays. Dans le monde moderne, le nombre ne devrait pas être un problème pour un pays qui ambitionne d’émerger. Il faut simplement repenser nos approches et nos politiques. Sous la Révolution, l’Etat savait construire des habitats à niveau. Trente ans après, nous voilà à la case départ. Les cités de Bassinko et autres que nos dirigeants actuels sont entrain de mettre en oeuvre sont une catastrophe et un véritable recul. C’est la parfaite illustration d’une politique de logement en total déphasage avec les réalités actuelles et futures. Que Dieu donne un peu d’intelligence et une dose de fibre patriotique à ceux qui nous gouvernent

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  • Le 6 septembre à 16:10, par BADRA
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    Chapeau bas pour cette analyse cohérente de la démographie en Afrique et particulièrement au Burkina Faso.

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  • Le 6 septembre à 16:12, par L’Oeil du Peuple
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    En aucun moment la croissance démographique de l’Afrique Sub-saharienne ne saurait expliquer le retard économique de cette partie du continent.Les raisons de cette mauvaise performance économique sont à rechercher ailleurs.Entre autre autre on peut voir la mauvaise gouvernance de nos pays,la bradation de nos ressources naturelles,la forte influence du colonisateur sur nos Etats,voire nos dirigeants,la prise en otage de nos économies par les occidentaux,etc..............Le continent africain jusque-là reste le continent le moins peuplé.

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  • Le 6 septembre à 16:52, par Mandela
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    Dr WETTA, l’auteur de l’article, a annoncé une contribution scientifique, mais il s’est plutôt agit d’un discours politique basé sur de pseudo arguments scientifiques. L’auteur s’est en effet référé à une description peu utile des 4 phases de la transition démographique, connues depuis des siècles, sans le moindre commentaire sur les schémas très variables d’évolution au sein de chacune des 4 phases, comme cela apparait bien clairement dans les travaux de la Chaire Quetelet 2010 en Belgique sur les ralentissements, résistances et ruptures dans les transitions démographiques.

    Dr WETTA a semblé ignorer l’hypothèse implicite selon laquelle “la transition de la fécondité d’un pays doit se faire de manière continue du départ à l’arrivée, c’est-à-dire du décrochage d’un taux maximal ou « naturel » de fécondité à un taux assurant le remplacement des générations, à savoir environ 2,1 enfants par femme” (voir “Les facteurs socioéconomiques dans la stagnation de la baisse de la fécondité : une revue de la littérature” présentée par Frédéric SANDRON à la Chaire Quetelet de 2010). Fondée sur l’observation empirique des transitions achevées, cette hypothèse est considérée comme violée lorsque la fécondité ne baisse plus, ou très peu, durant quelques années, alors qu’elle n’a pas atteint le niveau de remplacement.
    Au vu de l’hypothèse ci-dessus, l’objectif de 3 enfants par femme à l’horizon 2030 de la déclaration de Ouagadougou devrait bien se situer dans des trajectoires optimistes de baisse de la fécondité dans les pays d’Afrique de l’Ouest, et n’est nullement arbitraire comme le proclame Dr WETTA, dont le discours politique a fini par se révéler lorsqu’il a gratuitement lié l’objectif des 3 enfants par femme en moyenne de la rencontre de Ouagadougou à la déclaration de Macron. Dr WETTA, a du coup oublié que la rigueur scientifique, à laquelle il s’est référé dans son article, devrait lui avoir imposé de chercher à vérifier son hypothèse de lien de la déclaration de Ouagadougou avec celle de Macron avant de se permettre d’être si affirmatif. Le sommet des parlementaires a été planifié en décembre 2016, l’organisation lancée en février 2017 et les invitations en mai 2017 (cf.communiqué de presse paru dans les médias), et donc que Macron n’était ni candidat encore moins élu ! Affaire à suivre !

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  • Le 6 septembre à 16:55, par Que les média s’abstiennent de donner la parole à Macron lors de sa visite
    En réponse à : Croissance économique en Afrique : « La démographie ne saurait être seule responsable »

    On dit que Macron vient au BF. Les médias, pardon. Laissez-le tranquille faire son cinéma monté depuis Paris et repartir comme il est venu. Ne faites pas comme le journaleux ivoirien en lui répétant des questions préparées à l’avance par la France et ses valets locaux.

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