Promotion des biotechnologies agricoles : Trois journalistes lauréats du prix OFAB 2017

LEFASO.NET | Maxime Jean-Eudes BAMBARA (stagiaire) • dimanche 3 septembre 2017 à 19h47min

Lancé le 14 juillet 2017, le concours de promotion de l’excellence en journalisme sur les biotechnologies agricoles dénommé ‘’PRIX OFAB 2017’’, a connu son dénouement ce samedi 02 septembre 2017 à Ouagadougou avec la cérémonie officielle de récompense des lauréats.

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Promotion des biotechnologies agricoles : Trois journalistes lauréats du prix OFAB 2017

Ils ont tapé fort dans l’œil du jury par la qualité de leurs productions à cette première édition du Prix OFAB qui vise l’excellence en journalisme sur les biotechnologies agricoles et ils reçoivent à cette cérémonie de remise de prix leurs récompenses. Ainsi Ahadi Sandamba, de la RTB2 Télé Bobo, Cyr Payim Ouédraogo du journal Info Science Culture et Ouaboué Bakouan de la radio manivelle à Dano dans le Sud-Ouest sont les trois lauréats du prix OFAB 2017. En plus des trophées et attestations, ils empochent respectivement les sommes de 200 000fcfa, 300 000 fcfa et 500 000 fcfa.

Des lauréats qui témoignent des réalités du terrain

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Monsieur Bakouan recevant son prix des mains du ministre de la communication, parrain

« J’ai travaillé sur les variétés de semences améliorées de maïs mises au point par l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) au Burkina Faso. Et nous pensons poursuivre dans cette lancée pas pour les prix, mais parce que nous avons le mandat du peuple, donc nous avons un devoir de faire la promotion des fruits de la recherche notamment dans l’agriculture au Burkina Faso » a expliqué Ahadi Saadamba. Pour le troisième lauréat, il est de bonne guerre pour le journaliste, dans un contexte où l’on parle de changement climatique et des fléaux qui entravent l’atteinte de la sécurité alimentaire, d’œuvrer à la vulgarisation des fruits de la recherche pour l’atteinte de la sécurité alimentaire au Burkina Faso. « C’est notre part contributive à ce niveau » a-t-il souligné.

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Cyr Payim Ouédraogo recevant son prix des mains du SG du ministre en charge de la recherche scientifique et de l’innovation

La deuxième production de Cyr Payim Ouédraogo de Info-science culture, titrée « Coton Bt au Burkina : Confidences des producteurs » a remporté le deuxième prix. Entre producteurs et responsables de la SOFITEX, la Société des Fibres et Textiles du Burkina, monsieur Ouédraogo a pu constater, à travers une enquête, l’impact de l’arrêt du coton Bt au Burkina Faso et raconte ici la réalité du terrain : « Nous avons constaté qu’il y avait éruption de superficie parce que le nombre de traitements dans les champs augmentait et certains allaient jusqu’à neuf et dix traitements, ce qui n’était pas facile pour les producteurs qui étaient obligés de réduire les superficies contrairement au coton Bt où il fallait deux traitements. Il y a aussi le problème de combinaison, d’équipements pour la protection lors des pulvérisations. Certains nous ont confié que des membres de leurs groupements sont tombés pendant le traitement à cause des effets nocifs des pesticides ». Poursuivant son explication, il a souligné le fait que des producteurs ont manifesté l’envie, l’espoir qu’un autre coton Bt de qualité supérieure revienne pour leur permettre d’accroitre leur rendement, d’avoir une santé meilleure et réduire la pénibilité du travail parce que c’est un coton qui se traite encore plus aisément que le conventionnel.

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Monsieur Bakouan de la radio manivelle de Dano, 1er prix

Ouaboué Bakouan a, quant à lui, traité des bio-digesteurs, cette technologie qui permet de booster la production agricole et qui au finish donne de la lumière et du fumier. « Il faut dire qu’en recevant ce prix, je suis très content mais j’ai un pincement au cœur parce qu’en traitant cette thématique, j’ai vu que la plupart des producteurs avaient besoin de bio-digesteurs mais le projet ne peut pas leur fournir cela. Et même ceux qui en avaient, il y avait des pièces manquantes et ils ne peuvent pas avoir des pièces de rechange. Je vois que le gouvernement met souvent une politique en place mais n’arrive pas au bout de ses objectifs ; donc les résultats sont à la fin mitigés ». A regretté l’auteur du magazine radiophonique de 27mn qui a remporté le premier prix.

C’est fort de ce constat qu’il dédie son prix à tous ces producteurs qui se battent jour et nuit pour le développement de l’économie burkinabè.

‘’La recherche scientifique, un sujet relativement complexe’’

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Dr Emile Bazyomo, président du Jury

Sur onze productions enregistrées au départ, le jury en a examiné dix et disqualifié une pour ‘’problème de paternité et confusion de genre’’ selon les mots du président du jury, Dr Emile Bazyomo, enseignant chercheur. En dehors des trois lauréats, tous les candidats retenus ont reçu des prix d’encouragement (20 000fcfa) plus une attestation de participation au concours qui était ouvert à tous les genres rédactionnels avec la condition que les productions en question aient été diffusées ou publiées dans l’intervalle du 1er janvier au 31 juillet 2017. Pouvaient y participer les journalistes nationaux et étrangers, les free-lances et les bloggeurs avec des œuvres réalisées en français ou en anglais.

Les critères sur lesquels les productions ont été examinées par les cinq membres du jury étaient entre autres l’originalité, l’intérêt journalistique, l’exactitude de l’information, la qualité de l’expression, la qualité des images d’illustration.

« La question scientifique est un sujet relativement compliqué qui nécessite pour le journaliste de prendre plus de temps que d’habitude, d’aller dans le fond et de rendre ce qui est complexe le plus simple possible pour ses lecteurs, ses auditeurs et ses téléspectateurs. C’est pourquoi ce concours a un intérêt particulier, celui d’inviter les journalistes à faire en sorte que les résultats scientifiques soient un des sujets qu’ils peuvent maintenant en toute liberté aborder en tout temps sans qu’on ait besoin qu’il y ait un concours pour les inciter à le faire ». A indiqué le président du jury qui du reste fait une ‘’assez bonne’’ appréciation du niveau des candidats.

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Ahadi Sadamba, 3e lauréat

Des observations, le jury a d’ailleurs relevé le délai de production (deux semaines) qui était relativement assez court pour produire des œuvres de qualité et la rareté des productions journalistiques dans le domaine de la recherche scientifique.

Appel à la promotion des fruits de la recherche

Le ministre de la communication, Rémis Fulgance Dandjounu, parrain de la cérémonie, a salué l’initiative de la Fondation Africaine pour les Technologies Agricoles à travers ce prix et encouragé les hommes de médias à plus d’intérêt et d’investigation sur l’utilisation des résultats de la recherche scientifique ; car pour lui, c’est dans cette logique que le « Savoir et le Savoir-faire » des scientifiques seront plus profitables aux populations grâce au « Faire-Savoir » des communicateurs.

Maxime Jean-Eudes BAMBARA (Stagiaire)
Lefaso.net

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