Agriculture du Burkina : « Les femmes ont remplacé les hommes dans les champs », déplorent les femmes de la commune de Bama

LEFASO.NET | Romuald DOFINI • mercredi 30 août 2017 à 17h25min

Au Burkina Faso, les femmes participent largement à la production agricole et à la transformation des produits. Ainsi, leur rôle est essentiel dans le développement de la sécurité alimentaire. Pourtant elles jouissent rarement des mêmes droits que les hommes, notamment en ce qui concerne la propriété terrienne et les aides de l’état burkinabè. Toutefois, elles déplorent le fait que ce sont les femmes qui ont remplacé les hommes dans les champs. Une situation qui indigne ces dernières.

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Agriculture du Burkina : « Les femmes ont remplacé les hommes dans les champs », déplorent les femmes de la commune de Bama

Aujourd’hui, l’agriculture constitue un moyen de subsistance pour bon nombre de femmes au Burkina Faso. En effet, elles participent de manière considérable à l’économie rurale dans presque toutes les régions du pays. Ainsi, au cours d’une visite de presse organisée les jeudi 13 et vendredi 14 juillet 2017 par le secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG) dans les communes de Bobo-Dioulasso et de Bama, nous avons accosté certaines femmes de la commune de Bama, notamment les étuveuses de riz. De cette rencontre, elles ont déploré le fait que ce sont les femmes qui ont remplacé les hommes dans les champs. Une situation qui indigne ces dernières.

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La présidente de l’union des femmes étuveuses de riz, madame Sawadogo Mariam

Selon elles, dans la commune de Bama, les femmes reçoivent en général une partie très faible de terre cultivable, du crédit, de la formation ou de l’information agricole, « ce qui n’est pas normal », a laissé entendre la présidente de l’union des femmes étuveuses de riz, madame Sawadogo Mariam, d’un air sérieux.

« Aujourd’hui, si on veut bien voir, ce sont les femmes qui travaillent beaucoup plus dans les champs. Les femmes ont remplacé les hommes dans les champs », a-t-elle déploré.Avant d’ajouter : « Nous avons fait le constat sur la route de Ouaga-Bobo. Si vous prenez la route, c’est uniquement les femmes vous allez voir dans les champs avec leurs enfants et même s’il y a un homme, souvent il est assis sous les arbres et c’est lui qui joue le rôle de baby-sitter pendant que la femme et les enfants travaillent ».
« Si vous allez dans nos champs actuellement, vous allez faire le constat, uniquement que des femmes », a lancé une autre comme pour appuyer les propos de sa présidente. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 31 août à 01:00, par Biata
    En réponse à : Agriculture du Burkina : « Les femmes ont remplacé les hommes dans les champs », déplorent les femmes de la commune de Bama

    Mes sœurs, laissez-moi vous dire quelque chose dans l’oreille. La gente masculine a toujours été plus fainéante que la gente féminine. Par rapport au courage et à l’investissement dans l’économie par l’effort au travail, je dirais que les hommes en milieu rural comme en milieu urbain sont d’une paresse légendaire à 99,90% comparée à l’ardeur des femmes au travail que ce soit dans la production, dans la transformation, dans la conservation, dans le conditionnement ou encore dans la commercialisation des produits, notamment agricoles.
    A la lecture de mon post, tous les hommes seront vent débout pour me contredire et me fustiger et pourtant c’est la stricte vérité. On les voit tout le temps, à Bama ou dans une autre localité au Burkina, c’est pareil. Ils se lèvent le matin pour aller au champ par exemple. Vers 10h, ils sont déjà affalés sous les arbres ou attroupés autour des calebasses de dolo et/ou de patassi dans les cabarets, occupés à boire, à raconter des bobards et à tapoter les fesses, surtout quand ils sont bien imbibés. Pendant ce temps et ce, jusqu’au crépuscule, les femmes s’échinent dans les champs pour ne pas manquer de quoi nourrir leur famille dont messieurs se disent être les chefs respectifs !! Les femmes de Bama ont raison de soulever ce problème et doivent être suivies par toutes les femmes du Burkina pour dénoncer cela et réfléchir à des solutions. Mais lesquelles solutions, face à un problème d’ordre sociologique, culturel et éducatif ? En tout cas, un constat est là, réfléchissons-y. Messieurs les hommes, disons que la balle est dans votre camp. Étes-vous disposés enfin à vous investir réellement et efficacement dans les travaux champêtres et dans les activités annexes, aux côtés de vos épouses et de vos enfants , toujours utilisés comme une main d’œuvre facile, contrainte et gratuite pour vous ?

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    • Le 31 août à 10:51, par Kôrô Yamyélé
      En réponse à : Agriculture du Burkina : « Les femmes ont remplacé les hommes dans les champs », déplorent les femmes de la commune de Bama

      - Ma soeur, la vérité c’est qu’avec cette histoire de Genre qui fait manger beaucoup de personnes et avec laquelle on nous rabâche les oreilles à n’en pas finir, les femmes veulent même être en haut dans le lit une fois la nuit venue, et pas seulement dans les champs à la place des hommes.

      Les Nations-Unies se sont accaparées du Genre alors que ce fut une idée de Thomas Sankara avec la journée du marché faite par les hommes, le salaire minimum vital qui fut combattu par les réactionnaires de tout poil ici. C’est la même chose avec le PEV (Programme Élargi de Vaccination) qui est aussi venu de l’idée de Thomas Sankara avec la vaccination Commando. Il en est de même avec la Convention de lutte contre la désertification et les changements climatiques. Suite à non discours au siège des Nations-Unies à New-York, il avait dit que c’est possible que ce soit tous ces engins que les pays développés envoient dans l’espace qui perturbent le climat et accentuent la désertification. Il avait même proposé que ces pays consacrent 1% des budgets des recherches spaciales pour lutter contre la désertification en Afrique. Les observateurs avertis ont dû remarquer que 5 ans après sa mort, la Conférence de Rio s’est tenue en juin 1992 pour adopter la Convention de lutte contre la désertification (CCD) qui est mise en oeuvre dans les pays à travers des Plans d’Actions Nationales de Lutte contre la Désertification (PAN/LCD), et plus tard la Convention de lutte contre les changements climatiques à travers le Protocole de Kyoto, traduite aux niveau des nations par les Plan Nationaux d’Adaptation (PANA) aux changements climatiques. Et pour trouver un justificatif à toutes ces usurpations, ils se sont refugiés derrière le terme ’’Développement Durable’’ soit disant que celà été évoqué dans le Rapport de la Commission Mondiale de l’Environnement et du Développement présidée par la Première Ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland, rapport justement finalisé en 1987 (Sankara a été tué quand ?). Vous avez même dû savoir que le Pésident Jacques Chirac avait demandé qu’il soit prélevé 1% sur chaque billet d’avion de Air France pour financer le développement en Afrique !?

      CONCLUSION  : Si un leader africains a des idées lumineuses, les nations développées se coalisent et ourdissent un complot pour le faire tuer par des mains africaines en vue de récupérer et voler ses idées, les conceptualiser, les cadrer et les revendre aux autres pays. Rappelez-vous de tous ces gens comme Cheik Anta Diop, Lumumba, Nkruma, etc.

      CONCLUSION DES CONCLUSIONS  : Les Nations-Unies doivent indemniser fortement le Burkina Faso pour l’usurpation abusive des idées d’un de ses dignes fils !

      Par Kôrô Yamyélé

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      • Le 31 août à 20:19, par Biata
        En réponse à : Agriculture du Burkina : « Les femmes ont remplacé les hommes dans les champs », déplorent les femmes de la commune de Bama

        Kôrô Yamyélé, j’ai toujours plaisir à vous lire même si je ne suis pas toujours de votre avis. Je salue votre contribution sur ce forum qui pour ma part est très édifiante. Vous nous apprenez beaucoup sur notre pays et au-delà. Merci de nous faire bénéficier de votre maturité et de votre expérience de la vie.

        J’ai bien compris votre message dont la teneur sociopolitique est nationale et supranationale. Je reconnais comme vous que Sankara fut très visionnaire sur les questions liées au développement, à la préservation de l’environnement, aux droits des femmes et aux avancées sociétales en général. Malheureusement, le rapport de force est encore tel que les pays dits développés abusent des plus faibles en terme de progrès. Pour y parvenir, ils maintiennent ces derniers par tous les moyens dans le sous-développement y compris en faisant taire les esprits éclairés dans ses pays. D’où le sort réservé à Sankara avec la complicité des nôtres. Pareil pour Hamani Diori au Niger qui a été violemment écarté du pouvoir pour s’être insurgé contre le pillage de l’uranium de son pays et j’en passe...

        Pour autant, vous ne répondez pas à la préoccupation de nos braves mamans de Bama qui elles, s’insurgent contre la paresse et le machisme des hommes qui se prélassent toute la journée et laissent les femmes trimer seules dans les champs. Que dites-vous concrètement à nous les femmes qui vous disons que nous avons marre de la fainéantise des hommes. Que dites-vous à vos congénères ? Trouvez-vous normal qu’une femme ploie sous le poids des travaux champêtres et domestiques alors que son homme se promène de cabaret en cabaret ? Ensuite, il dira partout qu’il récolté tant de sacs de maïs, tant de sacs de mil et autant de riz, sans spécifier que ce sont femmes et enfants qui ont trimé dans les champs. Il présentera cela comme étant le fruit de son travail à lui. Les femmes disent qu’elles en ont assez.
        Et cerise sur le gâteau pour lui, le soir venu, il sera sur elle pour lui faire des enfants. Même enceinte et très souvent à terme, elle est encore courbée avec sa daba au champ pendant que Mr dort à l’ombre des arbres. Comment fait-on pour sortir de çà d’après vous Kôrô, en espérant que vous faites partie des 0,1% des hommes un peu moins fainéants qui travaillent vraiment dans leur champ.

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  • Le 31 août à 14:40, par Alexio
    En réponse à : Agriculture du Burkina : « Les femmes ont remplacé les hommes dans les champs », déplorent les femmes de la commune de Bama

    MR Biata, je suis entirement d accord avec vous. Nos femmes sont exploitees par le biais de notre culture qui veut que la femmes soit insoumise al homme. Alors qu elle contribue plus que l homme. C est elle qui fait les achats au marche,qui prepare pour son homme. En gros , c est elle le pillier de la famille. Voila pourquoi les europeens se moquent de nous. On arien compris de liberation de la femme dans nos foyers.

    Thomas Sankara avait tracer cette voie, en lancant la journee des hommes au marche. Mais malheureusement l entement des hommes de preserver ce rapport de force est restee ancree dans le crane de beaucoup d entre nous. Il nous faudrait un changement radical de mentalite masculine.

    Qu on le veuille ou pas l evolution de la vie moderne va changer cette tendance qui freine notre developpement. Sans un mixte equilibre des deux genres dans tous les secteurs de developpement, nous serons toujours dans la traine. Les asiatiques ont compris justement ses rapports femmes-hommes pour etre productifs a l echelle mondiale.

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    • Le 31 août à 20:41, par Biata
      En réponse à : Agriculture du Burkina : « Les femmes ont remplacé les hommes dans les champs », déplorent les femmes de la commune de Bama

      Je vous remercie pour votre post. La question en effet, c’est comment faire pour faire évoluer les choses ? Dans nos sociétés de type patriarcal, la machisme et la domination de l’homme sur la femme sont savamment entretenus par nos us et coutumes. C’est peut-être à ce niveau que les choses doivent évoluer et aussi comme vous dites, dans l’éducation notamment des garçons afin que les mentalités changent. C’est le complexe qui fait que les hommes croient exister en affichant leur domination sur les femmes. Un homme qui se respecte et qui respecte la femme n’est pas moins viril qu’un imbécile macho qui brime la femme en croyant ainsi "être homme". La honte !
      Nos autorités aussi doivent travailler à faire bouger les lignes sur ces questions sociétales. Pourquoi la femme ne pourrait-elle pas être propriétaire de son lopin de terre cultivable ? pourquoi doit-elle être toujours obligée de trimer dans le champ de son mari pour survivre avec ses enfants ?

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