Destruction du barrage de Nakamtenga de Koubri : Des solutions urgentes pour éviter le pire

LEFASO.NET | Par Nicole OUEDRAOGO • mardi 29 août 2017 à 00h02min

« C’est vraiment un sinistre en matière de construction de barrage », a lancé le ministre de l’eau et de l’assainissement, Ambroise Niouga Ouédraogo, après avoir constaté la rupture de la digue du barrage de Nakamtenga, qui a inondé le monastère Saint Benoit de Koubri et les champs de maraîchage, le 25 août dernier. En visite ce lundi 28 août 2017, pour témoigner la compassion du gouvernement à la population de Koubri, le ministre de l’eau a annoncé des solutions alternatives pour limiter les dégâts et permettre aux habitants de ladite commune, de poursuivre leurs activités.

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Destruction du barrage de Nakamtenga de Koubri : Des solutions urgentes pour éviter le pire

Le ministre de l’eau, Ambroise Niouga Ouédraogo, reconnait que son département a été auparavant interpellé sur l’état de dégradation du barrage, mais il soutient : « (…) Nous avions écrit au monastère pour leur dire que nous prenons en compte l’état de l’ouvrage et que nous allons les mettre dans les programmations des années à venir ». En attendant, la digue du barrage, vieille d’une cinquantaine d’années, a cédé. « Nous constatons une brèche totale de la digue, une vidange totale de la cuvette et une érosion totale à l’aval, pour ce qui est des investissements agricoles », a-t-il relevé, soulignant que : « généralement une digue en terre, même bien construite, nous estimons qu’au bout de 40 à 45 ans, la digue est amortie ».

L’eau a presque tout emporté sur son passage et a naturellement causé d’énormes dégâts. C’est le cas au monastère Saint Benoît de Koubri, où la seule consolation, selon Ambroise Ouédraogo, « c’est qu’il n’y a pas eu de pertes en vies humaines ». Et face à ce sinistre, il faut trouver des solutions dans l’urgence pour sauver ce qui peut l’être. Dans l’immédiat, Ambroise Ouédraogo préconise plusieurs cas de figures pour atténuer les pertes économiques et sociales que peut engendrer la rupture du barrage. « A court terme, nous aimerions que le reste des pluies qui sont attendues puissent nous permettre de garder un peu d’eau. (...)Nous allons voir s’il faut faire un seuil, c’est-à-dire, une petite barrière pour garder un peu d’eau et permettre aux agriculteurs de poursuivre leurs productions », a-t-il signifié.

L’autre scénario, selon le ministre de l’eau, c’est la construction d’une digue semi-provisoire pour reboucher la brèche. A ce propos, il confie que cette alternative est en réflexion en raison du coût, de la faisabilité et du temps. « Nous allons prévoir un ouvrage de sécurité, un ouvrage fusible. Il y a un déversoir de l’autre côté, on va essayer de le travailler pour qu’en cas de difficultés, l’eau passe plutôt à ce niveau » a-t-il noté, précisant qu’il faut prendre en compte la faisabilité technique, économique et les délais. Aussi, le ministre de l’eau a-t-il tenu à souligner que son département prévoit à moyen et à long terme, une étude scientifique pour envisager une possibilité de réhabiliter le barrage ou de le reconstruire.

Un autre barrage risque de céder

Un peu plus loin, à environ 500 mètres du monastère de Koubri, se trouve un autre barrage, celui de Naaba Zana, qui risque également de connaître le même sort que celui de Nakamtenga. « La lame d’eau que nous avons observée au niveau du déversoir atteint environ 30 cm. Ce qui prouve que c’est énorme. De façon normale, ça ne devrait pas dépasser 10 à 15 cm », a indiqué Seimata Oubian, directrice régionale du Centre de l’eau et de l’assainissement. Là, pour éviter le pire, on prévoit la mise en place d’une équipe de surveillance et de contrôle journalier de la lame d’eau. « Sans quoi, nous risquons d’assister à la rupture de la digue » a-t-elle alerté. Puis de renchérir que : « La destruction de ce barrage risque d’entrainer celui de Arzoumbongo, de Boussouma et de Penlé. On l’a vécu dans les années passées ».

En outre, souligne la directrice régionale du Centre de l’eau et de l’assainissement, le barrage de Naaba Zana, tout comme celui de Nakamtenga, font partie des nombreux barrages qui ont été réalisés dans les années 1960 par les pères blancs « sans une étude préalable ». Et s’il est évident que la survie des barrages est menacée par le poids de l’âge, l’absence de comités d’entretien des retenues d’eau, en serait aussi la cause. « Il faut mettre en place autour de nos retenues d’eau, des comités d’usagers. Nous leur demandons un entretien courant des retenues d’eau. Nous avons des arbustes sur les digues et ce n’est pas conseillé. A la longue, cela fragilise l’ouvrage » a signifié Seimata Oubian.

En attendant, le maire de la commune de Koubri, Marcel Zoungrana, lance un cri de cœur aux autorités pour éviter la destruction du troisième grand barrage de Koubri. Et déjà qu’il déplore d’énormes dégâts matériels, Marcel Zoungrana dit craindre une augmentation du taux de chômage dans sa commune, après la rupture de la digue du barrage de Nakamtenga.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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