« Les nations survivent aux hommes », Saran Sérémé après la cérémonie d’hommage à Salifou Diallo

LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • vendredi 25 août 2017 à 00h01min

Après la cérémonie d’hommage à Salifou Diallo au Palais des sports de Ouaga 2000, ce jeudi 24 août, nous avons recueilli les sentiments de quelques personnalités : Saran Sérémé, présidente du Parti pour le développement et le changement (PDC) et affectueusement appelée, l’ « Amazone du Sourou », Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI) et Adama Kanazoé, Conseiller spécial du président du Faso pour le secteur privé et les Objectifs de développement durable (ODD). Voici ce qu’ils retiennent de l’illustre défunt.

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« Les nations survivent aux hommes », Saran Sérémé après la cérémonie d’hommage à Salifou Diallo

Saran Sérémé (épouse Séré), présidente du Parti pour le développement et le changement (PDC)

En Afrique, les morts ne sont pas morts et nous leur devons beaucoup de respect. Nous ne devons pas perdre nos valeurs africaines. Personne n’est parfait à part Dieu. Je souhaite tout simplement que son âme repose en paix. Je retiens qu’il a été un homme d’engagement, un intrépide défenseur de la liberté. Dans son rôle d’homme d’Etat, on peut poser certains actes en disant que c’est dans l’intérêt du pays. C’est pourquoi on dit qu’en politique, certains actes n’ont pas d’explication. Il n’y a pas de haine en politique.

Il y a parfois des discordances de points de vue, des actes qui peuvent ne pas nous plaire, mais nous nous engageons à transcender les barrières pour aller de l’avant et construire notre nation. C’est ce que je retiens de cet homme engagé pour le Burkina Faso et l’Afrique toute entière… Les nations survivent aux hommes. Je suis sûre que lui-même il prierait pour que le pays vive toujours et que la nation puisse engendrer les hommes qu’il faut au moment opportun. Je suis sûre que là où il est, il prie pour le Burkina Faso. Et nous également, nous nous arrangerons toujours à aller de l’avant avec ce pays.

Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI)

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Affi N’Guessan président du Front populaire ivoirien (FPI)

Nous avons eu des relations distantes depuis les années 80. C’est grâce au soutien de Salif Diallo et des camarades de l’époque que le président Laurent Gbagbo a pu se rendre en exil à Paris en 1982. Depuis ce temps, nous avons maintenu les contacts. Depuis que je suis devenu président du FPI, et après la crise ivoirienne, j’ai renoué le contact avec le MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, parti au pouvoir au Burkina, NDLR) et nous avons commencé à travailler ensemble. C’est suite à son invitation que nous étions présents à l’investiture du président Roch Marc Christian Kaboré et aussi lors du congrès du MPP à l’issue duquel il a été porté à la tête du parti.

Nous avions de grandes rencontres et nous étions en train de préparer de grandes choses par rapport à la situation en Côte-d’Ivoire, à l’avenir du FPI et des populations. C’est un grand militant, un ami, un frère, un compagnon de lutte qui nous a quittés et il était important que nous soyons là pour apporter notre compassion à sa famille, à tous les militants du MPP, au peuple burkinabè, au président du Faso qui perd un pilier important de son régime. C’est toute l’Afrique qui est aujourd’hui touchée par cette brutale disparition. Et à travers les témoignages qui ont été faits ce matin, tout un chacun se rend compte que l’Afrique perd un grand homme.

Adama Kanazoé, Conseil spécial à la présidence du Faso

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Adama Kanazoé Conseiller spécial du président du Faso pour le secteur privé et les Objectifs pour le développement durable (ODD).

Je retiens de Salif Diallo, un homme engagé qui est un exemple pour les nouvelles générations en termes de combativité pour le développement économique et social de notre pays. C’est un souvenir assez positif que nous gardons de Salifou Diallo. C’est une grande perte pour le Burkina Faso. Nous devons trouver les moyens de nous relever et continuer la construction de ce pays comme l’aurait voulu ce Monsieur… Beaucoup pensent à un chamboulement au niveau de la classe politique après sa disparition.

Mais, je pense que c’est un chamboulement qui sera assez maitrisé. Les personnes de l’acabit de Salifou Diallo savent préparer les choses après elles. Je n’ai pas de doute qu’au sein du MPP, les gens trouveront les mécanismes pour garder la cohésion et l’unité du parti. C’est aussi un signal fort qui est envoyé à la jeunesse pour qu’elle comprenne que son rôle est important. Il est important que les jeunes puissent se préparer aussi parce que le pays aura certainement besoin de la contribution de tous.

Propos recueillis par Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 25 août 2017 à 10:30, par Cequejenpense
    En réponse à : « Les nations survivent aux hommes », Saran Sérémé après la cérémonie d’hommage à Salifou Diallo

    Depuis la disparition de Salif Diallo je n’ai fait aucun commentaire public sur ce qu’il fut. Puisse Allah l’accueille dans Son Paradis.
    Les gens ont dit tout sauf ce que la majorite pense vraiment. Tant mieux si cela reconforte sa famille et ses proches et lui permet d’avoir le pardon des uns et des autres et celui de Dieu.
    Je ne reviendrai pas sur ces hommages que chacun fait avec ses raisons.
    Par contre, les propos de Affi N’Guessan laisse penser a une manoeuvre souterraine d’ingerance de Salif dans les affaires de la Cote d’Ivoire. Nous connaissons tous l’histoire recente de ce pays frere. Il n’est pas interdit de collaborer avec l’opposition d’un pays. Mais l’image que bcp d’observateurs ont de Salif et les propos de Affi laisse penser a une manoeuvre louche. Comment certains du cote de la Lagune Ebrie ne se rejouiraient-ils pas de son deces.
    Nos dirigeants burkinabe doivent apprendre a composer avec les dirigeants du moment de la sous region. Nos interets et ceux de notre diaspora doivent etre au dessus de nos amities et preferences personnelles.

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  • Le 25 août 2017 à 10:51, par Raogo
    En réponse à : « Les nations survivent aux hommes », Saran Sérémé après la cérémonie d’hommage à Salifou Diallo

    "Dans son rôle d’homme d’Etat, on peut poser certains actes en disant que c’est dans l’intérêt du pays. C’est pourquoi on dit qu’en politique, certains actes n’ont pas d’explication. Il n’y a pas de haine en politique." Saran SEREME

    Chère Madame SEREME !

    Justement ! Il faut que dorénavant les futurs hommes d’Etat travaillent de concert et en phase avec les aspirations des citoyens et qu’ils ne perdent pas de vue le respect de la vie et l’intégrité physique de leurs concitoyen. Aucun intérêt aux mondes ne peut justifier de la torture et de la privation de la vie d’un être humain ! Dieu seul à droit de vie et de mort sur ses créatures que nous sommes.

    La haine en politique perdure dans ce Faso depuis fort longtemps et a atteint son paroxysme sous le règne du Capitaine Président Blaise COMPAORE.

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  • Le 25 août 2017 à 11:43, par LoiseauDeMinerve
    En réponse à : « Les nations survivent aux hommes », Saran Sérémé après la cérémonie d’hommage à Salifou Diallo

    Meilleures santé et courage à vous aussi Madame SARAN. Partant de cette même hypothèse qu’en politique tout est faisable au nom de l’Etat et même excusable, alors celui qui est pleuré aujourd’hui peut également avoir été trucidé en suivant lesdites normes

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  • Le 25 août 2017 à 15:34, par Anais
    En réponse à : « Les nations survivent aux hommes », Saran Sérémé après la cérémonie d’hommage à Salifou Diallo

    Ca alora, qu’est il arrivé à Saran Seremé ? Elle est meconnaissable !

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  • Le 25 août 2017 à 15:44, par Bob le justicier
    En réponse à : « Les nations survivent aux hommes », Saran Sérémé après la cérémonie d’hommage à Salifou Diallo

    "On ne peut cacher le soleil avec une main."

    Ce proverbe est une sagesse qui signifie qu’une personne ne peut empêcher la vérité d’être connue.

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  • Le 26 août 2017 à 14:42, par Benjamin Nitwonrand
    En réponse à : « Les nations survivent aux hommes », Saran Sérémé après la cérémonie d’hommage à Salifou Diallo

    Aux Internautes 1 & 1bis. Sauf à vouloir acculer un ennemi politique de l’autre côté de la frontière, ce qui me paraît inopportun, je ne vois pas en quoi le propos d’Affi NGuessan évoque ou insinue une accusation de manœuvre d’ingérence de Salifou Diallo dans les affaires politiques intérieures de la Côte d’Ivoire. Il ne doit pas être un péché de reconnaître qu’il y a eu des relations cordiales entre pays dans le passé et des efforts de nouer ou de renouer des contacts dans un autre contexte. Les relations se tissent au gré des intérêts des pays à un temps T de l’histoire.
    Les interprétations que l’on peut faire d’un texte peuvent aller dans tous les sens. Pourvu toutefois que l’on cherche à comprendre ce que l’auteur du texte a bien voulu dire et que l’on ne lui fasse pas dire ce qu’il n’a pas dit.
    Considérons avec Saran Séré chaque nation a, à divers moments de son histoire, ses grands hommes. Leur mort peut paraître comme une perte cruelle. Mais c’est dans cette mort que l’on tire souvent les sources d’inspiration de l’action future. Les nations survivent aux grands hommes en capitalisant leurs acquis.

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