Salifou Diallo élevé à la Dignité de Grand-Croix de l’ordre national à titre posthume

LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • vendredi 25 août 2017 à 00h03min

Arrivée la veille, la dépouille mortelle du président de l’Assemblée nationale burkinabè, Salifou Diallo, a entamé ce jeudi 24 août 2017 son parcours à l’intérieur de la capitale. Partie du domicile du défunt à 2000 en passant par le siège du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir) dont il était le président et l’Assemblée nationale, le cortège a marqué une halte de plus de trois heures au Palais des Sports de Ouaga 2000 pour une cérémonie d’hommage. Recueillement et discours ont ponctué cette étape au cours de laquelle le défunt a été élevé à la dignité de Grand-Croix de l’ordre national. Nous vous proposons ici les grands moments de cette cérémonie qui a vu la participation de deux chefs d’Etat, réunis autour du président du Faso.

Salifou Diallo élevé à la Dignité de Grand-Croix de l’ordre national à titre posthume

Ils ont tous fait le déplacement du Palais des sports de Ouaga 2000 pour rendre un vibrant hommage à l’homme qui aura marqué de son empreinte indélébile l’histoire politique du Burkina Faso pendant près de 30 ans : membres du gouvernement, députés de l’Assemblée nationale, présidents d’institutions, diplomates, représentants des organisations de la sous-région et interafricaines, parents, amis etc.

Une vue des groupes venus rendre un dernier hommage à Salifou Diallo

9h : Les invités arrivent à compte-goutte au Palais des sports. Le dispositif sécuritaire passe au peigne fin tout le monde à l’entrée. Des hôtesses tout de blanc vêtues accueillent les arrivants. Les journalistes de la presse écrite et de la télévision, ceux-là qui ne sont pas munis d’appareils photo ou de caméras sont dirigés au rez-de-chaussée tandis que les preneurs d’images sont redirigés au niveau des gradins. « Ce sont les consignes. Je vous comprends, mais comprenez moi aussi », a répliqué un élément de la sécurité face à un journaliste qui tentait de rejoindre la place réservée à ses confrères, mais avec son appareil photo. Il devait à la fois écrire et prendre des images. Un double travail pour lui.

Recueillement des députés de l’Assemblée nationale

9h45 – 10h50 : Arrivé au Palais peu après 9h, le ministre de la sécurité, Simon Compaoré, est au four et au moulin. Il discute avec les membres du comité d’organisation sur place, échange avec le Maitre de cérémonie. Quelques membres du gouvernement vêtus de blanc sont déjà présents. Le ministre de la Communication et des relations avec le Parlement, Remis Dandjinou, le ministre en charge de l’environnement, Nestor Bassière, le ministre des infrastructures, Eric Bougouma, et Mme le ministre de la promotion de la femme et de la solidarité nationale, Laure Zongo. Eddie Komboïgo, président du CDP arrive au Palais. Juste derrière lui, l’on aperçoit Gilbert Ouédraogo de l’ADF-RDA, etc.

11h10 : Arrivée de la dépouille mortelle portée par six militaires. L’assistance se met debout. Le Maitre de cérémonie, Alassane Kaboré, déclame quelques vers du poème « Souffles » de Birago Diop. Après le portrait du défunt – une vie d’engagement politique bien pleine –, le gouvernement, les députés, les présidents d’institutions burkinabè, se recueillent sur la dépouille posée au centre du Palais. Le Ghana et le Mali se sont fait représenter par leurs présidents de l’Assemblée nationale et la Côte d’Ivoire par le ministre des affaires présidentielles.

Les trois chefs d’Etat présents aux obsèques

13h15 : Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, fait son entrée au Palais en compagnie de deux chefs d’Etat de la sous-région. Il s’agit du président du Niger, Mahamadou Issoufou, et du président de la Guinée, Alpha Condé, par ailleurs président en exercice de l’Union africaine.

13h18 – 14h15 : Le représentant des amis de l’International socialiste, Emmanuel Golou, ouvre le bal des allocutions, des discours et des « qualificatifs mélioratifs ». L’on retiendra de son intervention que Salifou Diallo a réussi en quelques mois à intégrer le MPP à l’International socialiste alors qu’habituellement, il faut des années pour le faire. Selon lui, il n’existe pas de mot dans le dictionnaire pour exprimer la douleur suite à cette disparition, celle d’ « un père, un ami, un militant, un chef, un meneur, un citoyen ».

Au nom des présidents et des vice-présidents des parlements africains, Adrien Houngbédji, souligne que la mort de Salifou Diallo laisse ses proches désemparés car l’homme était l’incarnation « d’une humanité rare ». Il était aussi, à l’en croire, « opiniâtre, discret, engagé ». Bref, « un grand homme d’Etat de son temps, un visionnaire ».

Compagnon du défunt, Mohamed Bazoum, ministre de l’intérieur du Niger a déclaré que le vide laissé par la disparition de Salifou Diallo ne pourra être comblé, lui qui était toujours « constant ». Il a également rassuré le peuple burkinabè que le Niger sera à ses côtés pour « faire aboutir les idéaux de l’insurrection ».

Zéphirin Diabré a déploré la perte d’un génie, un homme de caractère

A l’opposition comme à la majorité, l’on loue également les qualités de « l’homme des débats, de conviction, de caractère » qu’a été le président de l’Assemblée nationale. Pour Zéphirin Diabré, Chef de file de l’Opposition politique, même si Opposition et Majorité ont très souvent des avis divergents, elles ne sont pas ennemies.

Pour Me Bénéwendé Stanislas Sankara, Vice-président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo a posé la pierre angulaire de l’édification d’un parlement moderne. Et c’est dans une douleur « incommensurable » que les députés pleurent celui-là qui ne sera plus présent pour « imprimer sa cadence de rigueur, de témérité et de pragmatisme ». Il annonce que les députés de la 7e législature poursuivront l’un des combats de « Gorba » à savoir l’autonomisation des jeunes et des femmes.

« Sa disparition est plus qu’une perte, c’est un désastre », tel est le sentiment de Mahamadou Issoufou, le président du Niger. Pour lui, Salifou Diallo est un panafricanisme et le Burkina Faso n’est pas le seul pays endeuillé. Avant de clore son discours, il a lancé un message à l’endroit du Président du Faso : « Le plus grand hommage que vous puissiez rendre à Salifou Diallo – le fin tacticien, stratège et politique - c’est de poursuivre son combat ».

Les Chefs d’Etat et leurs épouses avant l’exécution de l’hymne national

14h20 : « Un frère, un camarade, un ami, un grand homme d’Etat, un compagnon des luttes,un collaborateur engagé qui a été de tous les combats. Voilà l’image que le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, retient de Salifou Diallo, « un homme qui n’a pas vécu pour rien ». Dans la même lancée que son homologue nigérien, il a indiqué que le meilleur hommage que l’on puisse rendre au président de l’Assemblée nationale c’est « de nous engager individuellement ou collectivement à remporter la bataille pour la paix et la prospérité pour notre nation ».

Après la valse des discours, place à la décoration de Salifou Diallo. Il a été élevé à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre national, la plus haute distinction des ordres nationaux au Burkina Faso. La sonnerie aux morts exécutée, les trois chefs d’Etat et leurs épouses (excepté Alpha Condé qui était seul), s’inclinent sur la dépouille mortelle avant que l’hymne national burkinabè retentisse à l’intérieur de la cuvette du Palais. La dépouille est transportée hors du palais. Destination Ouahigouya, la terre natale de Salifou Diallo où il sera inhumé ce vendredi.

Herman Frédéric Bassolé
Photos : Bonaventure Paré
Lefaso.net

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Messages

  • Moi je suis juste bouleversé par cette disparition :-( . Mes c’est Dieu qui en a voulu ainsi tonton Salif. Que la terre te soit legere. Amen !

  • Je m’incline très respectueusement devant la memoire de cet illustre intrepride combattant de la liberté et de la justice sociale.Je demande à Dieu Tout Puissant maitre de l’univers de l’accueillir à sa main droite.Puisse Dieu lui accorder sa grâce celeste.Repose en paix !!!

  • Que Dieu console la famille et les proches de Mr Diallo.
    En matière de décoration, rien ne vaut celle de DIEU.... Travaillons à la mériter de sorte qu’une fois mort, aucune autre ne soit nécessaire pour chatouiller l’âme des rescapés.
    Que Dieu bénisse Son Burkina Faso

  • Un baobab de la politique Burkinabé qui a contribué au développement du pays et qui a pallié plusieurs situations de crise à l’intérieur et à l’extérieur du Burkina Faso.Que son âme repose en paix.Que la terre bénie du Burkina Faso lui soit légère.

  • Éclairez-moi s’il vous plait : Joseph Ki-Zerbo avait eu quelle médaille à titre posthume ?
    S’il s’avère que celle de Ki-Zerbo était moins élevée, alors je me convaincs de l’injustice et de l’hypocrisie des Burkinabè car quand on est au pouvoir on a droit à tout. SEUL DIEU FERA LE BON TRI !
    Je ne pense pas que Salif Diallo (RIP) ait plus contribué à ce pays que Ki-Zerbo.
    Rappelez-vous de quelques hauts faits de Salif : les syndicats jaunes sur les campus ; l’étouffement de l’université de ouaga, la corruption dans l’administration, dans l’économie, des chefferies traditionnelles, de l’administration, des religions....création d’une catégorie de jeunes (appelée société civile lol) qui se sont enrichies sans cause dénaturant ainsi les valeurs de notre société.
    Ki-zerbo au moins a réhabilité l’Histoire de l’Afrique, lutté pour les indépendances et de façon désintéressée.
    Je ne suis contre personne mais je suis une personne éprise de justice et d’équité.
    Soyons juste et équitable ! Seule base de construction d’une société prospère et résiliente.
    Paix aux âmes des deux disparus !

    • LePenseur .
      Il faut allez faire la permutation si c’est pas le cas. Né jaloux et mourras jaloux.
      Vos réflexions morbides, on s’attendait depuiuiuiuiuis.
      Regardez sa bouche là !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    • L’injure est le propre de personnes émotives, irréfléchies et sans arguments.

    • Quand Ky Zerbo tirait sa révérence, qui était au pouvoir ? Allez y les demander pourquoi il n’ont pas donné la même décoration que celle que Salif a eu ?

  • Bien dit lepenseur internaute n°5. Dieu seul fera le bon tri. Soyons objectifs. Décoration ou pas décoration ça ne lui servira a rien. Seuls ses œuvres lui suivront. bons ou mauvais. paix à son âme.

  • Ce qui est connu et reconnu par beaucoup d’agents de développement et les populations rurales, c’est que Salifou Diallo était un bosseur. Il faut aligner les cafés et les cigarettes pour comprendre cela. Il a eu des résultats. Ils ne sont pas nombreux ceux qui de par leur position politique ne se contentent pas de jouir de leur ’’naam’’, et de voler les deniers publics. Un humain est 9, il lui est impossible d’atteindre 10 ; que ceux qui ne voient que les insuffisances retiennent cela.

    • - Oui, il est reconnu travailleur mais aussi régionaliste. Au ministère de l’agriculture sous son magistère, il a tellement favorisé les gens Yatenga que le ministère a été surnommé par les agents du sobriquet de ’’Ministère des Yarcés’’ et personne n’osait broncher car il avait ses espions et agents de renseignements partout dans les directions. Il en fut de même pour un magasin situé à la DGFOMR (face à l’ex-Hôtel Indépendance) surnommé aussi ’’Magasin des Yarcés’’. Magasin dans lequel un yadga chargé de la gestion venanit ouvrir tout temps !

      Par Kôrô Yamyélé

  • PAIX A SON ÂME.....LES BURKINABÈ SONT TROP HYPOCRITES...JE N’EN CROIS PAS A MES OREILLES

  • Nous sommes tous de la culture africaine qui voue un respect sacré aux morts.
    Alors que l’âme de l’illustre disparu repose en paix !
    Mais soyons réalistes, vrais, sincères et moins hypocrites.
    Ce monsieur est encensé par tout le monde. Qu’a t’il fait ?
    Homme de main de Blaise COMPAORE il était mouillé dans tous les coups louches et même des assassinats. Pourquoi les dossiers DABO Boukary, Oumarou Clémént OUEDRAOGO, Thomas SANKARA n’avancent pas ?
    Un journaliste sur la RTB vantait même ses largesses financières. D’où sort il sa fortune ? Combien avait il par mois pour se retrouver aujourd’hui milliardaire ?
    Ne soyons pas amnésiques ni hypocrites. Rendons aux morts le respect qu’il faut mais n’acceptons pas les raccourcis. Si Salif DIALLO est tant encensé, laisser rentrer tranquillement Blaise COMPAORE et bâtissons pour lui un château à la hauteur de ses hauts faits pour la nation.
    Je ne partage pas tout ce qu’on écrit sur ce monsieur mais je prie qu’il repose en paix et que la justice divine lui plus clémente à son égard.

    • Merci mon frère. respectons les coutumes africaines....que la terre lui soit légère...je suis en train de rêver....je crois pas que suis au Burkina....arrêtez vos hypocrisies maintenant..

    • Qui a chassé Blaise ? Il a fuit de lui même et il a changé de nationalité. Et puis est ce que Blaise vous a dit qu’il veut rentrer. Il vit comme un pacha à Abidjan

    • A TOUS, AYONT DE RESPECT POUR LES MORTS. PAIX A L AME DE SALIF DIALLO ET A TOUTES ET TOUS CEUX QUI L ONT DEVANCES. QUE DIEU LE JUSTE ET BON LEURS PARDONNE LEURS PECHES ET ACCEPTE DE LEURS RECEVOIR DANS SON ROYAUME DE PAIX ET DE BONHEUR ETERNEL.

  • Trop de bruit, maintenant. Nous pouvons aller au bilan pratique . on ne peut juger une personnalité politique en l’isolant du système qu’il servait

  • Quand les gens parlent de Salif, la, je reve. Donc les enfants des gens qu’ il a fiat tuer, c ne compte pas oui bien ? Donc, ce qu’ il a frealise est oplus important que les gens qu’ il a fait tuer et les milliards que lui meme a voles ? Un peu de ca meme- la.

  • Pour beaucoup de temoignages, Salifou DIALLO a servi la nation.
    Paix à son âme

  • J ai honte. Et les innocents qui viennent d être lâchement assassines. Et on déroule sans honte et sans vergogne la dépouille se salir. Un mort est il plus important qu un autre. Trois soldats assassines récemment ont été inhumés dans l oubli total. Sont ils moins que des etres humains.
    tout le monde sait de quelle maladie est mort salif, qui ne fut pas un ange

    mort de soldats burkinabés au Liberia avec vente de diamants au profit de Charles Taylor et avec la complicité de Blaise.
    ouverture d une rébellion armee à la frontière guinéenne appuyée par des armes offerts par Blaise. Alpha conde fut d ailleurs arrêté et emprisonné, d ou sa presnce pour remercier.
    Mort de Sankara, lingani, et j en passe par Norbert zonions et autres.
    Une leçon de vie, nous ne sommes que de passage, puissant ou faible

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