« Si j’étais ministre, je proposerais un contrat de cinq ans à chaque fonctionnaire », Justin Zongnaba, agent de santé et éleveur

LEFASO.NET | Soumaila Sana • mardi 22 août 2017 à 15h50min

Kayaba Justin Zongnaba est agent de santé en service à la direction régionale de la Santé de l’Est à Fada N’Gourma. En plus de ce métier, il a fait de l’élevage de bœufs, une seconde activité. Zongnaba K. Justin qui nous a reçu, un après-midi de la première quinzaine du mois d’août 2017 au secteur n°2 de la cité de Yemdabli dit être venu dans l’élevage par vocation car au cours de sa tendre enfance, il fut berger.

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 « Si j’étais ministre, je proposerais un contrat de cinq ans à chaque fonctionnaire », Justin Zongnaba, agent de santé et éleveur

Agent de santé de formation, Kayaba Justin Zongnaba, officiait à Manga. Affecté en 2012 à Fada N’Gourma sa ville natale, à la direction régionale de la Santé de l’Est, il décide d’entreprendre dans l’élevage. A l’entendre, l’élevage est une vocation pour lui car au cours de son jeune âge, il a gardé les bœufs. « Devenu fonctionnaire, je me suis dit qu’il fallait que j’entreprenne dans un autre domaine qui est l’élevage que mes parents ont exercé. Je me suis dit que je n’allais pas faire de l’élevage extensif mais de l’élevage laitier », a-t-il soutenu. Il va donc réaliser un forage qui sert d’abreuvoir moderne pour ses animaux mais qui profite également à son voisinage car il y a suffisamment d’eau. M. Zongnaba a aussi créé une usine de conditionnement d’eau en sachets qui lui rapporte d’autres revenus pour booster son élevage. A l’origine, a-t-il expliqué, c’est véritablement en 2002 qu’il a commencé avec une vache qu’il a confié à éleveur peulh et depuis ce temps, son rêve était de pouvoir revenir à Fada afin de pouvoir s’en occuper lui-même.

Se former pour mieux entreprendre

Quand il était affecté à Fada en 2012, Justin Zongnaba avait au moins une dizaine de têtes. « J’ai essayé de me réorganiser mais bien avant de rentrer, je me suis formé aux différents concepts de l’élevage, notamment la conduite d’un troupeau laitier, la fabrication des blocs multi-intensifiés, l’usage de certaines machines, l’introduction de nouvelles technologies de récolte et de fourrage et les techniques de conservation », a-t-il confié. Actuellement, notre agent de santé dispose de plus d’une quarantaine de têtes de bœufs. Il dit avoir commencé par l’insémination et les croisements en alternant les deux méthodes.

Et de poursuivre qu’il a cherché des zébus laitiers qui coûtent très cher qu’il a croisés avec les zébus peulhs en les inséminant. « En retour j’ai une holtaye et un mobilier, malheureusement ce sont des mâles et je n’ai pas encore eu de femelle. Mais actuellement, j’ai cinq vaches en gestation, fruit de l’insémination, donc je croise les doigts en espérant que j’aurai des femelles. Cela a fait que la production laitière n’est pas encore importante pour couvrir les besoins de mon entreprise », a dit Justin Zongnaba. Pour les besoins de ses activités, il emploie 40 à 42 personnes dont une dizaine d’employés permanents et le reste sont des temporaires.

« Si j’étais ministre de la Fonction publique… »

Justin Zongnaba invite les jeunes à travailler, à entreprendre, mais surtout à faire du don de soi, un pilier de leur entreprise. « Je constate que beaucoup de jeunes font des concours parce qu’ils n’ont rien à faire, mais pas parce qu’ils aiment ces métiers. Une fois admis, ce concours doit être un tremplin pour vous permettre de réaliser votre rêve », a-t-il proposé. Il a renchéri que s’il était à la place du ministre de la Fonction publique, il proposerait à chacun de signer un engagement à servir dans la Fonction publique pendant 5 ans seulement, après son admission à un concours. Après les 5 ans, chacun doit quitter la Fonction publique et entreprendre dans un autre secteur d’activité. « Il ne faut pas aller s’asseoir dans un bureau. Souvent certains travaillent mal, parce que ce n’est pas ce qu’ils aiment ou veulent. Ils s’énervent et s’en prennent aux usagers … », a relevé M. Zongnaba. Il rappelle aux jeunes que le pays est toujours vierge en termes d’entrepreneuriat et qu’ils peuvent entreprendre afin de devenir autonomes.

Soumaila SANA
Lefaso.net

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