Concertation et dialogue avec l’Etat : Les OSC à l’heure du bilan

LEFASO.NET | Par Tiga Cheick Sawadogo | Burkina • mercredi 9 août 2017 à 11h37min

Le Conseil national des Organisations de la société civile ne veut pas que la rencontre annuelle avec l’Etat, au cours de laquelle d’importantes décisions sont prises, soit une simple foire de bonnes intentions. Pour ce faire, un atelier a été organisé ce mardi 8 aout 2017 à Ouagadougou. Les participants qui sont venus des 13 régions du pays, ont fait le bilan de la 2e session du cadre de concertation et de dialogue qui s’est tenue en juin dernier. A terme, il s’agit de disposer d’un document pour suivre la mise en œuvre des conclusions.

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Concertation et dialogue avec l’Etat : Les  OSC à l’heure du bilan

En juin 2017, le 2e cadre de concertation et de dialogue entre l’Etat et les Organisations de la société civile avait lieu. Après le président Michel Kafando sous la transition, les Organisations de la société civile étaient face à Roch Kaboré pour des échanges directs. Au cours de ce jamboree, des préoccupations sont soumises au chef de l’Etat qui avec ses différents services, prend des décisions importantes.

L’atelier bilan organisé par le cadre de concertation des OSC vise à marquer un arrêt pour revisiter son processus de préparation, de participation à ce rendez-vous ; et surtout passer en revue les différentes conclusions qui en ont découlé.

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Jonas Hien , président du Conseil national des OSC

Il s’agit donc, selon le président du Conseil Jonas Hien, de faire le point de ce qui s’est déjà passé, tirer les enseignements nécessaires. « Là où il y a des défaillances, des ratés, qu’on puisse les noter et corriger pour les prochaines sessions », a-t-il expliqué.

Les participants vont également se pencher sur le contenu les conclusions-mêmes de la rencontre, c’est-à-dire les préoccupations soumises au président, les réponses qu’il a données. « A l’issue de cela, nous allons organiser toutes ces préoccupations et les réponses de chef de l’Etat pour les lui transmettre », a poursuivi le président du conseil national des OSC.

A travers cet atelier, premier du genre, la Société civile entend donc jouer son rôle de veille et de suivi des décisions issues du cadre de concertation. Ces grandes rencontres sont souvent le lieu de bonnes intentions où des décisions et résolutions importantes sont prises de part et d’autre. Malheureusement, aucun suivi n’est observé.

Justement, c’est pour que rien ne soit plus comme avant, que le Conseil national des OSC veut rectifier le tir. Et le président clarifie la démarche de l’atelier. « La société civile ne veut plus de foire. Quand on s’assoit, c’est parce qu’on estime qu’il y a des problèmes et si on s’assoit ensemble, on trouvera des pistes de solutions à ces problèmes. Il ne faut pas s’asseoir, discuter, manger et se lever partir et le lendemain on oublie ce qu’on s’était dit. Ce sont des questions de développement qu’il faut suivre et évaluer. La société civile veut jouer son rôle de veille, d’interpellation, de contrôle de l’action publique ».

En attendant 2018…

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Adama Lompo, président du conseil régional des OSC de la région de l’Est

L’atelier bilan de la 2e session du cadre de concertation et de dialogue entre l’Etat et les OSC, réunit les OSC des 13 régions, des personnes ressources, le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation qui conduit ce cadre.

Adama Lompo, président du conseil régional des OSC de la région de l’Est salue cette initiative qui permet selon lui, de tracer les perspectives pour l’avenir. Au chef de l’Etat, les OSC de la région de l’Est avaient par exemple soumis des préoccupations spécifiques. « Le chef de l’Etat avait abordé le problème du réseau routier dans son ensemble, particulièrement la route qui relie Ouaga-Koupéla-Fada jusqu’à la frontière du Niger. Pour le moment c’est partiellement résolu. Il y a des travaux qui sont engagés, mais ce n’est pas suffisant. Nous de la société civile, nous restons toujours aux aguets et nous allons interpeller l’Etat pour que ça s’améliore », a dit Adama Lompo.

L’autre préoccupation majeure, c’était le cas du village de Kounkoufouanou avec ses populations déguerpies et qui depuis souffrent le martyr. Des résolutions ont été prises et le problème est en passe d’être résolu. Mais le président du conseil régional des OSC de la région de l’Est et ses camardes n’entendent pas baisser la garde.

De façon globale, la rencontre avec le président Roch Kaboré avait aussi traité les préoccupations des personnes vivant avec un handicap. Elles avaient souhaité que le gouvernement les accompagne véritablement à résoudre certains problèmes. « Le chef de l’Etat sur le champ s’est engagé à prendre en compte ces préoccupations et à inscrire à partir de 2018, les moyens nécessaires qui vont permettre de les accompagner », se rappelle Jonas Hien.

Les jeunes, le monde paysan avaient également soumis des préoccupations pour lesquelles le gouvernement a apporté des réponses. « Il faut qu’on suive pour nous assurer que d’ici 2018 ça sera fait. A partir de l’année prochaine, on verra si les choses sont restées en l’état ou ont évolué », a conclu le président du Conseil national des OSC, Jonas Hien.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 9 août à 12:13, par Alerte
    En réponse à : Concertation et dialogue avec l’Etat : Les OSC à l’heure du bilan

    Il existe des gens qui ont opté comme mode opératoire ,de créer des situations de crise socio-économique généralisée au Burkina dans le but de révolter les populations pour espérer une seconde insurrection supposée leur servir de raccourcis pour renverser le président Roch Kaboré et accéder à la présidence du Faso. Les incendies multiples, la hausse des prix des produits de grande consommation, la manipulation de syndicats et de médias, des actes terroristes et autres, relèvent de cette stratégie diabolique. Le réveil subite d’OSC par des conférences de presse, des sorties sur le terrain pour accabler le gouvernement, démontre qu’elles sont manipulées politiquement par ceux pour qui, l’insurrection est devenue un moyen rapide d’accession au pouvoir. Des OSC qui étaient très actives sous la transition en 2015 et qui recevaient de gros moyens financiers pour agiter la foule, étaient devenues ensuite courant 2016 des boucs émissaires de certains de leurs bailleurs de fonds. Mais le temps de la discorde semble être passé et des OSC indésirables sont vite devenues fréquentables avec des moyens financiers pour s’organiser. Leur simulacre de brouille avec leur bailleur de fonds était juste une stratégie de diversion de l’opinion publique pour insinuer qu’elles n’étaient pas manipulées par celui-ci. Les citoyens doivent rester vigilants pour éviter la politique dictatoriale de la courte échelle. Que ceux qui nourrissent des ambitions présidentielles se dévoilent clairement et attendent 2020 pour se prêter aux suffrages universels si réellement ils sont convaincus de leur popularité. Certaines OSC manipulées par un clan diabolique du pouvoir, font semblant d’être proches de l’opposition(CFOP) qu’elles espionnent et visent tactiquement la chute du président Kaboré pour permettre à leur mentor d’arriver à la présidence, même si c’est sur des fauteuils roulants à l’instar de Boutéflika. Des lois liberticides contre les droits de grève des syndicats, le tripatouillage du code électoral constituent également des moyens de dictature pour ce clan diabolique dans le but de son ascension à la présidence par tous les moyens. Roch ne pourra même pas être candidat en 2020 car, le clan va créer des intrigues pour qu’il ne soit pas désigné candidat. A moins qu’il se mette sous la bannière d’un autre parti. Voilà la réalité que les citoyens doivent comprendre pour savoir que tous les malheurs actuels du pays proviennent de ce clan de la pensée unique et des violences en politique.

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  • Le 10 août à 07:34, par Kapson
    En réponse à : Concertation et dialogue avec l’Etat : Les OSC à l’heure du bilan

    Félicitations au CNOSC/BF qui jusque là est resté sur sa ligne de conduite. Nous sommes fiers d’une telle faitière qui évite de fouiner le nez dans les affaires politiques comme le font certaines qui ont des ambitions démesurées. Une OSC doit critiquer pour le bien être de la population et non pour son ventre. Encore une fois BRAVO à cette faitière qui est restée inébranlable par rapport à ses missions, ses objectifs.

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  • Le 10 août à 10:33, par Sidzabda
    En réponse à : Concertation et dialogue avec l’Etat : Les OSC à l’heure du bilan

    Ce qui est triste,c’est de constater qu’au sein même de ses OSC règne des pratiques pas très catholique.. Autrement dit,la mauvaise gestion,le favoritisme et bien d’autre maux.Ils sont combien les OSC membres du CN-OSC et le CN-OSC lui même qui prennent des stagiaires et qui les traites normalement comme doit ètre traités un stagiaire ??? C’est comme si eux et leurs partenaire oublie le volet FORMATION ET PRÉPARATION DE LA RELEVE. Allez y au CN-OSC voir vous ne trouverai pas plus que deux ou trois perssonnes. La personne est chargé de projet et agent de liaison en meme temps ou encore occupe le poste de secrétaire ,chargé de projet et agent de liaison en meme temps.pendant qu’il ya des jeunes qui ne demande que quelque chose a faire.Travailler aujourd’hui avec une OSC relève de ceux qui ont les bras longs et qui connaissent les dirigeants de ces OSC.Sa s’appelle OSC responsable sa ?? C’est pas la bagarre,c’est juste un point de vue.Avant de critiquer faite vous même un auto critique vous verrez que ce que je dit est vraie .

    Répondre à ce message

  • Le 10 août à 10:37, par Sidzabda
    En réponse à : Concertation et dialogue avec l’Etat : Les OSC à l’heure du bilan

    Ce qui est triste,c’est de constater qu’au sein même de ses OSC règne des pratiques pas très catholique.. Autrement dit,la mauvaise gestion,le favoritisme et bien d’autre maux.Ils sont combien les OSC membres du CN-OSC et le CN-OSC lui même qui prennent des stagiaires et qui les traites normalement comme doit ètre traités un stagiaire ??? C’est comme si eux et leurs partenaire oublie le volet FORMATION ET PRÉPARATION DE LA RELEVE. Allez y au CN-OSC voir vous ne trouverai pas plus que deux ou trois perssonnes. La personne est chargé de projet et agent de liaison en meme temps ou encore occupe le poste de secrétaire ,chargé de projet et agent de liaison en meme temps.pendant qu’il ya des jeunes qui ne demande que quelque chose a faire.Travailler aujourd’hui avec une OSC relève de ceux qui ont les bras longs et qui connaissent les dirigeants de ces OSC.Sa s’appelle OSC responsable sa ?? C’est pas la bagarre,c’est juste un point de vue.Avant de critiquer faite vous même un auto critique vous verrez que ce que je dit est vraie .

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