‘’Vous partez en Chine, en Amérique ..., pour demander des prêts. Mais, là-bas, les gens n’ont pas dormi, ils ont travaillé pour avoir leur argent’’, interpelle le président de l’AWDA, Pasteur Sawadogo

vendredi 4 août 2017 à 00h43min

Président de l’Association Wendkouni pour le Développement de l’Afrique(AWDA), Pasteur Wendlarima Hermann Sawadogo est convaincu que le développement est une question de mentalité que de disponibilité de ressources. Intervenant dans la lutte contre certaines maladies, le réchauffement climatique et la lutte contre la pauvreté, AWDA s’est proposé pour mission d’offrir un plateau d’idées et de services de façon gracieuse aux populations. L’objectif visé étant de donner un coup de fouet à l’esprit et aux actions de développement. Face à la presse en cette journée de dimanche, 30 juillet 2017 dans la commune rurale de Pabré, ce formateur-chercheur a braqué les projecteurs sur la société burkinabè, proposé des pistes pour le développement avant d’inviter les Burkinabè à l’altruisme.

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‘’Vous partez en Chine, en Amérique ..., pour demander des prêts. Mais, là-bas, les gens n’ont pas dormi, ils ont travaillé pour avoir leur argent’’, interpelle le président de l’AWDA, Pasteur Sawadogo

C’est par un constat mitigé que le président de l’Association Wendkouni pour le Développement de l’Afrique(AWDA), Pasteur Wendlarima Hermann Sawadogo, a campé le décor de son sujet. « Depuis environ 60 ans, le Burkina est classé parmi les pays pauvres dans le monde... Le peuple refuse le développement, le peuple est à la morgue. Il veut des gains faciles, des prêts, des solutions de facilité. Vous partez en Chine, en Amérique..., pour demander des prêts. Mais, est-ce que les gens ont dormi là-bas, pour avoir leur argent ? Non, ils ont travaillé. Ils ont deux mains, comme vous ! Tous les pays développés, c’est le même Dieu qu’ils prient. Ils ont travaillé et ils travaillent.

Pour les gens, c’est l’Etat qui doit les aider. Voilà pourquoi, ils comptent sur les subventions, les ONG. Dans leur esprit, les choses doivent venir d’ailleurs. Dans leur esprit, les autres sont plus supérieurs qu’eux (Amérique, Banque mondiale, Union européenne...). Les autres ont-ils deux têtes ? Le problème, c’est nous-mêmes. On passe le temps à critiquer, à se plaindre. On est-là à revendiquer, à brûler le feu..., ça ne peut pas marcher. Il faut se pardonner et aller aux actions de développer. (...). Si vous travaillez, Dieu vous bénit », autopsie le président de l’AWDA, Pasteur Wendlarima Hermann Sawadogo.

L’AWDA, créée en 2009, a donc pour vocation les actions de formations de masses au service du développement du pays. Et ce, « dans les jours et mois à venir, parce que nous sommes déjà très en retard. Il faut faire des réformes au niveau de l’éducation ; le système français instauré ayant fait ses preuves, il n’est plus à la hauteur. L’association entend proposer des formations théoriques et pratiques comme l’élevage, l’agriculture, l’énergie solaire, la saponification et bien d’autres produits et consommés au Burkina. Que tout ce que nous produisons et consommons au Burkina soit enseigné de la maternelle au supérieur ; dans les écoles d’enseignement général, technique que professionnel. (...). J’ai formé dans plus de 295 communes en métiers polyvalents. Mais depuis six mois, je suis à Ouagadougou pour des soins à travers les plantes. (...). Même les consultations, dans les communes rurales, nous la faisons gratuitement, sauf à Ouagadougou où nous demandons une contribution de 2000 Francs CFA. Et là aussi, c’est de façon symbolique, car même si le patient n’as pas la somme, on le consulte gratuitement », soutient le président de l’AWDA.

Dans cette dynamique de développement, Pasteur Sawadogo recommande que ces modules (suscités) soient, dès la rentrée prochaine, intégrés dans le système éducatif, tant dans le public que le privé. Pour le conférencier, c’est ce qu’il faut pour faire booster le développement. C’est-à-dire rompre aussi d’avec le système actuel qui, selon lui, ne produit que de chômeurs, de revendicateurs, etc.

« Nous avons tous ces modules, que nous proposons symboliquement à 2500 Francs CFA et adressé à tout le monde ; en français comme dans des langues nationales. J’ai des modules de formation dans tous ces domaines. Même si vous n’avez pas les 2500 francs CFA, si vous êtes au nombre de 100 personnes, organisez-vous, je viens vous former pendant trois jours en théorie et pratique. Procédons ainsi et vous verrez que le pays va se développer. C’est le Burkina qui gagne, c’est l’Afrique qui gagne. Laissons les ‘’guerres froides’’, les critiques inutiles et mettons-nous au travail pour le développement. On n’est pas au moment des critiques. C’est une question de travail. Au Ghana, combien sont-ils à vouloir travailler avec l’Etat, qui veulent aller en grève, faire sit-in ? Nous sommes en train de tuer, nous-mêmes, notre économie », offre l’AWDA.

Le président de l’organisation invite les Burkinabè à miser leurs énergies sur le travail et les actions de développement. Il indique que, même si le Burkinabè est reconnu comme grand travailleur, il ne faut cependant pas perdre de vue que le monde a évolué et que, par conséquent, on ne peut continuer à travailler comme à l’époque. ‘’Au lieu d’une saison comme avant, il faut mettre en place un système pour travailler quatre saisons. Vous devez travailler 20 heures sur les 24 heures ; le travail doit s’étendre de 4 heures du matin à 00 heure. Si vous travailler avec quelqu’un, vous pouvez respecter les horaires, mais à la descente, vous travaillez pour vous-mêmes, de 18 h à minuit par exemple !’’, a-t-il suggéré. Toujours dans le même esprit, Pasteur Wendlarima Hermann Sawadogo appelle les fondateurs d’école à revoir les frais de scolarité à la baisse (de la maternelle au supérieur) pour permettre aux populations d’accéder aux connaissances et de se former. Il s’insurge également que tout ait été conçu par les autres (à l’extérieur) pour « nous » ; du système éducatif à la démocratie.

‘’Pour moi, si l’homme vit sur la terre, il doit travailler. Un jour, tu vas mourir et laisser tes connaissances pour le développement. C’est l’amour du prochain, l’amour du Christ. L’homme n’est pas éternel sur terre ; que tu aies le pouvoir, l’argent, l’intelligence, tu t’en iras les laisser. Tout est éphémère. Il est temps pour chacun de vulgariser ses connaissances. Beaucoup de choses manquent à ce pays. La vie chère, qui l’a créée ? C’est nous-mêmes, Burkinabè ; parce que chacun pense qu’il est éternel, lui seul veut gagner... Celui qui veut vendre quelque chose ne pense qu’à lui et à lui seul, il s’en fout de celui qui va acheter. L’argent est mis au-devant de tout. Or, si on n’a pas l’amour du prochain, on ne peut pas avancer’’, poursuit Pasteur Sawadogo, déplorant le développement de l’égoïsme dans la société. A l’en croire, tout travail dans lequel on n’investit pas de l’amour n’est pas bénéfique, il va plutôt créer des problèmes.

« Le système capitaliste est trop tôt pour ce pays, il faut tenir compte de l’amour du prochain dans toute activité. Même les salaires, on les fixe bas, de sorte que ce sont les employeurs seulement qui ont les dividendes. Ça ne peut pas aller ainsi », a relevé le président de l’Association Wendkouni pour le Développement de l’Afrique, Pasteur Wendlarima Hermann Sawadogo.

O.O
Lefaso.net

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