Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

Une tribune d’Ousmane DJIGUEMDE • lundi 17 juillet 2017 à 01h12min

J’avais promis à mes lecteurs de revenir sur les Partenariats-Public-Privé (PPP) lorsque la passion serait retombée pour parler juste de ce qui est important. Je tiens ici ma promesse !

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Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

Les PPP ne se réduisent pas seulement à de simples questions de contrats comme le gouvernement a tenté de le faire croire en focalisant tout le débat sur la question autour des « gré à gré » qui cachent plutôt d’autres intentions qu’une réelle volonté d’apporter le développement là où il faut. Ils constituent simplement un moyen de mise en œuvre des politiques publiques pour résoudre des problèmes publics. Mais, pour que ce moyen soit efficace, il faut qu’il s’appuie sur un processus pertinent et efficace en amont.

Or pour avoir ce processus pertinent et efficace, à même permettre de bien identifier les problèmes publics, de les prioriser convenablement et de formuler les politiques publiques adéquates pour les résoudre, de bien les planifier avec les ressources nécessaires, il faut disposer d’un bon circuit de management public pour prendre en charge tout cela. Il exige que l’Administration publique se mette à niveau des principes de gestion privée, pour garantir la sécurité et la rentabilité des investissements privés, avant de venir discuter « d’égal à égal » avec les acteurs du privé. Malheureusement, cette n’a pas été conduite à son terme. Pire, cette insuffisance a été consacrée par la loi 2015-081 portant le statut général de la fonction publique et est en train d’être validée par la nouvelle constitution en écriture, celle de la 5ème République !

Ce n’est pas à moi de dire que le Burkina Faso ne le dispose pas, puisque le blocage de l’administration dénoncé par les acteurs du secteur privé l’illustre déjà à ma place. Ce que moi je peux faire, c’est de dire pourquoi ce blocage est là. Pourquoi les PPP seront donc un échec, que ce soit sous le régime des RSS, de Zéphirin Diabré ou d’autres politiciens non encore révélés au public.

Une entrée ratée dans le managérialisme politique et administratif aux conséquences dramatiques

Les PPP constituent une philosophie de gestion publique adossée sur un long processus que nous avons entamé en 1998, avec la Réforme globale de l’Administration publique (RGAP), et que le contexte sociopolitique de l’époque qui a affaibli l’État au moment d’engager certaines réformes majeures, a fait échouer.

En effet, si la naissance du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) a pu apporter des retombées positives pour pays, la force qu’elle a procurée aux mouvements syndicaux et aux luttes syndicales n’a pas toujours été à l’avantage de la gestion de l’action administrative et de la sauvegarde de l’intérêt général dans le cadre de cette gestion. Même s’il reste encore des enquêtes à effectuer pour situer clairement l’étendue des dégâts à ce niveau et situer les responsabilités, il faut reconnaître que le retour à la fonctionnarisation introduite par la loi 081 de novembre 2015 est un recul assez notable et un exemple d’actions défavorables de la lutte du collectif qu’il convient d’examiner sérieusement, sans passion et avec le recul nécessaire, pour comprendre la situation actuelle de l’administration publique burkinabè qui a ainsi raté son entrée dans le managérialisme politique et administratif amorcé en 1998 sous la RGAP.

Le managérialisme, selon Chanlat (Moachon, 2015 : 32), est « un système d’interprétation du monde à partir des catégories de la gestion (…) qui cherchent à rationnaliser toutes les sphères de la vie sociale ». Dans une telle option de gestion publique, dans laquelle seules deux catégories d’acteurs sont reconnues, c’est-à-dire les gestionnaires publics, en lieu et place de décideurs, et les agents publics, en lieu et place de fonctionnaires, l’État burkinabè avait conscience de placer la modernisation de l’administration publique, actée avec la RGAP en 1998, dans une dynamique influençable par les progrès techniques et technologiques, grâce à la flexibilité de son contenu et de sa forme. Une vision assez audacieuse et progressiste qui n’a cependant pas été suffisamment expliqué aux partenaires sociaux et qui a subi les revers du contexte sociopolitique de l’époque.

Aujourd’hui, l’État en paie le prix fort par la transformation de l’administration publique en une administration hybride, c’est-à-dire ni bureaucratique, ni managériale, mais cependant budgétivore, inefficace, gangrenée par les maux d’une administration simplement bureaucratique que les acteurs eux-mêmes et les citoyens dénoncent à longueur de journée à travers les émissions d’antennes directes des média et sur les réseaux sociaux.

L’une des tares générées par cette entrée raté dans le managérialisme est la gestion à vau-l’eau des intérêts exclusifs des syndicats, comme on le constate aujourd’hui. Le cas des magistrats est une illustration assez flagrante dans la mesure où c’est bien cette situation, n’en déplaise au président Roch Marc Christian Kaboré et aux autres RSS, qui a plongé le pays dans la surenchère des privilèges corporatistes et la succession de grèves et revendications parfois incomprises par les populations. Cette insuffisance est même accompagnée et accentuée par un pillage légalisé et systématique des ressources publiques par les privilégiés que sont les élites politiques et administratives.

Ainsi, à la fin des années de lutte et après la mise en berne des actions du collectif, l’affaiblissement de l’autorité de l’État, d’abord en 2008, à la faveur des émeutes de la faim ou "vie chère", puis en 2011, avec la révolte des forces de défense et de sécurité (FDS), ces élites ont pu faire prendre en charge leurs appétits financiers à travers des actes légaux sous la forme d’acquis sociaux difficiles à remettre en cause, si ce n’est par le truchement d’une assemblée souveraine de tous les citoyens regroupés dans un cadre solennel de refondation du vivre-ensemble. Il s’agit entre autres :
-  Décret n°2012-720/PRES/PM/MEF du 11 septembre 2012, portant réglementation des rétributions des prestations spécifiques des agents des administrations publiques au Burkina Faso ;
-  Décret n°2012-734/PRES/PM/MEF du 21 septembre 2012 portant indemnité de mission applicable aux agents des établissements publics de l’État
-  Décret n°2012-735/PRES/PM/MEF portant indemnité de mission à l’intérieur du pays applicable aux agents publics de l’État ;

Ainsi que par le biais de conventions et accords qui ne reflètent pas toujours la prise en compte et la sauvegarde de l’intérêt général de tout le peuple burkinabè :
-  Grilles salariales et indemnitaires,
-  Avantages divers octroyés sans garantie de contribution proportionnelle à la mise en œuvre de l’action administrative et des politiques publiques.

Ces textes ont légalisé des pratiques déjà existantes de délocalisation des activités administratives et de transformation de la quasi-totalité des activités de pilotage et de formation en activités rémunérées, qui sont régulièrement dénoncées par les partenaires techniques et financiers (PTF) et contre lesquelles les autorités et l’État sont devenus impuissants.

Ce pillage se traduit en délocalisations excessives des activités administratives, de pratiques accrues du double emploi des ressources publiques et d’usage immodéré du don d’ubiquité qui font passer certains agents publics en « super-activistes » administratifs présents à toutes les activités administratives et capables de capitaliser plus de jour/personne de travail au cours d’une année civile que de jours disponibles dans l’année elle-même. Tout récemment s’est ajoutée à cette situation la course aux privilèges engagée par les syndicats des magistrats dès l’accession au pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré en janvier 2016.

Au total, le malaise est aussi à rechercher dans le pillage systématique des ressources publiques savamment organisé par les élites politiques et administratives, dans le cadre de la mise en œuvre des politiques publiques, de la conduite de l’action administrative qui ne laisse plus de place aux investissements publics créateurs de richesses. Malheureusement, contre ce système bien en place, protégé par la désormais la toute-puissance des organisations syndicales, catalysé par l’émergence du pouvoir créé par la technicité d’agents publics devenus indispensables du fait de la technologie, comme le sont les informaticiens de l’administration publique dans un monde numérisé, et du climat social rendu délétère par l’absence d’autorité de l’État, l’État burkinabè est quasiment incapable de s’affirmer et de gérer efficacement la question. Il lui faut nécessairement passer par un forum où toutes les responsabilités seront identifiées et les fautifs clairement débusqués et invité à s’amender publiquement pour le bien de tout le peuple et pour l’affirmation de la primauté de l’intérêt général. C’est une voie réelle pour éviter que la question ne soit que juste un arrangement entre politiciens !

Les conséquences de ce raté de l’entrée de notre administration publique dans l’ère du managérialisme sont la poursuite des pratiques de mauvaises distributions des politiques publiques. Le malaise du Burkina Faso, comme les marches des ressortissants du Sud-ouest ou de l’Est du pays nous l’enseignent, se trouvent certainement dans la mauvaise distribution des investissements et des interventions publiques, qui a contribué à fabriquer deux catégories de citoyenneté burkinabè. C’est juste un tueur silencieux des peuples plus morbide que les violences en politiques. Loin d’être anodine, l’entrée ratée du Burkina Faso dans la modernité, et plus spécifiquement dans l’ère du managérialisme administratif et politique en 1998 se ressent aujourd’hui avec acuité et prégnance au moment de mettre en œuvre la stratégie des Partenariats Public – Privés (PPP).

En effet, pour avoir échoué à procéder à la transformation qualitative de notre administration, en passant d’une administration simplement bureaucratique à une administration de type véritablement managérial, à travers la mise en œuvre des dispositions de la RGAP qui le favorisaient, et surtout, avec le retour à une administration fonctionnarisée, appellation encensée de l’administration bureaucratique avec la loi 081, nous nous retrouvons avec une administration, hybride, budgétivore, faite de blocages et surtout inadaptée pour prendre en charge toute politique de PPP. Dans un tel système, au lieu de fabriquer des managers publics capables d’encadrer la production collégiale des décisions publiques, l’on a continué à fabriquer des décideurs politiques et administratifs qui produisent les décisions publiques en vase clos.

Au lieu de fabriquer des agents publics, acteurs de développement, on a fabriqué des fonctionnaires orgueilleux et vaniteux, animateurs d’une administration fermée et inaccessible, qui refuse de rendre compte sincèrement de la conduite de l’action administrative et qui entrave le développement. Au lieu de fabriquer des gestionnaires publics, on a fabriqué des décideurs égoïstes et imbus de leur autorité qu’ils utilisent parfois à des fins d’intérêts personnels. Au lieu de fabriquer une administration publique citoyenne, on a fabriqué une fonction publique bureaucratique décriée. Au lieu de fabriquer de l’action publique, on a fabriqué de l’initiative publique qui n’engage pas les citoyens où l’administration organise et fait le jeu avec les citoyens comme spectateurs.

Au lieu de développer de façon équitable, on a privilégié le développement des privilèges qui ont maintenu d’autres citoyens loin du développement, par la mauvaise distribution spatio-temporelle, c’est-à-dire dans l’espace et dans le temps, des investissements et interventions publics. Dans ces conditions et surtout avec le format actuel de l’administration publique, les PPP, même bien pensés et bien formulés, n’ont pas d’avenir, a fortiori lorsqu’elle doit exclusivement ressembler à une entente où c’est généralement celui qui apporte les ressources qui reste le plus fort et dicte sa loi.

Mais jusque-là, il ne s’est pas trouvé des personnalités suffisamment avisées ou suffisamment courageux pour mettre le doigt sur ce qui fait mal dans le vivre-ensemble burkinabè, comme ce pillage éhonté des ressources publiques.

Ousmane DJIGUEMDE
oustehit@hotmail.fr

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Vos commentaires

  • Le 16 juillet à 14:04, par Abdoul
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    Encore un champion du discour . Eh !! Pauvre Burkina. Pays plein de théoriciens qui parlent en longueur de journée mais qui ne servent à rien .

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    • Le 16 juillet à 20:13, par Do
      En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

      C’est plutôt une belle analyse pertinente de quelqu’un qui connait bien le fonctionnement et les faiblesses de notre Administration. Les problèmes soulevés sont réels et je crois qu’il convient déjà de mener des réflexions sur comment palier ces insuffisances de l’Administration si le Gouvernement veut réussir ses PPP. Car dans le contexte actuel, un privé averti prendra beaucoup de précautions avant de s’engager dans un PPP avec un État faible ou les groupes corporatistes dictent leurs lois égoïstes et subjectives. Le privé c’est d’abord et surtout la rentabilité et cela ne peut s’obtenir que dans la discipline !

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  • Le 16 juillet à 14:49, par sidbala
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    Belle analyse, et vraiment c’est foutu pour notre pays, surtout avec les tares congénitales que ceux qui sont censés nous conduire ont.
    Il faudra que l’on se consacre à un style de développement où chaque individu de part ses valeurs naturelles pourra s’affirmer à fin de pouvoir conduire les autres.
    Sans quoi il n’y pas à ce qu’on voit une formule scientifique qui peut nous faire sortir de cette situation où on fais que du surplace.

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  • Le 16 juillet à 16:49, par calomos
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    Bonne analyse, rien à dire je valide tout simplement, il fallait juste ajouter le plethore dans les directions et le non emploi de bcp d’agents qui vaquent à leurs occupations commerciale et attendent la fin du mois
    Triste pour le Burkina Faso

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  • Le 16 juillet à 19:25, par Salou
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    Excellente analyse ! Rationelle et logique. Le manque d’équité dans la gouvernance RSS et la legalisation des avantages farimineux ne peut pas garantir durablement la stabilité du pays encore moins le developpement. Je suis surpris par cette incapacité du RSS å forger un developpement équitable et non une gouvernance de privilège å une elite qui n’augure rien pour l’avenir du pays.

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  • Le 16 juillet à 19:47, par Cool Ousmane
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    Belle analyse ! Les PPP sont la suite logique et normale de votre analyse. Pourquoi se fatiguer à suivre les procédures normales ? on laisse trainer... et ainsi, par un bel artifice, on sort du chapeau le PPP et ainsi le gombo va couler à flot pour tous les fonctionnaires...
    Dans la même logique, trouvez vous normal qu’un ministre ou son représentant, ou SG... ont droit à une enveloppe fournie pour carburant (sic, déjà payé par l’administration) de son véhicule au fond rouge, et un perdiem déguisé qui ne dit pas son nom pour toute cérémonie d’ouverture/fermeture de ceci ou de cela ? Et, chacun jongle comme il peut pour justifier aux PTF qui ne sont pas dupes. Ces derniers, je les accuse de cette gabégie et mal gouvernance car complice à tous les niveaux (rappelez vous de la route Boromo-Bobo avec audit UE et compagnie... sans suite car tout le monde avait sa chemise mouillée de trouille sueur dedans. Combien de ministères font des colloques, séminaires et autres à Kombissiri alors qu’ils ont des salles de réunion/conférences un peu partout ? Euh, et, si on revenait au nom Haute Volta car le nom Burkina Faso est largement au dessus de nos forces...

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  • Le 16 juillet à 23:23, par GUETBA
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    J’approuve avec nuance. Pour dire que le travail très difficile qui reste à faire pour que le PPP version 3 juillet 2017 porte ses fruits est d’amener les exécutants de l’administration à accepter (au même titre que les décideurs) que le privé est le moteur du développement. Sinon, tant que ces exécutants seront dans une certaine jalousie vis à vis des acteurs du privé, nous n’irons nulle part malgré la justesse des décisions.

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  • Le 17 juillet à 08:59, par Pensons au Faso d’abord
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    Le discours du "ça ne marchera pas" est une rengaine qu’on a longtemps entendu et je pense qu’il est de temps de passer à une autre phase ; celle de "voilà comment ça pourrait être une réussite". Il ne sert à rien d’attendre de voir les jeux faits pour ensuite pronostiquer sur l’échec. Un échec, en mon sens n’honore personne et quoiqu’on dise, le miracle n’existe pas et il faut donc oser.
    Pour se faire, il serait bon de mobiliser nos forces et notre énergie pour réfléchir sur les aspects importants qui peuvent encadrer une initiative de développement ou une action de réussir.

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  • Le 17 juillet à 09:02, par Maham
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    Je m’attendais a une analyse de fond pour nous eclairer sur comment reissue nos ppp, mais helas !!!
    Tu dois etre un fed pondeur de la rgap qui se refuse de voir Que vs aviez fait un travail aproximatif.
    La creation de deux types d’agents public avec des traitements differents visait quoi ?
    Dans les faits, les agents abattaient le meme travail.
    Pire, le contractuel n’a jamais eu une situation ou son contrat de travail pouvait etre suspendu, ou mis fin pour justifier qu’il soit mieux traiter que le fonctionnaire.
    Donc son traitement meilleur Que le fonctionnaire n’a jamais ete justifier.
    L’amelioration des conditions des travailleurs est une constante partout. As tu jamais essaye de comparer le traitement du fonctionnaire a celui d’in ptf de meme niveau ?
    Le Pire au Burkina vient de ses cadres qui ecrivent les textes. Vs avez ties ecris vos textes en pensant a vous, a voter quotidien en oubliant que ce pays ne se limite a vs seulement.
    Comme in genetiteur qui refuse d’accepter Que son user, son invention est un echec, vs vs efforcer a justifier, a trouver des refuses.
    Que vs n’ayez pas confiance a nos dirigeants du moment, vs avez droit. Mais soutenit Que les ppp sont voues a l’echec parce Que votre rgap eat in echec, pardonnez nous ces reflexions.

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    • Le 17 juillet à 16:52, par Ousmane DJIGUEMDE
      En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

      Non, mon frère ! Au moment de la RGAP j’étais encore petit pour pouvoir dire quoi que ce soit aux gouvernants. Aujourd’hui, je comprends le managérialisme pas les autres mesures qui tentaient de réduire les travailleurs à la mendicité. D’ailleurs, on les a longtemps confiné à la mendicité auprès du Gouvernement, mais cela a donné quoi ? Rien du tout que de la haine contre tous ceux qui les pillaient ! Et quand eux aussi ont l’avantage de piller à travers des droits chèrement acquis, ils ne vont pas s’en priver. C’est justement pour arrêter cette hémorragie que nous devons avoir ce forum pour relancer notre pays. Tout seul, le gouvernement n’y parviendra jamais, parce qu’ils ne sont pas l’exemple. Relisez bien mon analyse, parce que je vois que vous n’avez rien compris ! Dommage.

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  • Le 17 juillet à 10:34, par Jerkilo
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    Bonne analyse, car le pays court à la catastrophe générale. La course aux avantages personnels et catégoriels et l’impuissance ou l’indolence de l’Etat finiront par tuer la "poule aux œufs d’or".
    Je constate une incohérence entre la date de publication de l’article (lundi 17 juillet 2017 à 01h12min) et la date de certains commentaires commentaires (16 juillet/ 14h-23h).

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  • Le 17 juillet à 11:54, par oscar
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    C’est une analyse juste. Avec cette administration, dotez le BF du budget des USA qu’il sera plus pauvre dans les 5 ans à venir. Ce que vous dites est une stricte vérité et seuls les gens de mauvaises foi peuvent soutenir le contraire.
    Ce que nous refusons d’admettre là, un pays ne se développe pas parce qu’il ploie sous le poids des ressources naturelles mais grâce à des ressources humaines de qualité et patriotique. Seulement nos matières grises sont déçus du fait de la médiocrité de toute la classe politique peut etre que ca aussi c’est civilisationnel d’après Macron.
    A mon avis les PPP seront très dangereux pour les secteurs sociaux comme la santé, l’éducation, etc. Ce qui applaudissent maintenant n’auront que leurs yeux pour pleurer. Imaginons que les fonctionnaires ne foutent pas la pagaille et que ça réussisse. Pour un partenaire qui construit un hôpital qu’il doit rentabiliser, sur qui il le fera ? Sur nous qui ne pouvons pas nous déjà dans des hôpitaux publics. Ca sera la paupérisation à l’echelle nationale au regard du nombre de projets (38 voire plus), si on doit payer chaque jour 100f personne pour ne serait ce que cinq projets bonjour l’enfer. Le PPP c’est pour des grands projets. Je me demande si Rock n’est pas revenu encore avec ses histoires de privations qui ont plombé toute l’économie du pays et rayé certains secteurs de la carte ? ca ressemble fort bien à cela.

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  • Le 17 juillet à 17:06, par Le pragmatique
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    M. Djiguemdé, votre diagnostic des tares de l’Administration publique burkinabé est juste et fondé. Votre démarche d’analyse est scientifiquement et rigoureusement bien menée. Cependant je n’arrive pas à percevoir le lien avec l’échec programmé des PPP. Car de mon point de vue, c’est justement l’incapacité de l’Etat à assumer son rôle dans les investissements publics structurants qu’on a imaginé les PPP pour faire jouer au secteur privé ce que l’Etat ne peut pas assurer. En termes clairs, c’est parce que l’Etat n’a pas suffisamment de ressources (ou n’arrive pas à en mobiliser suffisamment) qu’il fait appel à celles du privé. Donc la question cruciale qui se pose aujourd’hui est la suivante : est-ce que le privé a suffisamment de ressources pour assurer les investissements souhaités ? Pour moi, si on s’appuie sur le secteur privé national ce n’est pas sur que ça va vraiment marcher car comme vous même le constatez parfois certaines de nos entreprises nationales peinent à réaliser les marchés publics octroyés dans le cadre normal. Par exemple, je ne vois pas quel privé national pourrait mobiliser des centaines de milliards pour financer l’autoroute Ouaga-Frontière de côte d’ivoire !. Mais si on compte sur les investisseurs institutionnels internationaux, il y de bonnes chances pour une réussite des PPP. Encore faut-il pouvoir mettre en place une politique d’incitation et d’attraction de ceux-ci. Car dans ce domaine, nous ne sommes pas le seul pays d’Afrique subsaharienne à vouloir expérimenter les PPP. Nous sommes donc en concurrence avec d’autres pays africains pour attirer les investisseurs internationaux. C’est pourquoi je soutiens l’entente directe proposée par le gouvernement pour la mise en œuvre des PPP.

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    • Le 18 juillet à 07:44, par Ousmane DJIGUEMDE
      En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

      Relisez ceci « Les PPP constituent une philosophie de gestion publique adossée sur un long processus que nous avons entamé en 1998, avec la Réforme globale de l’Administration publique (RGAP), et que le contexte sociopolitique de l’époque qui a affaibli l’État au moment d’engager certaines réformes majeures, a fait échouer ». C’est vrai, je ne l’ai pas suffisamment signalé. Mais, le processus dont je parle, c’est celui qui a consisté à installer l’Etat dans une gestion de type managérial qui utilise entre autre la célèbre GAR comme moyen. c’est simplement du managérialisme qu’on retrouve en matière politique et administratif. En matière politique on a échoué en imputant la charge de la déclaration de politique générale au Premier ministre qui n’est pas concepteur du projet de société, alors que la possibilité d’une autre majorité politique à la primature est ouverte. Au plan administratif, c’est la catastrophe parce qu’on a raccommodé le managérialisme pour nous retrouver encore dans la fonctionnarisation de l’emploi public et la faiblesse tant théorique que pratique de l’évaluation des structures administratives. L’un dans l’autre, ce sont des prérequis pour assurer le succès des PPP. Ce qui est loin d’être le cas au Burkina Faso. Ce que je dis c’est que si l’on ne revoit pas tout cela, on ne réussira pas. Or l’Etat est impuissant. Que faire ? Il appartient à toute la communauté de décider de son nouveau sort à travers un forum national et des assises qui ont la capacité et la légitimité de remettre à plat tous les acquis et de concevoir un nouvel Etat. C’est du reste ce que souhaitait le Premier ministre et son ministre de la Fonction publique mais sans vraiment savoir le contenu à mettre dans ce processus de mise à plat des avantages et traitements. Merci ! J’espère avoir été un peu plus clair maintenant !

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  • Le 17 juillet à 17:45, par Le Bon Citoyen
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    Encore des théories qui nous amènent nul part. Vous étiez où depuis 1998 ? On a fini avec les théoriciens qui annonce apocalypse parce qu’eux ne sont pas consultés. Les autres aussi peuvent sortir des théories contraires. Avant tout si les PPP échouent est ce les RSS qui perdent ? Non c’est le Burkina Faso qui perd. Alors souhaitons les de réussir au lieu de dire que les autres vont échouer.

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    • Le 18 juillet à 07:48, par Ousmane DJIGUEMDE
      En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

      Pauvre citoyen, tu n’as rien compris ! Les gens se battent pour trouver des solutions et toi titrologue au lieu de lire pour comprendre de quoi ça relève tu avances des propos incohérents. En 1998, je n’étais rien pour avoir une telle réflexion. maintenant, j’ai les moyens intellectuels, matériels et physiques de les mener de façon posée et cohérente !

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  • Le 18 juillet à 12:10, par Maham
    En réponse à : Burkina Faso : Voici pourquoi les PPP seront un échec !

    A mon humble avis, il convient de recentrer ce débat, car comme je l’ai dit précédemment la question de la RGAP n’a pas grand-chose à voir avec celle des PPP. Notre administration à des tares, certes, mais est-ce pour autant il faut s’attendre à ce que toutes les initiatives soient vouées à l’échec ? Vous avez si bien dépeint la situation de notre administration qu’il n’est plus utile d’y revenir. Mais c’est quoi un PPP ? Quelles sont les conditions de son succès ? Je pense que ce sont là les questions à aborder ; je m’y consacrerais donc. Je vais m’appesantir sur c’est quoi un PPP et qu’est ce qu’il apporte comme plus dans le management des investissements publics.
    Je partage l’idée de fond soutenu par le Pr. OUEDRAOGO et l’opposition sur la procédure de gré à gré en cours. Même s’il faut admettre que les inefficacités et les mouvements syndicaux en cours sont bien partis pour faire reculer le notre pays ; le gré à gré serait peut être la solution du moindre mal peut être du moment.

    C’est quoi un PPP (Partenariat, Public Privé)
    Le PPP est un mode de financement par lequel une autorité publique (central ou local) fait appel à un (des) partenaire privé pour financer et gérer un équipement (une infrastructure ...) pour la production ou l’offre de service public pendant une durée déterminée.
    Il convient donc de retenir (savoir) qu’un PPP n’est pas une privatisation, l’autorité publique reste propriétaire de l’équipement (infrastructure). Le privé a le droit d’exploitation et d’y tiré profit, il n’a pas le droit de propriété qui lui permettrait s’il le voulait d’en abuser, c’est à dire le vendre.
    Le PPP est donc un contrat de long terme entre le public et le privé ; c’est un partage de responsabilités, de risques et de bénéfices. Le contrat PPP stipule des résultats à atteindre qui engagent la responsabilité du prestataire privé ; lorsque ces engagements ne sont pas atteints, sa rémunération est impactée.
    Vous constatez donc que le contrat PPP permet de créer une situation engageant la responsabilité du privé qui n’existe pas dans le cas des contrats classiques de réalisation d’investissements.

    Le Contrat PPP de revetir plusieurs formes que sont : le BOT (build, operate and transfert) ; le DBFO (design, build, finance and operate) ; le BOO (build, own and operate) ; le BLT (build, locate and transfert) ; le BROT (build, rehabilate, operate and transfert) ; ...
    Mais fondamentalement, il y a deux types de PPP :
    1- Les PPP de types concession ou l’opérateur se rémunère sur les prestations (autoroutes à péages, stades, concession ferroviaires, aéroportuaires...) ; ici, le risque de la demande est assuré par le partenaire privé.
    2- Les PPP de type basé sur la disponibilité des services, les PFI (private finance initiative) inventés sous Margaret Tatcher ; ici le risque de la demande n’est pas assuré par le partenaire privé. Le privé finance, construit et exploite sur la durée du contrat ; il est payé par l’autorité public. Un exemple de PFI est un hôpital public dont la gestion des activités médicales relèvent du public, le privé gère les activités d’ordre sécuritaire, d’incinération des déchets médicaux, l’entretien des équipements et des infrastructures...
    Je reviendrais, sur les conditions de succès d’un PPP.
    Merci

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