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Judes Bicaba, nouvel évêque de Dédougou : "Ma plus grosse déception..."

Accueil > Actualités > Société • • lundi 13 juin 2005 à 07h42min

Après 30 ans de sacerdoce, Judes Bicaba, précédemment vicaire général et curé de la paroisse Cathédrale de Dédougou, a été désigné le 4 juin dernier pour succéder à Mgr Zéphirin Toé, admis à la retraite.

Au-delà de ce qu’on pourrait qualifier de promotion, c’est une lourde mission qui attend le nouvel évêque du diocèse de Dédougou, âgé de 58 ans. Nous l’avons rencontré au lendemain de sa nomination épiscopale.

Le Pays : Comment appréciez-vous votre nomination ?

Mgr Jude Bicaba : Je l’ai accueillie comme toutes les autres nominations antérieures. Il y a toujours une petite surprise à l’annonce d’une telle nouvelle. Je retiens que c’est un service qui m’est demandé. Sachant ce que cela représente, ma surprise a été grande.

Vous attendiez-vous à être nommé un jour évêque de Dédougou en remplacement de celui qui vous a ordonné prêtre ?

Je ne m’y attendais pas du tout. Mais je m’évertuerai à jouer mon rôle. J’aurais souhaité que ce soit quelqu’un qui soit mieux préparé à accomplir cette mission. Mais c’est la volonté de Dieu.

Vous dites que vous auriez préféré que ce soit quelqu’un d’autre parce que vous n’êtes pas prêt. Cela signifie-t-il que vous n’êtes pas prêt à assumer vos nouvelles fonctions ?

En réalité, les gens ne connaissent pas la fonction d’évêque. C’est pourquoi ils pensent que c’est seulement une promotion. Quand on voit l’ampleur du service, personne ne se précipiterait pour occuper de telles fonctions. En tout cas, pas moi. Je n’étais pas prêt. Mais, si les gens pensent que j’en suis capable, qu’ils viennent m’épauler.

Quels peuvent être les sentiments d’un vicaire général qui remplace un évêque aussi charismatique que Mgr Zéphirin Toé ?

Mgr Zéphirin Toé est un père pour moi. C’est lui qui m’a ordonné prêtre en 1975, deux ans après sa nomination épiscopale. Je continuerai de l’écouter, de solliciter ses conseils pour travailler dans la continuité.

Sous quel signe placez-vous cette nomination épiscopale ?

Je remercie le Seigneur pour ce qu’il fait. Je souhaite que les gens, par leurs prières, leurs soutiens moral, matériel, puissent m’aider à remplir le service qui m’est demandé. La portée du service est grande. La tâche de l’évêque n’étant pas celle d’une seule personne, la communauté devrait nous aider dans l’accomplissement de notre mission.

Y aurait-il une relation entre votre nomination et celle du pape Benoît XVI ?

Je ne vois pas de relation. Il y a la continuité dans l’Eglise et parfois, il y a des coïncidences. Cela aurait pu se faire sous le règne du pape Jean Paul II. Dieu l’a voulu comme ça et je l’accepte.

Quel bilan faites-vous de vos 30 ans de vie sacerdotale ?

Après mon ordination en 1975, j ’ai été nommé vicaire et j’ai servi pendant 4 ans à Nouna. En 1979, j’ai été nommé curé à la cathédrale pour essayer de rassembler les Bawa et les Marka, parce qu’il y avait deux paroisses qu’il fallait unifier. J’y ai donc
passé onze années avant de me rendre à L’ICAO pour deux ans d’études afin de préparer une licence canonique en théologie pastorale. A mon retour, j’ai été nommé directeur du centre de formation des catéchistes de Tionkuy, où j’ai passé treize ans.
Mon année sabbatique a été écourtée par ma nomination comme curé de Ouakara, cumulativement avec la fonction de vicaire général du diocèse restée vacante après la nomination de Mgr Sama. J’y suis resté jusqu’à ma nomination le 4 juin
dernier.

Quels ont été vos bons et mauvais souvenirs pendant ces 30 années de vie communautaire ?

Ma joie a toujours été de me mettre au service des autres. Il faut reconnaître qu’il y a souvent des joies éphémères. Ma plus grande joie a été l’ordination sacerdotale de mon propre neveu, parce que cela traduit l’assurance du travail que nous menons.
Et la grosse déception, je l’ai vécue en 2000 lorsque mon confrère, qui était le fils d’une collaboratrice, s’est donné la mort.

Comment se porte le clergé ?

C’est un clergé assez jeune et prêt à travailler, vu de la régularité et la participation à nos différentes rencontres.

Votre nomination intervient au moment où le diocèse est confronté à des difficultés d’ordre financier, ce qui serait à l’origine de la compression d’une partie du personnel. Comment comptez-vous redresser la barre ?

L’Eglise est comme un corps vivant. C’est vrai qu’actuellement nous vivons une situation difficile. Mais j’ai espoir qu’avec la contribution des uns et des autres, nous pourrons donner un nouveau visage à la situation que nous sommes en train de
vivre. Nous avons besoin de la collaboration de tout le monde (prêtres et essentiellement laïcs). C’est en s’asseyant autour d’une même table, en réfléchissant et en s’engageant que nous pourrons redresser la barre.

Quel est le rôle que l’Eglise joue dans la lutte contre l’insécurité et la pandémie du siècle ?

Le rôle de l’Eglise a toujours été comme une formation, une sensibilisation. A travers la formation, il y a l’enseignement dispensé. Dieu nous invite à vivre dans l’amour du prochain. Quand on perd une certaine valeur spirituelle, on est inéluctablement en insécurité. Qui sont les bandits ? Ce sont des gens qui ont raté une formation. Ils ont perdu le sens de Dieu. Maintenant pour le reste, on fait appel au sens chrétien et
au sens spirituel de chacun. C’est dans ce domaine que chacun peut se maîtriser dans le bon sens parce que chaque homme est appelé à vivre en croyant.

Propos recueillis par Serge COULIBALY
Le Pays

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