Situation nationale : Le Burkina serait-il devenu une charogne ? Qui pour ressusciter son cadavre ? s’interroge Elhadji Boubacar, un de nos lecteurs

Point de vue • mercredi 12 juillet 2017 à 00h32min

« Il faut, à la guerre, profiter de toutes les occasions, car la fortune est femme ; si vous la manquez aujourd’hui, ne vous attendez pas à la retrouver demain. » conseillait Napoléon Ier. Peu de réflexions illustrent autant que celle-ci le contexte actuel du Burkina Faso post-insurrection.

Situation nationale : Le Burkina serait-il devenu une charogne ?    Qui pour ressusciter son cadavre ? s’interroge Elhadji Boubacar, un de nos lecteurs

Les Burkinabè sont déchainés, travailleurs du public comme ceux du privé, particuliers, en guerre contre leur longue souffrance ou ce qu’ils considèrent comme telle. La chute de Blaise COMPAORE en 2014 apparait aux yeux de beaucoup de nos concitoyens comme une opportunité à saisir pour enfin réaliser leurs rêves, gagner et réussir leur vie, repousser les limites de leur liberté. Cette volonté d’atteinte de nos objectifs pour l’essentiel définis hâtivement, aurait-elle transformé le Burkina Faso en charogne que se disputeraient des vautours ?

La question mérite bien d’être posée. Dans notre immense majorité, par notre comportement, au quotidien, nous sommes en train de donner raison à La Beaumelle qui rend opérationnel le conseil de Napoléon Ier en remarquant qu’ « On ne s’élève que par de grandes vertus ou par de grands crimes, par des talents supérieurs ou par une stupidité avérée, par une extrême hauteur ou par une extrême bassesse : toujours par les extrêmes. »

Le seul hic, c’est que nous nous sommes massivement inscrits à l’école de La Beaumelle, mais avec les grandes vertus, les talents et la hauteur en moins. La chose sur laquelle les burkinabè s’accordent et qu’ils partagent le mieux aujourd’hui, c’est la volonté d’écarteler le pays par leurs décisions et comportements, par leurs appétits et les excès qui les portent. Les magistrats ont ouvert le bal des extrêmes d’abord par les avantages qu’ils ont exigé et obtenu, ensuite par leur récent arrêt de travail sans préavis. Il faut donc s’attendre à ce que dans les jours et mois à venir, l’été des revendications légales des meilleures conditions de vie et de travail cède la place à l’automne des mouvements sociaux illégaux.

Mon pays serait-il alors devenu une charogne que se disputeraient les travailleurs ? En tout cas, au regard des grèves et autres sit-in en nombres sans cesse croissants, chacun semble vouloir sa part et plus grande que celle des autres, se prenant pour le meilleur d’entre tous. Les magistrats, parce qu’ils connaissent les affaires de tout le monde, parce que nous les avons déifié en leur confiant la justice qui est pourtant une exclusivité du créateur ; les financiers, parce qu’ils sont les gardiens de notre grenier ; les informaticiens parce que l’humain s’est plié et est en train de mourir en confiant son destin aux machines ; les acteurs de la santé, parce qu’ils s’occupent de la maladie qui est après l’ignorance, le pire ennemi de l’homme ; les enseignants parce que l’éducation est la cause première de tout ; les policiers, parce que la sécurité conditionne la stabilité ; les autres, parce que…

Mon pays serait-il devenu une charogne que se disputeraient aussi les politiciens de toutes appartenances ? Quand ils ne créent pas des partis pour monnayer leur alliance, ce sont des tablettes ou des millions que certains se partagent quelque part. Ceux qui sont au pouvoir ne ménagent aucun effort pour protéger leur conquête/butin. C’est légitime et humain. On ne peut pas leur en vouloir pour cela. Leurs cousins d’en face jurent par tous les dieux qu’ils auraient pu faire mieux et peignent tout en noir comme si eux-mêmes n’ont que des vertus. Ils ont raison tant qu’ils ne sont pas aux affaires. Ils sont couverts par cette chance de ne pas être aux affaires. Tous cherchent à séduire et à dompter le peuple qui devient finalement un instrument/une charogne qui se laisse arracher quelques morceaux par ces…prédateurs.

Mon pays serait-il devenu une charogne que se disputeraient mêmes les organisations de la société civile (OSC) ? On dit des OSC qu’elles sont des structures de veille. Mais leur prolifération laisse tout le monde dans le doute. Surtout que leurs responsables sont parfois accusés d’accointance avec des partis politiques. A tort ou à raison, ils sont nombreux les burkinabè qui pensent que certains responsables d’OSC ont fondamentalement amélioré leur quotidien depuis l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 et même quelque peu avant. Ils tireraient grand profit de la précarité de leurs tuteurs respectifs et de tous bords, faisant penser ainsi que mon pays est devenu une charogne.

Visiblement, il y a une véritable opportunité d’affaire pour tous dans le Burkina Faso post-insurrection. Tout le monde est occupé à faire vite car on ne sait jamais. Chacun veut sa part tout de suite. Après ? Mais après on verra. Si les choses se gâtent, chacun aurait obtenu sa part de gâteau. D’ailleurs il n’y a rien et on s’en-fout, point barre. Nos enfants ? Ils vont se débrouiller avec ce qui restera du pays ou trouver une terre d’asile quelque part au nord, ou ailleurs, pour vendre leurs talents de terroristes ou de mercenaires. Notre génération actuelle se comporte comme si nous n’avons aucune responsabilité dans l’avenir de ce pays. Nous sommes en train d’épuiser les ressources et les valeurs que nous ont laissées nos devanciers pour ne laisser qu’un pays sans perspective comme héritage à nos enfants.

Si les Burkinabè ne se ressaisissent pas, le Burkina Faso ressemblera bientôt à un oiseau auquel de méchants et inconscients petits enfants ont arraché toutes les plumes. Il ne peut plus voler et est à la merci des intempéries et des prédateurs. Nous avons individuellement et collectivement chevauché les extrêmes, faisant fi de leurs conséquences. Tout le monde sait que tout le monde exagère. Mais personne ne prend la responsabilité ni le courage de dire ‘‘moi, je mets de l’eau dans mon vin. Je vais rencontrer x ou y et ensemble, nous allons penser d’abord au pays sans lequel il est illusoire de penser à nous-mêmes.’’ Personne ne veut commencer. Faut-il conclure qu’il n’y a plus d’hommes capables de se transcender et de transcender cette situation inédite que vit le Burkina Faso mon pays ?

Allons-nous nous résoudre à changer ou faut-il hélas donner raison à Machiavel pour qui « Deux choses s’opposent à ce que nous puissions changer : d’abord nous ne pouvons pas résister au penchant de notre nature ; ensuite un homme à qui une certaine façon d’agir a toujours parfaitement réussi, n’admettra jamais qu’il doit agir autrement. C’est de là que viennent pour nous les inégalités de la fortune : les temps changent et nous ne voulons pas changer. » Hum. D’accord, ne changeons pas.

Evitons de continuer à alimenter le feu qui va consumer tout ce que nous sommes en train d’engranger. L’histoire sera sans pitié pour tous et chacun. Feu Norbert ZONGO disait que personne n’aura un avenir dans un pays qui n’en a pas. Ce serait dommage si nous ne tirons pas leçon de cette prophétie.

BOUBACAR Elhadji
boubacar.elhadji@yahoo.fr
70 10 05 50

Messages

  • le train s’arrête là pour lui et on repart kabo kadjan bi doniba ta manger vous nous on viens après

  • belle réflexion .il faut que le politique réagisse aussi. mettre fin à l’anarchie galopante.ceux qui pillent n auront pas de quiétude pour jouir de leur butin car ils auront en face d’eux un peuple affamé.ainsi naitra le mouvement des prolétaires pour le développement

  • BOUBACAR Elhadji,

    Merci pour cette contribution exceptionnelle. J’espère que votre appel sera entendu. c’est dommage en effet qu’il n’y ait personne pour s’élever au-dessus de la mêlée et siffler la fin de la récréation.

  • Si le pays est devenu une charogne c est le pouvoir MPP et ses alliés qui l ont rendu ainsi. Personne ne les a forcé à ceder aux revendications des magistrats. Par comparaison au Bénin Yayi Boni avait accordé de telles avantages aux magistrats avant de partir. Quand Patrice Tallon a pris le pouvoir il a pris un decret pour annuler ces avantages. Le MPP pensait t il que des bac+4 de la magistrature allaient toucher 5 ou 6 fois plus que des bacs+4 des autres corps et que les autres allaient regarder sans réagir ? Assurément non ! L histoire de 3 ème pouvoir reconnu par la constitution est une faux argument . parceque avant leur augmentation ils etaient classés en catégorie P et etait de ce fait les mieux payés des bacs+4 de l administration. Ensuite contrairement aux autres pouvoirs , la magistrature n est pas une fonction mais un métier. On y rentre par concours et on y reste jusqu’à la retraite. Donc mr au lieu de condamner les braves travailleurs dont les revendications sont plus que légitimes il faut condamner le MPP et son gouvernement qui n ont aucune vision pour tirer le pays vers le haut.

    • Les "braves travailleurs" auraient des revendications légitimes, s’ils ne vivaient dans un pays où ils sont déjà des privilégiés en comparaison de la grande majorité de la population.
      Je veux bien sur parler ici des "braves travailleurs" du public, dont les revendications vont rarement dans le sens d’obtenir de meilleures conditions de travail, ce qui leur permettrait de se rendre plus efficaces, au service de la population (rôle initial qu’ils ont depuis longtemps oublié) ; mais, bien au contraire, visent à obtenir encore davantage d’argent et de privilèges, jalousant les formidables détournements que réalise le sommet de leur hiérarchie.

  • Message saisissant et poignant. Mais comme vous l’avez si bien souligné, tout le monde sait mais personne ne veut parler.

  • Simplement bravo et chapeau bas à l’auteur de cet écrit .

  • Merci, Je suis heureux de savoir qu’il y a encore des Burkinabè réfléchis, lucides, et patriotes.Dommage que beaucoup de burkinabè ne voient pas vers ou le pays glisse. Même notre très grand professeur " l’intelligent" L. B. ne se rend compte de rien.

  • Merci Boubacar Elhadji, très pertinent ! J’espère que les Burkinabé pourrons suffisamment en tirer profit. En tout cas chacun est prévenu à temps ! C’est seulement dans un Burkina Faso que nous rendrons prospère que nous deviendrons nous-même prospère. Le contraire restera une illusion pour tous les temps. Ce qui est dit est valable pour tous les pays africains et pour l’Afrique Unie à laquelle nous fixons notre grand espoir pour une vraie souveraineté, pour une vraie indépendance, pas comme celle recue en cadeau par les pères, mais celle arrachée aux prédateurs de notre continent par le combat et la détermination, afin que l’Espèce Noire puisse en fin évoluer dans la liberté absolue et les peuples dans le salut.

  • Très belle analyse, Elhadji
    malheureusement l’homme est ce qu’il est. comme l’avez si bien montré travers à travers le récit de machiavel « Deux choses s’opposent à ce que nous puissions changer : d’abord nous ne pouvons pas résister au penchant de notre nature ; ensuite un homme à qui une certaine façon d’agir a toujours parfaitement réussi, n’admettra jamais qu’il doit agir autrement. C’est de là que viennent pour nous les inégalités de la fortune : les temps changent et nous ne voulons pas changer. »
    et pourtant il faut que nous arrivions à changer, il faut arriver à taire son égoïsme et accepter autrui pour qu’ensemble nous construisons notre chère patrie......
    God bless Burkina FASO

  • Rien à ajouter sauf merci. le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais, mais le silence des gens bien disait Norbert Zongo.

  • Donc vous êtes devenus des vers qui profitez bien du cadavre !

  • mon Frère, tu as tout dit dèèss. Que Dieu tout puissant continue de t’éclairer

  • Malheureusement la vraie crise est devant nous, pas derrière nous ! Je suis enfant du pays mais avec ce qui se profile à l’horizon, pas besoin d’etre un aveugle pour savoir que tout est entrain d’aller dans le pire.

    Nous assistons impuissant à la descente aux enfers de notre mère patrie, et en cas d’explosion sociale, personne ne va échapper et cela ne profitera non plus à personne. Les fils d,une meme patrie ont été divisé, opposé, et bientot rentrerons dans un conflit qui ne dit pas son nom...

    Dieu bénisse le Burkina Faso, qu’il nous éloigne de ces problèmes....

  • Je voulais applaudir à la première lecture mais il faut que l’on fasse attention à toute initiative tendant à regretter Blaise Compaore. Le Burkina est devenu une charogne quand BC à décidé de mettre fin au CNR en attentant à la vie TOMSANK. L’erreur historique des intellectuels burkinabé comme M. BOUBACAR, c’est d’avoir soutenu BC dans ses funestes desseins pour le pays, soit par jalousie perfide face au succès planétaire du leader de la révolution, soit par cécité intellectuelle ou par manque de patriotisme.
    L’héritage de BC et de ses apprentis va mettre en retard le pays pour des décennies encore. Être leader, ce n’est pas qui veut, mais qui peut. Nous devenu en 30 ans un pays qui bat ke record de toutes les médiocrité en matière de gouvernance et de justice sociale. Comment in pays aussi pauvre, peu pauperiser sa population a travers une gestion foncière aussi hasardeuse !

    Tous les malheurs contemporains de ce pays viennent de Blaise Compaore et de ses soutiens visibles ou cachés !

    La patrie ou la mort, nous vaincrons !

    • @10sur10, qui a amené cette charogne au pouvoir ? C’est la soit-disant "Révolution". La révolution a été le nid des aigris afin de se propulser à la place des soit-disant bourgeois de l’époque. Or c’était grâce à la politique que ces "bourgeois" pratiquaient que ces "révolutionnaires" en herbe sont allés à l’école avec des bourses, sont allés dans de prestigieuses universités et écoles avec des bourses nationales et étrangères, car c’était tous des enfants de "pauvres", dans les domiciles paternels de la majorité de ces "révolutionnaires" c’était des maisons en banco qui trônaient avec des toitures de chaume ou de tôles récupérées. Quant ces gens revenaient au pays après leurs études, ils avaient un emplois garantis et une ascension sociale certaine. Mais cela ne leur suffisait pas, ils avaient la racine d’amertume en eux d’avoir eu des parents peux nantis, alors ils ont voulu être "calife à la place du calife", d’où le masque de la "révolution" pour faire mieux passer la pilule, ce masque qui est rapidement tombé pour montrer leurs vrais visages avec l’émergence de Blaise et Cie. Donc 10sur10, la racine de nos problèmes actuels c’est la fameuse "révolution" qui a englobé tous les "aigris" qui ont finis par se manger entre eux pour aboutir à leurs vrais motivations, celle de piller le Peuple.

  • J’approuve bien cet écrit. J’ai également beaucoup de préoccupation pour la génération future de notre pays. On aime marcher comme le mouton, la tête baissée sur l’herbe alors que les autres peuples (surtout ceux qui nous dominent déjà) marchent comme l’aigle, la vision perçante. Et quand nous avons une vision perçante c’est dans le mal. On agit toujours ayant une fausse assurance que les conséquences sont pour les autres. Nous avons déjà le tournis par rapport au pillage de nos ressources et quand on sacre tout cela par des lois calculées et centrées sur ses intérêts égoïstes, c’est à croire que les auteurs auront le temps de profiter de ces intérêts au milieu d’un peuple qui n’en a pas. Les lois qu’on devrait voter, c’est celles qui devraient interdire tout prêts, sachant que ceux qui vont les rembourser ne savent mêmes pas pourquoi on les a contracter. Les lois qu’on devrait appliquer c’est contrecarrer la corruption qui tue les générations à venir. Faire payer ses voitures, ses villas, ses plaisirs, 40 ans après par des innocents et rendre ceux qui ne sont même pas encore nés esclaves des autres, c’est tout simplement méchant. Hélas, tous le monde s’en fout, les autorités ne disent rien et les gens de bien boivent leur petit lait, donnent des audiences, programment des voyages... et ainsi va la vie.

  • Quand la vérité est dite .....ayons le courage et l’honnêteté de la reconnaître .
    Merci monsieur Boubacar .

  • Une brillante analyse. Les peuples qui nous dominent, ils ne le sont pas parce qu’ils sont plus forts ou plus intelligents que nous. Ils ont eu la chance d’avoir des pères et des arrières grands pères qui ont pensé à eux, à leur bien être, à leur avenir. Ils ont risqué et risquent encore leur vie pour leurs progénitures. Chez nous, c’est le contraire. Un proverbe mossi dit que " L’âne fait son petit pour être libérer de son fardeau un jour". Malheureusement ce principe prévaut jusqu’au sommet de notre État, aux intellectuels, etc. Rien qu’a voir la cohorte des mendiants et des désœuvrées dans nos cités, cela témoigne de notre irresponsabilité collective quand dans tout ce bourbier des privilégiés se donnent le luxe de sucer encore et encore l’État. Pire, ils contractent des dettes pour cela. Dans ces conditions, comment répondre à un certain Emmanuel Macron qui dit que le problème de l’Afrique est civilisationnel. Attendons encore les réactions des pseudos intellectuels qui vont condamner avec véhémence ces propos car lorsque que Sarko avait dit que l’homme noir n’était pas suffisamment entré dans l’histoire, on les a vu écrire des bouquins alors qu’au même moment ils soutenaient des dictateurs sanguinaires.
    Une bonne vue est insuffisante, il nous faut une bonne vision. Et pour cela chacun doit prendre conscience déjà des petites choses, respect de soi, respect de l’autre, respect des biens publics et des règles et travaille acharné pour la perfection. Ce n’est qu’à ce prix qu’on se tirera d’affaire. merci encore à l’auteur, vous avez touché du doigt le fond du problème des burkinabè, leur égoïsme incommensurable.

  • Véritable leçon à retenir. Tirons juste enseignement et laissons toute idée politicienne et partisane. Bravo Boubacar

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