Bénéwendé Pascal Kafando, DG de NET-ELEC : « Le succès, c’est la compilation des échecs »

samedi 8 juillet 2017 à 00h51min

Fort de sa conviction, Pascal Kafando est un jeune cadre technicien affiché d’une volonté réelle de contribuer au développement socio-économique de son pays à travers son secteur d’activité : électricité, climatisation, réseaux téléphonique-informatique et énergies renouvelables. Natif de Gounghin (quartier ouest de la capitale), M. Kafando est un ancien de l’école primaire Saint-Jean, du Lycée Mixte de Gounghin puis du Lycée technique de Ouagadougou (actuel Lycée technique national, Général El Hadj Aboubacar Sangoulé Lamizana). Après l’obtention de son BAC F3, il est à Bobo-Dioulasso à l’Institut Universitaire de Technologie/Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso pour le génie électrique. Zoom sur un technicien avéré et son entreprise : la Nouvelle Entreprise des Technologies ELECtriques (NET-ELEC).

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Bénéwendé Pascal Kafando, DG de NET-ELEC : « Le succès, c’est la compilation des échecs »

C’est avec un brin d’humour que ce jeune directeur général, Pascal Kafando, retrace sa tendre enfance, marquée également par les ‘’bricolages’’ sur les électroménagers dans le sillage familial. Une passion dès le bas-âge qui va le conduire auprès de son oncle, connu pour ses travaux manuels de dépannages domestiques. Pascal Kafando va nourrir et mûrir cet amour jusqu’à la fin de son cycle en Génie civil (Génie électrique).

Muni de son parchemin, il prospecte le marché des entreprises dans l’idée de se consacrer désormais à la pratique. « Je suis allé dans une entreprise en pleine croissance. Donc, il y avait beaucoup à faire (c’était mon objectif, parce que quand il y a beaucoup à faire, on apprend beaucoup également). Si bien que de 2000 à 2007, j’ai touché à beaucoup de réalités ; ça a été vraiment un centre de formation pour moi où j’y ai fait mes armes avant de m’installer à mon propre compte en 2008 », a reconstitué Pascal Kafando. C’est en juillet 2008 que NET-ELEC a été créée, avec une ferme détermination de son géniteur de la positionner rapidement au rang des entreprises de référence dans son domaine d’intervention. Pour cela, il va se donner les moyens d’y parvenir par notamment des formations en entreprenariat.

Son premier chantier, il l’a exécuté en sous-traitance dans le cadre de la construction d’une société minière de la place, se souvient-il. « C’était un challenge, parce que c’était mon premier marché. Il y avait aussi la pression, au regard du sérieux et de la rigueur requis dans les entreprises minières. Et en termes de coût, c’était le plus gros lot qu’on avait eu. Il y avait donc cette peur de savoir si on allait pouvoir être à la hauteur. Ça m’a vraiment marqué. Je me rappelle que quand il fallait partir sur le chantier, on était tous (avec les ouvriers et d’autres personnes), dans un camion grue ; on a quitté Ouaga matin pour arriver la nuit sur le site. Il y avait beaucoup d’entreprises, et dès 6 heures, chacun était à son poste, prêt à travailler (pas en train de venir, mais prêt à travailler) », replonge Pascal Kafando.

Premier pas, coup de maître ! La qualité de ses prestations fait de NET-ELEC, une adresse sure pour les demandeurs de toute envergure. Puis, le jeune entrepreneur enchaîne avec les travaux de mise en réseau de la ligne électrique de Saponé (commune située à environ 50 km au sud de la capitale, dans la région du Centre-sud). « Là aussi, c’était un challenge ; parce qu’il fallait faire recours à des ressources humaines et matérielles. Aujourd’hui, quand je regarde, j’en suis fier. On était devenu une référence et les populations nous ont même référé à leurs partenaires européens pour les travaux électriques de leur hôpital », se réjouit-il. A ce jour, plusieurs réalisations du public et du privé portent les empreintes de NET-ELEC.

Chaque chantier est un défi …

Aujourd’hui, le directeur général se réjouit d’avoir la capacité de se prêter à toutes sortes de travaux liés à son domaine d’intervention. Et ce, sans laisser de marge au laxisme et aux insuffisances sur ses chantiers. Et dans cette exigence, le directeur général de NET-ELEC considère chaque chantier comme un nouveau défi. En clair, Pascal Kafando fait partie de ces leaders d’entreprise qui refusent de tomber dans la facilité de l’expérience acquise. C’est certainement l’un des secrets de performance de son entreprise. En plus de la satisfaction qu’il donne à sa « clientèle » (terme qu’il évite d’ailleurs, parce que pour lui, toute personne qui s’intéresse et sollicite les services de NET-ELEC est un partenaire), M. Kafando fait obligation à son entreprise la mise en place d’un dispositif de suivi des travaux qu’elle réalise sur le terrain. Cette démarche a postériori se déploie à travers canaux dont la mise à la disposition en contact permanent du client avec le service technique de l’entreprise pour répondre à des sollicitations en tous lieux et en tous temps.

Si M. Kafando déroule avec aisance le parcours de NET-ELEC, il tient cependant à relever les difficultés, inhérentes non seulement à son secteur d’activité, mais également à l’entreprenariat de façon générale. Seulement, dit-il, il faut se focaliser sur ce qui marche, améliorer ce qui marche moins et s’appuyer sur les difficultés pour mieux rebondir. C’est pourquoi, pour lui, les difficultés font partie intégrante de l’aventure humaine. Cela l’est encore en matière d’entreprenariat, et plus précisément en ce qui concerne son secteur d’intervention.

Au nombre des difficultés, celles liées à l’accès à certains marchés. « Quand on dit par exemple qu’il faut avoir un chiffre d’affaire de 500 millions ou un milliard, ça nous exclut ; même si on a la compétence, on n’a pas les reins solides financièrement. Pourtant, aujourd’hui, on paie les impôts (et bien d’autres taxes), on déclare nos agents (à la Caisse nationale de sécurité sociale, ndlr). Il faudra que l’Etat réfléchisse à ce niveau, pour permettre de faciliter les choses, même si on ne demande pas une ouverture totale.

Par exemple, au lieu de prendre l’électrification de 50 villages pour constituer en lot unique, on peut les scinder en cinq, dix lots afin de permettre de prendre beaucoup d’entreprises qui ont les capacités techniques pour faire le travail. Sinon, ça donne l’impression que c’est fait à dessein pour les grandes entreprises. Ces grandes prennent les marchés, mais viennent sous-traiter avec nous. Alors, pourquoi ne pas scinder en même temps ? », plaide le directeur général de NET-ELEC. Une autre difficulté soulevée est celle relative à l’organisation même du secteur. En effet, poursuit-il, le secteur a été longtemps rattaché aux BTP (Bâtiment et Travaux publics). « L’électricité a toujours été rattachée au bâtiment, si fait que même la Chambre de commerce glisse l’électricité dans cette composante BTP », explique M. Kafando, par ailleurs vice-président de l’Association des professionnels des énergies et télécoms du Burkina (APET-BF).

Sur l’environnement de l’entreprenariat au Burkina, il énumère pas mal de difficultés qui méritent de trouver solutions auprès de l’Etat. Ainsi estime-t-il que la culture entrepreneuriale n’est pas assez mise en exergue par l’Etat. Outre les conditions difficiles d’accès à certains Fonds de financement, il y a un besoin d’assainissement de plusieurs textes dans les secteurs d’activités pour plus de dynamisme. Il y a par exemple nécessité de faire en sorte que les entreprises nouvellement créés puissent avoir accès à certains marchés, dès lors qu’elles ont une compétence avérée dans leur domaine. « Le chiffre d’affaire ne doit pas être un critère indispensable au détriment de la compétence.

De toute façon, pour atteindre un certain niveau, il faut bien commencer quelque part au bas de l’échelle ! Il faut donc un système d’accompagnement des entreprises nouvelles. Il ne s’agit pas de leur donner de l’argent, permettez-les simplement d’avoir accès aux marchés avec leurs compétences. Sinon, on contribue, sans savoir, à tuer les entreprises. Ce qui n’est pas de nature à encourager l’entreprenariat », a analysé l’entrepreneur. Une politique indispensable, en ce sens qu’avec le nombre de plus en plus galopant de candidats aux concours de la Fonction, l’entreprenariat reste l’alternative solide. Mieux, relève M. Kafando, les spécialistes ne cessent de rappeler que le privé est le moteur du développement.

NET-ELEC, aujourd’hui et demain !

Vrai passionné de son domaine, Pascal Kafando est nanti de capacités humaines et matérielles pour répondre aux prestations de toutes natures. NET-ELEC, c’est tout ce qui est électrique, avec le tertiaire (bureaux, climatisons, éclairages, réseaux ondulés, réseaux téléphoniques, etc.), l’industrie et le primaire (système agricole par exemple). D’entreprise individuelle à sa création, NET-ELEC est aujourd’hui une S.A.R.L avec environ une dizaine d’employés déclarés à la CNSS et plusieurs dizaines d’employés temporaires. A la veille de son dixième anniversaire de création, NET-ELEC a placé son curseur haut, avec en sus, des partenaires nationaux et internationaux.

Pour Pascal Kafando, le domaine de l’entreprenariat est un secteur d’avenir au Burkina. « C’est bien que l’Etat l’ait compris. Quand j’ai fini, j’ai immédiatement cherché à m’installer, parce que même en son temps, quand on sortait, le seul concours auquel on pouvait postuler, c’est celui de la SONABEL. Là, on ne prenait pas plus de trois à quatre par an. Les autres devaient se ‘’chercher’’. C’est bien que l’Etat ait rapidement pensé à créer un Fonds comme le FAIJ (Fonds d’appui aux initiatives de jeunes, ndlr) auprès duquel, j’ai même bénéficié de formation et de financement », se montre-t-il reconnaissant.

A moyen terme, NET-ELEC entend se hisser au rang des entreprises de référence nationale. Tant au plan technique et que social. Il s’est, à cet effet, doté de plans stratégiques en matière de formation continue de son personnel dans les secteurs pointus de son secteur.

A la jeunesse burkinabè, Pascal Kafando exhorte à se nourrir de courage, de détermination et surtout de patience d’apprendre. « Ce que je conseillerai, c’est d’accepter l’apprentissage, subir les étapes, la souffrance. Etre un homme de sacrifices. Se mettre en tête également que le succès, c’est la compilation des échecs. Aujourd’hui, surtout dans le domaine des services, le Burkina est à construire. Quand vous prenez le domaine de la construction, il y a un véritable marché à occuper. (…). Le marché est-là et c’est indiscutable, travailler avec sérieux, pas toujours voir l’argent d’abord. L’entrepreneur, c’est celui qui accepte souvent de travailler à perte pour satisfaire son client », a prôné le directeur général de NET-ELEC (http://www.netelec-burkina.com/).

O.O
Lefaso.net

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