Famine en Afrique : Moussa Faki Mahamat ‘’sermonne’’ les dirigeants africains !

LEFASO.NET | Par Oumar OUEDRAOGO • jeudi 6 juillet 2017 à 00h56min

A peine investi, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a mis (mars 2017) le cap sur des pays de la corne de l’Afrique, notamment la Somalie, frappée par la famine. Alors que l’extérieur se mobilisait pour venir au secours à cette zone, le continent africain brillait par un silence face aux nombreux morts annoncés, dont plusieurs milliers d’enfants.

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Famine en Afrique : Moussa Faki Mahamat ‘’sermonne’’ les dirigeants africains !

Environ trois millions d’enfants, de femmes et d’hommes menacés par la famine. Dès le début de l’année, les Nations-Unies réclamaient à la communauté internationale, 4,4 milliards de dollars d’ici à ce mois de juillet pour faire face à cette catastrophe humaine en Somalie. Situation déjà grave pour des populations d’un pays qui ploie depuis plusieurs années sous des violences des militants islamistes shebab.

Le 7 mars, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelait la communauté internationale à se mobiliser massivement pour « éviter le pire » en Somalie. Au même moment, la star du web, Jérôme Jarre, âgée seulement de 26 ans, récoltait, dans un élan d’urgence, la somme de deux millions de dollars pour acheminer de la nourriture aux populations somaliennes.

Lors de son passage, le tout nouveau président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, avait, après avoir fait le triste constat, tenté de voler au secours par un don de 100 000 dollars à la Somalie avant d’appeler surtout les États membres à la solidarité. Plusieurs mois après, les Etats africains semblent avoir été sourds… Une situation que le président de la Commission de l’Union africaine ne pouvait masquer et passer sous silence.

Et il n’avait meilleur cadre pour toucher les consciences que la tribune du 29ème Sommet de l’organisation continentale. M. Mahamat a exprimé sa frustration de constater un manque de solidarité envers les pays menacés par la famine. « Comment vous cacher en effet ma profonde frustration face au silence et à l’inaction des africains devant l’atroce drame de la famine dans ces régions », a-t-il craché à l’ouverture du sommet le lundi, 3 juillet dernier à Addis-Abeba (Ethiopie).

Outre la Somalie, des populations de plusieurs pays subissent de rudes épreuves de diverses origines. Ce qui suffit, selon Moussa Faki Mahamat, à interpeller la conscience africaine. Soudan du sud, République centrafricaine, RDC, Guinée-Bissau, Libye, pour ne citer que ces pays. « Que sont devenues les valeurs de solidarité et de fraternité africaines ? », a administré le premier responsable de la Commission de l’UA pour qui également, « le drame de nos frères en Somalie, au Soudan du sud, dans le bassin du Lac Tchad et dans le Sahel nous interpelle au plus profond de nos consciences et au plus profond de nos êtres ».

Ces sentiments de Moussa Faki Mahamat campent bien et relancent l’éternel débat sur la place de l’Afrique face à son propre destin. On comprend difficilement que le même continent ait des dirigeants, financièrement prompts et capables de soutenir des campagnes présidentielles françaises, mais pas à mesure de payer des vivres pour sauver ne serait-ce que leurs petits-enfants des affres de la famine.

De cette Afrique-là, Moussa Faki Mahamat n’en veut visiblement pas et il ne voile pas sa hargne de rompre avec ce style de vie imprimé au continent depuis le haut. D’où cette idée de « renaissance » dès 2018. Et dans cette détermination, il peut, visiblement, compter avec le président l’Union africaine, Alpha Condé, qui semble ne pas perdre le curseur depuis son arrivée à la tête de l’institution continentale.

Une chose est sûre, comme l’a si bien souligné Paul Kagamé au sujet des nécessaires reformes à opérer au sein de l’Union africaine, « il n’existe pas de changements faciles, la route qui nous attend est longue et peut même être inconfortable », mais, il faut bien y aller. Rompre avec les vieilles conduites … ou se condamner à végéter dans des situations de frustrations face au reste du monde et de misères sur le continent.


Lire aussi : Union africaine : L’ère Alpha Condé ou l’heure de la rupture ?


Oumar L. Ouédraogo
(oumarpro226@gmail.com)
Lefaso.net

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