Journée mondiale du rein : Les dialysés et insuffisants rénaux célèbrent l’événement en différé

LEFASO.NET | Herman Frédéric BASSOLE • samedi 1er juillet 2017 à 21h02min

« Obésité et insuffisance rénale ». C’est sous ce thème que l’Association burkinabè des dialysés et insuffisants rénaux célèbre en différé, ce samedi 1er juillet 2017, la 12e journée mondiale du rein. Le Secrétaire général du ministère de la santé a présidé la cérémonie d’ouverture de l’événement.

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Journée mondiale du rein : Les dialysés et insuffisants rénaux célèbrent l’événement en différé

Diasso Jean Blaise souffre d’insuffisance rénale, c’est-à-dire que ses reins ne filtrent plus correctement son sang. Cette maladie, il l’a découvert en 2011 suite à des crises d’hypertension artérielle. Il devait suivre un traitement à vie. Chose qu’il ignorait car après avoir constaté une amélioration de sa santé physique, M. Diasso arrêta son traitement. « C’est à ce moment que mes reins ont été attaqués », se souvient-il. Aujourd’hui, grâce au soutien de ses proches, il arrive à suivre régulièrement les séances d’hémodialyse (15 000 FCFA par séance). Ils sont plusieurs, ces hommes et femmes qui sont pris au piège et qui ne sont diagnostiqués qu’au stade terminal au moment où la dialyse s’impose en urgence. Chaque 9 mars, le monde entier leur accorde une attention à travers la journée du rein. Au Burkina Faso, cette journée est célébrée en différé, ce samedi 1er juillet, par l’Association burkinabè des dialysés et insuffisants rénaux (ABUDIR).

L’obésité et le risque d’insuffisance rénale

Un adulte sur dix dans le monde souffre d’une affection rénale et l’obésité toucherait 18% de la population mondiale. Existe-il un lien entre ces deux maladies ? Oui, répond sans détour le président de l’ABUDIR, Paré Dramane. C’est d’ailleurs pourquoi, tente-t-il de justifier, que nous avons choisi de porter la réflexion sur la question. En effet, selon le Dr Charlemagne Gnoula, directeur général de la CAMEG (Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux), par ailleurs co-parrain de cette journée, les études montrent que les personnes en surpoids ont deux fois plus de risques de développer une insuffisance rénale terminale. « Ce risque, ajoute-t-il, est multiplié par trois chez les personnes obèses dont l’indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 30 et par sept chez celles dont l’IMC est égal ou supérieur à 40 ».

Un centre d’hémodialyse fonctionnel

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Dr Charlemagne Gnoula, directeur général de la CAMEG

Selon le Pr Gérard Coulibaly, chef de service de Néphrologie du CHU-Yalgado Ouédraogo, toutes les maladies chroniques peuvent conduire à une insuffisance rénale chronique. A l’en croire, ¾ des malades admis dans le service Néphrologie ont une insuffisance rénale chronique et il estime à 15000, le nombre de personnes au Burkina Faso qui pourraient avoir besoin d’hémodialyse et de transplantation rénale. « Or, il n’existe qu’un centre d’hémodialyse implanté à l’hôpital Yalgado Ouédraogo », déplore-t-il.

En plus de cette difficulté, le Pr Coulibaly note l’insuffisance de Néphrologues et du personnel paramédical pour la prise en charge des malades. Toutefois, même si la subvention de l’Etat pour le traitement de l’insuffisance rénale terminale par hémodialyse s’est accru passant d’un milliard de FCFA en 2012 à près de deux milliards de FCFA cette année, le spécialiste note que les examens complémentaires et l’achat des médicaments restent une préoccupation majeure pour les malades du fait de leur coût élevé.

Améliorer l’accessibilité géographique et financière des malades

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Pr Gérard Coulibaly, chef de service de Néphrologie du CHU-Yalgado Ouédraogo

Pour sa part, le secrétaire général de ministère de la Santé, Jean-Claude Kargougou, a rassuré qu’en plus de l’augmentation de la subvention, les travaux de construction des centres d’hémodialyse des CHU- Blaise Compaoré et Souro Sanou sont bien avancés et il espère qu’ils seront fonctionnels d’ici la fin de l’année. Tous ces centres, foi du secrétaire général, devraient permettre d’améliorer l’accessibilité géographique et financière des malades.

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Le président de l’ABUDIR, Paré Dramane

En rappel, l’insuffisance rénale n’est pas une maladie contagieuse contrairement à certaines idées reçues. Pour l’éviter, les spécialistes recommandent la pratique régulière d’une activité physique, une alimentation saine en évitant l’excès d’huile, de sucres, de protéines, de sel. Outre cela, l’Association burkinabè des dialysés et insuffisants rénaux déconseille fortement aux populations les boissons frelatées, le tabac et l’automédication.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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