Violation des droits des migrants : Alerte Migration condamne les actes des autorités guinéennes

LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • mercredi 28 juin 2017 à 02h35min

Au cours d’une conférence de presse animée ce mardi 27 juin 2017 à Ouagadougou, l’Association Alert Migration a condamné et dénoncé la violation « flagrante » des droits fondamentaux des migrants burkinabè par les autorités de la république de Guinée Conakry. Les responsables de l’association ont annoncé par la même occasion une série d’activités de sensibilisation auprès des autorités et des jeunes sur le phénomène.

Violation des droits des migrants : Alerte Migration condamne les actes des autorités guinéennes

En 2016, Moussa Kaboré alors jeune mécanicien à Ouagadougou s’aventure au pays d’Alpha Condé pour mener des activités d’orpaillage. Très vite, il est désenchanté. Le rêve de l’Eldorado vire au cauchemar quand un jour, raconte-t-il, « les soldats sont venus nous informer qu’il y aurait un recensement. Ils sont venus nous chercher avec trois cars pour nous conduire dans un village nommé Siguiri. Nous y avons passé une semaine en tant que prisonniers. C’était difficile pour avoir à boire et à manger. Ils nous ont reproché d’être venus chercher de l’or dans leur pays alors qu’il y a de l’or au Burkina Faso ». Rapatrié de la Guinée Conakry il y a un mois de cela, sans métier, Moussa n’a plus la tête dans les nuages.

Alerte Migration indignée

L’association Alert Migration estime que les droits du jeune Moussa et des 380 autres migrants burkinabè rapatriés ont été violés par les autorités guinéennes. A l’en croire, les migrants ont subis des traitements « inhumains et dégradants » et certains abandonnés à la frontière ont rencontré des difficultés d’ordre sanitaire, alimentaire, vestimentaire. « On se croirait en Europe ou dans un film hollywoodien », s’est indignée Mme Ouédraogo Bintou, présidente de Alert Migration, qui rappelle que ces « séquestrations et humiliations » ont été faites en Afrique par des Africains. C’était au cours d’un point de presse, ce mardi matin en présence du coordonnateur de l’association, Ouédraogo Sébastien.

Pour une opérationnalisation de la stratégie nationale de la migration
En plus de son indignation sur les rapatriements des migrants burkinabè, Alert Migration a déploré les insuffisances constatées dans la coordination du dispositif opérationnel pour pallier les désagréments liés aux expulsions. Outre cette situation, le coordonnateur d’Alert Migration note « l’absence d’anticipation et de communication entre les autorités des pays, et la quasi-absence de politique d’application et de mesures idoines pour une réinsertion socioprofessionnelle des migrants ». Toutes ces insuffisances, selon Ouédraogo Sébastien, sont la preuve de la non opérationnalisation la stratégie nationale de la migration adopté en février 2017.

Bientôt des actions de plaidoyer

Cette conférence de presse, selon ses animateurs, a donc pour objet d’attirer l’attention des autorités à se penser sur les questions susmentionnées. Pour sa part, l’association Alert Migration a réaffirmé son engagement à promouvoir la dignité des migrants à travers un projet de mise en œuvre des recommandations du comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. A ce propos, elle a prévu une série de plaidoyers aussi bien auprès des autorités que des jeunes. Une caravane dite des migrations africaines aura également lieu du 2 au 11 juillet à Tenkodogo, Garango, Bitou, Cinkansé et Bagré. Il est également prévu l’organisation d’une « nuit du migrant » au cours de laquelle, des migrants tenteront, à travers leurs témoignages, de sensibiliser les potentiels candidats à l’aventure.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net


Encadré : Quelques recommandations du comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille
1. Renforcer les poursuites judiciaires par la stricte application de son cadre juridique afin que les responsables de trafic et de traite soient traduits en justice dûment punis ; et d’appliquer des peines effectives suffisamment dissuasives ;

2. Renforcer la coopération internationale, régionale et bilatérale en donnant pleinement effet aux accords existants conclus avec les pays d’origine, de transit et de destination afin de prévenir le trafic et la traite des personnes ; et d’accélérer la finalisation du projet d’accord de coopération avec la Côte-d’Ivoire en matière de lutte contre le trafic et la traire transfrontalière ;

3. Ratifier la convention n°189 de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de fixer un délai précis pour cette ratification.

HFB
Lefasonet

Messages

  • Le PF doit changer le fusil d’épaule au lieu de se précipiter pour parler des votes des Burkinabé de l’étranger qui va engloutir des dizaines milliards sans retombés palpables pour le Burkina et le Burkinabè, il gagnerait à diligenter comme le Senegal la distribution des cartes d’identité CDEAO sécurisées à ses ressortissants. Si ces Burkinabés en disposaient ils ne seraient pas expulsés comme des mal-propres. Pour la protection de nos ressortissants au sein de la CDEAO, le PF doit faire operationnaliser prioritairement la carte d’identité CDEAO qui est plus utile et urgent que le vote des Burkinabès de l’étranger.

  • Nous burkinabè sommes devenus spécialistes en création d’association pour dénoncer et non pour proposer et agir. Au lieu de déplorer l’absence de "politique de réinsertion des migrants" dites ce que vous vous faites en ce sens. Le chômage au Burkina est chose connue, revenir d’une aventure qui n’a pas abouti ne fait du revenant une personne à privilégier. Mais qu’une association le fasse me paraît indiqué. La politique au niveau gouvernemental doit viser la résorption du chômage dans son ensemble. Je pense qu’on n’est pas migrant chez soi en tous cas pas dans cette situation : revenus au BF, ils deviennent d’anciens migrants. Par ailleurs BF et guinée font partie de la CEDEAO, que disent les lois communautaire par rapport à cette libre circulation des personnes, des biens et à l’installations de professionnels ?

  • ALPHA CONDÉ C’EST L’AMI ET CAMARADE (SOCIO-DEMOCTATE) DE ROCK, SALIF ET SIMON.

  • il faut appliquer la reciprocité. c’est aussi simple que ça. en tant que "ex" conseillé de alpha condé, le ministre des affaires etrangères attribué au Burkina doit être entendu

    • - Merci mon ami Temps de l’action. Aucune dénonciation n’aura d’effet ! Les burkinabè sont comme des moutons. Ils subissent tout sans broncher. On peut en effet appliquer la réciprocité comme tu le dis car il y a aussi plein de guinnéens ici, et il y aura tout de suite une réaction de la part des autorités guinnéennes.

      Par Kôrô Yamyélé

  • Mécanicien dans ton pays et orpailleur a l’étranger ,quel contrast ?

    La loi est claire dans tous les pays : Pas d’exploitation Minière sans autorisation.
    Avaient-ils des permis d’exploitation ces compatriotes ?
    Je suis sur que non ; dans ce cas :qui a violé le droit de qui ?

    Pensons Plutot à sensibliser nos jeunes sur ces exodes sauvages au lieu de jeter la pierre sur les autres parce qu’ils ont des lois .
    Revenons sur la question des policiers Guinéens :
    N’ ya t-il pas d’or au Burkina ?

  • il me revient cette parole de la bible nous incitant à éviter de faire du mal à l’étranger ui est loin de chez lui, restons donc zen, la punition viendra du très haut, comme cela est arrivé à coté et arrivera là-bas, en Hongrie.etc...

  • La Guinée est ingrate,souvenez vous de ce que Ki-Zerbo et sa tendre épouse ont fait en Guinée de Sékou Touré.Et avec des comportements aussi féodaux, on se permet de parler d’ unité africaine.Tant que les peuples d’Afrique ne s’aiment, il y aura toujours division au grand profit de la métropole.Que Dieu bénisse l’Afrique et les africains.Jeunesse d’Afrique ressourcez-vous dans l’histoire égyptienne !

  • Les burkinabé étaient très sédentaires et sont devenus des grands migrants. Et on continue de faire la compétition du nombre d’enfants dans un contexte où l’état est incapable et les parents s’en foutent : "chaque enfant né avec sa chance" dit un adage moaga. Je n’imagine même pas dans 20 ans.

  • C’est nécessaire d’accompagner ces rapatriés mais il est plus que urgent d’agir en amont. Il faut sensibiliser les jeunes migrants à avoir les documents nécessaires avant leur départ. Les sensibiliser également du comportement à adopter dans leur pays d’accueil. Souvent ils s’installent en des zones interdites, veulent s’accaparer de tout du milieu naturel ce qui fruste les populations locales et étant dans leur pays ils inventent tout pour qu’on vous chasse

  • C’est simple,il faut expulser autant de migrant guineen sur le sol Burkinabe en 24 h,Assez de subir la matraitance des autorites guineennes .Nan lara an sara.Vivement Le President Sankara.

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