Nuit du destin : Le CERFI et l’AEEMB réfléchissent aux solutions de la crise morale de la société burkinabè

LEFASO.NET | Moussa DIALLO • jeudi 22 juin 2017 à 21h40min

Les fidèles musulmans du Burkina ont célébré Laylat al-Qadr (nuit du destin) dans la nuit du 21 au 22 juin 2017. Comme les années antérieures, c’est sur le site du SIAO que le Cercle d’études, de recherches et de formation islamiques (CERFI) et l’Association des élèves et étudiants musulmans au Burkina (AEEMB) ont invité les fidèles pour cette nuit de haute spiritualité. Prières, prêches, invocations, remise de prix aux lauréats du concours de mémorisation de Coran étaient au menu. Ce fut également l’occasion de mener la réflexion, à travers une conférence-débat, sur le thème : « Crise morale dans la société burkinabè, quelles solutions selon l’islam ? »

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Nuit du destin : Le CERFI et l’AEEMB réfléchissent aux solutions de la crise morale de la société burkinabè

Ils étaient des milliers à répondre à l’invitation du CERFI et de l’AEEMB en cette nuit du 21 au 22 juin. Prières, invocations, remise de prix du concours de lecture coranique, conférence ont constitué le menu de cette nuit de Laylat al-Qadr. Encore appelé nuit du destin ou nuit du mérite, c’est au cours de Laylat al-Qadr que le saint Coran a été révélé. De ce fait, ses bienfaits sont incommensurables pour les membres de la communauté de Mohamed (Paix et salut sur lui). « La nuit du mérite vaut 1000 mois en termes d’adoration. Ce qui veut dire que quand cette nuit vous trouve en état d’adoration, le Seigneur vous donne en récompense l’adoration complète de quelqu’un qui aura vécu dans l’adoration de Dieu pendant 83 ans et quatre mois. Donc, c’est une chance, c’est une miséricorde qu’au cours d’une seule nuit, nous puissions avoir la récompense de 1000 mois d’adoration », a précisé Tiégo Tiemtoré, imam du CERFI et de l’AEEMB.

Le Burkina Faso vit, depuis un certain temps, une crise morale qui se manifeste par un effritement des valeurs, une défiance vis-à-vis des autorités, un manque de respect vis-à-vis des institutions, la destruction des édifices publics, la mauvaise gouvernance… « Nous sommes Burkinabè d’abord, ensuite nous sommes musulmans, donc tout ce qui concerne le Burkina nous concerne. Il est donc de notre devoir de travailler pour que tout ce qui freine le développement du Burkina puisse être corrigé pour que l’ensemble de tous les Burkinabè puissent être heureux », a expliqué Amidou Ouédraogo, le président du CERFI.

Les valeurs de l’islam pour solutions à la crise morale

C’est pourquoi ces deux associations islamiques ont décidé de s’interroger sur la contribution de l’islam et des musulmans à une meilleure moralisation de la société burkinabè. Pour animer cette conférence-débat, le CERFI et l’AEEM ont fait appel à un des leurs, l’imam Tiégo Tiemtoré. « La conférence avait pour but de montrer que l’islam a des valeurs, a une éthique, a une éducation du cœur qu’il donne à ses disciples pour leur permettre d’être de bons citoyens parce qu’un musulman apporte la lumière de sa foi, apporte sa spiritualité à sa cité, fait en sorte que son cœur, son âme, son esprit participe à la construction de son pays », a campé le conférencier.
Crise de l’éducation, perte des valeurs culturelles, raréfaction des modèles dans la société, désenchantement vis-à-vis des gouvernants… ce sont entre autres raisons pouvant expliquer cette déviance de notre société. En termes de solutions, Tiégo Tiemtoré propose de : développer une spiritualité citoyenne, s’éduquer à a la dignité humaine, aller vers une éducation complète du corps (l’ensemble des sens), le respect des institutions, des Hommes qui les incarnent, des biens et des édifices publics.

« L’avenir appartient aux peuples qui ont une valeur morale »

Le musulman « fait attention à ce que ses mains vont causer comme action, ce que son cœur va causer comme action, l’essentiel est que l’ensemble de ses sens puisse aller vers l’adoration de Dieu. Plus, on a un cœur bien éduqué, plus on a un cœur imbibé de la crainte de Dieu et de l’éducation divine, plus on a tendance à poser de bonnes actions », a rappelé l conférencier. « L’avenir appartient aux peuples qui ont une valeur morale, aux peuples qui ont une éthique et la religion, aujourd’hui, offre le viatique, offre le bon caractère de sorte qu’un bon croyant, un bon religieux est une chance pour son pays parce qu’il apporte la miséricorde, la grâce et le bon caractère », a-t-il ajouté.

La jeunesse d’aujourd’hui est taxée de polémiste, violente, moins éduquée moralement. Pour inverser cette tendance, l’imam Tiégo appelle chaque composante de la société à assumer pleinement sa responsabilité. « Quand l’offre de la gouvernance n’est pas une offre qualitative, n’est pas une offre éthique, cela conduit à des comportements que nous vivons aujourd’hui. Donc, je lance un appel à l’ensemble des communautés religieuses, à l’ensemble des élites qui nous gouvernent de mettre l’accent sur la moralisation de la vie publique, sur la redevabilité, la transparence dans la gestion quotidienne de nos pays », a-t-il conclu.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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