Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose : Le CID/Burkina forme pour atténuer la douleur des patients

mardi 20 juin 2017 à 00h37min

La communauté internationale a célébré ce 19 juin 2017, la journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Cette douloureuse maladie qui ronge les os et dont souffrent de milliers de personnes au Burkina est malheureusement encore méconnue. Le Comité d’initiative contre la drépanocytose au Burkina (CID /Burkina) a commémoré cet événement à Ouagadougou, à travers une session de formation des agents de santé à la prise en charge de la douleur chez les patients drépanocytaires.

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Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose : Le CID/Burkina forme pour atténuer la  douleur des patients

C’est sous le thème, « dépistage précoce de la drépanocytose, porte d’entrée d’une prise en charge efficace de la maladie », que le Comité d’initiative contre la drépanocytose au Burkina (CID /Burkina) a marqué cette journée du 19 juin.

Cette 3e session de formation des agents de santé à la prise en charge de la douleur chez les patients drépanocytaires dont ont bénéficié 120 formateurs de quatre grandes structures de santé, était en même temps de clôture du projet financé par la Fondation Fabre, avec l’appui technique de l’ONG Douleurs sans frontière. « A travers ce séminaire avec les spécialistes concernés dans cette prise en charge, qui se veut pluridisciplinaire, il s’agira d’échanger les expériences et d’aborder les voies et moyens pour l’application des connaissances actuelles de cette problématique dans notre contexte », a précisé le secrétaire général du ministère de la santé à la cérémonie d’ouverture.

La prise en charge des malades nécessaires, ce d’autant plus qu’au Burkina Faso, l’incidence annuelle de la drépanocytose est estimée à environ 2% des naissances. Outre la mortalité, la drépanocytose est responsable d’une importante morbidité par ses complications. Pourtant, cette maladie est encore peu connue des populations et même de certains agents de santé. « Cela expliquerait que les diagnostics soient encore tardifs et que les préjugés continuent de circuler au sein de nos communautés », a poursuivi le secrétaire général Dr Robert Kargougou.

Il a donc salué la pertinence du thème de la formation. Car, la douleur est le maitre symptôme de la maladie. « Les crises vaso-occlusives simples peuvent bénéficier d’une prise en charge à domicile. Cependant dans la plupart des cas, la douleur est si intense et si invalidante qu’une prise en charge adéquate s’impose en milieu hospitalier ».

Ainsi, la prise en charge des cas de crises « hyperalgiques » représentent des urgences graves qui doivent être rapidement traitées à la fois pour supprimer la douleur insupportable mais aussi pour éviter l’évolution vers des complications plus graves.

Le dépistage est fondamental, a martelé pour sa part, le Dr Jean Marie Farnos, représentant de ‘’Douleurs sans frontière’’ partie prenante de la formation. Et c’est en cela que le thème, « dépistage précoce de la drépanocytose, porte d’entrée d’une prise en charge efficace de la maladie », trouve toute son importance. « Si on arrive à dépister, on arrivera à bien traiter » a-t-il dit, tout en souhaitant que les bénéficiaires de la formation soient des portes-flambeaux de la prise en charge efficace des drépanocytaires.

Des avancées, mais encore des défis à relever

Le comité d’initiative contre la drépanocytose au Burkina (CID /Burkina) a été créé en 2006, pour plaider la cause des milliers de malades drépanocytaires qui souffrent en silence dans l’intimité de leurs familles en particulier au Burkina. Cette association regroupe des drépanocytaires, parents de drépanocytaires, professionnels de santé et toutes les personnes sensibles au fléau.

Deux ans après la création du CID/Burkina, soit en décembre 2008 l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de consacrer la date du 19 juin, journée mondiale de sensibilisation à la drépanocytose.
« Cette importante journée offre une occasion de mettre l’accent sur des questions importantes d’information et d’éducation des populations à l’échelle planétaire car la drépanocytose, malgré le nombre important de malades à travers le monde, reste une maladie méconnue et négligée », a regretté Dramane Banaon, le coordonnateur du CID/Burkina, lui-même parent d’enfant drépanocytaire.

Tout en saluant les différentes mesures prises par le gouvernement et qui soulagent la douleur des malades, le coordonnateur du CID/Burkina a émis des doléances. Entre autres,
-  La prise en charge spécifique des drépanocytaires au-delà des crises aigues dans la mesure de gratuité des soins pour les enfants de 0-5 ans et les femmes enceintes notamment en ce qui concerne les échographies, numérations sanguines et autres examens de laboratoires.

-  La gratuité de soins au profit des patients drépanocytaires en général jusque-là totalement à la charge de leurs familles et dont le poids économique exorbitant sur le budget familial favorise à l’auto médication, le recours à des pratiques occultes au détriment d’un suivi médical régulier, l’absentéisme professionnel, les décrochages scolaires…

-  L’accélération de la diffusion du guide de prise en charge de la drépanocytose à l’intention des agents de santé sur l’ensemble du territoire.

En une décennie d’existence, le CID/B a engrangé de nombreux acquis. A ce titre, le coordonnateur a cité un centre d’information sur la drépanocytose, fruit du partenariat avec la fondation Pierre Fabre. Il y a aussi eu l’ ’initiative de dépistage néo-natal, en collaboration avec le laboratoire d’hématologie de l’UFR/SDS, depuis mai 2015. Trois maternités sont bénéficiaires de cette initiative avec au moins 6000 bébés dépistés et une cinquantaine de cas orientés vers des structures de prise en charge médicale.

Dramane Banaon s’est également félicité de la création d’un centre pilote de prise en charge de la drépanocytose à l’hôpital saint Camille qui a bénéficié du renforcement de son plateau technique en matériel et équipement médical. Ledit centre a été dupliqué à Bobo.

Au plan du renforcement des compétences du personnel de santé, et avec l’appui de ses partenaires financiers, plus de 450 agents de santé ont bénéficié de formation au dépistage précoce et à la prise en charge spécifique de la drépanocytose.
Tous ces acquis font dire au coordonnateur du CID/Burkina, Dramane Banaon, que l’espoir est permis au regard de l’évolution constante des progrès scientifiques, la prise de conscience collective.

« Nous nourrissons l’espoir qu’un jour, la drépanocytose deviendra une maladie négligée non pas parce que personne ne s’y intéresse, mais parce que sa prise en charge serait devenue banale, et les cas de drépanocytose très résiduels au sein de nos populations », a conclu Dramane Banaon.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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