Abus dans l’enquête de Police judiciaire : La faute souvent aux erreurs de jeunesse des OPJ

LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • samedi 17 juin 2017 à 00h26min

« Le déroulement de l’enquête de Police judiciaire par la Police nationale burkinabè : Difficultés et suggestions ». C’est le thème du mémoire de l’élève Commissaire Kadéba Parfait défendu ce jeudi 15 juin à l’Académie de Police. Un travail sanctionné par la note de 14,5/20.

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Abus dans l’enquête de Police judiciaire : La faute souvent aux erreurs de jeunesse des OPJ

Selon l’article 14 du Code de procédure pénale, "la Police judiciaire est chargée, suivant les distinctions établies au présent titre, de constater les infractions à la loi pénale, d’en rassembler les preuves et d’en rechercher les auteurs tant qu’une information n’est pas ouverte”. Or à plusieurs reprises, les officiers et les agents de police judiciaire ont fait l’objet de reproches sur le non-respect de certains droits des personnes que ce soit lors des auditions, des perquisitions, des saisies, des gardes à vue, ou des requisitions. C’est fort de ce constat que l’élève Commissaire de police, Kadéba Parfait, a choisi de travailler sur le sujet afin d’en déceler les difficultés et de faire des suggestions en vue du bon déroulement de l’enquête de police judiciaire.

Selon l’impétrant, les difficultés sont liées au manque de moyens matériels et financiers, à l’insuffisance de formations continues et de spécialisation des agents et officiers de police judiciaire (OPJ). Il a également noté des difficultés d’ordre juridique liées à l’application de certaines dispositions du Code pénal et du Code de procédure pénale. Les difficultés de collaboration entre la police judiciaire de la police nationale et celle de la gendarmerie nationale mais aussi avec la justice et les populations n’ont pas été occultées par le candidat Parfait Kadéba.

Selon le président du jury, Sanou Remi, par ailleurs ancien directeur de la police judiciaire au sein de la police nationale, les difficultés susmentionnées sont les mêmes rencontrées par les acteurs depuis une vingtaine d’années avec l’avènement du Code de procédure pénal. "Ces difficultés, précise-t-il, sont liées aux réalités du pays. Le pays est pauvre et on ne peut pas mettre à la disposition des Officiers de police judiciaire tous les moyens nécessaires en termes de formation continue, de structures pour répondre aux nécessités de la bonne exécution d’une enquête de police judiciaire"

Pourtant, l’homme reconnait que les infractions évoluent et qu’il faut nécessairement former les OPJ comme le recommande l’élève Commissaire Kadéba. "Aujourd’hui, on accorde une plus grande importance au respect des libertés individuelles. Avant peut-être qu’on pouvait fermer les yeux mais maintenant on ne peut plus fermer les fermer sur des abus commis par les OPJ.

Et si abus il y a, le président du jury pense que les erreurs de jeunesse de certains Officiers de police judiciaire y sont pour quelque chose. "Certains sortent et vont très tôt sur le terrain. Ils vont s’imprégner de la façon de procéder des anciens qui commettaient des impairs. Il y a des erreurs du fait que lorsqu’on confie un pouvoir quelconque à un homme, il a tendance à en abuser. Il confond sa personnalité à celle de l’OPJ", a-t-il conclu.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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