Pharmacovigilance : WEB-RADR pour évaluer les risques des médicaments

LEFASO.NET | Par Nicole OUEDRAOGO • vendredi 16 juin 2017 à 00h50min

Mauvaises conditions de conservation ou d’utilisation des produits de santé, des erreurs de production ou de défauts de qualité au cours de la production des médicaments. « Malgré la rigueur dans leur processus de développement et de production, il n’y a aucun médicament qui n’a pas d’effets indésirables ». L’application WEB-RADR pour la pharmacovigilance au Burkina Faso, entend assurer la sécurité des patients. C’est le ministre de la santé, Nicolas Méda, qui a procédé au lancement officiel du tout nouveau système de surveillance et de déclaration des effets indésirables liés aux produits de santé. C’était ce jeudi 15 juin 2017.

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Pharmacovigilance : WEB-RADR pour évaluer les risques des médicaments

En rejoignant le système mondial de surveillance des produits de santé en 2010, le Burkina Faso a réussi à développer de nombreuses actions pour le renforcement du système national de surveillance. Il s’agit notamment du financement des activités de surveillance des produits de santé dans les centres de recherche et les hôpitaux, la mise en place d’un système de vigilance aux niveaux national, régional, dans les hôpitaux et au niveau des districts sanitaires

Toutefois, le système de surveillance national reste confronté à des difficultés (problème de sous-notification, un long délai de transmission des fiches aux autorités sanitaires), conduisant ainsi le Burkina à être le premier pays francophone avec la Zambie, à bénéficier de l’application WEB-RADR en Afrique. « La base de données mondiale mentionne plus de 16 millions de notifications. Pour ce qui concerne le Burkina, on a précisément 571 notifications sur les 16 millions » a souligné Docteur Arsène Ouédraogo, chargé de programme médicament essentiel au bureau OMS /Burkina.

« Votre santé entre vos mains »

Téléchargeable gratuitement à partir de Play store via tablette et téléphone portable Smartphone, WEB-RADR fonctionne avec ou sans internet. « Elle (l’application) permet de signaler instantanément les effets indésirables liés aux produits de santé aux autorités sanitaires, de garder une trace des informations signalées et de recevoir des nouvelles et alertes officielles liées aux produits de santé que vous prenez ou qui vous intéressent », a expliqué le ministre de la santé, Nicolas Méda. Pour Nicolas Méda, WEB-RADR consiste à bien utiliser les 3500 médicaments enregistrés au Burkina.

« Nous avons une liste d’environ 3500 médicaments enregistrés. Il nous faut connaître les effets indésirables des produits qui n’ont pas été mis en évidence au moment où les essais cliniques ont été conduits » a-t-il dit, précisant qu’il faut affiner l’ensemble des effets pour mieux orienter les indications et les contre-indications des médicaments.

Et le Docteur Arsène Ouédraogo, pharmacien, chargé de programme médicament essentiel au bureau OMS /Burkina d’indiquer que le projet se base sur les médias sociaux, les outils en matière de nouvelles technologies, pour améliorer la notification liée aux effets indésirables des médicaments et partant, la sécurité des patients. Puis d’ajouter que WEB-RADR permet également d’avoir accès à l’information mondiale sur l’ensemble des effets qui sont liés aux médicaments. « En temps réel, vous pouvez savoir ce qui se passe aux Etats-Unis, en France, sur tous les 5 continents. L’application donne en temps réel, toutes les informations que l’autorité de régulation du Burkina émet sur son site » a-t-il indiqué.

Notons que la règlementation actuelle au niveau du Burkina n’autorise pas un non- agent de santé à notifier directement les effets indésirables d’un médicament aux autorités sanitaires. Celui-ci devra faire sa déclaration à son médecin traitant ou à un autre agent de santé, qui à son tour, se chargera de faire la notification. A ce sujet, selon le Docteur Ouédraogo, des réflexions sont en cours pour une utilisation de l’application par les non-agents de santé et les groupes de patients (dialysés, diabétiques et les hypertendus). Pour l’implémentation de la WEB-RADR au Burkina, la Direction générale de la pharmacie, du médicament et des laboratoires (DGPML), a travaillé en collaboration avec Uppsala monitoring center de la Suède, l’Agence de régulation pharmaceutique d’Angleterre et les membres du consortium de financement.

En rappel, la pharmacovigilance a été mise en place en 1968 par les autorités sanitaires mondiales après la survenue de sandales liés aux produits de santé (la thalidomide, les anti-inflammatoires…).

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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