Communication gouvernementale : Un de nos lecteurs appelle à plus de professionnalisme

mardi 13 juin 2017 à 10h05min

Le gouvernement doit impérativement revoir ses copies en matière de reddition de comptes en direction des populations. Car, pour un message qui est adressé à tout le peuple, il n’est pas besoin de s’élever à un niveau de conscience supérieur pour le comprendre.

Communication gouvernementale : Un de nos lecteurs appelle à plus de professionnalisme

En l’espace d’une semaine, la plupart des propos du gouvernement ou la plupart de ses dossiers techniques ont été, semble-il, mal compris ou mal interprétés par l’ensemble de la classe politique, de la société civile et des populations. Une situation qui l’a emmené parfois à organiser des cadres de rencontres pour réexpliquer sa pensée. En guise d’illustration, l’on peut citer ici :

 Le compte rendu du conseil des ministres du 7 juin 2017, en son chapitre relatif à l’acquisition de véhicules au profit de l’administration ;

 Le débat provoqué sur le projet de révision du code électoral ;

 Le sujet sur le vote des burkinabè de l’étranger à partir de 2020.

Aussi, dans un passé récent, dans le cadre du projet de révision du droit de grève au Burkina, c’est Molière qui a failli être réveillé pour venir expliquer simplement l’idée du gouvernement.

Pourquoi alors se confiner dans un style qui entretient un flou artistique sur des sujets aussi simples à expliquer. Aujourd’hui, tous ceux qui s’accusent dans cet imbroglio sont tous issus des mêmes écoles et ont été parfois même des promotionnaires. Mieux parmi eux, certains ont été des professeurs des autres. Donc, un problème de français ne devrait pas se poser à ce niveau.

En outre, sauf erreur de notre part, le gouvernement actuel comprend en son sein trois ministres issus du monde de la communication. A ceux-ci, il faut ajouter le Haut Représentant du chef de l’Etat qui est doté d’une solide expérience en matière de communication sur toutes ses formes, puisque lui aussi participe à la gestion du pouvoir d’état. Tout cela constitue un atout qui devrait, à notre sens, permettre au gouvernement de réussir sa communication en direction de ses partenaires sociaux, voire de la population toute entière. Encore que nous sommes dans un climat délétère, où il faut éviter ce qui ressemble à de la suspicion. Ne dit-on pas que tout ce qui est clair s’énonce aisément ?

Norbert ZONGO, journaliste de haut niveau, homme de lettres et écrivain de son état s’était toujours adressé à son auditoire en français simple. Le Docteur Laurent Koudou GBAGBO s’exprimait en français accessible à tous. Même les élèves du primaire comprenaient leur message. C’est cela la communication et non l’art de faire de belles lettres.

En matière de communication, il faut savoir que le message est aussi important que la manière de le rendre. Malheureusement, force est de constater que ce n’est pas toujours le cas pour le moment et les récentes grognes sociales doivent interpeller le gouvernement sur sa manière de communiquer avec les populations. Le français soutenu doit s’utiliser dans les travaux techniques des conseils des ministres, le résumé des travaux qui sera présenté aux citoyens lambda que nous sommes doit l’être dans un registre populaire.

SAWADOGO Issa
Expert en communication pour le développement

Messages

  • Oui, tout ce qui est clair s’énonce aisément !
    Mais quand c’est flou, Monsieur SAWADOGO, comment voulez-vous qu’ils l’énoncent ?
    Ce sera toujours dans le "lib libi".
    Avez-vous vu ce qu’ils nous offrent comme politique de logement ?
    C’est la TOMBOLA.

    Laissez-les "Allons seulement" ! Le ravin n’est pas loin !

  • Tu es peut-être expert en communication mais tu semble occulter les bases de la rédaction administrative. D’abord, sache que l’écrit administratif véhicule aussi la dignité, l’objectivité, la prudence et la prise de hauteur de l’administrateur. C’est pourquoi une administration ne peut pas se permettre d’écrire en français populaire. En outre, tu devrais faire la part entre le parler des personnalités que tu évoque et leurs écrits professionnels. Il y a un abyme entre la langue parlée et celle écrite. Enfin, n’oublie pas qu’il s’agit d’un domaine politique et le gouvernement a plutôt intérêt à demeurer dans le flou afin de pouvoir s’offrir des marges de manœuvre en cas d’échec de la mise en oeuvre de sa politique de gestion. C’est une manière de sonder l’opinion.
    Le style de communication que tu propose serait mieux indiqué lors des conférences de presse, avec évidemment le risque d’arrogance et de laisser-aller (comme ce fut les cas de Siméon et de Simon)de la part de certains membres du gouvernement.
    Pour moi, ce n’est pas une question de style de langue mais plutôt une stratégie de communication qui consisterait à d’abord parler pour recueillir l’adhésion de la population avant de le coucher sur papier. Là encore c’est une autre gymnastique !

    • "Enfin, n’oublie pas qu’il s’agit d’un domaine politique et le gouvernement a plutôt intérêt à demeurer dans le flou afin de pouvoir s’offrir des marges de manœuvre en cas d’échec de la mise en œuvre de sa politique de gestion". Dame nuance, merci de cette information capitale qui confirme que le gouvernement veut demeurer dans le flou. Mais en principe, si l’on sait où on veut aller, tout devrait se dire clairement et éviter cette gymnastique de sondage. dans les principes de la rédaction administrative, on a pourtant noté qu’il faut de la précision, l’objectivité et la clarté. En effet, le style administratif doit être d’une grande précision dans l’usage des termes et des phrases pour éviter des interprétations erronées ou incorrectes par le destinataire quel qu’il soit, un supérieur, un subalterne ou alors un citoyen tout court. Tout ce qui n’est pas claire dans les actes administratifs ternit un tant soit peu l’image de puissance publique qu’incarne l’Administration. C’est vrai qu’il faut également observer la prudence, en évitant d’être affirmatif et de trancher, mais c’est quand il s’agit des situations dont on ne maitrise pas les tenants et les aboutissants ou alors lorsqu’il s’agit de faits qui restent à vérifier car le rédacteur engage l’Etat dont il risque de porter atteinte à sa crédibilité. Dans l’hypothèse que chaque ministre vient au conseil avec un dossier claire qui ne souffre pas d’ambiguïté, le compte rendu dudit conseil devrait aussi l’être. Evitons de porter haut le flambeau du mouta-mouta.

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