Littérature : Un livre dédié à la cour royale de Tiébélé du Burkina Faso

LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • dimanche 11 juin 2017 à 17h25min

Par une approche pluridisciplinaire, 13 spécialistes burkinabè, belges et français viennent de mettre sur le marché, un ouvrage baptisé « la cour royale de Tiébélé au Burkina Faso ». Cette publication est produite dans le cadre d’une coopération entre le ministère de la culture du Burkina Faso, l’Institut du patrimoine wallon et Wallonie-Bruxelles international. Le lancement dudit livre s’est déroulé, le samedi 10 juin 2017, au cours d’une conférence de presse à Ouagadougou.

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Littérature : Un livre dédié à la cour royale de Tiébélé du Burkina Faso

Les sites majeurs du Burkina ne sont pas connus et même qu’ils connaissent des menaces qui nuisent considérablement à leur existence. C’est fort de ce constat, qu’il a été mis à la disposition du public une synthèse des connaissances actuelles concernant la cour royale de Tiébélé. Il s’agit d’un site inscrit en 2012 sur la liste indicative des biens culturels ou naturels du pays. La présente publication rassemble les contributions d’auteurs aux profils divers, à savoir, anthropologue, archéologue, architecte, historien, historien de l’art, gestionnaire de patrimoine. Ces derniers ont également reçu la contribution de l’un des guides du site, Arnaud Ouambatoua. Avec ces regards croisés, le livre richement illustré, aborde l’histoire des Kasena et de leur région, les rôles des acteurs et des habitants dans la construction et la décoration des concessions, les menaces et pathologies sur ces réalisations. L’ouvrage fait aussi la synthèse des actions menées par différents acteurs pour la sauvegarde de cet ensemble patrimonial majeur et vivant.

A en croire le docteur en archéologie africaine, Lassina Simporé, l’une des valeurs cardinales du site demeure la qualité de l’argile. « Les constructions en terre qui se trouvent à Tiébélé aujourd’hui, ont des valeurs qui font par exemple que quand il fait chaud dehors, il fait frais à l’intérieur de ces cases. Egalement la particularité de Tiébélé c’est que les constructions sont faites par des hommes et la décoration par des femmes. Nulle part dans le monde on ne voit cela », a-t-il fait remarquer. Par ailleurs, il a exprimé ses inquiétudes quant à la chaine de transmission. « A cause de la scolarisation et d’un certain nombre de facteurs, les mères n’arrivent pas à transmettre ces connaissances à leurs filles de sorte que d’ici 5 à 10 ans, nous avons peur de la survie de ce héritage », a-t-il indiqué.

Ce livre conçu suivant le modèle des Carnets du patrimoine consacré au patrimoine wallon est la première concrétisation de la collaboration entre Wallonie-Bruxelles international et le Burkina Faso. « Les résultats qui sont en train d’être produits ici, je crois, sont les résultats d’une très bonne attente et un dynamisme au niveau du Burkina Faso », selon le responsable des relations internationales de l’Institut du patrimoine wallon, Vincent Duvigneaud. Le plus important, pour lui, c’est de contribuer à la reconnaissance du carnet de la cour royale de Tiébélé au niveau de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Il y a des sites exceptionnels au niveau du Burkina Faso et humblement la Wallonie peut par expertise qu’elle a développée aussi sur ces propres sites, collaborer avec le Burkina pour appuyer le système d’inscription de ce site, au niveau de la liste du patrimoine mondiale. Aussi, nous souhaitons qu’il y ait des retombés au niveau local. L’architecture de terre est indéniablement un système qui fonctionne sur une économie locale, la terre est disponible, elle est bioclimatique », a déclaré M. Duvigneaud. Puis de conclure : « Cet ouvrage va être vendu en collaboration avec la mairie de Tiébélé et des différentes associations locales. Une partie des recettes leur sera attribuée (50%) ».

1000 exemplaires ont été imprimés mais pour l’instant, 200 sont sur le marché burkinabè. Le livre de 54 pages est disponible dans les librairies Jeunesse d’Afrique, DIACFA et Mercury. Et pour se l’approprier, il faut débrousser la somme de 2000 F CFA.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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