Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

mardi 6 juin 2017 à 22h58min

Le jeudi 1er juin 2017, une délégation de l’Union européenne (UE) conduite par l’ambassadeur Jean Lamy, a été reçue en audience par le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) burkinabè, Monsieur Zéphirin Diabré.

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Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

Du rendu des échanges par la presse, l’ambassadeur Lamy aurait déclaré en substance que l’article 8 de la Convention de Cotonou prévoit que dans tous les pays où il y a une aide de l’UE, la représentation organise « un dialogue politique sur les conditions de la démocratie, de l’Etat de droit, le respect des droits de l’homme… ». Sa visite s’inscrivait dans ce sens.

Cela m’a exhorté à prendre connaissance du contenu de ladite Convention de Cotonou. Il s’agit en réalité de l’Accord de Cotonou, partenariat signé le 23 juin 2000 entre les membres du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres d’autre part, révisé à Luxembourg le 25 juin 2005 et à Ouagadougou le 22 juin 2010 avec les derniers amendements adoptés en juin 2013.

A travers cet accord, la Communauté et les États ACP conviennent de promouvoir et d’accélérer le développement économique, culturel et social des États ACP, de contribuer à la paix et à la sécurité et de promouvoir un environnement politique stable et démocratique.

Le TITRE II de l’Accord intitulé LA DIMENSION POLITIQUE, est assorti d’une ANNEXE VII relatif au dialogue politique sur les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’Etat de droit. Leurs dispositions méritent que l’on s’y arrête.

Constatations et déductions

Des 6 articles qui composent le Titre II de l’Accord de Cotonou, deux m’ont intéressé : il s’agit des articles 8 et 9.
L’article 8 de l’accord de Cotonou est effectivement relatif à l’organisation d’un dialogue politique global, équilibré et approfondi conduisant à des engagements mutuels que les parties doivent mener de façon régulière. Ce dialogue politique « englobe également une évaluation régulière des évolutions au regard du respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’État de droit, ainsi que de la bonne gestion des affaires publiques. »

Mais c’est l’article 9 qui est le plus indicatif. Intitulé « Éléments essentiels concernant les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’État de droit, et élément fondamental concernant la bonne gestion des affaires publiques », il constitue un vrai bréviaire des droits de l’homme pour les signataires de l’Accord de Cotonou.
Ainsi, le point 1 dispose que : « La coopération vise un développement durable centré sur la personne humaine, qui en est l’acteur et le bénéficiaire principal, et postule le respect et la promotion de l’ensemble des droits de l’homme.

Le respect de tous les droits de l’homme et des libertés fondamentales, y compris le respect des droits sociaux fondamentaux, la démocratie basée sur l’État de droit, et une gestion transparente et responsable des affaires publiques font partie intégrante du développement durable…. »

Le point 2 dispose que : « Les parties se réfèrent à leurs obligations et à leurs engagements internationaux en matière de respect des droits de l’homme. Elles réitèrent leur profond attachement à la dignité et aux droits de l’homme qui constituent des aspirations légitimes des individus et des peuples. Les droits de l’homme sont universels, indivisibles et interdépendants. Les parties s’engagent à promouvoir et protéger toutes les libertés fondamentales et tous les droits de l’homme, qu’il s’agisse des droits civils et politiques, ou économiques, sociaux et culturels. ……
L’État de droit inspire la structure de l’État et les compétences des divers pouvoirs, impliquant en particulier des moyens effectifs et accessibles de recours légal, un système judiciaire indépendant garantissant l’égalité devant la loi et un exécutif qui est pleinement soumis au respect de la loi.. »

Le point 3 dispose que : « …la bonne gestion des affaires publiques se définit comme la gestion transparente et responsable des ressources humaines, naturelles, économiques et financières en vue du développement équitable et durable. Elle implique des procédures de prise de décision claires au niveau des pouvoirs publics, des institutions transparentes et soumises à l’obligation de rendre compte, la primauté du droit dans la gestion et la répartition des ressources, et le renforcement des capacités pour l’élaboration et la mise en œuvre de mesures visant en particulier la prévention et la lutte contre la corruption.…… »

Le point 4 dispose que : « Le partenariat soutient activement la promotion des droits de l’homme, les processus de démocratisation, la consolidation de l’État de droit et la bonne gestion des affaires publiques.
Ces domaines constituent un élément important du dialogue politique.… »
Il m’a paru nécessaire de reproduire ces larges extraits de l’article 9 pour non seulement montrer la place des droits de l’homme dans les Accords de Cotonou, mais aussi pour souligner les manquements de l’Union européenne quant à l’organisation de ce dialogue entre les composantes politiques de la Transition en 2014, ou entre le pouvoir et l’opposition politique depuis décembre 2015. C’était une obligation à sa charge.

On le sait, les fins anormales des régimes politiques sont l’occasion de violations massives des droits de l’homme que seuls les partenaires extérieurs peuvent dénoncer et infléchir.
L’un des déterminants de la politique publique du Burkina Faso post-insurrectionnel, comme on aime à le dire, est le non-respect des engagements de l’Etat.
Cela s’est traduit entre autres par les exclusions politiques massives en 2015 au mépris des dispositions du traité de la CEDEAO, sans autre base légale que la volonté de ceux qui se considèrent comme les vainqueurs d’un jour. Et on y est toujours.

Les violations des dispositions constitutionnelles et des engagements internationaux, les atteintes répétées aux droits de l’homme, les arrestations, détentions abusives et harcèlement des opposants et non affiliés au parti au pouvoir, les exactions des milices Koglwéogo sont monnaies courantes au Faso d’aujourd’hui, au point que le Comité des droits de l’homme des Nations-unies a tiré la sonnette d’alarme et adopté des observations très critiques à l’égard du Burkina Faso le 11 juillet 2016 lors de sa session annuelle.

Le Comité des droits de l’Homme des Nations-unies est une référence et un symbole.
Ce comité est l’organe exécutif du Pacte international relatif aux droits civils et politiques conclu à New York le 16 décembre 1966 et entré en vigueur le 23 mars 1976. En fin de 2001, 147 Etats l’avaient ratifié dont le Burkina Faso.

La démarche de la délégation de l’Union européenne du 1er juin 2017 en direction du Chef de file de l’opposition politique, pour rappeler la nécessité d’instaurer un dialogue politique au Burkina Faso exprime peut-être les inquiétudes de ses membres face à la décadence annoncée de l’Etat burkinabè, mais étonne par son caractère anachronique. En effet, le blocage politique au Burkina Faso est la conséquence de la mauvaise gouvernance du parti au pouvoir aujourd’hui décriée par ses amis et soutiens d’hier. L’Union européenne aurait fait œuvre utile en se saisissant bien plus tôt des questions de violations des droits de l’homme qui sont déterminantes sur le fonctionnement de tout Etat. Malheureusement, tant que le parti au pouvoir avait le dessus, elle ne s’en est pas préoccupée outre mesure.

Demander maintenant l’instauration d’un dialogue politique au Burkina Faso pour donner un bol d’air au parti au pouvoir (c’est comme cela que la démarche est perçue) alors que les préalables de gestion apaisée et de respect de l’intégrité physique des personnes pressenties pour participer au dialogue ne sont pas assurés est une chimère.

Ce n’est pas pour rien que le PNDS est plombé, parce que les partenaires privés nationaux comme étrangers, regardent à deux fois avant de mettre leurs deniers dans l’économie d’un pays où la chasse aux sorcières, érigée en politique publique, constitue un frein à la cohésion sociale, à la sérénité du climat des affaires et au fonctionnement régulier des services publics. La chasse aux sorcières est précisément dirigée contre ceux qui ont les capacités de financement de l’économie ou les compétences techniques et intellectuelles nécessaires au fonctionnement des services publics. En les écartant pour des raisons autres que celles de la compétence, un vide se créée que les nominations de copinage ne peuvent pas combler. Cela n’est rien d’autre que se tirer une balle dans ses pieds, un choix certainement assumé par le pouvoir mais dont les séquelles sont déjà visibles.

Conclusion

Le point 8 de l’article 8 de l’Accord de Cotonou rappelle que « le dialogue portant sur les éléments essentiels doit être systématique et formalisé conformément aux modalités définies à l’annexe VII. » C’est dire que l’on n’avait pas besoin d’attendre que la situation socio-politique se crispe pour organiser le dialogue : il devait être instauré systématiquement pour mettre chaque partie devant ses responsabilités.
En outre, le préambule de l’Accord de Cotonou reconnait explicitement « qu’un environnement politique garantissant la paix, la sécurité et la stabilité, le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’État de droit et la bonne gestion des affaires publiques fait partie intégrante du développement à long terme ; reconnaissant que la responsabilité première de la mise en place d’un tel environnement relève des pays concernés. »

L’article 9 de l’Accord de Cotonou rappelle à son entame que : « 1. La coopération vise un développement durable centré sur la personne humaine, qui en est l’acteur et le bénéficiaire principal, et postule le respect et la promotion de l’ensemble des droits de l’homme. » On ne peut être plus explicite sur l’importance des droits de l’homme considéré comme partie intégrante du développement durable par l’Accord.
L’engagement ferme du pouvoir avec un début d’application de cet article 9 de l’Accord de Cotonou me parait être le préalable à tout dialogue politique au Burkina Faso. La délégation de l’Union européenne doit interpeler les parties prenantes sur leurs engagements réciproques.

Quant au parti au pouvoir, il est de son intérêt d’inspirer confiance aux acteurs de développement. Le respect des règles de l’Etat de droit en est la condition essentielle. Ce n’est pas une faveur qu’il ferait ainsi à l’opposition politique et au peuple : c’est une obligation attachée à la charge de la gouvernance qu’il assure.
Les ambassadeurs des Etats-Unis et du Canada qui ont rendu visite au CFOP respectivement le 8 mai et le 17 mai 2017, tout comme le Premier conseiller de l’ambassade de Grande-Bretagne qui y était le 28 avril 2017 doivent adopter cette attitude de sincérité et de leur attachement aux principes fondamentaux de l’Etat de droit et de la coopération entre Etats.

Le respect par chacun des règles du jeu politique et de ses engagements est la seule condition pour sauver ce qui se peut encore au Faso ; et il y a urgence.

Amadou TRAORE
Juriste

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Vos commentaires

  • Le 7 juin à 04:30, par amara
    En réponse à : Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

    Il y’a effectivement du vrai dans ce qu’il dit. Tant que le pouvoir MPP sévissait les opposants, L’UE ne disait rien. mais dès que l’ opposition à organisé le meeting du 29 avril et que le régime à commencé à paniquer l’UE demande au CFOP d’accepter la mise en place d’un dialogue politique. Trop facile. Avançons seulement. .

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    • Le 8 juin à 17:27, par TIRAOGO
      En réponse à : Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

      Mon chèr, vous semblez fièrs d’un meeting qui pourtant a été celui qui a complètement discrédité le CEFOP. L’auteur de cet article fait des supposition sur l’objet de la visite de la délégation de l’UE. Supposition pour supposition, moi je prétent aussi que comme l’ambassadeur des Etat Unies, l’UE est venu attirer l’attention de Diabré que s’opposer n’est pas destabiliser et sabotter dans une démocratie. L’auteur de l’écrit a lu tout un accord où il y’a beaucoup de choses qui sont dites, mais comme lui il veut forcemment prouver que les droits de l’homme ne sont pas respectés par le pouvoir actuel, il choisit des articles qui parlent des droits de l’homme et s’écrit : "voilà, je sais ce qui s’est dit".N’est ce pas ridicule ? Tout ces commantaires basées sur des suppositions et non sur des certitudes. J’attire l’attention que récemment, le burkina a été bien classé en matière de droits de l’homme. Et à ma grande surprise, l’opposition affirme que des domiciles d’opposants sont attaqués, des opposants sont arbitrairement emprisonnés et patati patata. La politique de destabilisation ne passera pas. Attendez les élections et les urnes parleront. Je souhaite d’ailleurs que ce soit l’opposition qui l’emporte et je vous garantie un vrai désastre.

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  • Le 7 juin à 08:25, par Bark-Biiga
    En réponse à : Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

    Bon courage à Zeph. 2020 approche à grands pas.
    C’est toi on attend pour la remise du Burkina sur les bons rails

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  • Le 7 juin à 13:44, par hervos one
    En réponse à : Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

    Dans tout ce folklore c’est le pauvre peuple qui est épinglé par d’une part l’impérialisme occidental et d’autre part la classe politique représenté par le CFOP et la majorité au pouvoir. nan laara an saara.

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  • Le 7 juin à 15:35, par TARYAM
    En réponse à : Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

    C’est avec attention que j’ai parcouru le texte du Juriste TRAORE nostalgiques d’un passé que nous allons continuer à tourner la page. La souveraineté du peuple doit également être respectée si on est démocrate.. Si il y’a toujours des individus qui pensent que l’exclusion des responsables qui ont soutenu la modification de l’article 37 ayant poussé la révolte populaire vient du MPP ; je me pose toujours la question du mobile de cet écrit. Le MPP est l’un des parti qui a pris activement part à l’insurrection , était inscrit sur le même registre que tous les prétendant à la course pour le pouvoir vers la sanction du peuple. Le résultat est là. Maintenant au lieu de se retrouver en dignes fils et filles de ce pays après ces joutes électorales pour construire le pays à partir du programme du président ; certains pensent qu’il faut mettre en exécution un plan machiavélique aux antipodes des aspirations du peuple ; qui consiste à imprimer dans la conscience de certains citoyens de l’incapacité du MPP à Gouverner ; et jusqu’à croire que la Délégation de L’UE vient au secours d’un pouvoir agonisant complètement incapable de gérer la victoire pourtant acquise par les urnes et la reprise partielle l’a confirmé ; n’en déplaise aux nostalgiques.....

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  • Le 7 juin à 17:04, par L’Oeil du Peuple
    En réponse à : Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

    Malgré les flèches qu’on envoie à l’opposition par l’autre camp en face,ZEPH demeure et reste le politicien modéré de son temps qui pose ses actes de façon responsable et avec une certaine assurance imperturbable.Cela ne surprend guère.Quand on est un vrai patriote intègre,on n’a pas le choix que d’agir ainsi.Que Dieu apaise le cœur de l’opposition politique Burkinabè.Et c’est en cela qu’on va construire un BURKINA prospère,démocratique,du respectueux des droits humains et des engagements internationaux.

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  • Le 8 juin à 11:33, par FISTON
    En réponse à : Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

    Allons seulement, on vous suit , on vous regarde, on observe, un jour le dernier mot reviendra du peuple !!

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  • Le 8 juin à 17:32, par RAOGO
    En réponse à : Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

    Amadou TRAORE juriste ? N’est ce pas celui qui a eu maille à partir avec la justice l’ors du coup d’état de diendéré ? Si ce n’est pas lui, c’est surement un autre nostalgique de la gabégie et du des enrichissemnts illicites de l’ère Compaoré.

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  • Le 12 juin à 05:57, par Mechtilde Guirma
    En réponse à : Visite de la délégation de l’Union européenne au CFOP : L’analyse d’un de nos lecteurs

    « Les droits de l’homme sont universels, indivisibles et interdépendants. Les parties s’engagent à promouvoir et protéger toutes les libertés fondamentales et tous les droits de l’homme, qu’il s’agisse des droits civils et politiques, ou économiques, sociaux et culturels ».

    Oui mais voyons enfin tout cela en gros avec Wikipédia en partant de « la déclaration des droits de l’homme » signé à Genève en 1948 :

    Tout commence en 1950 :

    - « La protection des droits fondamentaux ou droits de l’homme par l’Union européenne a profondément évolué depuis la création des Communautés dans les années 1950. Partis d’une absence d’évocation dans les premières années, les droits fondamentaux ont, au fur et à mesure de la construction européenne, pris une position centrale dans l’ordre juridique européen »

    - Traité de Paris du 18 avril 1951, instituant la CECA « Communauté européenne du charbon et de l’acier ».

    - Traité de Rome du 25 mars 1957 instituant la CEE, Communauté économique européenne et Traité Euratom (ou Traité de Rome) du 25 mars 1957 instituant la CEEA, Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom) ».

    …Puis on en vient en 1958 avec la Vème République :

    « Son préambule renvoie à deux textes fondamentaux la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 et le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 » (en pleine guerre algérienne s’il vous plaît).

    Mais de guerre lasse avec les peuples algériens, « la déclaration des droits de l’homme et des peuples » fut signée à Alger le 4 juillet 1976 sous l’égide de l’Unesco.

    Puis nous voilà aux marchés communs, aux accords ACP/CEE (Afrique, Caraïbe, Pacifique et Communauté économique et européenne) :

    « La dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État de droit et le respect des droits de l’homme sont des valeurs inscrites dans les traités européens. La Charte des droits fondamentaux clame haut et fort les droits des citoyens de l’UE ». Et voilà, nous y sommes.

    Donc de chartes en convention en passant par des traités « le principe des valeurs fondamental » est sous-tendu par « la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 », tout comme la laïcité de l’État déclarée sous les feux de l’anticléricalisme de la révolution.

    « Droit de l’homme et du citoyen » :

    Or qu’est-ce qu’on entend par« Droit de l’homme et du citoyen » et qu’est-ce qu’on connaît de cet énoncé par rapport à cette unique clause de la déclaration de droits de l’homme de 1948 ?

    D’abord la mention « et du citoyen » semble avoir été judicieusement écartée. Ensuite l’énoncé était pourtant vieux de 159 ans quand la société des Nation, une parturiente sur le point d’accoucher de l’ONU. n’a pas trouvé nécessaire de le retenir. Et pour cause il n’y avait plus que l’Europe ou l’Amérique dans leur pensée et vision unique du monde, il y’avait aussi d’autres États (virtuels ou en gestation).

    Cependant, avec la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, l’UE a réussi au fil du temps à imposer au monde ses points de vue sur « sa légitimité du droit de répression et de rétorsion » comme une panacée contre la dictature de certains États supposés « anti-démocratiques ». Et c’est là que le bât blesse. En effet la vision de l’union Européenne qui s’appuie sur la puissance de son union monétaire est-elle plus démocratique et moins dictatorial que celle des états dont « elle se sent le devoir » de les défendre contre leur propre culture jugée de néfaste et rétrograde (qui sont pourtant leurs droits fondamentaux de l’homme et des peuples) et les remplacer par l’individualisme du citoyen ou de son citoyen ?

    On peut dire alors que des ténèbres opaques descendent en ce moment sur le monde, rendant ainsi tous les loups roux.

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