Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme : Les acteurs de la lutte renforcent leurs capacités en techniques d’enquêtes

LEFASO.NET | Moussa DIALLO • mercredi 31 mai 2017 à 23h30min

Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), en collaboration avec la cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) organise un atelier national de formation sur les techniques d’enquêtes relatives au blanchiment de capitaux et aux autres crimes ou délits financiers. Cette rencontre se tient à Ouagadougou, du 31 mai au 02 juin 2017. Elle vise à mieux outiller les enquêteurs pour démasquer et traquer ces criminels qui menacent la paix et la stabilité de nos Etats.

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Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme : Les acteurs de la lutte renforcent leurs capacités en techniques d’enquêtes

Phénomène transnational, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme constituent un sujet de préoccupation aussi bien pour les gouvernants que pour les populations. Et quasiment, aucun pays n’est épargné par ces fléaux dont les auteurs sont de plus en plus ingénieux. Dans un tel contexte, la lutte contre ces fléaux et autres délits connexes trouvent toute sa pertinence. « Convaincu de l’importance et de l’urgence de mener un combat ardu contre ces fléaux, les plus hautes autorités du Burkina ont entrepris un certain nombre d’actions pour éradiquer ce fléau et réduire leurs effets nocifs sur la sphère socio-économique. Au plan juridique et institutionnel, des textes législatifs et réglementaires ont été adoptés », a rappelé Prosper Tapsoba, Chargé de mission, représentant le ministre de la justice, des droits humains et de la promotion civique du Burkina.

Au Burkina Faso, la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme a été impulsée à partir de 2006 avec l’adoption de plusieurs textes législatifs et réglementaires. De ce combat contre ces deux fléaux et les délits et crimes connexes, des résultats assez satisfaisants ont été engrangés. Mais, le dispositif actuel comporte toujours quelques difficultés et insuffisances. Il s’agit, entre autres : des moyens techniques et financiers limités, une faible implication de certains acteurs concernés voire une méconnaissance de leurs obligations, des difficultés structurelles éprouvées par les tribunaux dans le traitement des dossiers de crimes économiques et financiers ainsi que des ressources humaines qui ont constamment besoin de recyclage pour s’adapter à l’évolution des techniques et méthodes développées par les criminels qui ne manquent point d’ingéniosité pour leurs sales besognes.

Le présent atelier se veut une des réponses à ces difficultés. Car, il permettra au personnel en charge des enquêtes sur la criminalité économique et financière de renforcer leur professionnalisme et de relever leur niveau de compréhension et de techniques d’enquêtes. Toute chose qui vise à termes une prise en charge adéquate et diligente des dossiers de crimes économiques et financiers par tous les acteurs.

Trois jours durant donc, experts nationaux et consultants du GIABA vont partager leurs connaissances et expériences respectives dans un domaine aussi complexe. Ce, à travers des communications. « A l’issue de cet atelier, je ne doute point que vous aurez des rudiments nécessaires pour jouer votre partition dans ce combat général engagé contre la criminalité financière. Chacun devrait pouvoir trouver son compte et dans une synergie d’action parvenir à freiner le développement des activités criminelles, contrecarrer leur puissance financière, limiter les tentatives de corruption et préserver la stabilité du système financier », a confié Marie-Béatrice Tassimbedo, la Présidente de la CENTIF.

Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme constituent de graves menaces sur nos systèmes économiques et financiers. Pire, ils menacent même la paix et la stabilité de notre région, en proie au trafic illicite de drogues, d’armes et munitions, de migrants, la contrebande, la contrefaçon, les abus de biens sociaux, les fraudes douanières et fiscales… Et, mener enquêtes financières requiert une expertise très élaborée. Car, les criminels financiers font preuve d’ingénierie à tel point qu’un enquêteur non outillé ne saurait les démasquer, ni traquer. D’où la complexité de la mission des acteurs opérationnels que sont la police, les douanes, la gendarmerie, les procureurs et juges d’Instruction…

« Dans cette tâche délicate, vous avez affaire à des personnes très futées qui commettent des infractions qui ont une dimension transnationale. D’où la nécessité d’exploiter les instruments régionaux ou internationaux en matière de coopération policière et judiciaire », a précisé Konan Djaha Benoit, le représentant le directeur du GIABA. Puis, il a exhorté les uns et les autres à jouer leur partition « pour aiguiser leur esprit d’enquête, de sagacité et d’opiniâtreté afin de rechercher, détecter et poursuivre les auteurs de crimes et délits de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme ».

En tous les cas, le GIABA s’est engagé à mettre un accent particulier dans le renforcement des capacités des Etats membres à travers les projets et programmes visant à former davantage les enquêteurs et les Magistrats sur les techniques d’enquêtes financières ainsi que les procédures de détection, de gel, de saisie et de confiscation des avoirs criminels liés au blanchiment de capitaux et financement du terrorisme.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 1er juin à 19:43, par Sidpasata Veritas
    En réponse à : Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme : Les acteurs de la lutte renforcent leurs capacités en techniques d’enquêtes

    - Est-ce que toutes ces grandes réunions de grands experts savants manipulant des termes sophistiqués sont vraiment adaptées aux problèmes de nos pays ? Parfois, je me le demande quand je constate que les règles élémentaires les plus banales de la bonne gouvernance sont bafouées par ceux qui sont chargés de les observer ou même de les faire observer, sans que personne ne trouve à redire.
    - Venons-en à la question de blanchiment de l’argent pour alimenter le terrorisme ou toute autre forme de banditisme. Un exemple : on voit s’ouvrir dans beaucoup de villes du Burkina des casinos de jeux d’argent et personne ne dit rien. Pourtant on le sait, ces jeux de hasard qui brassent beaucoup d’argent sont souvent des moyens et des filières de blanchiment d’argent sale (vol, détournement, proxénétisme, vente de drogue et autres trafics illicites...), tant et si bien que ces genres de casinos font l’objet d’une étroite surveillance et d’une sévère règlementation en Europe. Dans nos pays, on manque de moyens (législation, finance et personnel) nécessaires pour contrôler efficacement ces jeux. Alors, comment comprendre ce paradoxe qui consiste à prendre allègrement le risque d’autoriser l’installation tout azimut des jeux d’argents sur l’ensemble de territoire national, alors qu’en même temps on participe à de grandes rencontres savantes de réflexions sophistiquées sur le blanchiment de l’argent sale ?
    - Le doute est permis : Qui peut nous dire, preuve à l’appui, que, par exemple, l’argent des mines au Burkina ne fuit pas par ces casinos de jeux d’argent ? Je n’en sais rien, mais est-ce exclu ? Si l’on n’est pas prudent, il ne sert à rien de vouloir être un stratège : on ne soigne pas un membre en faisant un pansement médicamenteux sur une blessure sale, il faut d’abord faire tout le nettoyage aseptique indispensable.

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