Promotion des petits métiers : Le « Festival des festivals » du 18 au 28 mai 2017 prochain

LEFASO.NET | Oumar L. OUEDRAOGO • mardi 16 mai 2017 à 00h02min

Toutes ces personnes qui ‘’se battent’’avec détermination et honnêteté pour gagner leur pain quotidien méritent d’être magnifiées. C’est l’esprit qu’on peut résumer de l’initiative partagée par Amos Atto, Francis Palm et Ayouadé Hamed. « Festival des festivals », c’est autour de ce concept qu’ils ont décidé d’incarner leur vision, dont la première édition est annoncée du 18 au 28 mai 2017 à l’espace de la mairie de l’arrondissement N°5 (ex-mairie de Bogodogo) de Ouagadougou. Pour en savoir davantage sur ce concept qui veut joindre l’utile à l’agréable, nous avons rencontré le porte-parole de ce groupe de jeunes à travers cet entretien à bâtons rompus.Lisez plutôt !

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Promotion des petits métiers : Le « Festival des festivals » du 18 au 28 mai 2017 prochain

Lefaso.net : Vous êtes à la tête d’un groupe de jeunes, porteurs d’une initiative depromotion de ‘’petits métiers’’ dénommée « Festival des festivals ». D’abord, d’où vient cette idée de valoriser ces ‘’petits métiers’’ ?

Francis Palm : Nous sommes partis à la fois d’expériences personnelles et d’un constat dans notre société. L’expérience personnelle est liée au fait que chacun de nous (porteurs du projet, ndlr) s’est appuyé, à un moment de sa vie, sur ces petits métiers (parfois négligés par la société) pour parvenir au stade où il est aujourd’hui. Comme on le dit, il faut toujours commencer quelque part pour atteindre la position sociale qu’on souhaite. Il est fréquent d’entendre dire que telle ou telle personne, tant respectée et riche, a commencé par tel ou tel petit métier pour être ce qu’elle devenue aujourd’hui dans la société. Le constat aujourd’hui est que ceux qui exercent dans ces métiers, qu’on appelle couramment ‘’petits métiers’’, font l’objet souvent de toutes les négligences de la part de notre société. C’est à peine même si on ne les décourage pas.

Pourtant, nous pensons qu’il faut plutôt s’encourager car, comme on le dit, il n’y a pas de sot métier. A partir du moment l’occupation permet à celui qui l’exerce de subvenir à ses besoins, et même dans bien de cas à ceux de toute une famille, on doit l’encourager parce qu’au-delà de lui-même, c’est toute la société qui gagne. Des gens se battent dans ces métiers pour éviter de voler et de s’adonner aux autres formes de banditisme. Cela est très important à notre avis et c’est raison pour laquelle nous avons décidé de lutter contre ces clichés en valorisant ces ‘’petits métiers’’.

Lefaso.net : Pourquoi la dénomination « Festival des festivals », dont la première édition est annoncée du 18 au 28 mai prochain ?

Francis Palm :Effectivement, à première vue, le nom sonne uniquement festif, mais nous sommes partis en réalité du constat, qui est qu’à Ouagadougou, au Burkina en général, on dénombre plusieurs festivals à travers divers domaines. Chaque festival s’illustre dans un domaine bien précis (musique, grillade, gastronomie,vestimentaire, etc.). Nous avons donc voulu faire une sorte de synthèse de l’existant, en offrant l’opportunité de regrouper les acteurs de tous ces festivals dans un seul cadre. En clair, nous voulons réunir les acteurs de la culture, les promoteurs de restaurants, les promoteurs de l’art vestimentaire, etc., dans un seul et même cadre.

Ensuite, quand on parle de ‘’petits métiers’’, on peut facilement identifier un certain nombre de secteurs au regard des activités qui gravitent autour. C’est notamment le cas des maquis et restaurants. Lorsque vous prenez un maquis, vous avez des métiers comme les DJ (Disc-Jokers), les serveurs, les managers, le service de restauration interne, le service de nettoyage des toilettes, les vigiles, etc. Autour d’eux, on dénombre aussi les tabliers, les parkeurs, les tenanciersde grillades et autres vendeurs de nourriture, et même par endroit la yaaba (grand-mère) qui a ses arachides à côté. Tout cela, ce n’est pas rien. Et pour cette première édition, nous avons voulu miser autour des secteurs pourvoyeurs de ces ‘’petits métiers’’.

Lefaso.net : Quel sera le contenu même de ce rendez-vous ?

Francis Palm :L’activité va s’étendre sur dix jours au cours desquels, le publicva voir se succéder sur l’imposant podium qui sera dressé, plusieurs acteurs.« Festival des festivals » n’est pas seulement un rendez-vous festif, il est surtout un espace de valorisation des métiers du secteur informel. Ainsi, durant la période, on aura le concours des DJ(qui ne sont pas connus du grand public, mais qui sont en quête d’espace de promotion et de coup de pouce). Nous comptons par exemple faire la promotion des DJ lauréats, en accompagnant ceux qui désirent mettre un album sur le marché et/ou en facilitant leur contact avec des promoteurs. Ça, c’est l’après-festival, mais avant, à l’issue des compétitions, les meilleurs recevront des prix en espèces et en nature.

Outre cette catégorie, on aura des prix pour les meilleurs serveurs et barmaids, les meilleurs serveurs de restaurants, des concours de danse, prestations d’artistes, promotion de la femme, etc. Après l’édition, nous envisageons des sessions de formation en entreprenariat au profit de tous les lauréats. Durant la période, le public pourra aussi désigné, en fonction de ses constats, les meilleurs acteurs qui seront primés. « Festival des festivals », c’est aussi des moments de partage d’expériences et de témoignages de personnes qui sont passées par de petits métiers pour devenir aujourd’hui des références aux yeux de la société.

Lefaso.net : Qui peut prendre part à« Festival des Festivals » ?

Francis Palm : Tout le monde peut y prendre part ; parce que c’est après tout un espacepour tous ceux qui se battent honnêtementpour gagner leur pain quotidien.Pour cela, et pour commencer, nous visons principalement les maquis et les métiers affiliés, les restaurants et les métiers affiliés, les promoteurs d’art vestimentaire, les tenanciers de grillades, les promoteurs culturels, etc.

Lefaso.net : Avez-vous des institutions qui vous accompagnent dans ce sens, surtout que vous parlez de promotion et de valorisation de ‘’petits métiers’’ ?

Francis Palm : Pour l’instant, nous fonctionnons avec notre seule volonté, car nous avons la conviction que c’est utile que nous fassions la promotion de tous ces métiers dans lesquels de nombreux jeunes gagnent leur pain quotidien. Pour cela, nous faisons avec ce qu’on a, c’est important qu’on fasse les premiers pas avant d’approcher certaines institutions. Pour le moment, nous allons donc avec nos propres moyens.

Lefaso.net : Comment peut-on participer à ce festival, en tant qu’exposant ?

Francis Palm : Tous ceux qui ont quelque chose à présenter peuvent y prendre part, à condition de réserver un espace auprès des organisateurs. Cela peut se faire aussi en nous contactant via nos adresses sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, et par téléphone(70646723/79431787/76209631).

Lefaso.net : A ce jour, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Francis Palm : Il n’y a pas d’organisation sans difficultés, surtout lorsqu’on est à la première édition. Il y a aussi et surtout la question de ressources financières. Nous roulons sur fonds propres et nous l’avons plus ou moins souhaitéles choses ainsi. Nous voulons faire de cette initiative, notre contribution aux différents efforts de lutte contre le chômage et un cadre de promotion des activités socio-économiques. C’est raison pour laquelle, nous avons décidé d’aller avec nos propres moyens, avec ce qu’on a, si en cours de route, de bonnes volontés décident de nous accompagner, c’est l’ensemble des populations qui gagnent. Mais, nous sommes convaincus qu’on y parviendra.

Lefaso.net : Qu’est-ce qui vous motive tant dans cette initiative ?

Francis Palm : C’est notre conviction quec’est ensemble qu’on trouve des solutions aux difficultés qui se posent à nous. En venant à ce festival, on comprendra par exemple qu’on n’est pas seul à vivre telle ou telle difficulté, qu’on n’est pas à être complexé de tel ou tel métier. C’est donc un espace de partages d’expériences et pour dire qu’on doit s’adonner à ce qu’on fait avec sérieux et détermination. Vous verrez des femmes, parfois enfant au dos, en train d’essuyer les toilettes d’un maquis, d’un restaurant, etc., rien que pour subvenir aux besoins de leurs enfants, de leur famille. Elles le font pour éviter de voler, elles le font pour éviter de s’adonner à des activités pas catholiques. C’est touchant. Toutes ces personnes qui se battent ainsi au quotidienméritent d’être magnifiées. Il faut qu’on apprenne à encourager toutes ces personnes, qu’on apprenne à ne pas les vexer (à défaut de les encourager dans leurs dignes efforts).

Lefaso.net : Un tel cadre implique aussi la discipline et la sécurité sur les lieux, pouvez-vous assurer les populations dans ce sens ?

Francis Palm :En matière de sécurité, chacun doit être un ‘’agent de sécurité’’ ; de sa propre sécurité et de celle des autres (comme le rappellent nos autorités compétentes). Ensuite, nous pouvons rassurer que le volet sécurité est parmi les priorités de notre organisation. Nous n’avons pas fait de demi-mesure en la matière. Je n’en dirai pas plus, mais les festivaliers pourront le constater durant la période.

Lefaso.net : Quel est votre rêve avec ce festival ?

Francis Palm : Notre souhait, c’est de mettre en place un centre de formation de jeunes dans différents métiers et surtout pouvoir suivre les lauréats au fil des éditions. Mais en attendant la mise en place d’un tel dispositif, nous allons assurer des sessions de formation au profit des jeunes. Nous voulons que le Festival des festivals compte parmi les grands festivals africains. C’est pourquoi nous nourrissons le rêve d’étendre l’initiative à toutes les principales villes du pays, pour prendre en compte toutes les populations du pays.

Lefaso.net :A quelques jours de la première, quel est le message aux populations ?

Francis Palm : Nous dirons aux populations de Ouagadougou et environnants de se tenir prêtes et surtout ne pas manquer ce rendez-vous, car tous ceux qui y prendront part seront satisfaits. Nous sommes simplement les porteurs de l’idée, sinon « Festival des festivals » se veut une initiative de tout le monde, tous ceux qui effectueront le déplacement de l’espace de la mairie de l’arrondissement 5 (ex-arrondissement de Bogodogo). En attendant, je voudrais d’ores et déjà, au nom du groupe, encourager tous ces jeunes qui, à travers leurs petits métiers, ont refusé la voie de la facilité dans la société.Festival des festivals, c’est pour l’ensemble des populations, l’ensemble de la jeunesse. Nous tenons à ce que tout le monde gagne trouve son compte à travers ce festival. Nous rassurons également tous ceux qui vont prester, notamment les DJ, que le podium sera vraiment de taille.

O.O
Lefaso.net

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