Financements du Fonds mondial : Des acteurs plaident pour l’intégration des observatoires communautaires

dimanche 14 mai 2017 à 21h18min

Un atelier de plaidoyer pour la prise en compte des Observatoires communautaires dans les subventions en cours d’élaboration pour le Fonds mondial au Burkina Faso, en Guinée et au Niger, s’est ouvert le samedi 13 mai 2017, à Ouagadougou. Portée par le Réseau accès aux médicaments essentiels, l’activité a vu la présence des acteurs de mise en œuvre des observatoires, autorités sanitaires nationales, partenaires techniques et financiers et les usagers des services de santé.

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Financements du Fonds mondial : Des acteurs plaident pour l’intégration des observatoires communautaires

Partis du constat que les systèmes de santé surtout en Afrique de l’Ouest présentent des insuffisances qui limitent l’accès aux soins par les usagers, des organisations communautaires du Burkina Faso, Guinée et du Niger ont mis en place des dispositifs de veille communautaire sur les politiques de santé en général et sur l’offre de soins en particulier. Avec l’appui financier de l’Expertise France à travers le canal2 de l’initiative 5%, qui du reste, s’achève en septembre 2017.

Cette dynamique des observatoires est en phase avec la nouvelle stratégie 2017-2022 du Fonds mondial dont l’un des objectifs est de mettre en place des systèmes résistants et pérennes pour la santé (SRPS). Cependant, la méconnaissance des acteurs engagés dans les processus de rédaction, de la place des observatoires dans le SRPS et leur alignement avec les directives du Fonds mondial ne les prennent pas en compte dans les demandes de financements. C’est dans ce sens que le Réseau accès aux médicaments essentiels (RAME) a organisé, le samedi 13 mai 2017, un atelier de plaidoyer.

A l’occasion, le Secrétaire général du ministre de la santé, Robert Lucien Kargougou, a réitéré son engagement à impliquer la société civile non seulement dans la gestion des services de santé mais aussi dans la prestation d’excellence. « Il est extrêmement important pour nous de démocratiser les services de santé parce que la santé constitue un peu comme un domaine où nous avons ce qu’on appelle l’asymétrie de l’information. Vous avez des professionnels de santé qui sont investis de connaissances, compétences et en face vous avez des populations qui le plus souvent n’ont pas ses informations », a expliqué le SG du ministère de la santé.

S’appuyant sur ce point, il a confié que dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES), précisément au niveau de l’objectif stratégique lié à la santé, il y a trois effets dont l’amélioration de l’accès des populations aux services de santé de qualité. C’est en cela que l’initiative du RAME constitue une gageure pour le ministère de la santé. Et M. Kargougou de prendre l’engagement de faire un plaidoyer efficace pour que la part de financement à la société civile puisse être augmentée.

La présente rencontre fait suite à un atelier bilan sur les observatoires en Afrique de l’Ouest. « Nous avons eu à travailler ensemble pendant deux jours (Ndr 11 et 12 mai 2017) pour voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché, et de voir aussi les différentes opportunités », a déclaré le directeur exécutif du RAME, Simon Kaboré. Concernant les points jugés positifs, il a noté la reconnaissance de l’observatoire comme outil de démocratisation du système de santé. Il s’agit, en effet, « d’un outil par lequel les communautés arrivent à dire ce qui marche au niveau du système de santé et ce qui ne marche pas et à interagir avec les décideurs, les agents de santé pour corriger le dysfonctionnement ».

Grâce à cet outil, nombre de dysfonctionnements ont effectivement été relevés dans la région Afrique de l’ouest et des décideurs interpellés, de l’aveu de M. Kaboré. « Même si nous n’avons pas pu résoudre à 100% les dysfonctionnements à l’évaluation, au moins 87% des cas ont été résolus », a-t-il ajouté.

Au titre des difficultés, l’observatoire communautaire sur l’accès aux services de santé a rencontré des problèmes de compréhension avec les agents de santé et les décideurs, à ses débuts. « Ils ont cru que nous venons jouer au gendarme surtout pour les espionner », a dit le président du RAME. En vue de montrer leur bonne foi, une communication a été déployée tant au niveau central qu’au niveau terrain.

L’objectif poursuivi, selon M. Kaboré, « était de leur faire comprendre que nous sommes des collaborateurs. Nous venons les aider à améliorer ce qui existe sur le terrain ». Ce chapitre est désormais loin derrière eux. Car dans les trois pays, les observatoires communautaires entretiennent de bonnes relations avec les autorités.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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