Crise au lycée de Tambogo : Que du temps perdu !

LEFASO.NET | Nicole OUEDRAOGO • samedi 13 mai 2017 à 00h53min

Alors que l’année scolaire tire à sa fin, le lycée de Tambogo, département d’Ademtenga, dans la province du Kouritenga, avec ses 359 élèves, est secoué par une crise qui oppose les élèves à leur proviseur, paralysant ainsi les activités pédagogiques. Ce mouvement d’humeur entamé depuis le 19 avril 2017, serait parti de l’annulation de l’examen blanc. Le mercredi 10 mai 2017, nous avons rencontré le proviseur du lycée, Jean -Baptiste Ouédraogo. Séquestré à deux reprises par ses élèves, c’est un monsieur visiblement remonté que nous avons rencontré à son domicile, à Pouytenga. Mais, aux dernières nouvelles, l’année scolaire pourrait être sauvée.

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Crise au lycée  de Tambogo : Que du temps perdu !

Si les jours sont comptés pour les élèves en classe d’examen, il n’y a plus eu véritablement cours au lycée public de Tambogo, depuis le 19 avril 2017. A en croire le proviseur du lycée, Jean -Baptiste Ouédraogo, tout aurait commencé avec l’annulation de l’examen blanc par le conseil de classe du 20 mars 2017. ‘’L’ensemble du conseil a décidé de l’annulation des examens blancs au cours de cette rencontre. Nous avons pris acte qu’il n’y avait pas de liquidité pour tenir ces examens. Les professeurs ayant signifié qu’ils ne pouvaient pas faire le travail à crédit’’ a-t-il noté, soulignant que les professeurs avaient demandé la somme de 40 000 francs CFA pour leur prise en charge, 5000 francs pour toute proposition du sujet du BAC et 3500 francs pour chaque proposition du sujet du BEPC. Soit un budget total de 856 000 francs CFA. Notons que l’établissement compte 60 candidats pour le BEPC et 13 pour le BAC D.

Informés de cette décision à la rentrée du troisième trimestre, les élèves et leurs parents, notamment par le biais de l’association des parents d’élèves, demandèrent à l’administration de plaider auprès des professeurs, mais ce fut sans gain de cause. « Les professeurs sont restés sur leur position. Nous avons épuisé toutes nos ressources à faire fonctionner l’établissement, particulièrement à payer la vacation des professeurs. Nous ne disposions plus d’argent suffisant pour organiser l’examen blanc » a indiqué Jean-Baptiste Ouédraogo. Puis de poursuivre : « Avec le temps, l’annulation de l’examen était consommée, nous étions à une période où l’organisation des examens blancs ne serait plus bénéfique pour les élèves ».

‘’J’ai été séquestré’

Le 14 avril 2017, Jean-Baptiste Ouédraogo confie que les élèves ont d’abord manifesté pour réclamer l’organisation de l’examen blanc, mais dit-il : « je leur ai fait savoir que j’étais toujours dans la même situation d’incapacité de payer. C’est ainsi que le 19 avril, ils m’ont séquestré de 8h à 11h30, réclamant la tenue du BAC blanc. C’est grâce à une mission conduite par le haut-commissaire, que j’ai été libéré » a-t-il déclaré.

L’autorité ayant instruit la hiérarchie d’entreprendre les démarches pour résoudre cette crise, la direction provinciale de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (DPENA) de Koupéla, a échangé avec les différents acteurs les 21, 24 et mardi 25 avril, mais « les professeurs ont refusé de faire le travail à crédit à la suite de la demande du DPENA » a-t-il souligné.

Ainsi, les élèves s’étant rendu compte qu’il n y’avait plus de possibilité pour la tenue des examens blancs, ont fini par se résigner, mais « ils ont exigé le remboursement immédiat de la cotisation spéciale. Il se trouvait qu’on avait déjà utilisé cet argent pour payer la vacation, étant donné qu’on s’imaginait que l’argent de la vacation pouvait tomber à tout moment, mais malheureusement et jusqu’à aujourd’hui, ce n’est pas le cas » a-t-il déploré. Il s’agit notamment de la sommede 478 500 francs CFA, soit 1500 francs / élève (Une cotisation d’environ de 200 élèves). [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 13 mai à 10:15, par Alino
    En réponse à : Crise au lycée de Tambogo : Que de temps perdu !

    Bonjour,
    C’est vraiment regrettable ce qui ce passe au lycée de Tambogo. Je suis parents d’élèves et je partage les inquiétudes de monsieur le Proviseur quant aux résultats en fin d’examen du BAC ou BEPC.
    Il est bien vrai que les élèves auraient dû intégrer les classes, mais seule la lutte paye.
    C’est un gros sacrifice de leur part, espérons que cela serve au mieux pour le futur.

    Quand on parle d’indiscipline, d’incivisme et autre arrogance. A qui la faute ? A nos gouvernant bien-sûr. Au plus haut sommet de l’Etat, nul n’ignore la situation des impayés des vacations. Mais les dépenses sont orientées vers des futilités. Vous verrez que pour le déplacement d’un ministre pour le lancement d’une chimère, la dépense peut s’élevée à des dizaines de millions. Pendant qu’un proviseur dans le Burkina profond est prisonnier de ses propres élèves pour des raisons d’une importance capitale de l’année scolaire.

    A la télé comme à la radio, on ne cesse d’incriminer les élèves et les parents d’élèves. Pourtant le problème est ailleurs, au ministère ou à la présidence du faso.
    Honte à tous les ministres, honte au président de l’assemblée, honte au président du faso. Vous êtes tous passés par là.

    Vive les proviseurs, vive les professeurs, vive les parents d’élèves et vive les élèves.
    Puisse Dieu vous protéger et vous accompagner !

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  • Le 13 mai à 17:43, par COB
    En réponse à : Crise au lycée de Tambogo : Que de temps perdu !

    Le Gouvernement fera tout pour vous. Il fera tomber beaucoup de pluie pour les cultures. Il va climatiser tout le pays. A défaut il obtiendra de Dieu qu’il baisse la température de manière générale. Elle sera plafonnée à 30 degré. Le Gouvernement fera tout. C’est promis.

    Répondre à ce message

  • Le 14 mai à 07:46, par GORKO
    En réponse à : Crise au lycée de Tambogo : Que du temps perdu !

    Pauvre de nous ! Quand dans un établissement on n’arrive pas à tenir une activité pédagogique, c’est déjà un vrai problème. Quand les élèves vont en grève pour réclamer ladite activité, c’est un gros problème en plus et non en moins. Il faut qu’on change de mentalité et de manière de faire : en effet, étant du domaine, je propose que si dans un établissement une activité pédagogique est bloquée, que les cours continuent et qu’une commission de contrôle diligentée par la DPENA soit immédiatement mise en branle pour déterminer la cause du manque de fonds. Si les fonds ont été dilapidés par l’administration, on les somme de payer et aucun cours n’a été perturbé ; si la gestion est saine, que la DPENA prenne le problème sur elle et laisser l’administration tranquille. Ce sont les professeurs, les élèves et les APE qui doivent exiger que les choses se passent comme cela pour que les activités pédagogiques se déroulent normalement dans nos établissements. Sinon avec les grèves, on ne sait même pas où se trouve la vérité.

    Répondre à ce message

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