Journée nationale du Paysan : Bilan « satisfaisant » des recommandations de la JNP 2016

LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé • jeudi 11 mai 2017 à 23h57min

C’est demain 12 mai 2017 que s’ouvre la 20e édition de la journée nationale du paysan (JNP) à Kaya dans la région du Centre-Nord. Placée sous le Haut-Patronage du président du Faso, cette fête du monde agricole sera, à l’instar des années antérieures, l’occasion de faire l’état de mise en œuvre des recommandations et engagements pris à la 19e édition de la JNP à Tenkodogo.

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Journée nationale du Paysan : Bilan « satisfaisant » des recommandations de la JNP 2016

Deux décennies après la première édition à Léo en 1993, la Journée nationale du Paysan a bien grandi mais les recommandations formulées par les acteurs à l’issue du traditionnel entretien direct entre le Chef de l’Etat et les producteurs demeurent presque les mêmes. En 2016, à Tenkodogo, les acteurs avaient une nouvelle fois fait des propositions et pris des engagements afin d’accompagner les producteurs dans la réalisation des objectifs de production. Quels sont ces recommandations et leur état de leur mise en œuvre ? Dans le présent article, nous vous proposons un échantillon de ces recommandations et engagements par sous-secteurs.

Pour ce qui est de la création d’une « véritable » banque agricole, le rapport de synthèse révèle que l’étude de faisabilité est en cours et que la table ronde des actionnaires a eu lieu le 05 avril 2017 avec une confirmation des prises de participation au capital de 15 milliards de FCFA. « Le capital, précise le rapport, devrait être intégralement libéré au plus tard le 30 mai 2017 pour permettre la tenue de l’Assemblée générale constitutive indispensable à la finalisation du dossier de demande d’agrément. La transmission du dossier de demande d’agrément à la Commission Bancaire de la BCEAO devrait intervenir au cours du mois de juin 2017 en vue de son inscription à l’ordre du jour de la 2ème session de la Commission Bancaire prévue pour se tenir au plus tard fin juin 2017 ».

Aussi, une étude de faisabilité pour la mise en place d’un Fonds de Développement Agricole (FDA) a été commanditée par le ministère en charge de l’Agriculture afin de faciliter l’accès des acteurs du monde rural à la microfinance. « Ce Fonds, précise le document viendra, en complément de la Banque agricole en vue d’une large couverture des besoins financiers des acteurs du monde rural ».

Pour ce qui est du sous-secteur de l’élevage, l’une des principales recommandations est le renforcement du fonds du FODEL à 5 milliards afin d’améliorer ses capacités de financement des jeunes. Selon le rapport, à l’étape actuelle des choses, un projet pour l’Amélioration des financements du FODEL (PAFiM/FODEL) d’un montant de 10 milliards a été élaboré et soumis à la Banque islamique de développement, et un document de plaidoyer a été élaboré dans le cadre de la recherche d’un appui financier auprès des institutions nationales et des partenaires financiers extérieurs.

Dans le sous-secteur environnement, même si le fonds d’appui au développement de l’économie verte n’a pas été créé et qu’il n’y a pas eu de subventions pour les équipements de transformation des produits forestiers non ligneux, « de nombreuses unités de transformation ont été rendues opérationnelles à travers des formations ciblées et des appuis en kits de matériel ». Ainsi, il y a l’opérationnalisation de :

• 03 unités d’extraction de beurre de karité à travers la formation à l’utilisation de la baratte, de la décortiqueuse manuelle, du torréfacteur et du séchoir solaire ;

• 05 unités de fabrication de soumbala à travers la formation à l’utilisation et à l’entretien des séchoirs solaires dans le Centre sud ;

• 09 unités de fabrication de soumbala à travers la formation à l’utilisation et à l’entretien des séchoirs solaires tunnel, les appuis-conseils sur les équipements, les techniques de transformation et de commercialisation. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 12 mai à 07:26, par Lat Dior
    En réponse à : Journée nationale du Paysan : Bilan « satisfaisant » des recommandations de la JNP 2016

    Au Burkina, on connait les resultats des bilans meme avant les bilans. A quoi servent-ils alors ?

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  • Le 12 mai à 07:34, par Un fils de Solenzo
    En réponse à : Journée nationale du Paysan : Bilan « satisfaisant » des recommandations de la JNP 2016

    Il faudra ajouter la construction de routes sur la liste des recommendations. Le cas des Banwa est patent. Grenier du Faso et enclave !

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  • Le 12 mai à 16:31, par Loblo
    En réponse à : Journée nationale du Paysan : Bilan « satisfaisant » des recommandations de la JNP 2016

    JNP ? plutot une messe pour gaspiller les deniers publics. Combien d’argent on met dans cette rencontre chaque année ? ces fonds peuvent servir à financier des petites entreprises agricoles. La JNP est devenu un monopole d’un groupe qui se sucre chaque année. Il y a des gens qui y sont dans le comité d’organisation depuis la première JNP. c’est devenu une position pour choisir qui on veut et aller bouffer les petits perdiems des pauvres paysans. C’est un vrai business pour certains. Pendant ce temps rien ne progresse dans les conditions des paysans. Pourquoi même continuer ce que l’ancien régime a commencé. Il faut innover, chercher autre chose ou même changer la façon de faire. Par exemple la JNP peut devenir biennale. C’est vraiment du gaspillage. Ce n’est pas a peine. Des rencontres à n’en pas finir. Pourquoi ne pas coupler le tout avec le 11 décembre et c’est fini. les fêtes : 11 décembre, 8 mars, JNP SNC, SIAO, FESPACO et j’en passe. Y na marre. le peuple veut du pain et de l’eau pas de paroles vides.
    On a faim, on a faim, on a faim, on a faim !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Chaque année même chose et on continue à importer des produits agricoles qui nous empoisonnent. comment comprendre que l’on cultive le riz au Burkina qui pourrit sur les sites et en même temps on importe du riz en plastic pour nous tuer.
    "l’impérialisme c’est dans nos assiettes" disait Thomas SANKARA. Vivement un nouveau SANKARA pour nous sortir de cette situation pourrie.
    Si ça continue moi aussi je vais changer de nationalité.

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  • Le 13 mai à 11:08, par Nong-Laafi
    En réponse à : Journée nationale du Paysan : Bilan « satisfaisant » des recommandations de la JNP 2016

    Je cautionne parfaitement tes propos Mr Loblo. Le budget aloué à l’organisation de la JNP chaque année est plus bénéfique pour les missionnaires. Depuis vingt ans, un grand rendez-vous comme la JNP censée améliorer la productivité agricole au BF et permettre d’atteindre l’auto-suffisance alimentaire est loin d’être une réalité de nos jours. Mais pourquoi continuer à l’organiser si ce n’est que dilapidé le peu de sous que nous disposons. Les problèmes des paysans sont connus depuis des années antérieures (insuffisance criade de semence améliorée, pas de moyens pour acquérir des tracteurs au détriment des dabas au troisième millénaire, insuffisance d’encadrement et de formation au profit des producteurs bref). Si les problèmes sont connus, et si la volonté y est pour accompagner nos braves paysans, logiquement le peu de moyens que nous utilisons à d’autres fins inutiles et sans objet pourrait permettre de les résoudre (les problèmes). Moi j’allais suggérer à son E.M.R.M.C.K de ne plus emprunter les mêmes habitudes que le régime passé sans une moindre innovation. Tous les chantiers du développement doivent être révolutionnés. Le président doit savoir qu’il a été élu dans les règles de l’art c’est-à-dire, en suivant les principes de la démocratie. Donc il doit s’assumer sans peur en prenant des décisions courageuses sans se laisser berner par qui que ce soit. Pour finir, je dirai : arrêtons les rencontres budgétivores et attaquons directement les problèmes en utilisant ces mêmes fonds alloués à l’organisation de ces rencontres.

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  • Le 13 mai à 14:22, par Hassan
    En réponse à : Journée nationale du Paysan : Bilan « satisfaisant » des recommandations de la JNP 2016

    La création de la Banque Agricole bien que réclamée par les organisateurs de producteurs depuis plusieurs JNP , n’est pas forcément le remède pour régler la question du financement du secteur rural ( agro sylvo pastoral et halieutique). Pire, alors que l’initiative de création de cette banque est en cours, on annonce la création d’un autre mécanisme financier, le Fonds de Développement de l’Agriculture aux côtés d’un Fonds de Développement de l’Elevage qui ne parvient toujours pas à obtenir son efficacité opérationnelle. Il est à noter qu’il existe plusieurs autres fonds disséminés dans les autres ministères dont celui de l’environnement. Y’a til véritablement une vision en matière de financement du secteur rural dans notre pays ? Visiblement non puisque tous ces mécanismes sont sources d’incoordination, imaginés de façon cloisonnée et non holistique, ne bâtissent pas sur les enseignements tirés des mécanismes similaires, et n’examinent pas leur réel avantage comparatif si ils étaient créés.

    Le problème des producteurs tel que posé aux JNP successives se devrait d’être interprété comme un plaidoyer pour un meilleur accès à des services financiers adaptés à leur besoin. Par exemple les crédits offerts par les Banques commerciales et Etablissements de microfinance sont surtout des crédits à court terme non adaptés pour l’investissement agricole. Par exemple, un producteur ne saurait payer des équipements agricoles, les rentabiliser en en une campagne agricole, et se mettre à rembourser au bout de 6 ou 12 mois ledit crédit. Il a besoin pour ce faire de crédit à moyen termes. La solution serait par exemple d’imaginer le développement de produits à moyen termes pour financer l’agriculture.

    Objectivement non puisque le problème peut être mieux adressé sans créer une mastodonte de banque dont les couts opérationnels seront insoutenables et qui se reflèteront sur les taux de sorties des crédits octroyés, car une banque se doit d’assurer sa rentabilité. Aussi, on laisse croire aux producteurs que les financements accordés par cette banque seront à taux bonifiés, alors qu’on sait que les institutions financières qui vont participer au capital ont des politiques qui interdisent ces pratiques qui induisent de la distorsion au marché. C’est en effet le marché qui doit réguler les taux, et le rôle de l’état est d’améliorer l’environnement des affaires, assurer la saine concurrence pour favoriser la baisse des taux. Par ailleurs, cette banque quel que soit la bonne volonté de ses promoteurs, ne s’aurait avoir un meilleur avantage comparatif en terme de maillage du territoire, en terme de proximité avec la cible rurale. Il existe des institutions financière privées qui ont déjà cette occupation de l’espace aux niveaux les plus déconcentrés, et aussi une certaine expérience avec la clientèle ciblée. En lieu et place d’une Banque qui risque d’être un éléphant blanc, il aurait fallu simplement un Partenariat Public Privé avec les dites institutions financières, notamment les microfinances et banques commerciales déconcentrées, pour renforcer leur capacités, et leur permettre de développer des produits financiers spécifiques adaptés aux besoins des producteurs.

    Un Fonds Unique de Développement du Secteur Rural aurait pu être envisagé en lieu et place. Pour une meilleure efficacité et efficience, il fédèrerait tous les fonds disséminés dans les différents ministères sans véritables vision, disposerait d’un guichet de refinancement qui mettrait en cas de besoin une ligne de crédit à la disposition de ses partenaires (microfinances et banques) destinés au financement de plan d’affaires agricoles, renforcerait les capacités de ces derniers à développer des produits financiers innovant pour le secteur rural, améliorerait l’environnement des affaires, et finalement renforcerait l’accès des entrepreneurs agro sylvo pastoral et halieutiques aux services financiers. En somme il s’agit d’aider le secteur privé à relever son portefeuille agricole, à relever la part du secteur rural dans son bilan, en faisant ce qu’il sait très bien faire, plutôt que de promouvoir un interventionnisme de l’état qui ne sera pas durable.

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