Dysfonctionnement des organes consultatifs : Quand l’administration publique se rend en partie responsable de ses rendements médiocres

Ceci est une tribune de Koudraogo Zongo sur la gestion des ressources humaines de la fonction publique du Burkina Faso. • lundi 8 mai 2017 à 00h57min

L’une des missions régaliennes de l’administration publique est d’assurer, à l’endroit des populations, un service public de qualité en garantissant l’intérêt général. A cet effet, elle dispose de ressources humaines, matérielles et financières qu’elle utilise pour la mise en œuvre de ses politiques sectorielles. Ainsi, dans l’optique de mieux encadrer les activités du personnel administratif, un certain nombre d’organes consultatifs ont été (du moins théoriquement) institués au sein des départements ministériels et des institutions.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Dysfonctionnement des organes consultatifs : Quand l’administration publique se rend en partie responsable de  ses rendements  médiocres

Au nombre de ces organes, je poserai mon intérêt sur le Conseil Consultatif de la Fonction Publique (CCFP), le Comité Technique Paritaire (CTP) et le Conseil de Discipline (CD). Malgré l’importance qu’ils revêtent, le fonctionnement de ces organes n’est pas toujours une réalité. Ce qui n’est pas sans conséquences dommageables sur l’engagement des agents publics et partant, sur les rendements de l’administration elle-même.
La présente analyse tient lieu d’interpellation à l’endroit de l’autorité administrative.

1- Le Conseil Consultatif de la Fonction Publique

Il est institué seulement au sein du ministère en charge de la Fonction Publique et se compose de douze (12) membres titulaires et douze (12) membres suppléants, représentant équitablement l’administration et les agents, avec l’implication de plusieurs départements ministériels, des Etablissements Publics de l’Etat (EPE), une structure juridictionnelle, etc. Il délibère et donne son avis sur toutes les questions d’ordre général, notamment sur les projets de textes applicables aux emplois et aux agents publics. Du fait du non fonctionnement de cet organe, les textes régissant les agents publics ne prennent pas toujours en compte leurs préoccupations majeures. Ce qui a pour conséquence directe le nombre élevé d’insuffisances et de remises en cause de ces textes.

Aussi, le Conseil Consultatif de la Fonction Publique doit produire chaque année un rapport à l’attention du Ministre chargé de la Fonction Publique. Dans ce rapport, il peut formuler toutes les suggestions et propositions relatives aux services et aux agents publics. A ce titre, il peut demander ampliation de tous les comptes rendus, procès-verbaux, conclusions et rapports des travaux de tous les autres organes et des conseils d’administration qu’il pourra capitaliser et en faire une synthèse objective des doléances à soumettre à l’Etat. Ici encore, non seulement l’Etat pourrait économiser des millions de francs sur les multiples états généraux sectoriels, mais aussi il pourrait anticiper sur les revendications et échapper aux œillades syndicales. L’administration serait alors en mesure de fonctionner pendant longtemps dans une sérénité appréciable.

2- Le Comité Technique Paritaire

Cet organe est composé au maximum de vingt membres équitablement répartis entre l’administration et le personnel. Il doit être institué dans chaque ministère et institution publique et a une compétence consultative en matière de définition et de mise en œuvre de la politique de formation du personnel. Il donne également son avis en cas de recours en matière de notation et/ou d’affectation du personnel. Lorsque cet organe est fonctionnel, l’évaluation des rendements annuels des agents serait empreinte de plus d’objectivité ; parce qu’en cas de complaisance supposée, il y a la possibilité de contester, et toute procédure engagée pourra aboutir à son terme et départager les belligérants en toute impartialité. Ainsi donc, les notes attribuées seront davantage à la hauteur des rendements obtenus ; ce qui relèvera, à n’en pas douter, le don de soi de chaque agent public et partant, les qualités des services rendus aux administrés.

3- Le Conseil de Discipline

Avec au total douze (12) membres, cet organe est aussi composé en nombre égal de représentants de l’administration et de représentants du personnel. Il doit également être institué au sein de chaque ministère et institution publique et a une compétence consultative en matière de sanctions disciplinaires. D’ores et déjà, il revêt une force dissuasive et peut ainsi imposer le respect de la déontologie administrative. A l’inverse, son non fonctionnement est un facteur de démotivation. En effet, nous constatons que dans l’administration publique, les retards et les absences irrégulières sont légion. Bien que des milliers d’agents soient encore irréprochables, le risque de démotivation demeure élevé tant qu’il n’y aura pas de différence de considération entre eux et leurs opposés. A mon entendement, l’équité tant recherchée dans l’administration doit aller au delà de l’aspect salarial et atteindre le facteur « conscience professionnelle ».

En reconnaissant les agents en fonction de l’engagement de chacun à remplir sa mission de service public, l’administration pourra leur inculquer la culture du résultat et un don de soi de plus en plus élevé. Mais, le constat alarmant est que dans l’administration publique burkinabè, très peu de conseils de discipline sont fonctionnels, offrant ainsi la possibilité aux agents, surtout ceux qui n’ont pas de responsabilités particulières, d’organiser leurs programmes à leur guise. Dans un tel contexte, l’administration risque fort de ne se contenter que du temps minimal qu’on pourrait lui consacrer. Sans manquer de saluer les efforts de l’Etat en matière de gestion de ses ressources humaines, il est question pour moi d’exprimer une préoccupation qui, prise en compte, pourrait impacter positivement notre système managérial global.

En somme, je souhaite que l’autorité administrative rende opérationnel l’ensemble des organes nécessaires à l’optimisation des rendements des agents publics. Cela, dans la perspective d’offrir aux administrés des services de qualité, d’assurer la quiétude des travailleurs eux-mêmes et d’amoindrir les perturbations liées aux multiples revendications corporatives.

Koudraogo ZONGO

Imprimer l'article

Vos commentaires

  • Le 8 mai à 08:39, par gohoga
    En réponse à : Dysfonctionnement des organes consultatifs : Quand l’administration publique se rend en partie responsable de ses rendements médiocres

    Merci monsieur ZONGO. pour une foi quelqu’un pense vraiment au peuple. La seule chose qu’on connaît de nos fonctionnaires ce sit-in et grève et marche. On ne peut pas construire un pays sur cette base. L’administration burkinabé est infecté de corruption, d’affairisme d’absentéisme, de raquette, et retard. Alors que les fonctionnaires empochent 50% de recette annuelle du Burkina Faso

    Répondre à ce message

  • Le 8 mai à 09:03, par Jeune Premier
    En réponse à : Dysfonctionnement des organes consultatifs : Quand l’administration publique se rend en partie responsable de ses rendements médiocres

    Tout ca revete des structures creees juste pour surfer ! Quand viendra notre changement, celui que Dieu lui-meme nous a promis, tout sera remis en ordre, la maison balayee et la revolution en marche

    Répondre à ce message

  • Le 8 mai à 09:20, par Kôrô Yamyélé
    En réponse à : Dysfonctionnement des organes consultatifs : Quand l’administration publique se rend en partie responsable de ses rendements médiocres

    EXCELLENCE ROCH MARC CHRISTIAN KABORÉ, VOTRE CHER KÔRÔ YAMYÉLÉ VOUS PARLE ENCORE !

    - Cher Excellence Monsieur le Président du Faso, je voudrais tout d’abord vous demander de me pardonner pour le canal que j’utilise pour m’adresser à vous, surtout que je suis couvert d’un manteau noir. Souvent un certain site me gratifie d’un carton sur la tête.

    Excellence, le pays va mal, très mal et on se plaint partout. Et je ne crois pas que ce sont les travaux HIMO de recrutement de jeunes manœuvres qui règleront la situation. Elle est plus profonde que ça. Je n’ai même pas besoin d’évoquer ici toutes ces plaintes qu’on entend çà et là, car vous êtes certainement au courant. A moins que ce soit votre entourage qui vous cache la vérité comme celui de Monsieur Blaise Compaoré l’avait fait avec lui jusqu’à l’entraîner dans l’abîme.

    Excellence, le modeste citoyen observateur qu’est le Kôrô Yamyélé que je suis vous interpelle. Pour cela, pour décrisper la situation, je vous propose ceci :

    1/- Ouvrir un dialogue franc, républicain et citoyen avec les syndicats pour un certain nombre de choses que sont :

    - Envoyer en retraite tous les fonctionnaires à partir de 55 ans (par exemple les agents de l’agriculture, l’élevage peuvent toujours être utiles pour eux-mêmes après 55 ans), sauf les médecins et les chercheurs qu’il faut garder,
    - Créer un fonds d’accompagnement pour tout jeune désirant quitter la fonction publique. Ce fonds l’aidera à s’installer et mener l’activité qu’il souhaite et l’obliger à rendre compte pendant au moins 3 ans au service déconcentré duquel relève son activité dans son lieu d’installation,
    - Refuser systématiquement toute prolongation demandée par un fonctionnaire en retraite afin de laisser les places libres aux jeunes, et ce queqlu’en soit sa compétence car personne n’est indispensable,
    - Diminuer, voire supprimer l’IUTS,
    - Supprimer les allocations familiales et en lieu et place agir de sorte à ce que l’assurance maladie universelle soit très vite une réalité.

    Tout ce dialogue doit se passer dans un climat serein et franc sans intimidation, ni menace à l’endroit des syndicats car cela n’apportera rien comme solution.

    2/- Avec le CEMGA des Armées, prendre la décision d’envoyer plusieurs officiers, Colonels-Majors et autres en retraite d’office, surtout tous ceux qui étaient très proches de l’ancien régime ou à qui on reproche des choses.

    3/- Ouvrir une structure de formation professionnalisante au sein de l’Armée qui va former les soldats aux métiers de leurs choix au moins 3 ans avant leurs retraites. Ceci pour leur permettre une meilleure insertion après leurs retraites. On pourrait imaginer aussi un fonds pour les accompagner à leurs installations et un suivi par les services compétents pendant au moins 2 ans, assorti de rapports de suivis fidèles et authentifiés par les soldats, nouveaux installés.

    Monsieur le Président, il y a 4 facteurs à mon humble avis qui plombent le développement et auxquelles il faut vite trouver un remède, même très amer, quitte à créer des mécontents. Ces 4 facteurs sont :

    Premier facteur : L’ÉNERGIE  : Excellence, il faut trouver une solution radicale aux problèmes de la SONABEL qui appauvrit les PME/PMI avec les nombreuses suspensions de courant qui envoient systématique au chômage toutes les PME/PMI utilisant l’électricité, tout en détruisant leurs matériels. Les mauvaises prestations de SONABEL ont des conséquences astronomiques et aucune larme de crocodile de qui que ce soit ne saurait justifier quelque chose ici. Courageusement, les travailleurs de SONABEL devraient demander par eux-mêmes à ce que leurs salaires soient diminués jusqu’à rétablissement de la situation. Tous ces discours sur les plaques solaires sont mensongers car si on peut alimenter sa famille avec une installation solaire, il est difficile et très coûteux pour un individu de faire fonctionner son moulin à grain avec le solaire. Ne nous flattons pas. Et puis quel plan à long terme pour gérer tous les rebus qui seront occasionnés par l’utilisation élevée du solaire. Excellence Monsieur le Président, votre cher frère Kôrô Yamyélé que je suis, a la forte impression que les promoteurs, supporters et publicitaires de cette énergie oublient trop souvent le côté polluant des batteries et autres cellules photovoltaïques utilisées dans le solaire !!

    Deuxième facteur : LA TÉLÉCOMMUNICATION  : Excellence, nos réseaux téléphoniques s’illustrent de la plus mauvaise manière de servir, avec en sus des systèmes inventés pour spolier les clients : appels toujours en cours pendant vous avez fini de communiquer, arnaques à travers des loteries bidons, sms intempestifs, et j’en passe. A moins que ce soit le pouvoir qui demande à ces compagnies de trouver des tactiques pour trouver de l’argent pour les caisses de l’État. Sans oublier le coût qui est cher. Excellence Monsieur le Président, on ne peut être juge et partie. C’est pourquoi je vous suggère d’interdire toutes les personnes au pouvoir d’être des actionnaires de l’ONATEL ou des compagnies de téléphonie. A ceux qui le sont déjà, il faut simplement leur demander de choisir : quitter le gouvernement et rester actionnaire ou retirer leurs actions. On ne peut pas faire des omelettes sans casse des œufs.

    Troisième facteur : LA JUSTICE  : Monsieur le président, on sait tous que la justice est libre, mais n’est-ce pas que c’est aussi le droit qui dit que la liberté des uns s’arrêtent là où commence celle d’autrui ? Les juges durent trop avec les dossiers et on entend chaque jour les justiciables le crier. Même ce matin j’ai entendu des gens dire qu’ils attendent une décision de justice depuis 2011. Malheureusement on ne peut pas privatiser la justice, sinon il fallait commencer par là. Les dossiers de crimes économiques sont nombreux parait-il, mais dorment dans les casiers des juges. Excellence, exigez d’eux une opération ‘’Casiers vides’’ en 3 mois et je suis sûr que cela les soulagera eux-mêmes. Ou alors il y a un problème entre eux au palais et chacun tasse pour l’autre. Je n’en sais rien, mais en quelque sorte, c’est comme si les juges se tiennent certainement par les barbiches : ‘’Tu sors pour moi, je sors pour toi aussi’’ semble être un langage non verbal de la boîte. Mais ça finira par se savoir aujourd’hui ou demain si c’est vrai !

    Quatrième facteur : LES DÉTOURNEMENTS ET LA CORRUPTION  : Je ne dirai pas beaucoup ici car j’ai lu dans les journaux qu’une affaire de détournement de 200 millions au SIAO vous a mis hors de vous-mêmes. Il faut farouchement lutter contre ce phénomène et ne pas seulement se limiter à sanctionner les coupables. Il faut remonter à leurs chefs car ce sont eux qui sont sensés les contrôler chaque fois. Quant à la corruption, il faut être intransigeant et taper fort et sans pitié. Bientôt les concours seront lancés, et comme la corruption est devenue un mode de vie au Burkina Faso ces dernières années, surtout depuis le gouvernement de Monsieur Blaise Compaoré auquel vous et Son Excellence le Président de l’Assemblée vous aviez contribué, il est sûr que des gens et pas des moindres vont vous approcher ou approcher vos proches pour cultiver la corruption afin que leurs rejetons pourris et paresseux soient admis sans efforts !

    Excellence Monsieur le Président du Faso, votre cher Kôrô Yamyélé que je suis m’arrête là pour ne pas trop vous ennuyer. Et la prochaine fois ce sera le tour de l’éducation, toute forme confondue que je vais aborder car là, il y a trop à dire et trop à redresser et trop de tricheries avec les privés. Excellente journée, Monsieur le président du Faso

    Par Kôrô Yamyélé

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés